• Chapitre 12 : Pique-nique au bord de la Ruffurque

    Sansa et Ellyn sortaient des boutiques où elles venaient de faire leur achats.

    - Bien, commenta la jeune dame du nord. ..tu veut veut faire quelque chose d'autre ?

    - Hum... on pourrait aller voir les marionnettistes, ou les chanteurs ? Il sont tellement rares à Winterfell.

    - Oui ! superbe idée !

    Ellyn se guida des lointains sons de musique pour trouver une troupe de baladin qui jouaient en place publique. Deux jouaient des instruments, une troisième chantait, et quatre acrobates étaient en plain numéro. Ils formaient de toute évidence une troupe.

    Sansa et Ellyn avaient un grand sourire et profitaient du spectacle. Soudain, l'attention d'Ellyn fut attirée par un homme, un chevalier aveugle avec un bandeau de tissus sur les yeux. Il semblait écouter lui aussi, mais il ne pouvait voir.

    - Regarde ! fit-elle en attrapant la manche de son amie. C'est le chevalier qui a combattu le roi. Il n'est pas mort !

    - Ah oui en effet ! mais il est quand même aveugle...le pauvre...

    - C'est vrai... c'est pas cool. Qu'avait dit l'écuyer de ton chevalier déjà ? Attaqué dans sa cellule de prison ? Il ne devait même pas avoir d'armes...

     

    - En plus, tout le monde a bien vu qu'il n'avait pas fait exprès de tuer le roi... c'était un accident.

    - A Winterfell, après tout... il n'y a pas de musiciens, mais moins de meurtres aussi.

     

     

    - Oui...

    Ellyn n'ajouta rien et regarda les troubadour terminer leur spectacle. Après cela, elle tira doucement la manche de Sansa pour attirer son attention.

    - Et si on allait parler au chevalier ? Il pourrait nous en dire plus sur ce qui s'est passé dans la prison...

    La curiosité de la jeune fille et son amour des histoires trépidantes n'avait pas pu résisté devant cette opportunité.

    - D'accord, je te suis.

    A travers la foule qui s'éparpillait, Ellyn se fraya un passage vers l'endroit où elle avait vu le chevalier la dernière fois. Il n'était pas très loin : assis sur un banc contre une maison, il semblait attendre quelqu'un.

    Pour faire signe de leur présence, Sansa se racla la gorge.

    - Bonjour Ser...

    Le chevalier leva la tête en entendant son titre.

    - Qui va là ? Qui me parle ?

    Ester s'avança.

    - Sansa Stark et Ellyn Snow, Ser. Nous avons assisté aux joutes, et nous avons tout vu...

    - Ho, je suis désolé ! Vraiment désolé ! Je n'ai pas fait exprès, je le jure... il ne voulait rien entendre... mais c'est vrai ! Et mon écuyer, mon pauvre grand gars... il n'avait rien fait de mal.

    - Jecomprend tout à fait Ser, répondir Sansa.

    Toujour curieuse, Ellyn lui demanda :

    - Et dans les prisons ? C'était le prince qui vous a attaqué, comme les gens le pense ?

    - Je n'en sais fichtre rien. J'étais entrain de dormir quand une violente douleur m'a réveiller. Je ne pouvais rien voir, j'ai juste entendu crier mon écuyer... et je me suis évanoui sous le coup de ma douleur. Quand je me suis réveiller, j'étais aveugle, et mon écuyer gravement blessé, incapable de parler. Et maintenant il est mort.

    - Ooh...toute mes condoléances...

    - Je vous remercie, jeune dame. Maintenant, la chevalerie est finie pour moi. Non seulement je ne peux plus voir, mais mon honneur est en plus souillé du titre de régicide. Je ne sais pas ce que je vais devenir...

    Ellyn intervint :

    - Mais vous avez des terres, non ?

    - Non, Cendregué appartient à mon neveu. Mais il m'y accueillera sans doute, je suis de son sang.

    - Alors votre vie n'est pas fichue, vous aurez des gens pour vous aider là-bas...

    - Peut-être, mais vous apprendrez un jour toutes les deux qu'il nous faut un but dans la vie, surtout à un âge comme le mien.

    Toujours avide d'en savoir plus, Ellyn demanda ensuite :

    - Maintenant que le roi est mort... c'est qui le roi ?

    - Excellente question, jeune dame. Officiellement, c'est le fils aîné de feu Lord Aemon : Valerys. Il y en a toujours pour râler, mais personnellement je pense qu'il vaut mieux que ce soit lui que son petit frère.

    - Son petit frère serait sans doute un roi... impulsif. Vous l'avez bien vu au tournoi, non ? Ha, il est vif, on ne peut pas lui reprocher ça, mais il l'est parfois un peu trop.

    Soudain, le chevalier regarde autour de lui avec ses yeux aveugles.

    - Je... n'aurais pas du parler si fort. Pas ici. Excusez moi...

    - Cela ne fait rien...

    - Qui attendez vous au juste ? demanda Ellyn.

    - Mon aide de camps, qui ne devrait plus tarder. Puisque mon écuyer est mort des suites de ses blessures... il n'est plus là pour m'aider. Pauvre gars. Lui qui rêvait de devenir un jour chevalier.

    - Qui sait, fit remarquer Sansa : peut-être les Sept lui accordent-ils cette joie dans le meilleurs des Sept Enfers.

    Sans se départir de son air lasse, le vieux chevalier hocha la tête.

    - C'était un brave gars, vraiment. Il aurait mérité de mourir une arme à la main, pendant une vraie bataille, pas dans un vieux cachot. Mais bon, dirons certain : qu'est ce que la vie d'un écuyer quand c'est de la mort du roi qu'on parle ?

    - Hmm...

    - Hé bien, ajouta Ellyn, merci Ser, pour vos réponses. Vous voulez qu'on reste jusqu'à l'arrivée de votre aide de camps ?

    Le chevalier haussa les épaules comme quoi ça lui était égal. Sansa répondit gentiment :

    -je préfère rester au cas où...

    - Que craigniez-vous ? Que les gens m'attaquent ? Quoique... vous avez peut-être raison, ce n'est pas impossible. Il y a parfois de vrai fanatiques.

    Ellyn s'assit à côté de lui et invita Sansa à en faire autant.

    Iris, la femme à la peau noire et aux yeux de biche qui était assise à côté de Sansa et Ellyn pendant le tournoi apparu bientôt, se frayant un passage à travers la foule.

    - Ho, Lady Sansa, Dame Ellyn... vous êtes là ? C'est gentil de tenir compagnie à Ser Renly, il se sent bien seul ses temps-ci.

    - Iris ? fit le chevalier aveugle. C'est toi ? Je reconnais ta voix... Fendroc est avec toi ?

    - Non, votre aide de camps et occupée. Mais je suis là moi, et tout aussi capable de vous guider dans la ville, ne vous en faite pas.

    - Bien, fit Sansa avec un sourire. Voilà qui est rassurant en effet...

    - Vous voulez venir ? proposa Iris. Vous avez l'air bien désœuvrées...

    - Oh euh..on ne veut pas vous déranger..

    - Vous ne dérangez pas ! C'est vous qui voyez.

    Iris leur adressa un sourire et aida le chevalier à se lever.

    - Non, on va vous laisser... profitez bien de votre journée !

    - Comme vous voudrez. Salut !

    Et elle s'éloigna avec le vieux chevalier, le guidant à travers la foule.

    Sansa bâilla et se leva en époussetant sa robe.

    - Tu as l'air fatigué, constata Ellyn. On rentre à la tente ?

    - Oui je veut bien...

    Elle se leva et s'étira.

    - D'accord, allons-y.

    Elle se leva à son tour et épousseta sa robe.

    Sansa et Ellyn partirent alors toutes deux vers les quartiers installés pour les Stark au milieu de tout les campements.

     

    A peine les jeunes filles eurent-elle franchit la porte de la tente que la septa leur tomba dessus.

    - Où étiez-vous passées ? Ça fais un moment que je vous attend, mesdemoiselles !

    - Désolé, expliqua Sansa, mais on faisait le tour des boutiques.

    - D'accord, d'accord... veillez tout de même à me prévenir la prochaine fois, jeunes dévergondée.

    Ellyn leva les yeux au ciel, mais s'abstint de tout commentaire. Dès que la septa se retourna pour retourner à sa dentelle, Elle alla s'assoir sur le lit. Elle détacha ses cheveux bouclés et secoua la tête pour les laisser retomber librement jusqu'à ses épaules.

    Quand à Sansa, elle alla directement à son lit, sous le regard étonné de Ellyn. Allait-elle s'endormir si tôt ? Alors que le soleil n'était même pas encore couché ? En tout cas, elle ferma les yeux.

    Ellyn bâilla un coup, se rendant compte qu'elle était aussi assez fatigué de cette journée. Allez, tant pis pour le soleil ! Elle l'attendra un autre jour ! Elle allant s'endormir sur son lit, épuisée.

    Voyant cela, la septa referma les tentures et ne laissa pour tout éclairage que sa bougie, pour continuer son ouvrage.

    Mais Sansa, en réalité, ne dormait pas vraiment. Elle pleurait en silence en repensant à son beau chevalier.
    La septa ne le remarqua pas tout de suite, elle dû attendre d'avoir fini sa rangée avant de lever les yeux et de voir le triste visage de Sansa.

    La vielle femme se leva et vint s'assoir à côté du lit.

    - Ça va ? chuchota-t-elle.

    - Oui... tout va bien...

    - Si tu as des problèmes, tu sais que je suis là pour en parler ?

    - Oui.

    N'obtenant de réponse plus constructive, la septa se releva.

    - Je compte sur toi pour me prévenir si tu as besoin de te confier.

    - Oui... bonne nuit...

    La septa lui souhaita bonne nuit en retour et alla éteindre la bougie, puis elle rejoignit son lit de son côté. Cette fois, tout le monde dormait pour de bon.

     

    ***

     

    Ellyn fut réveillée aux aurores, puisqu'elle s'était couché tôt la veille. Cependant peu pressée de sortir du lit, elle resta un peu à fixer le toit de toile de latente en écoutant ce qui se passait à l'extérieur : les bruit de pas des chevaux des chevalier lève-tôt, les aboiements des chiens, le flux de la confluence des deux rivières, les premiers oiseaux...

    Sansa était déjà debout, prenant son repas. L'odeur de la nourriture fraiche et du pain chaud fut une bonne motivation pour Ellyn à sortir de sous ses couvertures. Elle rejoignit Sansa.

    - Alors ? Bien dormit ?

    - Très bien, et toi ?

    - Moui, bien aussi. J'ai fait un rêve bizarre avec un dragon qui tuait un pauvre cheval et un renard qui croyait qu'il voulait manger un oiseau, et moi... je ne sais plus ce que je faisait là au milieu.

    Sansa se mit à rire.

    - Hé bien voilà un rêve des plus étranges en effet !

    Ellyn s'assit à côté d'elle à la table et se servit une bonne tranche de pain chaud.

    - Oui, les rares fois ou je me souvient de mes rêves à mon réveil, je les trouve bizarre. Tu voudras faire quoi aujourd'hui ?

    - Aucune idée chère amie.

    La septa, qui s'était levée entre-temps, s’immisça dans leur discussion :

    - Que diriez-vous de travailler le point carré en broderie, vous aviez dû mal la dernière fois...

    Ellyn soupira.

    - Je pensait plutôt à quelque chose du genre "promenade sur les bords de la rivière, suivit de pique-nique dans les bois".

    - Où les deux en même temps ? proposa Sansa.

    - Voilà un compromit qui me parait acceptable, acquiesça la septa. Je prend les ouvrages à travailler et on pourra s'installer à l'ombre lors du pique-nique pour voir ces points.

    Ellyn soupçonna la vieille femme de vouloir elle aussi profiter du temps estival et du voyage dans le sud pour prendre un peu de bon temps...

    Sansa sourit et fini son petit déjeuné, tandis que la vieille septa alla sans se presser préparer de quoi occuper les jeune filles. Ellyn, elle, resta encore un peu assise à la table à grignoter son morceau de pain d'un air songeur.

    Sansa alla prendre quelques affaires, et Ellyn se leva finalement, imitant les deux autres femmes en préparant quelques affaires pour la journée.

    - Plutôt robe ou plutôt pantalon ? questionna-t-elle son amie. J'avoue que j'hésite un peu.

    - Robe, au cas où il y aurait des homme ! répondit Sansa avec un clin d'oeil.

    - Bonne idée. Je vais faire comme ça.

    Elle choisit une robe simple, de tissus assez grossier pour ne pas risquer d'abîmer de beaux vêtements, tandis que Sansa l'attendait à l'extérieur. La septa arriva bientôt, Ellyn mit plus de temps, mais elles furent bientôt toutes deux prêtes pour la balade.

    Les trois femmes purent pousser leur ballade jusqu'à la Rufurque, fleuve bouillonnant dont les flots sont encore grossis par les fontes de neiges du printemps dans les montagnes en amont.

    - C'est magnifique ! s'exclama Sansa.

    - Oui, ça nous change du Nord ! Je ne dis pas que le Bois-aux-Loups et Winterfell sont moches, bien au contraire, mais ici ça nous dépayse !

    - Oui, et l'air est agréable ici !

    - Moins froid en tout cas. On trouve un endroit pour s'installer ?

    - Dans l'herbe ?

    - D'accord, répondit la vieille femme, mais à l'ombre dans ce cas. Je n'ai plus l'age des journées en plein soleil.

    - Très bien, admit Sansa, et elle prit une couverture pour l'étaler à l'ombre.

    Ellyn, qui avait transporter de qui manger, déposa le sac. La septa avait les travaux d'aiguilles et s'assit sous l'arbre. Une fois tout en place, Elle s'allongea dans l'herbe sous le regard accusateur de la septa. Elle n'avait aucune envie de tricoter quoi que se soit, pas dans un moment aussi tranquille.

    Sansa, elle, prit son tricot et commença à travailler.

    Peu de temps après, alors que la septa pressait Ellyn de se mettre un peu à l'ouvrage sous prétexte qu'elle était damoiselle de compagnie et Lady Sansa, Iris arriva accompagnée du chevalier aveugle et d'un autre jeune homme vêtu d'orange et d'argent.

    - Bonjour, déclara-t-il. Nous vous avons vu vous installer ici, et ça à l'air assez tranquille. Pouvons-nous nous joindre à vous ?

    - Bien sur ! veuillez vous reposer nous avons quoi vous désaltérer !

    - Nous vous en remercions ! Question boisson, nous avons aussi apporté le nécessaire, nous ne sommes pas de vulgaires profiteurs.

    Le chevalier désigna le panier d'osier que portait Iris et qui contenait une bouteille de vin et des fruits. Sansa sourit et leur laissa la place.

    Ils s'installèrent à leurs côté sur la couverture. La septa fronça un peu le nez devant le chevalier aveugle, comme si il était sale ou malodorant (ce qui n'était évidement pas le cas).

    Ellyn se redressa pour les accueillir. De son point de vue, un  pique-nique était encore plus réussit quand ils étaient plus nombreux.

    Iris posa le panier au milieu de la nappe et sorti la bouteille pour la déboucher.

    - Un bon cru de Villevieille, fourni par notre ami de Cendregué ! elle désigna le chevalier aveugle. Qui en veut ?

    - J'en veux bien, s'empressa de répondre Sansa, mais juste un verre !

    La septa lui adressa un regard lourd de reproche, qu'elle n'épargna pas à Ellyn qui se manifestait aussi comme intéressée.

    Iris servit donc un verre à chacun, sauf à la vieille femme qui ne se répartissait pas de son air maussade. Sansa bu donc en continuant son ouvrage. Ellyn, quand à elle, sirota un peu son verre avant de décider, à la plus grande satisfaction de la septa, qu'elle n'aimait pas trop le goût.

    Iris engagea la conversation tout en buvant :

    - Belle journée, n'est-ce pas ? On sent bien l'été qui arrive. Je me demande combien de temps il durera...

    - Moi aussi, admit Sansa. Un peu de chaleur, c'est bien !

    - Oui, mais après l'été... l'hiver vient.

    Elle adressa à Sansa un regard appuyé. Puis, hochant le tête, elle poursuivit :

    -  J'espère que l'on aura tout de même le temps d'engranger suffisamment de provisions pour l'hiver.

    - Oui, admit Sansa.

    Le plus jeune chevalier se présenta comme étant le neveu de Ser Renly, et donc le premier héritier de Cendregué. Il avait presque tout le temps un sourire aux lèvres et parlait beaucoup avec Iris. Il buvait pas mal aussi, malgré les regards insistants de la septa.

    - Vous avez assisté au tournoi ? demanda-t-il. Des chevalier de tout Westeros sont venu pour l'évènement.

    - Oui, répondit Sansa, nous avons tout vu !

    - Vous avez tout vu ? J'ai jouté le premier après-midi, contre Ser Donal Rosby. J'aurais dû affronter le lendemain un autre adversaire, mais le tournoi a viré à l'aigre.

    Le vieux Ser Renly n'avait rien dit depuis le début. Il fixait son verre sans le voir, et buvait de tant en temps, mais ne disait rien.

    Iris, qui sentait venir une discussion plus délicate, dévia intentionnellement de sujet :

    - Quand à Ser Guillem, il s'est bien battu. Il vous a dédié deux joute, Lady Sansa, ce n'est pas rien.

    Sansa rit :

    - Oui ! Ça m'as beaucoup surpris c'est la première fois que ça m'arrive ! J'étais pas très a l'aise.

    - Vous n'avez pas vu beaucoup de tournoi avant cela, n'est-ce pas ? Ils attirent tous les chevaliers en quête de gloire et d'amour.

    - Ooh...oui c'est le premier tournois auxquels j'assiste avec Ellyn !

    - C'est toujours impressionnant la première fois. Moi-même, je n'ai assisté qu'à deux tournoi depuis que je suis à Westeros. Il n'y a rien de tel dans les cités libres. Il y a bien des combat d'arènes, mais c'est plus pour le sang et la mort, et se sont des esclaves qui se battent... rien à voir.

    - Wow, commenta Sansa... C'est pas très jovial tout ça...

    - C'est sûr... Pour ça au moins, je préfère Westeros.

    Devant le sourire de Sansa, la femme continua :

    - Parlez-moi du Nord. Parlez-moi de Winterfell.

    - C'est tout blanc, tout est triste et il fait froid

    - Vraiment ? J'imaginais quelque chose de plus... passionnant. Et dire que vous allez devoir retourner là-haut dans quelques jours.

    - Oui...

    La septa, sans lever les yeux de son ouvrage, tint tout de même à faire remarquer :

    - Allons, Sansa... Ce n'est tout de même pas la fin du monde !

    - Non mais tout va redevenir comme avant !

    - C'est pour ton bien. Un jour, tu seras sans doute gouverneure du nord aux côtés de ton mari. Il faut que tu le connaisses bien.

    - Oui, soupira-t-elle. Je sais...

    La journée continua, et vint l'heure de manger. Ellyn avait à peine touché aux aiguilles, préférant discuter avec la femme des cités libres et les deux chevaliers.

    - Vous voulez manger ? proposa la vieille femme.

    - Bof... Je n'ai pas très faim, répondit le plus jeune chevalier. Pour tout dire, je me sens même un peu nauséeux.

    - Ooh, se désola Sansa... C'est bien dommage.

    - Surtout, ne vous contraignez pas pour moi ! Allez-y !

    Ellyn ne se fit pas prié deux fois : elle prit un fruit dans le panier d'osier et croqua dedans à belles dents. Sansa fit de même et mangea avec appétit.

    Le chevalier aveugle ne mangea rien non plus, mais iris prit une grappe de raisin et picora quelques grains.

    - Il fait chaud, vous ne trouvez pas ?

    - Oui, répondit la jeune Stark, c'est fort agréable !

    Ellyn acquiesça.

    - Pas besoin de fourrure ni de lainage, il fait bon ici.

    Elle croqua dans un deuxième fruit, une pèche juteuse comme elle n'en avait jamais mangé.

    La journée continua de s'écouler lentement. Vers midi, le jeune chevalier de Cendregué se leva et s'excusa :

    - Vous me pardonnerez ? Je ne me sens pas très bien... je crois que je vais vous laisser.

    - D'accord, répondit Sansa.

    Le chevalier aveugle se leva à son tour.

    - Si tu rentre, mon neveu, je vais faire de même. J'ai l'impression de me fatiguer plus facilement ces derniers temps. La vieillesse sans doute...

    Les températures commençaient à fraichir, et la septa ordonna que l'on attroupe toutes les affaires pour retourner à la tente. Déjà qu'elle était obligé de dormir dans des conditions déplorables, grognait-elle, si en plus elle restait dehors à la tombée de la nuit...

    Ellyn ne tarda pas et se leva pour commencer à ranger les affaire. Iris fit de même, mais avec un peu moins d'entrain. Elle avait la mine plus pâle que d'habitude, et un sourire un peu flétrit. Sansa, quand à elle, commençait à faiblir étrangement mais trouva tout de même la force de se lever. La septa ne le remarqua pas, ou le mit sur le compte de la fatigue. Ellyn, elle, demanda tout de même :

    - Sansa ? Tu te sens bien ?

    - Je... je ne sais pas... j'ai le ventre un peu ballonné.

    - Voilà ce que c'est de trop ripailler, sermonna la septa.

    Ellyn adressa dans le dos de la vieille femme une grimace digne d'un singe, puis se tourna à nouveau vers Sansa.

    - On va rentrer à la tente, et puis on pourra se reposer.

    Iris le souhaita rapidement au revoir, et s'en alla prestement après avoir récupéré son petit panier d'osier.

    Lorsqu'elle arrivèrent à la tente, elles y trouvèrent un homme vêtue de bleu et rouge, avec une truite bondissante sur le surcot : Tully.

    - Lady Sansa de Winterfell, c'est vous ? Le tournoi étant fini, des chambres dans le donjon se sont libérées, et le sire de Vivesaigue serait ravi de vous avoir comme invitée.

    - Oui, en effet, c'est bien moi, répondit Sansa en toussotant. Le sire de Vivesaigues vous dites ? Et bien... kof... pourquoi pas mais j'ai l'impression de ne pas être en bon état actuellement comme vous pouvez le constater.

    En effet, elle n'avait cesser de tousser tout le long de sa tirade, avait le teint plus pâle que d'ordinaire et tremblait de fière, les yeux larmoyants.

    L'homme l'observa des pieds à la tête.

    - Vous semblez un peu malade en effet. Raison de plus j'imagine pour ne pas rester dans une tente comme le dernier des chevaliers. Enfin bref, ce n'est pas à moi de juger, je vous apporte juste l'invitation de Lord Tully. A vous de voire ce que vous souhaitez faire.

    - Je vous remercie Monsieur, fit-elle avec un sourire, je vais y réfléchir...

    - Bien. Je reviendrais plus tard pour m'enquérir de votre réponse.

    Comme l'homme s'éloignait pour récupérer son cheval attaché plus loin, Ellyn s'approcha de Sansa.

    - C'est vrai que tu as l'air toute patraque. C'est l'air du sud qui te fait cet effet ?

    - Oh non je ne pense pas..non je dirais plutot que c'est le vin... je n'arrive peut-être pas à le digérer.

    - Ah, ça ! s'exclama la septa. Le vice de l'ivrognerie en aura perdu plus d'un ! Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avait pas prévenu !

    Ellyn fit la moue.

    - "Ivrognerie" ? C'est un peu fort je trouve. Surtout que Sansa ne boit pas d'habitude.

    - Oui, renchéri Sansa, c'était juste pour gouter rien de plus !!

    - Mais oui, mais oui... j'ai bien vu tout ce que vous avez avalé, jeune fille. Enfin... j'espère que vous comptez répondre favorablement à cette invitation. Mes vieux os ne supportent plus l'humidité de cette horrible tente.

    - Oui, bien sûr que je vais accepter... mais avant cela je vais me reposer un instant puis me préparer.

    Sur ces mots, elle entra dans la tente pour s'allonger sur son lit.

    Ellyn la suivit. Elle s'assit dans son propre lit pour farfouiller dans son coffre.

    - Quel genre de tenue il vaut mieux mettre quand on est en présence d'un seigneur ? Le même que pour aller à un tournoi ?

    - Je ne penses pas..mieux vaut une tenue assez tape à l’œil,il faut briller de mille feux,faut l’impressionner !

    - Je ne pense pas avoir de tenue plus tape-à-l’œil que celle que j'ai mis pour le tournoi. Enfin... je pense qu'elle fera l'affaire. Je ne suis qu'une bâtarde après tout.

    Elle se tourne vers Sansa.

    - Sansa ? Ça va ?

    - Tout va bien... j'essaie de dormir un peu...

    Ellyn pencha un peu la tête sur le côté, d'un air interrogatif un peu comique, mais n'insista pas.

     


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