• Chapitre 9 : Quitter Darry

    Les premiers rayons de soleil passaient à travers la fine  fenêtre de leur chambre, réveillant la troubadour. Elle regarda autour d'elle quelques temps avant de se souvenir où et avec qui elle était.

    Arial ouvrit doucement les yeux comme une ado sortant de son sommeil profond emmitouflé dans les multiples oreillers et la couette remontant jusqu'au nez, bouffit. Le bonheur. Elle s'etira doucement dans le lit avant de se mettre assise et regarder là troubadour d'un œil absent.

    - Ho, tu te sens mieux ? Tes côtes je veux dire...

    Arial hocha la tête affirmativement. Bien sûr que ça allait mieux par rapport à hier.

    - Tu te sentirais prête à reprendre la route ? On peux rester encore quelques jours si tu as trop de mal à porter tes affaires.

    Arial se leva:

     

    -Retarder notre voyage ?! Meme pas en rêve, mon corps il va arrêter de faire la fiotte et va marcher sans discuter.

    Eglantine pinça les lèvres mais ne fit aucun commentaire. Sa compagne était décidément endurcie, elle la troubadour préférait en fin de compte ne pas savoir ce qu'elle avait pu vivre pour en arriver là.

    - Comme tu voudras... Tu as faim en attendant ? J'ai fait le plein de provisions hier soir.

    Arial se radouci:

    -Ah ca,pour avoir faim, j'ai faim !

    Eglantine sourit et fouilla dans les affaires à côté de son lit.

    - Tiens, du pain. Et de la viande fumée pour aller avec.

    Arial prit les deux, s'assit sur le lit:

    -merci !

    Elle croqua dans son pain en premier. La troubadour se servit de même, et s'assit à côté d'elle.

    - Je crois que je n'ai jamais dormit dans un aussi bon lit en étant en voyage ! Il faudrait que je me blesse plus souvent ! ajouta-t-elle sur le ton de la rigolade.

    Arial sourit et regarda le lit:

    -Oui, j'avais l'impression d'être une vrai gamine bien emmitouflée dans ses couvertures.

    - Heureusement qu'on est pas obligé d'être gamin pour pouvoir bien dormir alors !

    Eglantine acheva de manger son pain et sa viande, et regarda l'étroite bande de paysage à travers la fenêtre. Il allait faire beau aujourd'hui, et le soleil risquait de taper dur...

    Arial mangeait toujours, les pensées divaguants dans sa tête.

    Après avoir fini de manger, la troubadour rangea sans hâte ses affaires. Elle n'était pas particulièrement pressée de partir, puisque aucun village ne les attendrait à la fin de cette journée : elle seraient encore obligées de dormir à la belle étoile. Arial fini enfin sa viande et son pain. Elle se leva et remit rapidement la couette en ordre sur le lit, prête à partir.

    La troubadour passa son sac sur ses épaules, et prit son instrument.

    - Prête ?

    Arial mit son sac sur son dos, organisa un coup son épée et couteau en très peu de temps et la regarda:

    -et toi ?

    Bien qu'il lui valu une petite grimace en coin quand elle mit son sac, elle se força à rester droite et bientôt s'habituer à la petite douleur par rapport à hier.

    Eglantine hocha la tête et ouvrit la porte de leur chambre. Le mestre n'était apparemment pas dans sa tour, et les deux femme descendirent sans croiser personne avant d'arriver dans la cour. Arial suivit là troubadour sans rien dire. Sans se soucier de rien.

    Eglantine quitta le château sans trop de regrets. Il n'était pas très gros, et, en l'absence du maître des lieux, était encore moins animé que certains villages. Elle avait hâte de retrouver la route royale en direction du nord.

     

    ***

     

    La troubadour marchait d'un bon pas. Le soleil tapait fort, mais elle y était habituée, et protégeait sa tête avec un chapeau à larges bords.

    - Si on marche bien, on aura rejoint la route royale demain ! Déclara-t-elle avec entrain.

    -oh ! Génial ! Répondit-elle avec ironie.

    Le soleil tapait fort, et la jeune femme avait plus l'habitude des ruelles sombres de la ville. Elle les préférait essentiellement pour le stresse qu'elles lui apportaient, ne se sentant pas en total confiance, c'est dans ses endroits qu'elle apprenait a combattre ses peurs, qu'elle apprenait a s'y cacher ou pouvoir taper dans les poubelles sans que personne ne lui ordonne de ramasser...

    Comme le soleil plongeait derrière l'horizon, la troubadour se mit en quête d'un endroit où passer la nuit. Endroit qui arriva peu de temps après, à son grand soulagement : un rocher de plus ou moins deux mètres de haut, bordé des quelques arbres et buissons.

     

    - Voilà qui nous protègera du vent pour la nuit ! En plus, on a le petit bois pour le feu juste à portée de main. Qu'en dis-tu ?

    Arial regarda le "camp"

    - Ouais. Je vais chercher du bois alors. fit-elle sans enthousiasme et elle fit demi tour pour aller en chercher.

    La femme hocha la tête et commença à préparer le camps pour la nuit : elle sorti les couvertures, la nourriture, et enleva tout les cailloux et les branchages qui pourrait les gêner dans leur sommeil. Arial revint quelques temps plus tard chargé de branches sèches. Elle les positionna environ au milieu du camp et en chopa deux pour tenter de faire un feu.

    La troubadour la regarda faire, tout en préparant le repas de pain, de pommes et de viande séchée. Arial s'acharnait, elle frottait assez fort et vite. Cet effort fini par payer et une étincelle jaillit. Elle prit alors sont bâton assez grand et costaud pour s'en occuper légèrement.

    Eglantine regarda les flammes lécher le bois et monter peu à peu. Avec la fraicheur de la nuit qui arrivait, leur chaleureuse lumière était bienvenue. La troubadour tendit de quoi manger à la mercenaire, sans oser rompre le silence en parlant.

    Arial la regarda et lui fit comprendre qu'elle n'en voulait pas maintenant, avec ses mains devant elle elle les secouait comme pour dire non, avec un léger sourire de remerciement et se retourna vers le feu, regardant un instant les étoiles. Ça faisait du bien le silence,la fraicheur mais en même temps la lumière et la chaleur. Elle pourrait rester des heures a regarder le ciel.

    Tant pis, songea-t-elle, Elle pourra toujours manger demain, ou plus tard dans la nuit pendant son tour de garde...

    Elle même dévora sa part, affamée par une journée de marche épuisante, et s'allongea non loin du feu.

    - Réveilles moi quand c'est à moi de veiller, murmura-t-elle d'une voix endormie.

    La jeune femme la regarda assez brièvement et retourna a ses etoiles... ce  calme apaisant lui fit oublier le temps qu'il passait, comme si elle etait endormi mais en meme temps réveillée. Soudain, un bruissement de feuilles la fit sursauter et elle prit instinctivement son couteau accroché a sa seinture. Mais se fut un renard qui en sorti et elle se rassit rassuré. L'animal resta un tres cour instant a regarder la scène devant lui, il allait faire demi tour quand un tout petit bous de viande lui tomba devant les pattes, vraiment un riquiqui bout.

    Arial venait de lui lancer, l'ayant coupé de sa propre par qu'elle croquait maintenant.

    Le renard ne se fit pas vraiment prier et choppa le petit bous pour s'enfuir avec.

    Très rare a voir, mais la mercenaire sourit en l'observant et le voyant partir. Elle reprit sa position initiale en mangeant cette fois.

    Eglantine dormait maintenant à poings fermés, et elle n'entendit pas le renard arriver ni partir. Arial sentait maintenant qu'elle piquait et luttait pour rester éveillé, voyant sa compagne de voyage dormir si bien, elle se dit qu'elle attendrait encore un peu avant de la réveiller

    Lorsque la mercenaire senti qu'elle ne tenait plus, elle envoya sa chaussure sans réfléchir sur le ventre de sa compagne de voyage pour la réveiller, par flemme de bouger pour lui demander de gentiment sortir de son sommeil:

    "-prends le relais, j'en peux plus." Lui fit-elle même pas sur qu'elle soit réveillé en se couchant.

    La troubadour émergea brusquement du sommeil.

    - Hein ? Quoi ? Qui est là ?

    Puis, elle se rappela d'où elle était et de qui l'accompagnait.

    - Pff... tu aurais pu être plus délicate pour me réveiller.

    Constatant que sa compagne était déjà sur le point de s'endormir, elle s'assit et s'enroula dans sa couverture en ronchonnant pour tenir son propre tour de garde.

    "-je suis pas ta mère, j'ai pas a être délicate." envoya t-elle en réplique, sanglante.. Trop singlante pour si peu. La mercenaire lui tourna le dos et se mit sur le cote pour dormir, la main sur l'épée.

    Eglantine soupira. Sa compagne de route n'était pas ce qu'il y a de plus agréable pour la conversation. En même temps, songea-t-elle, elle ne l'avait pas engagée pour discuter, mais pour la protéger. Et jusqu'ici, elle avait tenu son rôle à merveille.

    Arial ne s'endormir pas tout de suite, cette stupide scène tournait dans sa tête et elle s'efforçait de la faire disparaître "fous moi la paix !!!! Je veux dormir !!!" se dit-elle a elle toute seul. Après un petit temps elle réussi a dormir.

    La troubadour poursuivit sa garde jusqu'à l'aube. A peine le soleil commença-t-il à pointer le bout de son nez, elle se leva, s'étira pour faire partir les crampes de la nuit, et vint secouer Arial.

    - Debout ! Il est l'heure de se préparer ! Je voudrais être sur la route royale avant le midi si possible, on y sera plus à l'abri des éventuels brigands !

    Arial sauta sur ses pieds et la chopa par le col, un sourire nait sur ses lèvres, un pauvres sourire narquois:

    -j'étais sur que tu allais me rendre la monnaie.

    La jeune femme la lâcha et alla voir le feu. Eglantine lança un regard lourd de reproches à la mercenaire.

    - Tu es sensée me protéger, pas m'étrangler !

    Arial la fusilla un instant du regard puis se conscentra pour éteindre complètement la feu, elle murmura:

    "-elle doit pas savoir ce que c'est d'étranglement..." pour ne pas qu'elle l'entende, elle se demanda même si elle l'avait vraiment dit et pas pensée.

    Toujours maussade, la troubadour commença à ranger ses affaires.

     

    - Tu as faim ? demanda-t-elle tout de même.

    "-non." Répondit-elle simplement en rangeant de même ses affaires.

    - Tant pis alors...

    Elle se coupa pour elle-même une tranche de pain à manger en marchant, et fini de fermer son sac.

    - Prête pour partir ?

    Arial se leva et acquiesça. La troubadour se leva à son tour et prit la route, vers l'ouest. Vers la route royale. Comme à sa grande habitude, la mercenaire se mit derrière et suivit.

    Les deux femme voyagèrent ainsi pendant plusieurs heures entres les champs d'orge et de blé, sous un soleil qui se faisait plus chaud au fur et à mesure qu'il montait dans le ciel.


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