• Chapitre 16 : Le couronnement

    Le soleil était sur le point de se coucher, au delà des remparts de Port-Réal. Toute une foule de badauds était venu voir l'incinération du roi Aemon, en grande partie contenue par les gardes du guet, les manteaux d'or comme on les appelle.

     

    Pour l'occasion, Viserys avait revêtu une longue tunique de chevalier (bien qu'il n'ait jamais été adoubé) aux couleurs de sa maison, avec un dragon tricéphale rugissant sur la poitrine. Pour toute arme, il avait délaissé sa pique trop encombrante dans la foule pour une épée longue et fine qui lui battait la hache. Il s'était composé une expression sobre et endeuillée, plus adaptée à la situation.

    Valerys fis son entrée en dernier, suivis des conseillers, encadré par les manteaux d'ors . La face triste et lugubre, il marchais d'un pas noble et égal, fendant la foule comme si elle n'existais pas, son regard fixé tristement vers leurs père . Une vraie tête de comédien . Une épée pendais à son côté, mais bien malin s'il savais s'en servir . Son habit, aux couleurs de la maison, étais en fait une tunique, comme celle de son frère, sauf qu'il n'y avais qu'un seul dragon sur sa poitrine, et, chose plus importante, la tête du dragon étais couronné . Il ce mis à sa place.

    Feu le roi était vêtu d'habits élégants, mais pas de son armure comme le faisaient traditionnellement les grands seigneurs : depuis toujours, les Targaryens étaient brûlés au lieu d'être sanctifiés. Le Grand Septon prononça quelques paroles, comme quoi se fut un grand roi, qu'il avait su préserver la paix, qu'il manquerai au royaume, et tout le baratin habituel.

    Valerys écouta le discourt du Grand Septon sans mot dire, le visage toujours aussi sombre . Finalement, au signe de celui ci, il s'avança au dessus de la dépouille de son ancien roi et tendit la main . Une torche enflammé lui fut donné .

     

    - Que votre âme, mon père, mais surtout mon roi, soit heureux dans l’éternité .

    Il laissa tomber la torche, et recula d'un pas . Du bucher funéraire commença à monter l'odeur de la fumée.

    Viserys regardait solennellement la scène quelques pas en arrière. Il avait déjà été absent lors de l'incinération de sa mère, la reine, et il n'avait jamais assisté à ce genre de cérémonie étant plus jeune (soit déjà à Dorne, soit pas encore né...). Cependant, il ne vit rien de particulier. Juste de la fumée, du feu, et une odeur entêtante de cendres et de chaires brûlées. Il se força à ne pas froncer le nez. Un dragon n'est pas incommodé par le feu. Et un serpent alors ?

     

    Il laissa ses idée de côtés, car le septon avait recommencé à parler, souhaitant à Valerys un long règne sous la bénédiction des Sept, éclairé par la lanterne de l'ancienne, protégé par le fer du guerrier, et blablabla...

    Valerys écouta le grand Septon sobrement, la main posé sur le pommeau de son épée, bien inutile dans un moment pareil . Au fond de lui, le grand changement commençais . Fini, les longues heures de lecture ... Il étais désormais roi d"un grand pays, et allais devoir affronter les joutes verbales des seigneurs . Finalement, le Grand Septon finit sa phrase en s'inclinant bien bas  .Les soldats s'inclinèrent eux aussi criant dans un parfait ensemble :

     

    - Le roi est mort, vive le roi ! Vive le roi Valerys, que son règne soit long et prospère.

    Valerys essaya de ce grandir un peu plus, sans succès . Mais il étais de bonne taille . Il posa son regard violet sur tous, voir si ils s'inclinaient bien, et s'il l'acclamaient, ce qui voudrais dire que son peuple étais bien disposé à son règne. De toute façon, ils n'ont pas le choix.

    Viserys acclama son frère comme toutes les autres personnes présentes. Le petit peuple est sans doute sincère, mais tout ces visages affables de grands seigneurs sont des lèches-bottes de premier choix doublés d'hypocrites. Cependant, lorsque vint le moment de s'incliner, ce fut comme si il avait le dos raidit : il fit le strict minimum pour ne pas paraître impolis ou mutin.

    Valerys posa le regard sur son frère, qui s'inclina à son tour. Le nouveau roi fronça les sourcils . Il ne savais peut-être pas combattre, mais il savais regarder . Mon cher frère, tu es beaucoup plus gracieux que sa quand tu salues, d'habitude !

    Lord Manderly, la Main du Roi, s'avança alors vers Valerys avec l'antique couronne de la maison Targaryen, incrustée de rubis, qui fut portée dit-on par Aegon de Conquérant. Il tendis l'objet pour en couronner le nouveau roi.

    Valerys ce mis à genoux, pour recevoir la couronne . Tête baissé, le visage aussi serin qu'a l'ordinaire, mais emprunt de gravité, il attendit que Lord Manderly scelle son destin.

    La Main du roi déposa solennellement la couronne de rubis sur la tête de Valerys. Un roi était incinéré, un nouveau prenait sa place sur le trône. Valerys ce releva, le regard fier, malgré ses doutes sur son avenir.

    Tout l'assemblée acclama le nouveau roi, et les cloches du Grand Septuaire se mirent à carillonner à travers toute la ville pour l'évènement.

    Le nouveau roi ce vit de suite entouré par la garde royale, à l'allure altière et terrible . Un dernier regard pour les cendres de son père, qui commençaient à ce consumer . Il eut un sourire sardonique pour ses conseillers, qui, cette fois, ne faisaient pas semblant de lui rendre hommage . Il étais fort mal avisé de faire "semblant" devant le nouveau roi qui, déjà, ne vous portais pas dans son cœur.

    Un palanquin doré se fraya un passage à travers la foule pour permettre au nouveau roi de monter dedans, et de s'en retourner au donjon rouge. La cérémonie devant le peuple était bien terminée, mais Viserys soupçonnait la journée de ne pas être finie.

    Valerys ce hissa sans aide dans le palanquin, qui avais été astiqué avec soin. Mon palanquin. Dès qu'il fut installé, la troupe ce mis en marche vers le donjon.

    ***

    Valerys entra dans la bibliothèque, suivis de sa garde, qui ce positionnèrent tout autour des fenêtres . Puis il s'arrêtèrent de bouger, et reprirent une immobilité de statue  .

     

    Le roi marcha droit sur l'étagère traitant des chronologies des rois anciens . Il pris un livre, sur l'histoire de Aegon Targaryen, et ce qui ce passa après sa mort, la Conquête... Valerys ce plongea dans une lecture assidue . Toute sa vie, il avais appris avec les livres, grandis avec eux . Maintenant, il comptais bien à ce qu'a les livres lui "montrent" comme bien régir le royaume.

    Mestre Rehnys entra quelques temps plus tard dans la bibliothèque avec des livres sous le bras.

     

    - Ho, excusez moi sire... je ne pensais pas vous trouver ici... Quoique ça ne soit pourtant guère étonnant en soi.

    Valerys leva la tête de son livre, sourcils froncés . Il essayais de résoudre un problème, qu'il n'arrivais pas à comprendre . Alors une intrusion dans "son" domaine, ce n'étais pas le moment. Il eut un sourire, pas vraiment chaleureux, mais un sourire tout de même . 

     

    - Ce n'est rien mestre...

    Le roi regarda d'un oeil interrogateur son bras droit, visant surtout les livres et dossiers qu'il transportais . 

     

    - Qu'est-ce donc ?

    - Ho, rien de passionnant... des dossiers, des comptes... c'est le grand-argentier qui m'a demandé d'aller les ranger.

    Valerys hocha du chef, ce disant qu'il les liraient un de ses jours, histoire de surveiller les comptes . Il regarda par la fenêtre . Il faisait nuit noire dehors . Vais-je lire ? Ou bien aller me reposer ? Le choix était difficile . Il opta pour la seconde solution, et, saluant son conseiller, partit ce coucher.

    Valerys entra dans sa chambre, secondé de ses gardes . Ma première nuit en tant que souverain . Il eut  un haussement de sourcils . De jeunes serviteurs apparurent à son côté, et entreprirent de l'habiller pour la nuit . Une fois chose faîtes, il s'inclinèrent, et disparurent aussi vite qu'il étaient arrivés . 

    Le roi ce coucha, et essaya de s'endormir le plus vite possible

     

    ***

     

    Valerys entra en grande pompe dans la salle du Trône, suivis de son frère, puis de ses consseillers les plus proche . Le nouveau roi s'assit sur son trône, la mine sereine.

    Viserys observa son frère. Avec la couronne de son père, il paraissait déjà plus royal. Il n'avait plus maintenant qu'à s'en montrer digne.

     

    Le Grand Mestre, Renhys, fit soudain irruption dans la salle. Il tenait un parchemin cacheté de sire bleue. S'approchant pour le tendre au roi, il précisa :

     

    - Un message de Vivesaigue pour vous, sire. Je ne saurais dire ce qu'il continent.

     

    Il n'ajouta rien, mais pensa au fond : Noires ailes, noires nouvelles...

    Vivesaigue ? Le roi tendit la main, et décacheta soigneusement la message, après en avoir dument vérifié le sceau bleu . Il ouvris la lettre, et commença sa lecture .

    "De Lord Robin Tully , gouverneur du Conflans et sire de Vivesaigues, à Lord Valerys Targaryen, roi des Andals et des premiers hommes de Westeros.

     

    Si cette nouvelle ne vous affecte sans doute pas directement, je me vois dans l'obligation de tout de même vous annoncer une terrible nouvelle pour Cendregué : la mort de deux de ses chevaliers à Vivesaigues, dont l'héritier légitime du chateau de la famille, l'autre étant son oncle, et, entre autre, le meurtrier par maladresse de votre père.

    Avec tout mon respect."

     

    Et évidement on ne me donne pas l'explication de la mort . Autant ne rien envoyer du tout dans ce cas là ! Par maladresse. hum .

    Valerys lu la lettre à haute voie devant tous . Mais il regardais surtout son frère .

    - Justice a été faites, déclara t-il, mais il n'y croyais pas trop.

    Il pensais surtout qu'on avais voulu ce débarrasser du meurtrier pour ne pas le reconnaitre .

    Viserys n'avait pas l'air particulièrement surprit. Il prit une attitude faussement désolée.

    - Ainsi, il est mort ? Ho, c'est terrible, vraiment. Sa famille doit être bien triste, je compatis.

    Valerys ne montra rien de ses sentiments, comme on lui avais dument appris, mais il ne put s'empêcher de glisser un regard vers son frère . Il repris vite sa posture royale néanmoins . Il posa la lettre à son côté, pour y  répondre le plus tôt possible, et regarda les seigneurs autour de lui, ne sachant pas à qui parler en premier, juste après son couronnement .

    Les autres hommes se taisaient, ne sachant exactement que dire. Finalement, Lord Manderly, la Main du Roi osa demander :

    - C'est malheureux, en effet, surtout pour ce qui est de l'héritier... Sait-on dans quelles conditions c'est arrivé ?

    Valerys hocha négativement la tête .

    - Non, on a omis de m'en informer . Un oublis regrettable !

    - Je peux renvoyer un corbeau, proposa mestre Renhys.

    - Excellente initiative, mestre, répondit le nouveau roi, pas encore de bonne humeur.

    Le mestre s'inclina et quitta la salle, s'en retournant à ses corbeaux.

     

    Valerys regarda les seigneurs, et finalement déclara .

    - Personne n'a d'autre "mauvaises" nouvelles à m'annoncer ? Bien ! Quel est le premier sujet importent que mon père m'a laissé sur les bras ?

    - Rien d'urgent pour le moment, sire, déclara Lord Manderly. Nous évoquerons tout les petits détails plus tard, lors de notre réunion du conseil restreint.

    A la façon dont il regarda par réflexe les serviteurs, Viserys imagina sans peine la suite informulée de sa phrase. "Loin des oreilles indiscrètes ?"

    Valrys ne quitta pas du regard son conseiller . Il hocha simplement la tête, tout en songeant à toute les journées similaires qu'il aurais à subir chaque années de sa vie .

    - Parfait ! J'ai hâte de voir tout ses "petits détails", et de les régler . Je ne veux que paix dans mon royaume.

    - C'est le propre des bons rois sire. 

    Ha oui ? ne put s'empêcher de penser Viserys. Comment expliquez-vous que tout le monde considère Aegon le Conquérant comme un grand roi dans ce cas ?

    Mais je ne serais pas faible non plus, songea Valerys et les seigneurs qui en douterais ce repentirons . De ça, le nouveau roi, assis sur son trône inconfortable en étais sur, malgré toute ses appréhensions . Il ce leva, assez lentement pour qu'on l'interrompe si quelques affaires ne pouvais soufrir le lendemain . Mais il étais sur d'avoir encore beaucoup de chose à faire, avant de pouvoir être tranquille.

    Personne n'ajouta rien dans la salle. Lord Manderly détaillait les crânes de dragon qui décorait la salle, et Viserys tripotait le pommeau de son épée, tic qu'il prenait souvent lorsqu'il s'ennuyait.

    Valerys eut un demi-sourire. C'était assez réjouissant de voir toute ses personnes qui ne pouvaient partir tant qu'il étais dans la pièce, qui s'ennuyaient, qui avaient peut-être des affaires urgentes, mais qui ne pouvais absolument pas bouger, sous peine de le "peiner " gravement .

    - Lords et princes, je vous laisse à vos occupations.  J'ai quelques affaires à régler de mon côté, et je ne veux être dérangé sous aucun prétexte.

    Les nobles s'inclinèrent et commencèrent à quitter la salle, les uns après les autres. Viserys, quand à lui, adressa un regard interrogatif à son frère, puis suivit le mouvement vers l'extérieur.

    Valerys sortit, et, accompagné de sa garde, fonça d'un pas noble mais plein d'allant vers la bibliothèque.

     

     


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