• Chapitre 19 : Conrad

    Conrad avançait à travers les navires du port. Il s'arrêtait parfois pour en contrôler quelque uns. Il venait souvent en ce lieu afin de s'assurer du bon état des navires et aussi du bon fonctionnement du port.

    Guillem errait sur les quais. Toutes ses pensées le ramenait sans cesse à la belle, à la douce Sansa Stark. Où pouvait-elle être maintenant ? La reverrait-t-il un jour ? 

    Promis, songea-t-il. Dès aujourd'hui, je demande l'autorisation de quitter la ville. Ils ne vont pas me garder indéfiniment...

    Conrad était plutôt satisfait de ce qu'il voyait. Pas de navires clandestins dans le port aujourd'hui : quel dommage! C'était amusant de devoir les arrêter. 

    D'après ce qu'il constatait, le commerce se portait plutôt bien. Le Soleil brillait dans le ciel et cette journée s'annonçait d'un beau temps magnifique.

    Soudain, Conrad remarqua un jeune noble à l'air rêveur qui marchait sans regarder où il allait. Ah les jeunes.... 

    Guillem faillit rentrer dans un matelot chargé du débarquement d'un bateau. Il évita là collision de justesse et hérita d'un chapelet de jurons à son intention. Flâner sur les quais du port s'annonçait moins tranquille et romantique que prévu.

    En soupirant, il vint s'assoir sur une caisse abandonnée pour ne plus déranger les marins qui s'affairaient.

    Conrad fixait le jeune noble qui venait d'éviter une collision avec un marin.Il s'approcha de lui.

    "Qu'est-ce qu'un rêveur fait à déambuler sur les quais? "

    De toute évidence,ce garçon n'était pas marin. Il n'en avait pas l'allure.

    Guillem avisa le nouveau venu. Il ne le connaissait pas, et se figurait être en face d'un capitaine de navire, peut-être fortuné mais pas noble.

    "J'attends avec impatience le jour où je pourrais quitter cette ville, et prendre la route vers le nord. Je ne sais pas quel est mon rôle ici, alors j'erre sans but véritable dans la ville."

    Qu'est-ce que c'était que ce jeune homme? 

    "Le Nord?" demanda Conrad, dubitatif en haussant un sourcil.

    Certes, les paysages montagnards et enneigés du Nord avaient un certain charme mais vouloir aller au Nord plutôt que d'être dans la capitale... C'était étrange selon Conrad. A moins que...? 

    "Vous souhaitez entrer dans la Garde de Nuit ?

    - Entrer dans la garde de nuit ?"

    Guillem prit un air sidéré puis éclata de rire. 

    "Non, c'est une raison toute autre qui m'attire vers le Nord ! Et même assez contraire pour tout dire... Je suis un chevalier, et je ne puis effacer de mon esprit le visage de ma dame depuis que j'ai jouté pour elle au grand tournoi de Vivesaigues !"

    Conrad fixa le chevalier avec consternation. Une demoiselle?! Sans blague! Une demoiselle! Voilà la raison qui le poussait  à vouloir rejoindre le Nord ! 

    "Le tournoi de Vivesaigues..."

    Soudain , Conrad se souvint du visage du chevalier. Il avait assisté au tournoi de Vivesaigues. Combattre pour se donner en spectacle n'était pas une habitude chez lui mais Conrad avait dû assister au tournoi du fait de son rôle au Conseil Restreint.

    "Ser Guillem Florent, n'est-ce pas?

    - En effet."

    Le chevalier était ravi qu'on l'eut reconnu.

    "Vous étiez donc au tournoi ? Vivesaigues est bien loin de la Néra..."

    Conrad hocha la tête.

    "C'est un tournoi important. De nombreuses personnes y sont invités."

    Il le toisa quelques secondes avant de se présenter: 

    "Je connais votre nom mais vous ne savez pas le mien : Conrad Greyjoy, Ser."

    Il n'en revenait toujours pas... une femme... Quelle sorcellerie que l'amour! Les hommes n'en avait pas besoin. C'était une perte de temps aux yeux de Conrad. Les femmes n'étaient bonnes qu'à faire survivre une lignée et à apporter un peu de douceur dans un monde de violence. Mais s'attacher à une femme au point de vouloir la rejoindre et de tout faire pour elle... quelle stupidité.

    Guillem ouvrit de grands yeux. Conrad Greydjoy ?! Le maître des navires ?! Et il venait de lui parler sans retenue comme à un simple capitaine...

    "Je... Enchanté, messire..."

    Ce gamin venait de comprendre à qui il s'adressait apparemment. 

    "Je vous fait perdre la paroles, Ser?"

    C'était plutôt amusant.

    "Je... c'est... Non, c'est la surprise. Mais alors... Vous voyez le roi couramment ? Vous pourriez lui parler de mon cas !"

    Quel impudent de lui demander une requête de la sorte! 

    "Votre cas? Mais encore?"

    Conrad ne voyait pas ce qu'il gagnait  à aider ce jeune abruti qui ne voulait qu'une chose: rejoindre sa demoiselle.

    "Son frère m'a ordonné ainsi qu'à d'autres chevaliers d'accompagner le cortège funèbre de notre ancien roi à la capitale, et je ne sais pourquoi. Je voudrais juste l'autorisation de quitter la ville avec une escorte pour rentrer chez moi."

    Conrad le regarda d'un air dubitatif. 

    "Cette mission ne prendra pas longtemps. Vous serez renvoyé chez vous après cela. Et... vous serez libre de vous rendre dans le Nord."

    Le jeune chevalier soupira de soulagement.

    "Je vous en serais éternellement reconnaissant."

    Conrad n'avait nul besoin de parler de cet imbécile au roi.

    "Pour quelle autre raison vous obligerait-on a rester à Port-Réal une fois les funérailles terminées? Je n'en vois aucune."

    "Je ne sais pas, mais... Le prince m'avait fait comprendre ainsi qu'à d'autres chevalier que nous ne devions pas retourner... dans le Bief."

    Conrad fronça les sourcils. Ne pas retourner dans le Bief? Y avait-il quelque chose qui se tramait? Probablement. Intrigué, Conrad se promit de faire quelques recherches sur cette petite affaire.

    "Mais cela ne vous empêche pas de vous rendre dans le Nord voir... votre Demoiselle."

    Le visage du chevalier s'éclaira.

    "Merci beaucoup, messire, de m'avoir cédé de votre temps.

    - De rien, Ser", répondit Conrad par pure politesse. 

    Il se mit à réfléchir. Les chevaliers n'auraient pas le droit de retourner dans le Bief ? C'était un ordre bien mystérieux et étrange.... Le prince était connu pour ne pas apprécier les Tyrells, les dirigeants du Bief. Cela aurait-il un rapport?

    Guillem s'inclina bien bas devant le maître des navires.

    "Adieu donc, messire. Et encore merci."

    Conrad le salua avant de le quitter pour repartir dans l'inspection de ses navires, avec, toutefois, cette idée qu'il irait creuser un peu concernant cette histoire dont venait de lui faire part le chevalier.

    Guillem s'éloigna des quais, et reprit la route du donjon. Quelle chance, songeait-t-il, d'avoir croisé la route du maître des navires ! Peut-être reverrait-t-il bientôt sa bien-aimée.

    Conrad termina son petit tour du port. Il n'était pas encore très tard. Il avait terminé bien plus tôt que prévu. 

     

    Conrad arriva  à l'entrée du Donjon Rouge. Les manteaux d'or gardant l'entrée reconnurent facilement le maître des navires. Il les interrogea pour savoir où se trouvait le roi.

    "J'en sais rien m'sire, répondit le premier garde. Sans doute encore dans ses bouquins."

    Conrad soupira.

    "Merci quand même."

    Il n'aurait plus qu'à se rendre à la bibliothèque dans l'espoir de trouver le roi. 

    Viserys arriva peu de temps après. Il rentrait de ville, à pied (une fois n'est pas coutume), et passa les portes solidement gardées sans s'arrêter. Les gardes l'avaient reconnu, au moins par ses habits si ce n'est par son visage.

    Conrad remarqua la présence du prince. Il aurait voulu parler au roi de ce que lui avait dit l'imbécile amoureux de chevalier mais s'il pouvait directement en parler avec le principal concerné : le prince. 

    "Prince  Viserys! l'interpella-t-il.

    - Messire ?"

    Le prince s'avança vers lui, curieux de savoir ce que le maître des navire pouvait avoir à lui dire.

    Conrad regarda autour de lui. Il y avait un peu trop de gardes à son goût et n'importe qui pouvait passer par ici.

    "J'aimerais m'entretenir avec vous à propos d'un sujet que m'a narrer un jeune chevalier.

    - Mm ? D'accord."

    Viserys avait surprit le regard de Conrad et proposa :

    "Que diriez-vous de visiter mes appartements ? C'est un lieu fort agréable pour discuter, vous verrez, et très... tranquille."

    Conrad hocha la tête.

    "Je suis certain que nous y serons mieux."

    Le maître des navires avait hâte de savoir s'il y avait un information croustillante concernant des plans secrets contre le Bief.

    Viserys prit la direction des hauteurs du donjon, là où se situaient les appartement de la famille royale. Tout en s'assurant que son interlocuteur suivait bien, il lança la conversation :

    " Alors comme ça vous avez discuté avec un jeune chevalier ?"

    Conrad esquissa un sourire.

    "Oui, un jeune homme qui avait fait le tournoi de Vivesaigues."

    Il donnait les informations au compte goutte.

    - Il y en quelques uns à la capitale, ces temps-ci, enchaîna Viserys. Si ma mémoire est bonne... on a un Fossovoie... un Florent... un Hightower je crois... et un autre dont le nom m'échappe.

    Conrad n'avait pas envie de révéler qu'il s'agissait du Florent.

    "Ce chevalier m'a fait part d'une bien étrange histoire.

    - Ha oui ? Tenez, nous arrivons. Vous allez pouvoir m'en faire part sans tarder."

    Conrad avait déjà eu le privilège de venir dans les appartement du prince. Ce n'était pas la première fois que les deux hommes s'entretenaient sur un sujets qui devaient rester à l'abri des oreilles indiscrètes.

    "Rien n'a changé depuis ma dernière visite.

    - Non, en effet. Il faut dire qu'entre deux voyage, je ne juge pas primordial de m'occuper de l'ameublement de ma chambre. Bref : vous me parliez d'un chevalier et d'une affaire qui vous intriguait."

    Conrad regarda par la fenêtre. Le prince avait une bien belle vue. 

    "En effet, je me demandais si vous aviez récemment décider de vous en prendre aux habitants ou... certaines familles du Bief."

    Viserys prit son temps avant de répondre. Il s'approcha de la fenêtre et regarda le port qui bruissait en bas, loin sous les rempart imposants du donjon.

    " Qu'est-ce qui vous ferait dire ça, au juste ?" demanda-t-il finalement en se tournant à nouveau vers le maître des navires.

    Conrad s'installa confortablement.

    "Vous n'offrez pas à votre invité un verre de vin?"

    Le maître des navires savait qu'il jouait probablement avec la patience du prince

    " J'espère que vous n'avez rien contre les vins épicés, répondit-il." Je n'ai à peu près que ça à portée de main.

    Le prince se dirigea vers un petit buffet coincé entre une commode et un mur. Il en sortit une bouteille sombre et retourna vers Conrad.

    "Non, je n'ai rien contre."

    Il était de notoriété publique que le prince Viserys affectionnait Dorme sous tous ses aspects même l'alcool.

    "Pour répondre à votre question, il semblerait que certaines personnes originaires de cette contrée aient reçu l'ordre de ne pas y retourner une fois les funérailles de votre défunt père et notre roi, terminées.

    - Je vois... les jeunots du Bief, hein ?"

    Le prince déboucha la bouteille et servit deux coupes de vin. Il en tendit une à Conrad et garda la sienne.

    " Ils n'ont aucun soucis à se faire pour eux, tant que leurs familles resterons tranquilles."

    Conrad le remercia avant de porter à la coupe à ses lèvres pour en boire quelques gorgées.

    "Excellent! Je devrais boire du vin du Sud plus souvent, dit-il avait de marquer une pause. Serait-ce une sorte de prise d'otage?

    - J'aime les hommes qui ont du goût, fit Viserys avec un sourire. Ainsi que les hommes perspicaces.

    - Celui qui m'a fait vent de cette rumeur n'a aucune idée de votre plan, Altesse.

    Le chevalier Florent était définitivement un imbécile heureux selon Conrad.

    -Il était simplement étonné de ne pouvoir rentrer chez lui. Je suppose que vous tiendrez à les garder à Port-Réal, n'est-ce pas ? Oh! Et si je peux me permettre, j'apprécie certains hommes mais je ne les aime pas."

    Conrad aimait jouer sur les mots. C'était une passion assez agaçante chez lui.

    Viserys tira un siège à lui et s'assit.

    " Évidement qu'ils ne se doutent de rien. Je n'ai pas choisit "l'escorte funéraire" de mon père au hasard. Un joli lots de preux chevaliers aussi naïfs qu'ils sont vaillants. J'ose simplement espérer que le reste de leur famille ne leur ressemble pas."

    Puis, après un bref silence :

    " Il est vrai qu'à Port-Réal, les choses établies sont tellement strictes... Enfin, vous avez sans doute raison. Apprécier quelqu'un ne nous oblige pas à lui faire confiance. C'est mieux ainsi."

    Conrad l'écoutait. Il parlait de ces chevaliers comme de brebis égarés.

    "Je ne pense pas que le reste de leurs familles soient aussi naïfs. L'un des chevaliers avait émis le souhait de se rendre dans le Nord."

    Il regarda le prince droit dans les yeux.

    "La confiance est trop précieuse pour être accordée."

    "Le Nord ?"

    Viserys ébaucha une grimace.

    "Quelle drôle d'idée... Mais dîtes-moi, auquel de ces chevaliers avez-vous parlez ? Vous ne me l'avez toujours pas dit."

    Bien sûr, il était on ne peut plus d'accord avec le maître des navires sur ce qui concernait la confiance. Il n'était pas étonné que le capitaine Greydjoy ait su se hisser si haut à la cour avec des principes si ordonnés.

    Conrad but un autre gorgée de vin.

    "Quelle importance que l'identité de ce chevalier?"

    Le maître des navires craignait que ce chevalier ait des soucis pour avoir permis à Conrad de découvrir les plans cachés du prince.

    "Votre frère est-il au courant de vos petits tours ?

    - Hum... disons que j'essaye de comprendre pourquoi un chevalier du Bief voudrait se rendre dans le Nord. Quand à mon frère... en quelque sorte, oui. En tout cas, il est au courant pour les "otages", et je lui ais fait part de mes réserves vis à vis des Tyrell et leurs vassaux. Les évènements récents de Vivesaigues pourraient être... mal interprétés."

    Conrad analysa ce qu'il venait d'apprendre.

    "Pour une raison des plus délirantes... Vous l'avez dit, ces chevaliers ne sont pas bien malin et celui-ci semble s'être amouraché des beaux yeux d'une femme."

    Là encore, Conrad n'était pas surpris. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure que le prince ne supportait pas les Tyrell.

    "D'une femme du Nord ? Alors je crois savoir de qui il s'agit... Le jeune vantard que j'ai affronté en deuxième joute sans doute."

    Conrad le fixa.

    "Les chevaliers sont vantards et fiers pour la plupart.

    - Hum... peut-être, mais pas tous. Feuilletez le livre de la Garde Royale, et vous trouverez sans doute quelques exceptions. D'ailleurs, celui qui a tué mon père ne faisait pas vraiment le fier après la joute."

    Cornad le concevait fort bien.

    "Je n'ai pas dit qu'ils l'étaient tous."

    Il but encore des gorgées jusqu'à finir son verre.

    "Puisque je sais ce que vous comptez en parti faire, j'aimerais que vous dites quels sont les aboutissements de vos plans."

    Le prince fronça les sourcils.

    " N'est-ce pas vous qui, il y a à peine cinq minutes, affirmiez qu'on ne devait en aucun cas donner sa confiance à qui que se soit ? Pourquoi ferais-je une exception pour vous ?"

    Son propre verre était à peine entamé. Il faisait tournoyer lentement le vin à l'intérieur, sans quitter Conrad des yeux.

    Conrad rit.

    "J'ai dit cela. Je ne vous demande pas de m'accorder votre confiance. C'est simplement que vous m'éviteriez de faire de longues recherches pour comprendre vos intentions. Tôt ou tard, Prince, je saurais ce que vous complotez contre les Tyrell."

    Conrad n'avait pas sa langue dans sa poche. Il trouvait grotesque de cacher ses intentions par de sous-entendus.

    Viserys fronça le nez.

    "Comploter contre les Tyrell ? Messire, vous me vexez. C'est plutôt un complot de leur part que je crains. La mort de ce... Renly Cendregué et de son neveu est sans doute déjà bien connue dans le Bief. Peut-être êtes-vous au courant de l'affaire ? Vous savez... ce chevalier maladroit qui avait planté son épée dans l'oeil d'un roi..."

    Conrad le fixa. De la rancœur et vengeance, voilà ce qui allait les animer. Et cela ne présageait rien de bon. La rancœur et les déchirures qu'elle accompagnait faisait parfois faire des choses idiotes.

    "Hum.. et vous ne pensez pas que les familles du Bief penseront à une provocation de votre part de garder leurs jeunes chevaliers ?

    - Mais voyons, répondit le prince d'un ton exagérément mielleux. Ils ne sont pas en danger, ni même vraiment retenus. Ils ont été prit dans l'escorte funéraire de leur défunt roi, ils devraient être flattés. Et maintenant, ils sont invité à la cour de la capitale... un honneur, non ?"

    Conrad soupira.

    "Officiellement. Mais officieusement, les familles comprendront ce que vous chercher à faire.

    - Certes. Et officieusement, elles comprendrons que tant qu'elles resterons tranquilles, leur progéniture le sera de même."

    Conrad fixa la vue.

    "Et si elles cherchaient à récupérer leurs progénitures?

    - Tout dépendra des moyens employés j'imagine. Ce n'est tout de même un secret pour personne que des guerres sont parfois évitées par des prises d'otages. Et ces braves chevaliers n'aurons pas l'occasion de s'ennuyer, ils ont toutes sortes d'occupations à la capitales. C'est votre histoire de damoiselle du Nord qui m'embête... si le Florent continue à insister, je ne pourrais plus lui imposer de rester sans déclencher d'incident diplomatique... C'est fâcheux."

    Conrad sourit.

    "Il était bien épris de sa demoiselle. Si vous voulez le garder sous votre contrôle, trouvez qui est la demoiselle et faites à la venir à Port-Réal... Cela vous permettrait de le garder."

    Conrad aimait les coups bas. Pas être un comploteur mais savoir ce qui se tramait. C'était en se faufilant dans les failles des complots qu'il avait atteint son rang.

    Viserys posa son verre à côté de lui et soupira.

    "Malheureusement, je pense bien savoir qui est cette dame ! Le jouvenceau s'amusait à lui offrir les ornements des casques des adversaires qu'il vainquait "en son nom". Totalement ridicule au passage. Quand je lui ais fait mordre la poussière, j'ai pris soin de trancher le petit renard qui gambadait sur son heaume, et je l'ai donné à sa "dame d'amour". La tête qu'elle faisait ! Sans doute aurait-elle préféré voir un dragon s'ajouter à sa collection... Enfin bref : cette damoiselle en question portait les couleurs Stark, et je suis pratiquement sûr qu'il s'agissait de Sansa, l'héritière du Nord, première fille du gouverneur de Winterfell."

    Conrad fut ravi de voir qu'il n'était pas le seul à comprendre que ce chevalier n'était qu'un imbécile. Quelle idée de fanfaronner autant...

    "Ah oui, je me souviens de cet épisode."

    Sansa Stark....

    "C'est une jolie jeune femme... Elle ferait tourner la tête de pas mal de jeunes gens."

    Or... faire venir une Stark et la garder à Port-Réal... voilà un problème. Elle n'a aucune raison de se présenter ici.

    "Oui, et en plus celui qui l'épousera deviendra gouverneur du Nord. De quoi intéresser plus d'une maison. Et hors de question qu'elle ne tombe entre les main des Tyrell ou de leurs vassaux ! Déjà qu'ils se targuent d'avoir les terres les plus fertiles, ils ne vont pas en plus avoir les plus vastes !"

    Conrad sembla réfléchir.

    "Trouver un mari à la fille? Ainsi le jeune Florent sera désabusé."

    S'il n'était pas assez idiot pour empêcher la fille de se marier.

    - Oui, se serait l'idéal. Un mari riche et influent au possible, et en lequel la couronne puisse faire confiance... ainsi, elle ne pourrait refuser.

    Tout en tournant son regard vers la fenêtre, Viserys fit mentalement l'inventaire des personnes qui pourraient correspondre. Son frère, déjà, bien sûr ! Le roi en personne... même si il est deux fois plus vieux qu'elle, elle ne pourrait refuser, non ? Certains membre du conseil restreint aussi ? Lord Manderly est un nordien, non ? Oui, mais trop vieux, et déjà marié...

    "Bon, déclara finalement Viserys. J'en toucherai deux mots à mon frère. J'ai bien quelques idées, mais c'est lui le roi maintenant... D'ailleurs, vous qui êtiez au conseil restreint, vous m'en feriez bien un résumé ?"

    Conrad se décida  à lui en faire un petit résumé:

    "Lord Stark est mort. Sa fille, Sansa est l'héritière. Une enquête sera faite sur la mort du seigneur du Nord. Daron Martell est invité à la capitale et a accepter de venir. Mes compatriotes Fer-nés pillent un peu trop en ce moment."

    Conrad s'était montré particulièrement discret. C'était un Greyjoy. Il avait pillé, lui aussi, dans sa jeunesse. C'était une tradition pour sa famille.

    " Le Gouverneur du Nord... mort ? Ca risque d'être encore plus difficile pour convaincre la fille à se marier. Je vois d'ici tout les prétendants affluer à Winterfell..."

    Il secoua la tête, déçu.

    "Et puis... pourquoi une enquête ? La mort ne serait pas naturelle ?"

    Conrad le fixa.

    "Et bien... nous penchons sur un meurtre."

    Lord Stark ne serait pas mort aussi facilement.

    "Un meurtre... à Wintrefell ? Hé bien, que les nordiens règlent leurs affaires, mais c'est assez étrange. Sinon, l'arrivée de Daron est une bonne nouvelle. Au moins une."

    Conrad le regarda.

    "La fille Stark serait un bon parti pour votre frère qui est déjà roi.

    - Oui, c'est bien ce que je me disais, seulement..."

    Viserys fut interrompu par un garde de la ville qui ouvrit la porte en coup de vent.

    "Messire ! Messire ! Dans la ville... Un dragon ! Il est entrain de tuer tout le monde !"

    Le prince bondit de sa chaise et se précipita à la fenêtre. En effet, l'énorme reptile volant brûlait tout ce qui lui passait sous la main au marché aux poissons, juste entre les remparts et la rivière.

    Conrad se précipita  à la fenêtre également. Quels maux poussaient cette bête à agir ainsi?!

    "Il faut intervenir avant que ce dragon ne réduise Port-Réal en cendre!"

    Les yeux écarquillés devant l'animal devenu fou, le prince eut pour toute réponse un hochement de tête. Puis il s'éloigna de la fenêtre et empoigna sa lance appuyée plus loin contre un mur de la chambre.

    - J'y vais !

    Et il s'élança à nouveau vers la porte, bousculant au passage le garde tétanisé.

    Au dehors, le dragon avait fini de s'en prendre à la foule, et il décollait pour prendre de l'altitude. Soit pour attaquer la ville à un autre endroit, soit pour s'éloigner. Conrad se mit à suivre le prince. Il ne comptait pas rester là sans rien faire. Le dragon avait déjà fait assez de dégâts comme cela. Il ne fallait surtout pas qu'il mette le feu à la capitale.

    Dévalant les marches de la tour quatre à quatre, le prince eut tôt fait d'arriver en bas. Il n'avait pas eut le temps de se changer et était toujours vêtu de ses habits légers de lin et de soie.

    Quand il sortit du bâtiment, il pu voir le grand dragon qui s'éloignait dans le ciel en suivant la route royale. Conrad fronça les sourcils. Pourquoi le dragon avait-il arrêter pour prendre cette route là.

    Le prince hésita quelques instants. Suivre le dragon hors du château, ou le laisser s'enfuir ? De toute façon, même à cheval, il n'irait jamais assez vite...

    Viserys ordonna à quelques gardes de le suivre, puis il quitta le donjon en courant. Direction Fossedragon.


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