• Chapitre 7 : Les brigands

    Arial regardait la lune, haute. Elle réveilla donc la troubadour, pas très délicatement:

    -Debout, c'est à toi. Fit-elle, et pour être sur qu'elle se réveille, il lui donna une petite bousculade de la main.

    - Mmm ? Oui, oui, ça va...

    Elle se redressa en position assise et se frotta les yeux pour se réveiller. Elle détestait être tirée du lit, mais bon... il fallait bien monter la garde si l'on ne voulait pas être assassiné pendant la nuit. Arial la regarda se lever et se tourna pour dormir sans rien ajouter.

    Eglantine resta assise, sa couverture sur les genoux pour se garder du froid, et se chanta des chansons dans la tête pour rester éveillée. Arial, quand à elle, ne dormit pas tout de suite, encore sur la défensive mais fini par se laisser gagner par la fatigue, son sac enrouler de ses bras.

    ***

    A la fin de la nuit, Eglantine dormait à moitié. Elle avait toutefois les yeux suffisamment ouvert pour voir le soleil se lever, et elle secoua sa voisine.

    Arial bondit sur ses pieds la main prête à choper une arme:

    -Y a quelqu'un ? Fit-elle sur la défensive avant de se rendre compte que le soleil se levait

    - Ça y est, c'est l'heure...

    - Hé, calme-toi... c'est juste le matin. Tu veux une tranche de pain ?

    Arial se ré assit:

    -Non merci, j'ai déjà manger hier soir

    Elle prit un air étonné.

    - Ha, et alors ? Tu ne mange que deux fois par jour ? La route sera longue encore aujourd'hui, et il fera chaud, mieux vaut prendre des forces...

    - J'économise la nourriture. Répondit-elle neutre.

    - Bah, ne t'en fais pas... il m'en reste encore assez pour aujourd'hui, et on devrait arriver à Darry avant le soir.

    Arial fut légèrement agacé par l'insistance mais Eglantine connaissait le chemin mieux qu'elle, elle hocha donc la tête, d'accord pour manger. La troubadour lui tendit un peu de pain, désormais légèrement rassis, et mangea sa propre part en regardant un oiseau posé dans le buisson d'à côté.

    Uns fois fini son petit déjeuné, elle rangea ses quelques affaires et se prépara à repartir.

    - Tu es prête ? Avec un peu de chance, ce soir, on dort dans un lit !

    Arial mangea sa par et se leva:

    - Oui, c'est tout bon.

    La troubadour lui sourit et reprit la route vers Darry. Arial la suivait sans un mot, contente qu'elle ne dise rien.

    Eglantine marchait d'un bon pas, pressée d'arriver enfin à destination. Arial la suivait au même pas, mi-course mi-croisière, pour la suivre. Soudain, la troubadour se stoppa net. Une flèche venait de filer juste devant son nez, la ratant de peu. Elle tourna la tête dans la direction du tireur, et vit deux hommes armés l'un d'un gourdin et l'autre d'une sorte de hache de bucheron, et qui fonçaient vers elle en criant.

    Arial les vit et sorti son épée d'une main en s'interceptant entre là troubadour et les deux hommes... 

    L'homme à la hache arriva avant l'autre et leva sa hache pour lui donner un coup. La jeune femme mit alors son épée en diagonale au dessus d'elle pour se protéger du coup au cas où elle n'irait pas assez vite et de son pied, elle envoya un violant coup de pied dans les partiels génitales de l'homme avant de rouler au sol pour s'écarter du combat en voyant l'autre homme arriver, il fonçait droit sur sa protégé. Arial se remit alors en travers de son chemin et se protégea d'un coup de son épée avant d'envoyer son attaque, elle joua des majorettes devant elle pour impressionner et le déstabiliser avant de piquer droit sur le ventre de l'homme. Elle aimait bien piquer droit. Il sauta sur le côté pour esquiver mais, sans ramener l'épée vers elle, Arial envoya son épée sur le côté pour le trancher en deux. Il esquiva encore en sautant en arrière mais l'épée lui fit une belle entaille profonde. 

    Arial l'envoya alors d'un coup de pied rouler plus loin. Elle observa alors, l'homme à la hache fonçait droit sur Églantine.La troubadour, effrayée, recula et ramassa un bâton qui trainait sur le bas-côté dans l'espoir de le maintenir à distance. Avec peu d'efficacité toutefois, car un seul coup de hache suffit à le lui arracher des mains, et elle dû faire un bond en arrière pour se tenir hors de porté encore un peu.
    Pendant ce temps, l'archer s'était relevé de dernière un buisson. Le troisième homme était petit et gringalet, contrairement à ses compagnons, et il visait maintenant Arial avec concentration, comprenant que c'était d'elle qu'émanait le danger.

    Arial dût s'occuper de l'archer, elle se protégea donc et vive comme l'éclair, tira trois couteaux qu'elle jeta sur l'homme, sur les trois, un seul se planta sur la cuisse de l'homme. Il lui fallut ce moment d'inattention pour que la jeune femme bondisse sur lui, en criant:

    -Vous voulez la mort ? Vous aurez la votre, fini la gentillesse.

    Et sans rien ajouter, elle désarma le petit homme d'un coup d'épée dans le bras armé de l'arc. Qui se trancha en deux.

    Pour être sur qu'il ne se relève pas de si tôt, elle envoya un coup de pied dans sa tête. Puis, parti défendre Eglantine, elle arriva par derrière mais l'homme l'avait vu et se retourna en envoyant son arme dessus, elle roula au sol et habile, elle trancha en même temps les pieds de l'homme qui tomba. Puis elle se releva et frappa l'homme de toute ses forces (sans armes) puis le désarma.

    Seulement, contre trois était trop difficil car le premier envoya un coup de sa masse dans les cotes de la battante, qui tomba à terre sous le coup. Pétrifiée de peur (et aussi un peu de dégout), Eglantine ne sut que faire durant tout le long de l'affrontement. Quand l'homme à la masse toucha durement la mercenaire au flanc, elle ramassa un cailloux gros comme le poing qui trainait par terre et le lança à la tête de l'homme. Comme elle avait eu un peu de mal à viser, et que l'homme la vit au dernier moment, le cailloux le toucha seulement au bras, ce qui n'eut d'autre effet que de détourner son attention pendant quelques secondes...

    Arial remercia intérieurement la troubadour pour ce petit moment accorder. Alors, sans se relever, elle trancha l'homme au niveau du ventre, bien la ou il n'y avait pas d'os pour retenir. Il tomba au sol, inerte. Elle se releva couverte de sang (d'elle et de l'homme) et lui choppa les cheveux, tirant sa tête en arrière et mit dangereusement l'épée touchant son cou.

    -Vous voulez finir comme lui ??! Alors filez et vite !! Cria la combattante, hors d'elle.

    La troubadour, terrifiée par tout ce sang, ne bougeait plus d'un poil. Elle ne pouvait détourner les yeux de la scène, et attendit la réaction de l'homme, tendue comme un ressort.

    Le petit homme uni-main avança sans bruit derrière elle mais en avertissement, elle répéta:

    -J'ai bien dis, filler vite...

    Elle tourna légèrement la tête vers l'homme et le regarda durement:

    -On ne joue pas avec les grands quand on est pas à la hauteur. dit-elle sèchement. Elle ne trouvait pas du tout ça sympas de lui faire ressortir son "défaut" physique... Mais enfin, pas de pitié.

    L'homme se renfrogna:

    -Tu vas voir ce que les petits sont capable de faire ! Et il l'attaqua. Elle s'esquiva, en tournant sur elle même pour envoyer son épée sur lui. IL tomba.

    -Oui, je vois ça. Tu apprendras, peut-être un peu tard, que quand on prévient, ton adversaire sait que tu vas attaquer. Parole d'habituer.

    Et elle lui trancha un pied pour être sur qu'il ne la ré attaque pas. Puis elle se dirigea vers l'autre homme qui rampait à terre pour aller chercher sa hache. Pile au moment ou il allait la prendre, l'arme de la jeune femme se planta sans sa main. Il poussa un cri de douleur. Comme les deux autres qui gémissait. 

    Elle la retira et prit la hache.

    Eglantine se retint de justesse de vomir. Tout cela ne lui rappelait que trop cette fameuse soiré qui avait mal tournée, dans cette auberge miteuse au bord de la route... Elle ne fit rien de plus pour aider la guerrière, mais, de toute façon, elle avait l'air de ne pas trop mal s'en sortir...

    Arial se redressa:

    -Bon... cadeau, je ne vous tue pas. Annonça t-elle un sourire narquois. 

    Les hommes ne répondirent rien.

    Elle se tourna alors vers Eglantine, attendant un ordre.

    La femme ne disait toujours rien, pétrifiée. De toute façon, vu les blessures qu'ils ont... ils risquent fort de mourir, et dans d'atroces souffrances... si ils sont réduit à attaquer les passants, c'est qu'ils ne doivent pas avoir grand chose pour eux...

    Elle regarda la mercenaire et finit par lâcher piteusement.

    - Heu... on reprend la route alors ?

    Arial hocha la tête mais tourna la tête vers le carnage. Laisser des hommes souffrir.... Elle n'aimait vraiment pas:

    -Autant abréger leur souffrance. Dit-elle en se donnant bonne conscience. Elle les tua alors un a un, vite. Puis elle repartie vers Eglantine.

    Du sang coulait le long de son crane. Son dos se tordait de douleur à chaque pas, pour le coup dans les cotes. Et elle souffrait de l'épaule, gravement touché.

    - Vous... allez bien ?

    Elle passa du tutoiement au vouvoiement, sans vraiment s'en rendre compte.

    - Peut-être qu'on peut de repos... ?

    Arial sourit par la langue de la jeune fille qui avait fourché:

    -Je veux bien mais pas ici... Je ne tiens pas à les voir plus longtemps.

    - Bien sûr, bien sûr... moi non plus !

    -Je vous suis. Fit-elle impatiente de partir avant que d'autre, au cas ou, rappliquent.

    La troubadour hocha la tête et s'éloigna à grands pas du lieu de carnage. N'empêche... heureusement que cette femme était là, sinon... qui sait ce que ces hommes auraient pu lui faire ?

    Arial boitait à cause de son dos. Elle se tenait l'épaule mais avançait sans lâcher une plainte.

    - Courage, nous serons bientôt à Darry... une fois là-bas, on pourra se reposer et soigner tout ça.

    -J'espère bien ! répondit-elle d'un ton qui voulait être joyeux mais tremblant par la douleur.

    En effet, peut de temps après,le château de Darry apparu à l'horizon. Il n'était guère gros, rien à voir avec Port-Réal, mais il était si bienvenu qu'on le lui pardonnait bien, à l'heure actuelle. Arial leva la tête vers la bâtisse. Quel soulagement rien qu'en la voyant !

    Personne ne fit vraiment attention à elles lorsqu'elles entrèrent, mais quand Eglantine demanda à voir le mestre, les gens indiquèrent unanimement le donjon.

    - Vous ne pourrez pas passer sans l'autorisation du seigneur. Mais vous avez de la chance, il doit partir aujourd'hui, vous le croiserez forcément dans la cour entrain de s'apprêter.

    Arial la suivit sans rien dire, elle s'arrêta quand la question fut posé mais restait complètement indifférente. Eglantine les remercia et continua en direction du donjon. Dans la cour, devant ce dernier, une troupe s'apprêtait en effet à partir. La troubadour s'approcha avec timidité, cherchant à repérer le seigneur des lieux.

    Arial comprit ce qu'elle voulait "comme si c'était le moment de faire la cour au roi..." pensa t-elle, sans vraiment savoir pourquoi elle voulait voir le roi d'ici... elle supposait.

    La blessé chercha donc aussi et repéra un homme bien habillé, entourer de beaucoup de monde. Elle tapota donc l'épaule de sa protégé et fit un mouvement de tête désignant le seigneur.

    Eglantine suivit le regard de la mercenaire et la remercia, puis se dirigea vers l'attroupement avec hésitation.

    - Heum... bonjour... Ma compagne ici présente est blessée à cause d'un groupe de brigands, et aurait bien besoin de l'intervention d'un mestre... On a de quoi payer, bien sûr.

    Lord Darry la regarda comme si il venait de voir une poule lui annoncer qu'il était temps de tondre des montons... Puis il lui répondit en fronçant les sourcils (qu'il avait fort épais soi dit en passant...)

    - Des brigands ? Aux abords de Darry ? Vous faites bien de le dire, il va falloir renforcer les patrouilles... Il n'y a pas eu de morts au moins ?

    La troubadour répondit d'un signe de tête négatif, ce qui sembla rassurer le seigneur.

    Arial les avait écouter de loin. 

    Elle ne retint pas une espèce de toux étouffement en aportant son poings pres de la bouche lorsque la troubadour répondit négativement, le geste (extrement discret donc on ne peut pas vraiment en prendre compte) avait été rapide qu'elle n'avait s réfléchi vraiment a la question. Elle regarda le seigneur en se demandant de quel mort il parlait.

    - Bon, dites aux gardes que vous avez mon autorisation de rentrer dans le donjon, et adressez-vous au mestre, il s'occupera de vous. Je m'occuperais de faire renforcer les patrouilles pendant mon absence.

    Il leur tendis un petit cachet de cire portant son seau.

    - Vous le donnerez aux gardes en guise de preuve.

    Arial eut un soupire de soulagement et suivit la troubadour pour se faire soigner. Eglantine présenta donc le seau aux gardes, qui les laissèrent passer. L'un d'eux les emmena même dans la tour du mestre pour leur éviter de se perdre.

    Elles suivirent le garde, qui les mena devant le laboratoire du mestre.

     

    - Vous avez bien de la chance, les prévint-il : d'habitude, seul les habitants de Darry se font soigné par le mestre, et en priorité les soldats et la famille du seigneur.

    Arial lui lança un regard en coin, elle ne comptait pas bavarder et son habitude de remercient n'allait pas changer. Vu que sa protégé était plus que bavarde, elle pouvait très bien le faire à sa place. Tout ce qu'elle voulait c'était ne plus sentir cette douleur qui lui tordait les boyaux.

    Le mestre de Darry était un petit homme, d'un age avancé, les cheveux grisonnants. Lorsque Eglantine lui présenta le problème de la mercenaire, il lui fit répéter certaines choses à plusieurs reprises : de toute évidence, son ouïe était bien diminuée.

     

    Cependant, une fois qu'il eu comprit le problème, il demanda à la femme en habits de cuir de venir sous la lumière de sa chandelle pour qu'il puisse mieux voir ses blessures.

    Arial retenait des soupires et de s’énerver contre l'homme mais ne disait rien, il avait la gentillesse de la soigner...

     

    Elle s'exécuta sans attendre et se mit a la lumière. Il palpa ses côtes, étudiant ses réactions et ses grimaces pour faire sa conclusion.

    Arial se crispa instantanément. Sentir des mains sur son corps qui ne lui voulait pas de mal l'énervait. Elle décrochait des grimaces de temps à autres mais ne disait rien.

    - Hum... vous avez au moins une côte cassé je pense. Pour vos plaies, je vais les désinfecter. Dite-moi d'abord : avec quel genre d'objet ont-elles été faites ? Des armes je suppose ?

    Arial réfléchi a la question en se remémorant le combat:

     

    -heu...une hache, je croix qu'il y avait une hache...et.... Il y avait un arche... Une épée ? Non c'était moi l'épée.. 

     

    Elle regarda Églantine comme pour lui demander... 

     

    -Je ne sais plus après.... On s'est sûrement aussi tapé au coup de poings...

    - Oui, c'est un peu flou... je ne me rappel plus de tout. Ha, si, il y en avait un avec un gros bâton aussi !

     

    Le mestre avait tout écouté sans interrompre, puis il hocha la tête :

     

    - Bien, je vais voir ce que je peux faire pour vous...

    Le mestre appliqua différents onguents, et lui recommanda une activité physique limitée pour les jours à venir.

     

    - Vos blessures doivent être douloureuses, je m'en doute... mais votre vie n'est pas en danger, c'est déjà ça.

    Arial s'était laisser faire et fronça les sourcils quand il lui dit de restreindre les activités "rêve toujours" se dit-elle. 

     

    Elle hocha la tête et lui envoya un regard en temps que remerciement.

    Pas très bavarde, la patiente... songea le mestre.

     

    - Vous avez un endroit où dormir ? Si le seigneur vous à envoyé à moi, je suppose que je peux vous installer quelque part dans un coin pour la nuit...

    Arial regarda Églantine en haussant les épaules, c'est elle qui avait le planning en tête pas la mercenaire. Elle décida donc de ne pas repondre et de laisser là troubadour le faire, au moins, elle est sur de ne pas dire de bêtise. Après un bon lit, une bonne chambre ne se refusait pas.

    La troubadour accepta de bon cœur : un lit gratuit, même inconfortable, elle n'allait pas dire non !

    Arial rentra dans la petite pièce et inspecta du regard les lieux. Elle loucha sur la fenêtre et s'assit sur le lit, se coucha sur le lit. Elle était épuisée.  Eglantine s'assit sur le lit restant et posa ses affaires à ses côtés.

    - Ouf ! Ca fait du bien de se poser ! On a eu de la chance tout de même !

     

     

    Les voici donc installée toutes les deux dans une petite pièce, avec une fenêtre minuscule et une petite chandelle, et deux lits à peu près propres.

    Astal daigna bien vouloir décrocher une phrase amicale:

    -Tu m'étonne, j'ai cru qu'on allait y rester...

    Églantine sourit en entendant sa compagne de route. C'était bien une des première fois qu'elle lui accordait une phrase sympathique !

    - Je te laisse te reposer, tu va en avoir bien besoin. Moi, je vais essayer de glaner quelques pièces en jouant dans la cour.

    -Mmmm... d'accord... répondit-elle déjà à moitié endormie.

    La troubadour attrapa son instrument et sorti de la pièce en faisant le moins de bruits possible, pour laisser dormir la mercenaire.

     


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