• Chapitre 23 : Soirée chez l'habitant

    Il faisait chaud encore aujourd'hui, mais plutôt d'une chaleur lourde, avec un ciel couvert.
    - Ça sent l'orage, fit remarquer Eglantine.

    Arial leva les yeux puis re regarda Eglantine:

    - On peut espéré arriver avant que ça pète ? lui demanda t-elle.

    - Je ne suis jamais venu par ici, je n'en ai aucune idée. J'espère bien, la pluie est très mauvaise pour mon instrument !

    Eglantine accéléra un peu le pas, peu envieuse de finir trempée. Le ciel resta menaçant quelques heures encore. Puis les premières gouttes se mirent à tomber, une fine petite pluie d'été.

    Jusque la, Arial n'avait levé la tête qu'un cour instant quand elle reçu sa première goutte. Puis, d'un geste instinctif, avait baissé la tête et laisser l'eau longer chacune de ses mèches rousses et ondulés, devenant peu à peu raides sous le poids des multiples gouttes qui tombait. 

    Elle aimait particulièrement cette sensation et prit même le temps de fermer les yeux en marchant, profitant de cet effet frai que lui procurait la fine pluie. Eglantine, elle, gémit de consternation. Elle laissa glisser son instrument de son épaule et l'enveloppa dans sa propre couverture pour le protéger au maximum. Lorsqu'elle eut enfin fini d'empaqueter son instrument, et elle regarda Arial. Elle semblait... apaisée sous cette pluie, en comparaison des événements de la matinée.

    Avant que le temps ne vire à l'orage, les deux femme purent apercevoir au loin des habitations qui apparaissaient. Arial accéléra un peu plus le pas. Eglantine suivit l'allure, peu soucieuse de finir trempée jusqu'aux os.

    Comme elles approchaient, les habitations en question s'avérèrent être un petit village et son septuaire. Mais pas d'auberge à l'horizon.

    - Il n'est pas censé avoir une auberge dans un village ? rouspetta Arial pour elle même, pressé d'être mise à l'abri.

    - Je ne sais pas... soupira Églantine. Mais il semblerait que non. Nous allons être réduites à demander l'hospitalité aux braves gens de ce village.

    - Bien. Je pense que tu es plus douée que moi pour demander l’hospitalité des gens.

    - Peut-être... de toute façon, tu viens avec moi.

    Eglantine ouvrit la marche et s'approcha de la première maison, une vieille cahute en pierre. Comme personne ne répondait, elle s'avança plus en avant dans le village. La troubadour frappa à une nouvelle porte, qui s'ouvrit cette fois sur le visage à moitié endormit d'un vieil homme.

    - Hein ? Qui c'est ? C'est pour quoi ?

    - Bonjour, commença la troubadour. Nous sommes des voyageurs de passage, et nous cherchons un endroit où passer la nuit à l'abri de la pluie.

    Le vieille homme cligna des yeux pour se réveiller un peu mieux et regarda au dehors, remarquant juste qu'en effet il pleuvait.

    - Bah, mon fils et sa femme y sont encore aux champs, mais j'suppose que vous pouvez rentrer en les attendant... Et si y sont pas contents quand y rentrent, vous aurez pus qu'à demander aux voisins.

    Eglantine le remercia chaleureusement, bien pressée de se mettre au sec. Les deux femmes entrèrent et le vieil homme referma la porte derrière elles avant de les observer un peu plus.

    - Z'êtes pas du coin vous. M'enfin... c'est bien normal pour des voyageurs j'suppose. V'nez donc dans la cuisine en attendant mon fils.

    Arial suivit sans mot dire. Pour attendre, l'homme leur proposa un peu de pain. Eglantine déclina l'offre en sortant sa propre nourriture de son sac.

    - Nous n'avons besoin que d'un toit, nous vous remercions... Notre nourriture, nous l'avons.

    - Comme vous voudrez. Si vraiment mon fils ne voulait pas de vous, y a toujours le septuaire qui ne refuse jamais personne. Mais j'vois pas pourquoi y vous refus'rais le toit. On a plein de place ici.

    - On a plus qu'a espérer que votre fils ai autant l'hospitalité que vous alors, se dit Arial à voix haute en détournant le regard.

    - Beuh oui, c'est pas un mauvais bougre. Tiens, d'ailleurs ça doit êt'e lui qui rentre, fit-il remarquer au bruit de porte dans la salle d'à côté.

    Le fameux fils entra dans la cuisine avec sa femme et regarda Arial et Eglantine avec surprise.

    - Qui c'est ? Que font-elle là ?

    - Des voyageuses, elles d'mandaient à passer la nuit ici à cause d'la pluie.

    - Ah... je vois.

    Le jeune homme s'adjugea une chaise et s'y assit pour retirer ses chaussures de toiles, il n'avait aucun commentaire en plus. Arial le regarda rentrer et fronça les sourcils, elle glissa discrètement à sa compagne de route:

    - c'est ça sa progéniture ? Il lui a donner juste le physique alors...

    - Ce sont des choses qui arrives, acquiesça-t-elle sur le même ton. Mais au moins, il ne nous a pas mises à la porte.

     

    En effet, le fils ne leur avait plus prêté une grande attention, se remettant apparemment au jugement de son père pour ce qui était d'inviter ou non des étrangers dans la maison.

    La jeune mercenaire le dévisagea. En un regard, elle se jura de ne jamais l'aimer et il en était ainsi de lui maintenant. Qu'il se montre plus agréable par la suite, plus sympas, moins hautain, rien y fera : elle ne l'aime et ne l'aimera jamais. 

    Arial détourna le regard et se mordit les lèvres «ne dit rien ou il te mettra à la porte» se retint-elle d'envoyer une vacherie.

    La femme de la maison n'avait d'abord rien dit, elle s'occupait de ranger quelques légumes qu'elle avait apporté dans son panier. Puis elle se tourna vers Arial et Eglantine et leur demanda :

    - Vous venez de loin ? Vous devez être fatiguée ?

    - De quelques jours... 3 je crois, répondit Arial du tac au tac sans méchanceté tout en regardant Eglantine pour son approbation

    La troubadour hocha la tête.

    - Oui, notre dernière halte date du dragon qui quincaille.

    - Et vous avez été surprises par la pluie, ça ne m'étonne pas. Il faisait si beau ces derniers jours... Quoiqu'un peu d'eau ne fasse pas de mal aux cultures, je ne m'en plaint pas.

    la femme prit elle aussi une chaise pour venir s'assoir autour de la table et invita les deux autres à en faire autant.

    Arial senti la fatigue la gagner «elle va nous taper la causette ?» se demanda t-elle sans rien laisser paraître et la regarda s'installer.

    - Vous avez sans doute faim ? proposa ensuite la femme. Nous n'avons pas grand chose, mais...

    - Je veux bien vous acheter du pain, répondit Eglantine. Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité.

    Arial hocha la tête, approuvant les propos d'Eglantine:

    - J'ai de quoi payer moi.

    Elle regarda un très cour instant Eglantine. Bien sûr, elle parlait de l'argent qu'elle lui avait donner au début du voyage.

    Eglantine, elle, avait encore l'argent récolté la veille à l'auberge du dragon qui quincaille.

    - Comme vous voudrez, répondit la femme.

    Et elle amena à elle la miche de pain qu'avait sorti le vieil homme.

    - Vous avez... un peu faim, ou vraiment faim ?

    - Un peu, assez quand même... J'ai mangé ce matin, répondit Arial.

    - Deux bonnes tranches chacune, accompagnées de soupe, ça vous irait ?

    - Du moment qu'elles payent... râla dans sa barbe le jeune homme, sans s'adresser à personne en particulier.

    Arial ne lui envoya même pas un regard:

    - Ca dépends le prix de tout ça... on est pas des voyageuses riches et nous avons encore de la route, demanda t-elle indirectement.

    - Nous, nous ne sommes pas des paysans riches, mais nous n'écoutons pas souvent de musique, répondit la femme en désignant l'instrument posé dans un coin. Un cerf d'argent par personne et des chansons pour la soirée, ça nous ira très bien.

    Arial haussa les épaules, un léger sourire naquit sur son visage «c'est pas plus mal qu'elle sache pousser la chansonnette» pensa t-elle en donnant l'argent en regardant Eglantine.

    La troubadour donna elle aussi un pièce d'argent, en souriant à la femme.

    - Bien volontiers, madame. Juste le temps d'accorder mon instrument et je suis à vous.

    Arial la regarda aller «pourquoi est ce qu'elle accorde toujours avant de chanter, ce stupide machin ne peut pas y rester accorder ?» se demanda t-elle. Bien évidement sans poser la question à voie haute. Elle restera donc sans réponse.

    Eglantine joua quelques mélodie, les mêmes sortes de chant que le soir dernier, à l'auberge. Pendant ce temps Arial commençait à grignoter le pain servit, bien pressée de dormir.

    Eglantine grignotait entre deux chansons. A un moment, elle souffla à sa compagne :

    - Tu n'es pas obligée de m'attendre si tu veux te reposer. Je ne pense pas que ces braves paysans représentent un danger pour moi.

    Arial hocha la tête.

    - Je peux donc commencer la nuit ?

    - Bien sûr, vas-y. Je te rejoindrais lorsque j'aurais épuisé mon répertoire païen.

    D'un regard, la mercenaire demanda au propriétaire où elle pouvait dormir. C'est le vieil homme qui comprit en premier ce qu'elle voulait et qui se leva pour la mener à une pièce adjacente à la cuisine.

    - C'ma chambre, précisa-t-il. Mon fils et sa femme dorment enco' à côté, mais y n'y a guère de place chez eux, et nous n'avons pas d'aut' pièce.

    Arial prit un air ahuri:

    - Mais je ne vais pas vous prendre votre chambre. Un canapé ou de la paille suffiront amplement !

    - Y a guère de place dans la cuisine. Et d'façon, j'n'avais pas grand chose d'autre à vous proposer qu'un matelas de paille. C'est qu'y faut bien un endroit où l'étaler vot' pailler.

    Elle fronça les sourcils:

    - Non vraiment, ça me gêne trop de prendre votre chambre.

    - J'y dormirais aussi si ça peut vous rassurer. Et vot' copine aussi. On s'ra un peu serrés pour installer les paillasses, mais c'est là qu'y a le plus de place.

    Arial retint une grimace, ne voulant pas faire la difficile, plus que ce qu'elle ne l'etait maintenant:

    - Je pourrais dormir par terre alors ?

    - Oui, si ç'peut vous faire plaisir.

    Le vieil homme retourna vers la cuisine.

    - Vous trouverez de la paille vers l'arrière de la pièce. Et main'nant, si ça vous dérange pas, je retourne écouter la musique. C'est-y pas toujours que les troubadour y s'arrêtent par ici.

    Elle hocha la tête sans un mot et alla chercher la paille, repensant un instant au mec de l'auberge... Anguy. Sans vraiment porter d'avis propre sur lui, les côtés positifs chez lui étaient aussi nombreux que ses points négatifs «c'est toi qui voie toujours le côté néfaste !» lui dit une petite voie dans sa tête «Mais pas du tout !» y répondit-elle «Bah vas-y site moi un point positif chez lui ! Je suis sur que tu es incapable de le trouver alors que moi j'en ai repéré plusieurs !» «Pfff, trop facile........ ... ... ... ... .. Il est sympas.» «et c'est tout ce que tu as trouver ?! Attends mais laisse moi rire, c'est bien le premier à venir te parler et à être resté vers toi ! Idiote !» « Oh !ça va ! Et puis, voilà, j'en ai 3 ! Je te rappelle que tu es moi petite voie ! Pfff Arial... tu perds la tête, te voilà à parler à toi même.... stupide...» et sur ce, elle coupa cour le dialogue qu'elle avait avec elle même. Pendant sa discutions... étrange... sont visage avait exprimé tout ce qui se disait, passant d'un pauvre sourire au début à un visage crispé à la fin. 

    Tout en pensant, elle avait installé sa paille et s'était couché dessus. Elle sombra dans le sommeil mais se réveilla un peu plus tard lorsque la porte de la chambre s'ouvrit.

    "Eglantine..." Elle reposa la tête sur le sol pour se rendormir.

    Peine perdue : le vieil homme arriva peu de temps après de sa démarche chaloupée pour prendre place à son tour dans son propre lit, et il faillit trébucher sur elle. Arial se mit assise en un bon «On dirait un troupeau de mammouth !» rala t-elle. Puis elle se recoucha  Finalement, il furent enfin tous couchés et prêts à dormir.

    La nuit passa, uniquement troublée par les ronflements du vieil homme. D'abord excédée par le bruit, Eglantine fini par s'y habituer, et elle tombait tellement de fatigue qu'elle ne tarda guère à s'endormir.

    Arial se redressa pour regarder l'homme:

    «C'est pas possible, on dirait un tremblement de terre, Râla t-elle. Je vais finir par l'assomer..» et elle se laissa retomber dans son couchage, s'engouffrant dans la paille pour tenter de s'isoler mais rien y fait. 

    Désespéré à ne pas pouvoir dormir, elle quitta la pièce discrètement, sorti à l'aire libre qu'elle prit le temps d'apprécier. Sur le palier, elle était encore abritée de la pluie. Arial resta un moment debout à écouter le tombement de l'eau avant de s’asseoir épuisé. Le clapotis lui fit une douce berceuse et elle finit par s'endormir au pied de la porte mais encore bien sur ses gardes du moindre bruit inconnu.

    ***

    Au levé du soleil, les rayons réveillèrent Arial. Elle se leva un peu engourdit pour sa position de la nuit.

    Après s'être ré ordonné, elle rentra doucement dans la maison mais la porte grinça. De quoi faire croire à un voleur mais matinale... il y avait très peu de chance voir aucune. 

    En entendant la porte grincer, la troubadour se précipita depuis la salle d'à côté.

    - Ah, Fanny, c'est toi... je me demandait où tu étais passée.

    Arial la regarda:

    «J'ai encore de l'argent à gagner je pense et je ne vais pas te lâcher maintenant après tant de route.» Répondit-elle franchement.

    Rassurée, Eglantine hocha la tête.

    - Tant mieux. On m'avait tant bassiné avec le manque flagrant de fidélité chez les mercenaires...

    Pas aussi franche qu'elle ne voulait paraître, Arial s'abstient bien de répondre. Il est vrai que certain peuvent trouver mieux en route et abandonner la petite paye mais pour sa part, elle était toujours resté et tenace qu'elle était, elle aimait finir sa tache avant d'en commencer une autre. 

     - Bon... tu as faim ? demanda la troubadour. On devrait manger avant de partir...

    La mercenaire approuva et elles se dirigèrent vers a cuisine, où le paysan et sa femme avaient presque déjà fini de manger.

    - Nous allons bientôt partir travailler, expliqua la femme. Nous vous souhaitons donc bonne route, voyageurs, et que les Sept soient avec vous.

    Elle récupéra un large panier en osier dans un coin de la masure et suivit son homme qui sortait déjà de la maison.

    - Excusez-le, souffla-t-elle au deux voyageuse en passant à côté d'elles. Il est un peu ronchon ces derniers temps.

    - Oui on avait remarquer... heureusement que ce n'est que "ces derniers temps" car je pense que je l'aurais déjà trucider, souffla Arial dans sa barbe en tournant la têtes pour qu'aucunes ne comprennent.

    La femme disparu par la porte et les deux voyageuses se retrouvèrent seules dans la cuisine.

    - Je suppose qu'on va sortir nos affaires pour manger ?

    Lorsqu'elle se réveillait le matin, Eglantine avait cette idée fixe de manger jusqu'à ce qu'elle aie eu droit à son petit déjeuné.

    Les deux femmes étaient donc entrain de manger, quand le vieil homme qui les avait accueillit la veille sortit de la chambre.

    - Mon fils est d'jà parti travailler ? Rho... j'lui ait déjà dit cent fois qu'y devait me réveiller et qu'ça me dérangeait pas.

    Arial haussa discrètement les sourcils «C'est sûr qu'avec la nuit que vous nous avez fait passer, c'est pas vous qui avez mal dormi.» pensa t-elle en fronça les sourcils. Puis elle redevint normal à la fin de sa pensée quand elle remangea un bous:

    - Nous n'allons pas tarder à partir nous aussi, déclara t-elle déjà sur le départ.

    - D'accord. Bon, hé ben merci pour la musique d'hier soir, et bonne chance pour vot' voyage. J'suppose qu'on se reverra plus jamais.

    Eglantine hocha la tête, la bouche encore pleine de pain.

    - Oui, merci de votre hospitalité et adieux, répondit à sa place la mercenaire.

    Après de derniers adieux, les deux femmes préparèrent leurs affaires et repartirent enfin sur les routes.

    - C'est par où maintenant ?

    - Par l'ouest, toujours l'ouest en suivant la Ruffurque. Et on finira bien par tomber sur Vivesaigues.

    - Et il nous reste combien de temps de route ?

    - Difficile à dire... Quelques jours pour le moins.

    Arial hocha la tête et elles se mirent en route.


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