• Chapitre 21 : Feu et Sang

    Viserys arriva au pas de course à Fossedragon, suivit de près par le Maître des Navires. Il entra dans l'immense cage des dragons. Les gardes postés à l'entrée le laissèrent passer sans discuter, il était un Targaryen après tout, et Conrad l'accompagnait.

    Une fois à l'intérieur, Viserys se dirigea sans hésiter vers son dragon, Onys. Là il demanda aux hommes chargés de s'occuper de l'animal de lui donner les clés des chaînes qui l'entravaient, et d'ouvrir les portes.

    - Messire ? Vous êtes sûr que...

    - OBEISSEZ !

    - Bien, bien...

    Conrad, de son côté, était plus hésitant. Le dragon du prince était bien petit par rapport à celui qui venait de ravager une partie de Port-Réal.

    - Prince... Vous pensez que c'est une bonne idée ?

    C'était un pari risqué que d'utiliser son dragon.

    - Vous en avez une autre ? C'était le dragon de mon père, je l'ai reconnu ! Je ne veux pas que Onys le batte, juste qu'il nous permette de le suivre ! Et tant pis si mon frère désapprouve !

    Si c'était pour le suivre..

    - Vous aller montez sur le dos de votre dragon?

    Viserys parcouru des yeux Onys. Le dragon avait une petite dizaine d'année, et il faisait la taille d'un grand cheval sans compter les ailes. Peut-être serait-il temps... mais Viserys ne l'avait jamais monté, et il craignait que les circonstances ne soient pas idéal. Ha, si seulement le grand reptile avait eut plus l'occasion de sortir de cette cage doré, il serait au moins trois fois plus gros !

    - Non, je le suivrais à cheval, avec des hommes du guet. Si on s'éloigne de plus de cinq kilomètres de la ville, on fera demi-tour. Appâter Onys avec de la viande ne sera pas bien compliqué.

    Conrad hocha la tête. Il n'aurait pas été judicieux de monter sur le dragon.

    - Je viendrais à cheval avec vous.

    C'était non négociable. Le maître des navires se devaient de continuier à suivre le prince et puis, si les choses tourner mal, il devrait le protéger. Viserys était un bon combattant, certes, mais il lui fallait quelqu'un pour protéger ses arrières et Conrad était un homme d'honneur et loyal envers la couronne.

    - Comme vous voudrez. Vous m'avez l'air décidé, et je n'ai pas le coeur à vous en empêcher.

    Pendant ce temps, les soigneurs avaient bel et bien fini de détacher Onys. Dès que les portes furent ouvertes, le dragon fouetta l'air de sa queue et étendit son long cou reptilien. Il fit quelques pas et passa la tête dehors. Puis son corps. Et enfin, il pu étendre ses ailes.

    Viserys adorait regarder son dragon en vol.

    Un mélange d'écarlate et de jais, comme un charbon ardent qui prendrait son essor.

    Le prince sortit de la cage. Conformément à ses ordres, on avait amené sa jument rouge et les chevaux nécessaires aux gardes sensés l'accompagner.

    - Je n'avait pas prévu que vous veniez, lança-t-il au maître des navires, vous devrez vous contentez de prendre le cheval d'un homme du guet !

    - Cela me convient, lança Conrad qui n'allait pas faire le difficile en réclamant son étalon habituel. 

    Il n'en avait pas le temps. 

    Le jeune homme n'avait jamais vu un dragon d'aussi prêt. Il était impressionné par Onys. C'était un animal magnifique.

    Il monta sur le cheval.

    Viserys enfourcha son propre coursier, et attendit que tout les hommes du guet eurent fait de même. Puis il donna le signal du départ, et la troupe s'ébranla à travers les rues de la ville, jusqu'à la Porte des Dieux. Celle qui mène sur la route royale.

    Onys avait voltigé quelques temps au dessus de la ville, ivre d'air et de liberté. Puis il avait entendu les rugissement d'un compatriote non loin, et avait prit cette direction en se laissant glisser sur l'air. Le dragon rouge et noir arriva rapidement à proximité de Aragon, qui brûlait à nouveau tout ce qui lui tombait sous la patte au nord de la ville, le long de la Route Royale. La compagnie à cheval fut plus lente à l'atteindre, ils n'avaient pas d'ailes eux.

    En voyant arriver l'autre dragon en compagnie des humain, Aragon sembla prit d'une fureur meurtrière et lui cracha un puissant jet de flammes. Onys fut surprit et désarçonné que son camarade l'attaque si brusquement. Il connaissait principalement la compagnie de Baal, qui était on ne peut plus tranquille comme dragon.

    Prenant la mouche immédiatement, il rétorqua par un rugissement agressif et un violent coup de griffe à cet autre dragon.

    Viserys observait la scène d'en bas, impuissant. Pourvu que son dragon ne se fasse pas gravement blesser par Aragon... Mais qu'est-ce qui lui prenait aussi, au dragon de son père ? Il se souvint des paroles de se dernier : les dragons sont des bêtes sauvages, pas nos amis. Il faut faire preuve de tact et de prudence si on ne veut pas que notre principal atout se retourne contre nous.

    Aragon donna un violent coup de queue sur l'aile gauche d'Onys, pour le déséquilibrer puis lui cracha un jet de flammes sur l'aile droite. Le dragon, évidemment, ne craignait pas le feu. Par contre, il était beaucoup moins imposant que son adversaire, et ne put tout à fait éviter le coup sur son aile.

    Il commença à piquer vers le sol, et se redressa de justesse pour atterrir à quelques mètre de la route. Aragon descendait en piqué droit sur lui.

    Cette fois, Viserys était descendu de sa jument, et tenait sa pique bien en main. Il ne comptait pas laisser faire ce dragon fou ! Onys n'avait aucune chance face à lui, c'était évident maintenant... Mais avec l'appuis des hommes en plus, ils pouvaient y arriver ! Il décrocha le bouclier fixé à la selle de sa jument et commença à s'approcher vers les deux dragons qui se battaient dans un tapage infernal.

    Aragon crachait du feu en tous sens, il semblait réellement fou. Malgré son élan de courage, Viserys n'osait pas trop s'approcher... D'ailleurs, personne n'osait trop s'approcher. Onys battait des ailes et de la queue en rugissant et se mit à cracher des flammes à son tour. Il mordit son adversaire à la jonction entre la patte et le cou, ce qui faillit le déstabiliser, mais Aragon se rattrapa et donna un puissant coup de queue au dragon noir qui l'envoya bouler.

    Enfin débarrassé de son adversaire, le dragon fou se tourna vers les humains... Et cracha une gerbe de flammes. Viserys recula précipitamment en se couvrant de son bouclier. Non, décidément, approcher l'énorme animal ne serait pas chose aisée si il ne voulait pas finir carbonisé !

    Il leva un bras et clama à l'adresse de Aragon.

    - Dragon ! Calmes toi ! Il y a... de la nourriture pour toi si tu te calmes !

    Il ne comptait pas à ce que l'animal comprenne ses mot, mais au moins que le ton employé lui rappelle ses années de dressage avec son père où il recevait des pièces de viande en récompense.

    Le dragon ne fit que redoubler de rage et de hargne. Il cracha une nouvelle salve de flammes en direction du prince. Ce dernier poussa un cris et fut obligé de se jeter au sol. Les flammes passèrent non loin de lui, et il en sentit la chaleur sur sa peau.

    Il se releva tant bien que mal et commençait à épousseter ses habits, rassuré d'avoir échappé au pire, quand il constata que sa cape prenait feu. Et avec les habits légers en soie qu'il portait, il risquait rapidement de se transformer en torche humaine !

    Il arracha sa cape de tissu rouge et la jeta dans l'herbe comme si il s'était agit d'un animal prêt à mordre, et s'éloigna de plusieurs pas précipités. 

    Le temps de s'occuper de ça, il avait cessé de surveiller le dragon. Et Aragon s'apprêtait à cracher son feu à nouveau... Conrad se jeta sur le prince pour l'écarter du jet de flamme. Il sentit une chaleur fulgurante tout près... Ils l'avaient échappé belle. C'était un vrai coup de chance. Viserys se trouva écrasé au sol par Conard, et il allait protester lorsque les flammes passèrent en les frôlant. D'accord. Si ils s'en sortaient vivant, le prince se souviendrait de remercier le maître des navires.

    Aragon se détourna des humains pour s'intéresser à nouceau à Onys. Il lui sauta au visage et tenta visiblement de lui crever les yeux avec  tout autant de hargne que précédemment. Le dragon noir s'était protégé le visage de ses ailes, mais les fines membranes qui les recouvraient se trouvèrent lacérées, et un sang fumant comme du métal en fusion en coula. Il rugit de détresse et de colère, cet autre dragon était plus gros et plus fort que lui.

    Quand Aragon s'en prit à son dragon, Viserys vit rouge. Il empoigna sa pique et la lança en direction de l'énorme reptile... Qui la renvoya d'un simple coup d'aile sans cesser de s'en prendre à l'autre dragon. Onys reculait à chaque coup, subissait sans pouvoir se défendre. Il claquait des mâchoires, tentait des coups de griffes, mais était de toute évidence moins gros et moins musclé que son assaillant.

    C'est là que le maître des navires intervint.

    - Que des lances soient jetées sur Aragon !

    Celle du prince n'avait eut aucun effet, mais elle était seule... Là, c'était des dizaines de piques qui qui s'envolèrent. Conrad lui-même prit un arc et encocha une flèche pour viser le dragon.

    Aragon se détourna du pauvre Onys et fonça sur les humains, la gueule béante ouverte sur des flammes terribles. Chacun tenta de s'écarter de sa trajectoire comme il pu, mais Viserys sentit tout de même une vive brûlure au bras droit. Sa manche prenait feu, et il dû l'arracher de la même manière que la cape, brûlant sa main gauche au passage. Conrad dû retirer une de ses bottes en catastrophe.

    Touché par les piques, le dragon hurla de douleur et cracha son feu au visage de Conrad, qui eut juste le temps de se protéger d'un bouclier... avant que celui-ci ne fonde sous la chaleur des flammes du dragon. Le maître des navires s'en débarrassa, mais il n'avait désormais plus aucune protection.

    Viserys n'avait plus d'autre arme que son épée, assez inutile face à une créature comme Aragon, mais les gardes de Port-Réal ne cessaient pas de lui décocher des flèches, qui dans les ailes, qui dans le dos... Et Aragon cracha à nouveau son feu infernal vers le tas d'humain qui l'assaillaient. Lui faisaient-ils seulement plus que des piqûres d'insectes ? Cette fois, une bonne partie de la garnison fut touchée par les flammes, et les hommes s'écroulèrent en hurlant. Viserys recula encore pour se mettre hors de portée. Courageux, si vous voulez, mais pas fou quand même ! Non seulement le prince n'avait pas la moindre ébauche de début d'armure, mais en plus il n'avait plus d'arme à peu près utile face à un dragon.

    Conrad était blessé à la cheville après son plongeon pour sauver le prince, Viserys ne s'en rendit pas compte au milieux de tout les soldats morts ou blessés. En fait, maintenant, ils ne pouvaient plus faire grand chose pour arrêter le dragon. Si ce n'est attendre... et espérer. Espérer que les dragons ne soient pas immunisé contre le venin de vipère cornue. Celui dont il avait enduit sa lance avant le combat.

    Aragon crachait encore des flammes, mais Viserys était désormais assez loin pour le voir venir et se décaler à temps. Seul l'herbe roussissaient sous les assauts du dragon fou. Mais il ne semblait pas faiblir, et le prince s'inquiétait de plus en plus pour son avenir. 

    Soudain l'énorme bête bondit sur lui et le propulsa d'un violent coup de patte. Il buta contre un arbre et s'affala, sonné, le souffle coupé. Par les Sept, mais que le sol arrête de bouger tout seul, ce n'était pas convenable !

    Conrad avait réussit à récupérer son cheval en panique le lança à fond vers le prince. Il s'arrêta juste à côté de lui.

    - Montez ! Nous devons nous écarter !

    Viserys était complètement sonné, et il se demandait si il n'avait pas quelque chose de cassé. Mais Conrad avait raison : rester sans bouger avec ce dragon furieux équivalait à une mort certaine. Il se releva donc en chancelant et s'apprêtait à monter en croupe du maître des navire (impossible de savoir où était passée sa jument, surement repartie vers ses écuries lorsque les dragons s'était posés au sol dans un fracas du tonnerre), quand de nouvelles flammes atteignirent l'animal. Le prince recula contre l'arbre, et espéra fortement pour Conrad qu'il avait eut le temps de sauter avant que l'animal ne prennent feu et ne se mette à galoper en tout sens en hennissant de douleur.

    Le dragon gigantesque eut le temps de le rejoindre et le propulsa de nouveau d'un coup de patte. Il semblait en vouloir particulièrement au prince, et concentrait clairement ses assauts sur lui.  Viserys roula sur le sol, à plusieurs mètres de la route. Il tenta de se relever, mais un gémissement lui échappa : le moindre mouvement réveillait une douleur fulgurante dans son flanc. De plus, la tête lui tournait. Il n'eut pas le temps de voir le dragon arriver.

    Des flammes lui léchèrent les jambes. Il ne put retenir ses hurlement de douleur lorsque le dragon vint le brûler. Ses habits légers prenaient feu, il sentait la chaleur, puis la brûlure comme des centaines de poignards qui viendraient lui percer les jambes. Et il était impuissant, incapable de se défendre, il avait lâché son épée lorsque le dragon l'avait projeté la première fois. Il était clair que l'énorme bête jouait avec lui comme un chat avec sa proie. Il voulait juste lui causer de la douleur, le faire souffrir avant de l'achever.

    Un nouveau coup de patte, un craquement sinistre, une douleur fulgurante... Et le noir.


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