• Chroniques

    Une idée qui me titillait depuis un moment, mais que je n'osait pas mettre en pratique. C'est un petit échange avec Jolie Lune et Fidaè qui m'a donné envie de m'y essayer tout de même, merci à elles deux !

    Donc voici les Chroniques, où l'histoire du RPG sera retranscrite dans un ordre quasiment chronologique, en restant le plus possible fidèle aux messages postés. L'écriture ne sera donc pas aussi fluide et agréable que dans un livre, et le rythme parfois lourd ou inégal, mais l'histoire sera accessible à tous sans avoir à fouiller parmi les innombrables lieux. J'espère que cela vous plaira, et bonne lecture à tous !

  • Sansa arrivait dehors, se promenant dans la cour, se lassant de prier ou de faire de la broderie.

    Ellyn la rejoignit, elle sortait des écuries.

    - Sansa ! Comment va-tu ?

    Elle la regarda et lui sourit :

    -Parfaitement bien et toi ?

    - Aussi ! On est allé faire une ballade dans le bois-au-loups avec Grann, le fils du palefrenier, et Timeon le fils du forgeron. On a vu un lièvre, mais on pas réussit à l'attraper.Tu sors encore de l'une de tes interminable séance de broderie avec ta septa ?

    Sansa soupira :

    - Oui malheureusement... cela en deviens lassant...

    - Ma pauvre... c'est au moins l'avantage que j'ai d'être juste une bâtarde : je ne suis pas obligée de supporter le baratin des mestres et des septas sur mon éducation.

    - Tu m'ettones...tu as vraiment de la chance..

    - Oui, enfin... chance... modérons nos propos : je suis bâtarde quand même. Toi, tu es l'aînée de ta maison.

    -ça a l'air génial mais...en réalité non...

    - Pourquoi ? Tu est l'héritière de Winterfell, toi et ton mari règnerez sur tout le nord !

    - Je n'en ai pas encore tu sais, répondit Sansa en lui souriant.

    - Ho, oui, pour l'instant... mais à ton age, je pense que ça ne devrait plus tarder.

     

    Ellyn ajouta avec un sourire espiègle.

     

    - En plus, il y a bientôt un tournois organisé à Vivesaigue ! Si ton père consent à s'y rendre, peut-être qu'un beau chevalier te nommera reine d'amour et de beauté et le remportera pour toi ! Tu le mérite !

    - Moi ?! Belle ?! Je ne penses pas ! et puis je veut pas perdre ma virginité moi !

    - Pff... tu te sous-estime. Et puis, il faudra bien que ça t'arrive un jour. A moins que tu ne veuille devenir septa, mais ça ne m'a pas l'air d'être ton but dans la vie... je me trompe ?

    -moi tout ce que je veut c'est d'aller vivre à la capitale...etre libre...

    - Je suis sûre que tu y arrivera un jour, fit Ellyn avec assurance. Si tes parents ont un jour un autre fils... rien ne te retiendra plus ici !

    - Oui ! fit Sansa avec un grand sourire.

    - Tu allais quelque part avant que je ne t'interrompe, ou tu veux bien me donner un coup de main ?

    -je vais te donner un coup de main,j'avais rien à faire de toute façon !

    - Merci ! Il faudrait convaincre ton père de bien vouloir aller au tournois, même si il ne participe pas ! Ce genre d'évènements, ce n'est pas tout les jours... et puis, pour une fois, ce n'est SI loin que ça , Vivesaigue.

    -oui ! si tu veut je peut aller lui demander maintenant et je reviens t'aider,ok ?

    - L'aide que je te demande, c'est ça. Ton père ne voudra jamais m'écouter, je le connais... mais si jamais c'est sa belle et douce fille qui le lui demande, on arrivera peut-être à le faire changer d'avis ?

    -oui ! j'y vais alors !

     

    Sansa sourit et couru en direction de la salle du trône.

    Ellyn la suivit mais resta un peu en arrière, pour ne pas avoir l'air d'être avec elle tout en écoutant si possible la conversation.

    Peu après, Sansa revint, souriant de toutes ses dents.

     - Il a accepté, j'y crois pas !!!

    - Trop bien, on va enfin voir d'autre chose que le nord tout gris et Winterfell ! Il y aura plein de chevaliers ! Et des musiciens ! Et des dames avec des robes de soie colorés ! Et des jongleurs !

     

    Elle était tellement excité à cette idée qu'elle parlait à toute vitesse.

    -oui en effet j'ai aussi hate ! 

     

    Elle sautillait comme une enfant.

    - Holàlà... tu pense qu'il faudra mettre quoi comme habits ? Plutôt une robe de dame ou de jeune fille ? Parce que il va falloir mettre une robe, ça j'en suis sûre...

    - Je mettrais une robe violette avec des tons argent, déclara Sansa.

    -L'argent mettra bien en valeur ta peau, bonne idée... moi, je pensait mettre ma robe aux tons oranges. Tu sais, celle qui a des longues manches et je ne met presque jamais à cause de ça...

    -Ah oui ! je vois laquelle c'est !

    - Et sinon, dans combien de temps partons-nous ?

    Il fut conclu que le départ aurait lieu dans la semaine, les deux jeunes filles étaient si impatientes...

     

    ***

     

    Pour le voyage, Ellyn avait revêtit des habits d'équitation : chausses en laine bouillie, tunique en cuir... elle avait laissé ses robes dans les bagages, elle ne les sortira qu'à destination. Sansa avait fait de même, et suivit le chemin.

    Une bonne escorte les accompagnait, ainsi que la septa de Sansa, comme il était de coutume avec les jeune femme non mariée, pour surveiller leur comportement...

    Ellyn lança un sourire à Sansa quand elle la vit arriver dans ses habits de voyage.

    - Finalement, ce trajet valait le coup, rien que pour te voir habillée comme ça !

    - Ho oui !! s'exclama Sansa.

    Ellyn lui lança un autre sourire espiègle puis lança son cheval au trot sur le chemin. Toute l'escorte était montée, pour aller plus vite : si ils voulaient arriver à temps pour voir le début des joutes, mieux valait ne pas traîner en chemin.


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  • Arial était tapis dans l'ombre, elle regardait la foule sans trop d'intérêt. Soudain, quatre soldats arrivèrent du port, l'un d'eux hurla à la foule :

     

    - Place ! Place pour le prince qui nous revient du sud !

    Arial sauta pour monter sur un toit, et de la ou elle était, caché, elle pouvait tout voir et tout entendre. Curieuse. Le prince Viserys était monté sur un fin coursier des sables au poil cuivré. Il se frayait un passage dans la foule, la tête haute. Vêtu principalement dans les tons rouges, il ne portait pour l'instant nul part le blason de sa maison.

    -Frimeur. Murmura Arial tout en le suivant du regard.

    Il remonta jusqu'à la porte de la Rivière, toujours accompagné par les quatre soldats aux couleurs des Targaryens, et elle le suivit avec curiosité.  La petite troupe entra en ville, les passants s'écartaient à leur passage.

    Le prince et sa petite escorte remontèrent la rue de la Gadoue en direction du donjon rouge, Arial suivait toujours discrètement. Elle n'y connaissait rien mais qui sait ? Elle en apprendra surement beaucoup.

    Le prince Viserys arriva bientôt devant le pont-levis du donjon rouge. Deux manteaux d'or étaient postés à l'entrée, et, dès qu'il le virent, l'un d'eux fila à l'intérieur.

     

    - Il va prévenir votre père, expliqua l'autre. Sauf votre respect, prince, on attendait votre venue un peu plus tôt...

    Arial ne perdait pas une miette, épiait le moindre mouvement mais se demandait comment elle allait passer.

    Le roi arriva bientôt, suivit du garde manteau d'or. Il portait des habits aux couleurs de la maison Targaryen, puis fit une moue en voyant Viserys.

     

    - Te voilà enfin... tu as été retardé ? Je pensait que tu ferais voile directement en apprenant la morte de ta mère, mais cela fait maintenant plus d'une semaine, l'enterrement est déjà passé.

    "sa mère est morte ?! c'est bon à savoir... Aller, parlez petit." se dit Arial du haut de son perchoir.

    - De toute façon, même en ayant cinglé jour et nuit toutes voiles dehors, je n'aurais pas pu atteindre Port-Réal en moins d'une semaine en partant de Lancehélion. Ce qui fait que j'ai raté le discourt lénifiant du septon sur la grandeur et la bravoure de mère et des sept. Je pense que la ville ne va pas s'écrouler.

     

    Le roi soupira.

     

    - Entre le tournoi à Accalmie et ton voyage à Dorne, tu as été beaucoup absent ces derniers temps. Et ne t'avises pas de critiquer encore le Grand Septon en publique.

     

    Viserys engagea son cheval sur le pont-levis.

     

    - Très bien, poursuivons cette discussion à l'intérieur alors, que le publique n'ait pas à essuyer mes remarques déplaisantes sur leurs très chères divinités. Ha, au fait... tu seras ravi d'apprendre que j'ai apporté des oranges sanguines de Lancehélion, et plusieurs caisses d'un excellent vin Dornien.

    Arial les regardait complètement blasé "ah d'accord..." se dit-elle en faisant demi tour.

    Ainsi, le prince et son père entrèrent dans la cour du donjon, désormais hors de vu de l'exterieur. La jeume femme sauta alors sur un autre toit. Elle n'avait rien trouvé d'intéressant là dedans.

     

    ***

     

    Arial marchait tranquillement. Pendant ce temps, une jeune femme d'une trentaine d'années environ revenait du port avec quelques poissons dans son panier. Elle portait une robe simple mais seyante, et une vielle dans un étuis. Elle regarda Arial avec un peu de surprise quand elle la croisa.

    Arial croisa la femme et la vit la dévisager. Elle s'arrêta, détestant être fixer. La connaissait-elle ? Elle avait l'aire surprise...

    -La femme s'était avancé dans sa direction.

    Excusez-moi madame... je peux vous parler ?

    Arial se tourna vers elle et se montra cordial:

     

    -Oui bien sûr.

    - Vous savez vous battre n'est ce pas ? Enfin... en tout cas... vous avez les habits pour.

    La jeune femme regarda mécaniquement sa tenu puis re regarda la femme, qui apparemment prenait une ou deux précautions:

    -Oui, je sais me battre, pourquoi ?

    - Parce que... ce n'est pas très courant de voir des femmes se battre, ici, à Port-Réal. Un peu partout dans les sept couronne d'ailleurs. Sans vouloir être indiscrète... vous faîtes quoi dans la vie ?

    Arial décrocha une petite grimace, discrète quand même. Devait-elle le dire ?

    - J'aide les personne qui en ont besoin. Répondit-elle naturellement.

    Elle n'avait pas tout a fait menti, juste déformé un peu la vérité sans trop la déformer.

    - Et... vous avez un contra pour l'instant ?

    "-Non.." Arial fit une tête faussement méfiante avant de revenir à la normale.

    - Et vous seriez intéressée ? Je dois bientôt voyager vers Castral Roc, ou Accalmie, je ne sais pas trop, et les route sont peu sûr de nos temps.

    Arial sourit légèrement:

    -Bien sur que je serais intéressée, combien donnez-vous ?

    La jeune femme n'attendait, à vrai dire, que ça

    - Je ne suis pas riche, mais je gagne assez bien ma vie avec mes chansons. Disons 5 dragons d'or avant le départ, et une nouvelle paye à chaque escale. Ça vous irait ?

    -Parfait. Répondit-elle; Quand voulez-vous y aller ?

    - Vous pourrez être prête dans trois jours ?

    - Je suis prête quand vous le voulez, où m'attendrez-vous ?

    - Rendez-vous à la Porte des Dieux, dans trois jours, à l'aube.

    -J'y serais. Promit-elle assurément. Autre chose ? Demanda t-elle pour être sûre.

    - Vous avez des acolytes ? Je ne pourrais pas payer plus de 5 dragons, alors si c'est le cas, mettez vous d'accord dès maintenant. Sinon, oui, c'est tout.

    -Je travaille seul. Assura Arial sans hésitation. Je vous retrouve donc dans trois jours, à l'aube, à la porte des dieux. Confirma t-elle avant de la saluer d'un mouvement de tête et tourner les tallons pour partir.

    La femme la salua. Elle s'avisa un peu tard qu'elle avait oublié de lui demandé son nom, Arial s'était déjà fondu dans la dense foule de la place.


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  • L'escorte de Winterfell arrivait enfin à Vivesaigue, après plusieurs longues semaine de route. Il avaient traversé ainsi la moitié de Westeros ! Ce tournoi avait intérêt d'être à la hauteur ! De la route, déjà, on pouvait apercevoir la ville éphémère de tentes aux couleurs de maison et de chevaliers venus de tout le royaume. Les abords de la ville étaient bondés de monde, de bruits, d'odeurs... plus qu'Ellyn n'en avait jamais vu !

    -Bong sang, c'est magnifique ! s'exclama Sansa.

    - Ça nous change de notre vieux Winterfell... Dis, tu penses qu'on aura une tente nous aussi, comme les chevaliers ?

    Toute excitée qu'elle était, elle regardait de partout, découvrant de nouveaux détails à chaque coup d'oeil.

    - Je n'en ai aucune idée ma chère amie.

    La jeune fille lança un regard à l'escorte en arrière.

    - On va les laisser faire tout ça... en attendant, moi, je veux visiter !

    Tout en disant cela, elle avait guetté la réaction de la septa.

    - D'accord, je te suis ! répondit la jeune Stark en descendant de cheval.

    La septa, trop occupée à régler les préparatifs de l'arrivée, ne les regardait plus... s'était l'occasion de s'éclipser en douce. Ellyn descendit à son tour de cheval et entra d'un bon pas dans la mer de tentes de toutes formes qui s'était installée aux allentours de la ville, devant la rivière.

    Que de couleurs ! Que de bruits ! Des chanteurs et des jongleurs tentaient d'attirer les foules avec leurs cabrioles, tandis que des marionnettiste présentaient un spectacle mettant en scène le chevalier dragon...

    Alors qu'elle passaient devant des tentes aux couleurs d'or et d'émeraude, une femme à la peau matte et aux longs et soyeux cheveux cuivrés s'avança vers elles.

    - Bonjour mesdemoiselles ! (elle avait un accent de Myr, ou des îles d'été... Ellyn n'arrivait jamais à faire la différence) Je peux vous aider ?

    - Bien le bonjour madame ! répondit Sansa.

    Elle rigola, révélant une rangée de dents blanches.

    - Ho, je ne suis pas une dame tu sais ! Enfin... pas encore ! Vous venez de nord je suppose ?

    Elle désigna le petit loup-garou argenté qui agrafait la chemise de Sansa.

    - Heu... oui, en effet.

    - Je me présente : Iris. Je viens de Myr, mais je vis maintenant à Hautjardin.

    Un chevalier arriva par derrière. Il avait des cheveux brun/dorés mi-long, un visage souriant et franc.

    - Ha, et voici Ser Guillem Florent, sa mère est une Tyrell... ça lui a épargné les oreilles de son père.

    Nouveau petit rire de sa part.

    Le chevalier fit une petite révérence devant les deux jeune fille et leur sourit.

    - A qui ais-je l'honneur ?

    Sansa fit une révérence :

    - Ravie de faire votre connaissance Ser Guillem Florent,mon nom est Sansa Stark de Winterfell.

    Il lui adressa un franc sourire.

    - Je ne savais pas qu'il y avait des oiseaux si délicats dans le nord... ça m'apprendra à rester trop sur mes préjugés. Je joute aujourd'hui, bien que je ne sache pas encore contre qui. Me ferez-vous l'honneur de venir me voir ?

    La jeune fille sourit face au compliment.

    - Se sera avec plaisir Ser Guillem... !

    - J'en suis ravi ! Les joutes ont lieu cet après midi, les adversaires serons tirés au sort.

    - Parfait ! Nous y serons !

    Le chevalier Florent, sans se départir de son sourire, leur fit un salut d'au revoir avant de retourner vers sa tente : de toile blanche avec une multitudes de petits renards se paradant dessus.

    Iris leur souhaita une bonne continuation elle aussi.

    - On pourra s'installer côte à côte pour assister aux joutes ? J'ai une place à l'estrade, et je suppose que vous aussi... vous êtes la fille unique du gouverneur du nord tout de même, si je suis bien au courant...

    - En effet, répondit Sansa. Se sera avec grand plaisir !

    Nouveau chaleureux sourire.

    - Superbe ! A cette après midi alors !

    - Très bien, à tout à l'heure !

    Alors que la femme à la peau sombre s'éloignait, Ellyn regarda Sansa avec un amusement mêlé d'excitation.

    - Ouais... on va voir les joute cet après midi... et à l'estrade d'honneur en plus ! Ho, et tu as vu comment il te regardait le chevalier ? Je me demande ce qu'il vaut une lance au poing...

    - Oui, j'ai hâte de voir ça !! Je suis tout aussi excitée !

    - C'est la première fois que je vois autant de monde... c'est toujours aussi grand les tournois ? Y a-t-il toujours autant de musiciens, de vendeurs... ho, comme j'y pense... tu pense que la septa nous cherche ?

    - Surement... dépêchons nous avant qu'elle ne nous trouve !

    - Bonne idée... parce que je ne sais pas si ton preux chevalier suffira alors à contenir sa fureur, fit elle avec un petit sourire en coin.

    Elle prit ensuite la direction présumée de leur escorte, là où elles l'avaient laissée en tout cas.

     

    /non loin, une tente grise avait été montée, portant la bannière du loup-garou/

    - On dirait qu'ils ont déjà tout installé !

    - Chouette, allons-y !

    Ellyn suivit son amie, consciente qu'il valait mieux pour elle que l'escorte pense qu'elle soient partie ensemble que ce que se soit elle qui l'ai entrainer.

    - Dis, lui souffla-t-elle... tu lui dis bien qu'on veux aller voir les joutes cette après-midi... ce serais bête d'avoir fais tout ce voyage pour rater le meilleur.

    -oui ! je vais lui demander !

    Ellyn afficha un air ravi et regarda Sansa s'éloigner pour demander l'avis de la septa. Lorsqu'elle revint, la bâtarde du nord lui demanda avec excitation :

    - Alors ? Elle a dit oui ?

    - Oui ! Je suis trop contente !

    - Yeh ! Trop bien ! On va voir les meilleurs chevaliers et seigneurs du royaume ! Je vais me changer, pas question de rester au milieux des grandes dames vêtues de soie avec mes habit de voyage !

    - Oui tu as sans doutes raison ! j'y vais aussi !


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  • Eglantine était assise sur un muret, non loin des remparts. L'aube naissante éclairait l'horizon, et les manteau d'or venait d'ouvrir les lourds battants de la porte.

    Arial arriva, comme promis. A l'heure. Elle chercha des yeux là troubadour. Cette dernière se leva en la reconnaissant.

     

    - Ha, vous êtes venue ! Vous êtes prête à partir ?

    -Oui, je suis la, comme promis. et oui, je suis prête

    La femme fouilla dans une bourse à sa ceinture pour en tirer cinq pièces d'or.

     

    - Voilà vos cinq dragons, comme promis. Nous allons pouvoir partir.

    Arial les prit sans hésitation et attendit que la troubadour tourne le dos pour mordre chacune des pièces, simple principe pour s'assurer que ce sont bien des vrai. Eglantine se dirigea vers la porte.

     

    - Nous allons à Vivesaigue tout compte fait, par la Route Royale. Cela ne vous pose aucun problème ?

    -Du moment que vous arriver à destination. Répondit-elle simplement en la suivant.

    - Ho, je demandais ça comme ça... on passera par Rosby aussi. Ça fait un sacré détour, mais j'ai de la famille là-bas.

    -Très bien, je vous suis.

    Elle sourit et rangea l'argent dans sa poche après l'avoir bien inspecter de vue. Son père lui avait toujours enseigné la méfiance.

     

    ***

     

    La troubadour marchait d'un pas de randonnée, tranquille mais pas lent. Elle n'avait pas grand chose sur elle : un sac en cuir avec ses effets personnels et sa vielle sur une épaule.

     

    - Alors, vous vous appelez comment ? demanda-t-elle à sa compagnonne de route.

    -Fanny. Répondit Arial.

    Elle mentait et s'inventait des nom afin qu'on ne se dise pas en plaine conversation qu'elle aidait un assassin à tuer cette personne et que l'autre réponde qu'elle aidait aider une mamie à traverser la route. De plus, un gang donnait chère sur sa tête donc bon...

    -Et vous ? Reposa t-elle la question.

    - Je m'appelle Eglantine. Eglantine Voix de Grive on me surnomme.

     

    Elle n'avait pas pu s'empêcher de laisser percer un peu de fierté dans sa voix : elle adorait ce surnom. C'était son ancien mari qui le lui avait trouvé. Et maintenant il était mort. Cette pensée effaça de suite son sourire, mais elle s'efforça de ne pas trop s’appesantir là dessus.

    Arial ne répondit rien et vit que quelque chose n'allait pas mais ne dit rien, elle en apprendra bien plus par la suite

    - La route est longue jusqu'à Vivesaigue, fit finalement remarquer la troubadour. Vous avez déjà fait pareils voyages ?

    -Oui, j'habitais loin avant. Arial ne voulait pas trop en dire sur elle et redoutait la conversation.

    - Ha ? Et vous avez déjà combattus ? Pour de vrai je veux dire. En protégeant sa vie ou celle d'un autre, ou en prenant la vie d'un adversaire.

    Arial bougonnait:

     

    -Oui j'ai déjà combattu pour tout les cas cités.

    La troubadour regarda avec dépit son interlocutrice. Elle espérait passer un peu le temps en discutant, mais son "escorte" était apparemment peu bavarde.

     

    - Et vous êtes déjà allé à Vivesaigues ?

    Contente que la femme passe à autre chose, Arial releva la tête et répondit avec plus d'enthousiasme:

     

    -Non jamais, je ne voyage vraiment pas beaucoup, cette grande ville donne assez de fils à retordre.

    Eglantine sourit.

     

    - Oui, Port-Réal est grand, et certaines personne ne connaissent qu'elle de toute leur vie. Mais il existe bien d'autres château et bien d'autres villes... nous pourrons peut-être passer par Harrenhal par exemple. Ce n'est que des ruine à ce qu'il parait, mais elle ont une sale réputation... avec un peu de chance, elles l’inspirerons une nouvelle chanson.

    - Ça pourrait être sympathique, je penserais à m'y rendre quand l'envie de vacances me prendra. Fit Arial.

    - Bah... la route est longue, alors autant en profiter. Le détour n'est pas si grand si on veut y passer sur la route de Vivesaigue.

    Arial retint un soupir.

     

    -Pourquoi voulez-vous aller dans la ville dont nous nous rendons ? L'arriver je veux dire, sans les détours.

    - C'est une destination comme une autre... Il paraît que les jongleurs et les musiciens y sont bien accueillit, alors je vais y tenter ma chance. J'ai toujours eu envie de jouer pour des nobles.

    Elle fit comme si elle ne savait rien sur sa  musique:

     

    -Ah ? vous jouez ?

    - Oui, je joue et je chante.

     

    Elle désigna l'instrument dans son dos.

     

    - Mais je n'ai jamais eu l'occasion de me produire devant un publique qui ait vraiment l'oreille. Surtout... dans des auberges.

    -Dans une auberge ? répétât-elle pour en savoir plus.

    - Ou... oui, dans des auberge, ou des tavernes. De villes en villes. Avec une troupe.

    Arial n'insista pas et continua sans rien dire. Cette discussion rappelait par trop à la troubadour cette vieille scène dans une autre taverne de Port-Réal... depuis, elle n'avait plus jamais osé chanté dans un établissement de ce genre. Mais ça, sa compagnonne de route n'était pas obligée de le savoir.

    - Et à Darry ? Vous y êtes déjà allé ?

    -Non, je ne voyage pas. Mais apparement vous si. Vous allez dans toutes les auberges de la ville où vous êtes avant de repartir dans une autres ? 

     

    Arial décida de s'occuper comme ca

    -Non, je ne voyage pas. Mais apparement vous si. Vous allez dans toutes les auberges de la ville où vous êtes avant de repartir dans une autres ? 

     

    Arial décida de s'occuper comme ça.

     

    - Heu... en principe, non : les troubadour de grand chemin, comme moi, vont souvent chanter dans une auberge en échanger du gîte et du couvert : normal, on attire les clients, alors le tavernier se doit de nous en remercier. Parfois, les clients en questions sont dans leur bon jour et nous donnent quelques liards.

    -Tout naturellement. Repondit Arial sans insistance 

    - En début d'après-midi, nous quitterons la route royale pour un chemin vers Darry, continua-t-elle.

    -je vous suis. Répondit la mercenaire.

     

    ***

     

    En début d'après midi, la troubadour regarda le ciel.

     

    - Tu as faim ? On va bientôt quitter la route royale, à la prochaine à droite. Alors autant manger dès maintenant.

    Elle ne répondit pas tout de suite, se demandant si elle avait vraiment faim... Après réflexion, non elle n'avait pas vraiment faim:

     

    -Si on mange, je mange. Répondit-elle pour ne pas lui imposer le fait de continuer à marcher.

    - Très bien, on s'éloigne un peu de la route alors. Mon pain est simple mais je ne veux pas attiser la convoitise de tout les voyageur passant par là.

     

    Sitôt dit, sitôt fait : Eglantine monta près d'un petit bosquet d'arbres en faisant signe à sa compagnonne de la suivre. Arial la suivit sans se faire prier et monta jusqu'au bosquet sans mal. Là, la troubadour fouilla dans sin sac pour en sortir du pain de voyage, ainsi que de la viande acheté le matin même au marché, et des fruit encore frais.

    -dit donc ! C'est que vous avez prévu pour 4 ! S'étonna Arial. Car elle n'avait que deux pains et trois fruits.

    - Je pensait partager avec vous. Ça nous fera plusieurs jours au moins. Enfin... sauf la viande, je l'accorde.

    -On peut manger un petit vous de la viande maintenant alors, histoire qu'elle ne pourrisse pas trop vite.

    - Oui. J'ai horreur de la viande faisandée, ça n'apporte que des maladies. Le pain pourra bien attendre, et même les fruit durerons plus longtemps.

     

    Elle sorti un petit couteau de voyage pour couper des tranche dans le gigot de mouton refroidis.

    Arial attendit un instant avant de demander:

     

    -Faut-il du feu ?

    - Inutile, elle est déjà cuite. Mais froide, il va falloir faire avec.
    Elle lui tendit une bonne tranche et un morceau de pain pour aller avec.

    Arial la prit, la remerciant d'un sourire et mangea .

    Eglantine mangea elle aussi. D'abord silencieuse, elle ne put s'empêcher de remettre une discussion sur le tapis.

     

    - Vous faites souvent des missions d'escorte dans ce genre ?

    -Non. 

     

    Repondit Arial. Toujours en détestant qu'on parle d'elle.

    Comme son interlocutrice répondait par monosyllabes, la troubadour comprit que le sujet était délicat. Très bien. Elle ne lui forcerais pas la main.

     

    - Pas mauvais sinon ce mouton. J'avais craint pire que ça au prix auquel il était.

    La jeune femme la regarda, sourit légèrement, contente qu'elle change le sujet:

     

    -Faut juste pas faire les difficiles.

    La troubadour sourit.

    - Hé oui... bon, on pourra bientôt reprendre la route ? Vous avez fini ?

    Elle ne repondit rien, laissant sa rage au fond d'elle. Arial détestait qu'on la presse pour manger !!! Elle fini en une ou deux bouche et se leva:

     

    -oui, c'est bon.

    - Paaarfait.

     

    Elle rangea rapidement les affaires, remis son instrument sur son épaule, et rejoignit la route en se laissant glisser (sur les pieds) le long du talus.

    Arial la suivit avec moins d'élégance mais tout aussi bien.

    - D'ici un ou deux kilomètre, annonça Eglantine, on change de direction. Allons-y.

    Un peu pus tard, donc, elle s'engagea sur une autre route qui bifurquait vers l'est à travers champs. La troubadour chantonnait en marchant. Elle ne pouvait pas s'en empêcher : quand elle ne parlait pas, elle chantait.

    Arial leva un coup les yeux au ciel. Qu'elle piplette ! Type fille qui jacasse tout le temps à parler du beau temps... La jeune femme sourit, s'imaginant ce que ca sera quand elle sera mamie, cette dame. Ca la fit gentiment rire

    L'après-midi passa ainsi, tranquillement. Pas un nuage dans le grand ciel bleu, et les blés d'été dorant au soleil.

    Arial, qui marchait toujours derrière tira discrètement son couteau, elle regarda la femme devant elle en plongeant son autre main dans sa poche.... Elle en sortie.... Un chiffon pour le nettoyer .

    La troubadour regardait devant elle, le nez au vent. Dans sa tête, elle essayait de composer une balade sur l'été, en alexandrins si possible...

    - Tu préfères t'arrêter dans un village, demanda-t-elle bien plus tard, ou dormir à la belle étoile ? Moi, en tout cas, je ne marche pas de nuit.

    -La belle étoile. Répondit Arial sans hésitation mais sans faire gaffe à sa réponse. Au moins, ça ne pouvait qu'être vrai.

     

    Elle rangea vite son couteau.

    - Excellent, moi aussi.

     

    En réalité, Eglantine n'avait surtout pas assez d'argent pour payer des auberge tout le long du chemin, mais inutile d'en parler à la femme... les mercenaires avaient tendance à rester moins fidèles quand ils n'était pas assurés d'être payés à la clé.

    -Ici, la ?

     

    - Non, pas au milieux de la route... on va se trouver un coin tranquille où l'on puisse s'installer.

    Elle hocha la tête et la suivit en cherchant un endroit convenable ou dormir. La troubadour fini par dénicher un arbre près d'un ruisseau.
    - Si on s'installe suffisamment loin de l'eau, on pourra passer une nuit tranquille et plus ou mois au sec. Qu'en penses-tu ?

     

    Arial sourit:

     

    -Mais c'est parfait !

     

    Sortant de son sac d'épaisses couvertures de laine, la troubadour en tendit une à Arial.

     

    - Les sol sont durs ici, heureusement que les nuits ne sont pas froides.

    -Heureusement, sinon on dort dans l'auberge dans l'auberge. Merci.

     

    Elle prit la couverture et le posa au sol afin de dormir dessus.

    - On fini la viande ce soir, comme ça elle ne se perdra pas.

     

    Tout en parlant, Eglantine avait sorti la nourriture de sa besace et entreprenait de la couper.

    -J'ai des fruits pour accompagner. Fit-elle en Sortant deux pommes de son sac.

    - Ça ira très bien avec. Un vrais repas de roi.

     

    Elle mit la viande sur deux tranches de main et en donna une à son interlocutrice. Elle accepta de grand coeur la pomme tendu et se mit à manger.

    Arial mangea elle aussi, affamé. Elle ne pensait pas qu'un voyage pouvait être si fatigant:

     

    -Il n'y a pas de monture dans le coin ?

    - Mmm ? Si, sûrement, pourquoi ? Tout les seigneurs ont leur propres monture, et les fermier ont leur chevaux pour la ferme... pas mal de voyageur aussi. Les chevaliers errant par exemple, ou certains marchants... quoique je les imagine plutôt en charrette.

    Arial fut un instant exaspéré, elle posait une petite question et la femme devant elle sortait un baratin:

     

    -Pour qu'on puisse en avoir une chacune. Fit-elle ensuite.

    Le sourire de la femme s'effaça une fraction de seconde, avant de revenir, un peu forcé cette fois.

     

    - Ha, oui, bien sûr... sauf qu'un cheval, ça coûte cher. Très cher, pour une petite musicienne comme moi.

    Arial ne la regardait pas et chuchota:

     

    -Je ne comptais pas les payer...

    Cette fois, le sourire de la troubadour parti pour de bon.

     

    - Voler un cheval ? Tu sais ce qui arrive aux voleurs de chevaux ? Et on est si près de Port-Réal... imagine un peu que le propriétaire aille porter plainte auprès du roi ?!

    -Oui je sais qu'ils sont persécutés et tués...

    - Alors comment tu peux proposer une chose pareille ? En plus, on est encore sur les terre des Targaryens. Tu sais ce qu'ils font de leurs condamnés à mort ? Il les brûlent ! Je ne veux pas finir au bûché !

    Arial ne répondit pas tout de suite et la regarda, impassible:

     

    -Je sais. fini t-elle par dire et croqua dans sa pomme.

    La troubadour continua de la fixer avec effarement.

     

    - Alors... tu n'étais pas sérieuse quand tu parlais de voler des chevaux. Hein ?

    -Je sais pas...

    - Comment ça tu ne sais pas ? C'est hors de question de toute façon !

    Bah oui, Arial n'allait pas lui dire clairement "si je comptais très bien le faire" du coup, elle restait insertaine:

     

    -Je sais bien que tu ne m'aurais pas laisser faire, n'empêche que ça aurai été pratique.

    - Pratique pour quoi ? ronchonna-t-elle. Pour finir brûlé oui ! Ou simplement pendu si c'est sur les terres des Darry qu'on nous retrouve...

    Elle haussa les épaules:

     

    -On meure bien un jour, que ça soit dignement ou en sale rat.

    - Oui, oui... mais je voudrais avoir pu chanter pour des nobles avant. Ce qui ne risque pas d'arriver en étant accusée de voler des chevaux. D'ailleurs, plus tard viendra ma mort, mieux je me porterais.

    -Oui, c'est vrai aussi.

     

    Arial fini son repas

     

    - Bonne nuit alors. On fait peut-être des tours de garde tout de même... même si on a pas de chevaux, certain brigands seraient trop ravis de nous couper la gorge pendant la nuit pour nous voler nos maigres biens.

    -Je te laisse dormir en premier alors...

    - D'accord, mais n'oublie pas de me réveiller.

    -Non, promis.

    Elle veilla donc.

    Et la troubadour s'endormit.
    Bien sûr, la mercenaire pouvait sans problème lui voler tout ce qu'elle possédait, lui trancher la gorge, et repartir tranquillement... mais où va le monde si l'on ne peut même plus faire confiance aux gens ?

    Arial n'y pensait même pas... Quoi que... un ou deux sous voler... Non, elle envoya cette idée voler plus loin et continua à garder. Et la troubadour continua à dormir d'un sommeil de plomb. Autant dans la journée, elle parlait sans arrêt, autant au moins elle ne ronflait pas la nuit.

    Arial fut soulager par le calme environnant, quel plaisir que cette pipelette se taise !

     


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  • Peu de temps après, Ellyn ressorti, avec la fameuse robe noir et argent aux longues manches crevées. La plus complexe de sa garde robe, et la plus élégante, mais rien d’extravagant à côté de ce que portent certaines dames aperçues plus tôt dans la journée...

    Sansa, quand à elle, se vêtit de sa robe mauve aux motifs argentés, avec une étoffe souple et légère.

    - Bravo, tu es ravissante là-dedans ! Sa change des robes de laine de Winterfell... ici on peut se permettre des tissus légers. Tu viens, on y va ?

    - Je te suis !

    Ellyn se fraya un passage dans la foule qui s'amassait autour des lices, pour atteindre la tribune avec Sansa. Elle s'installa sur l'estrade, non loin de la femme de Myr qui les avait invité un peu plus tôt. Elle laissa à Sansa la place juste à ses côtés. C'est vrai quoi, pas sûr qu'elle ait le droit d'être ici... elle était juste une bâtarde quand même...

    D'ailleurs, elle avait remarqué tout en haut de l'estrade, à la place d'honneur, un homme d'age avancé aux cheveux d'argents. Il portait un riche surcot noir frappé d'un dragon tricéphale rouge : l'emblème Targaryen. Il s'agissait du roi, sans équivoque.

    La femme Myrienne à ses côté lui fit un sourire en la reconnaissant, mais elle n'eut pas le temps d'engager la conversation que déjà le héraut sur les bords des lices annonçait les premier chevalier à courir.

    - Ser Lancel Lannister, à ma gauche, et Ser Guillem Florent à ma droite !

    Les deux chevalier entrèrent ensemble. Le premier était monté sur un étalon blanc comme neige, et portait une armure dorée et un heaume surmonté d'un lion rugissant de grenat. Guillem, lui, portait une armure d'acier, monté sur un cheval gris pommelé. Un petit renard d'argent se pavanait sur son casque.

    Tout deux vinrent devant l'estrade, saluer le roi et le seigneur de Vivesaigue. Au passage, Guillem adressa un clin d'oeil aux trois femme assises à l'avant. Sansa souriait et observait la scène.

    Les chevaliers se séparèrent pour aller chacun d'un côté du terrain. Au premier coup de trompette, ils lancèrent tout deux leurs montures au galop, tenant leur lances à l'horizontale et visant les bouclier adverses. Les deux hampes de bois se brisèrent avec fracas sous les aplaudissement des spectateurs : c'était signe que les deux chevaliers était habiles. Deuxième charge, nouvelles lances : Lancés à pleine vitesses, ils se percutèrent de nouveau. Mais cette fois, la lance du Lannister dévia le long du boucliers adverse sans plus de dommages, alors que celle de Guillem le frappait de plein fouet... Lancel se retrouva roulant au sol, sans avoir pu se maintenir en selle. Sous le choc, le lions rugissant de son casque se détacha. Guillem sauta de selle, prêt à poursuivre à l'épée si son adversaire tirait la sienne, mais il n'en fit rien. Alors, il ramassa le lion doré, se dirigea vers l'estrade, et le lança en direction de Sansa.

    - A la plus belle ! clama-t-il. A l'oiseau du nord !

    Sansa rougit énormément, récupérant le lion doré et le serrant dans ses mains.

    Guillem sorti sous les acclamtion du publique, tandis qu'on ramenait le Lannister et son cheval à sa tente.

    Ellyn donna un coup de coude et une oeillade amusée à Sansa, mais n'eut pas le temps de dire un mot que déjà le héraut annonçait les prochains adversaires :

    - Le Prince Viserys Targaryen à ma gauche, et Ser Gregor Barathéon à ma droite !

    Tout deux entrèrent en lice. Le prince montait son grand destrier noir, plus rien à voir avec sa fine jument dornienne de voyage. Son armure était assez légère pour une armure de tournois, composée du strict minimum de protection. Son casque noir était surmonté d'une gueule de dragon béante, et ses fines ailes rouges se repliaient sur les côtés. le dragons tricéphale qui ornait son bouclier semblait narguer le cerf couronné de son adversaire, en face. Gregor Barathéon était un chevalier dans la force de l'age, avec de larges épaules et le regard bleu perçant. Son heaume portait des andouillets de cerfs, de même que la protection frontale de son cheval.

    Les deux cavaliers vinrent se présenter devant le roi et le seigneur, comme le voulait la coutume. Viserys affichait un air suffisant, et lança un regard presque amusé à son adversaire avant de refermer la visière de son casque.

    Les deux jeunes filles du nord souriaient tranquillement et observaient la lice.

    Les trompettes sonnèrent et les deux chevaux s'élancèrent au galop. Alors que les deux adversaire se rapprochaient à toute vitesses, Ellyn attrapa la manche de Sansa.

    - La lance du prince... elle est trop basse, il ne va pas toucher le bouclier...

    Au fond, La jeune fille avait espéré la victoire du beau Targaryen fasse à la brute Barathéon, c'était plus conforme à une belle histoire de chevalerie... elle allait s'en mordre les doigts.

    En effet, la lance était trop basse. Elle percuta le cheval en pleine tête et fit voler au passage un des andouillets de son armure. Sans cela d'ailleurs, il serait peut-être mort sur le coup... au lieu de quoi il pala soudainement et se cabra, envoyant son cavalier rouler dans la poussière.

    Ser Grégor se releva d'un coup, bien décidé à ne pas se laisser abattre si facilement. Il tira son épée et attendit le prince de pied ferme.

    Viserys sauta de cheval, tirant sa propre arme, et les deux adversaires commencèrent la danse...

    L'épée de Ser Grégor fusait avec une rapidité impressionnante, et une force telle qu'elle aurait pu facilement couper un bras en deux. Le prince commença une retraite précipitée, parant certaines attaques avec son épée, d'autre avec son bouclier, et esquivant par bond les coups les plus violents. Ils traversèrent ainsi une bonne partie du terrain. Le barathéon frappait avec de plus en plus d'assurance et de force, il y était presque... Viserys fit un nouveau bond en arrière, à peine plus grand que les autres, Ser Grégor le suivit pour tailler... Trop tard. Sur la marche de son adversaire, le prince était parti en flèche, épée en avant. Trop surprit, et prit dans son élan, le Barathéon ne pu esquiver la lame qui le toucha sur le bas de la tête, faisant voler son heaume au passage.

    Sachant que poursuivre le combat sans son casque était une folie, le chevalier se rendit de bon coeur, et Viserys partit gagnant. Il releva sa visière et sorti du terrain avec son cheval, adressant au passage un sourire victorieux à son père.

    Le roi, étrangement, se tenait crispé sur son siège, plus furieux que réjouis...

    - Hmm... bizarre cette réaction, fit remarquer Sansa.

    Ellyn se tourna vers son amie.

    - Hein ? De qui tu parles ?

    - La réaction du roi...

    Ellyn regarda le roi avec plus d'attention.

    - C'est vrai qu'il pourrait être plus fier... son fils a gagné quand même.

    - En effet...

    - Ha ! Ils appellent de nouveaux chevaliers !

    En effet, le héraut appela deux nouveaux adversaires pour qu'ils s'affronte. Ellyn n'en connaissait aucun. Sansa, quand à elle, continuait de les regarder mais pensait sans cesse à Ser Guillem.

    L'après-midi se déroula ainsi par de nouveau éliminatoires. Comme les chevaliers étaient nombreux en ce début de tournois, le niveau des joutes pouvaient beaucoup varier, et aucun ne repassa deux fois.

    Vers la fin, Lorsque le soleil commença à décliner, le seigneur de Vivesaigue annonça que les joutes prendraient fin pour la journée, et qu'ils allaient procéder au tirage au sort pour les rencontre du lendemain... les spectateurs pouvaient rentrer chez eux, ils n'y aura plus de duel pour la journée.

    Sansa se leva, imitant les autres, pour aller rejoindre sa tente. Mais au lieu de cela, elle se dirigea vers l'endroit où était partit Ser Guillem.

    Le chevalier était entrain de se faire retirer sa lourde armure par son jeune écuyer.  Il sourit en la voyant arriver.

    - Sansa ! Vous avez bien profité du spectacle alors ?

    - C'était spectaculaire !

    - Ravi de l'entendre... Mon adversaire était vaillant aussi, je l'ai senti... mais il n'a pas eu de chance, tout bonnement. C'est beaucoup une question de chance, les tournoi. Parfois, un simple coup de vent, et... paf ! ta lance dévie ! Enfin... il y a parfois des choses qui ne peuvent pas passer pour des accidents. Et qui ne sont pas des conduites très chevalières.

    Il fronça les sourcils un instant, comme perdu dans ses pensées, puis reporta son attention sur Sansa, le visage à nouveau lumineux.

    - Tu avais déjà assisté à un tournoi par le passé ?

    - Non c'est le premier auquel j'assiste !

    - Vous m'en voyez bien content : ça me fais moins de concurrence pour me proclammer comme votre champion.
    Il lui adressa un sourire entendu :

    - ... ce qui ne vous engage à rien, bien entendu.

    Elle lui sourit :
    - Ahah ! Je serais heureuse de voir ça !

    - Chaque joute que je gagnerais sera pour vous ! J'ai reçut les résultats des tirages au sort, je sais qui j'affronterais demain : Randyl Arryn, et Viserys Targaryen ! Que du défi !

    - Ce seras avec la joie de vous voir triompher !

    - Votre amie aux cheveux bouclés n'est pas là ? Elle sait où vous êtes ?

    - Je pense, oui !

    - Elle a dû avoir trouvé mieux à faire alors. Peut-être est-elle restée avec Iris.

    Comme il parlait, le roi Aemon passait en coup de vent entre les tente, suivit d'une petite escorte. Il se dirigeait vers la grande tente noire au dessus de laquelle claquait au vent un oriflamme au dragon.

    L'écuyer avait fini d'enlever son armure au chevalier, et il partit la ranger. Guillem fut à nouveau libre de tout ses mouvement, et il proposa à Sansa :

    - Vous boirez bien quelque chose ?

    - Volontiers !

    Il l'invita dans sa tente et lui servis une petite coupe de vin.

    - Du La Treille Auré, mon préféré.

    Il lui tendit la coupe avant de s'en servir lui-même un verre. Sansa prit la coupe de vin et dégusta :

    - Très bon...

    Il sourit.

    - N'est ce pas ? Mon père a pour habitude de dire que le vin de La Treille est le meilleur de tout Westeros... Mais n'allez surtout pas dire cela à un gars de Vieilleville, ou il prendra la mouche !

    Il éclata de rire avant de secouer la tête et de la regarder à nouveau.

    - A votre façon de boire, je jurerais que vous ne goûter pas souvent de vins pareils par chez-vous...

    Elle rit.

    - Pas vraiment... disons que c'est la première fois.

    - Vraiment ? Hé bien... ce n'est pas courant pour une femme de votre age. Tant mieux devrais-je dire. Au moins, vous êtes loin de l'ivrognerie.

    La jeune femme rigola.

    Ellyn arriva en courant des lices, où elle était effectivement resté en compagnie de Iris.

    - Sansa ! Ça va ? Ho, je vois que tu es en bonne compagnie...

    - Ah, salut Ellyn !

    La jeune fille désigne le soleil déclinant.

    - Je me disais qu'on ne devrait pas trop tarder à rentrer... mais tu as l'air en grande conversation, je m'en voudrais de t'interrompre.

    - Mieux vaut rentrer... et puis de toute façon on se voit demain ?

    Le chevalier répondit dans un sourire :

    -Je l'espère bien ma dame. A quoi bon être le champion d'une beauté si elle n'est pas là pour vous voir triompher ?

    Sansa rougit énormément.
     
    - En effet, cela poserait problème... !
     
    Elle rit.

    Ellyn prit un air moqueur, puis elle prit Sansa par la main.

    - On verra tout ça demain. Tu viens ? Je ne suis pas sûre de pouvoir retrouver mon chemin au milieu de toutes ces tentes de nuit.

    - J'arrive, j'arrive ! répondit-elle sans cesser de rigoler.


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  • Le roi entra dans la tente en laissant ses garde dehors. Viserys était assis nonchalamment sur une chaise, laissant un serviteur dégrafer son armure, une coupe de vin à la main. A l'entrée de son père, il tourna la tête vers lui et lui adressa un large sourire.

    - Père, entrez-donc ! Et goûtez-moi cet excellent vin dornien, rien de tel après un tournoi !

    Aemon soupira.

    - A t'entendre, il n'y a jamais rien de tel qu'un bon vin dornien.

    - Et c'est vrai ! Ravi que le message sois passé !

    Le roi soupira à nouveau et s'assit sur une autre chaise.

    - Laisse-nous, ordonna-t-il au serviteur, qui décampa sans demander son reste. Ha, Viserys ! Je n'aurais jamais dû te laisser partir pour Dorne aussi longtemps ! Voilà maintenant que tu te bas comme un scorpion ! Es-tu un dragon ou un vulgaire serpent rampant, pour offrir un spectacle si déplorable ? Tu n'a lancé qu'une seule véritable attaque de tout ton duel !

    - Une seule, admit-il, mais qui toucha. Contrairement à ce bourrin de Grégor qui fit pleuvoir les coup et perdit.

    - Sors donc de ta tente, et tu entendra plus d'un murmurer qu'il méritait plus la victoire que toi.

    - Lorsqu'on est sur un champs de bataille, ce n'est pas le mérite qui fait ta survie. C'est la différence entre celui qui touche et celui qui rate.

    Le roi soupira une énième fois et se leva.

    - Essaye au moins de prendre en compte mes argument lorsque tu entrera en piste, demain.

    Il quitta la tente sans un regard en arrière.

     

    ***

     

    Toute excité, Ellyn regardait dans ses robes.

    - On met les même que la veille tu penses ? Ou est-ce que les dames changent de robes tout les jours ? Ho, je me demande qui ton chevalier du Bief va affronter...

    - Il me l'as dit hier ! Et oui je vais changer de robe !

    - D'accord, je changerais aussi alors...

    Elle fouilla au fond de son coffre, mettant un peu tout sans dessus-dessous avant de trouver ce qui lui plaisait : une robe simple, de velours vert avec un tout petit peu de dentelle autour du col.

    - Tu en pense quoi ?

    - Très jolie.

    - Merci ! Tu compte mettre quoi toi ? Je te conseil quelque chose de bleu, si tu as, ça mettra en valeur tes yeux...

    - Oui, tu as raison !

    Peu de temps après, une fois qu'elle furent habillée... :

    - On y va ?

    Sautillant presque sur place, Ellyn s'était décalée vers l'ouverture de la tente.

    - J'arrive ! s'écria Sansa en se précipitant vers la sortie.

    En voyant Sansa si pressée, Ellyn sortie à sa suite et se dirigea vers les lices pleine de rêves, de duels chevaleresques, et d'aventures palpitantes dignes des contes...

    Tout le monde s'installait peu à peu autour des barrières, les plus nobles hôtes s'installant juste sous le roi et le sire de Vivesaigues, sur l'estrade. Le héraut qui annonçait déjà la veille les chevalier des duels se trouvait à nouveau au milieu de tout ce monde, relisant la fiche qui lui rappelait qui affrontait qui et dans quel ordre.

    Les deux jeunes nordiennes attendaient le commencement, quand enfin la trompette sonna, et le héraut appela. D'abord défilèrent des chevaliers que ni Sansa ni Ellyn ne connaissaient, mais il finit enfin par appeler :

    - Ser Randyl Arryn à ma gauche, et Ser Guillem Florent à ma droite !

    Les deux chevaliers entrèrent en piste dans leurs armures rutilantes, et leurs lances et boucliers au poing.

    Le regard de Sansa était accroché sur Ser Guillem Florent, son coeur se mit à battre à une allure de folie et ses joues prirent une couleur rosée.

    Après s'être brièvement inclinés devant le roi, les deux cavaliers se séparèrent et le duel commença. Les chevaux étaient lancés à fond, le sol tremblait sous leurs sabots. Les deux lances se brisèrent net. Il échangèrent ainsi trois passes, avant que, d'un coup particulièrement bien placé, Ser Guillem réussit à faire vider les étriers à son adversaire. La lutte se poursuivit ensuite au sol, à coups d'épée. Les deux chevaliers se défendaient bien, mais Ser Randyl était déjà d'un certain age, et il fatigua plus rapidement. Il se prit un coup dans le heaume qui dû le sonner un peu, puisqu'il se rendit et donna la victoire à Guillem.

    Tout fier et victorieux, le chevalier au renard ramassa un petit croissant de lune argenté qu'il avait réussit à faire tomber du heaume de son adversaire pendant les joutes à cheval. Il s'approcha de l'estrade, s'inclina devant toute la noblesse, sourit, puis lança le petit croissant vers Sansa.

    - Un faucon aurait mieux convenu à mon oiseau du nord, mais la simplicité du heaume de mon adversaire ne m'aura offert qu'une lune. Qu'importe ! A la plus belle !

    Sansa prit le croissant dans ses mains, rougissant de plus belle, lui faisant une révérence en guise de remerciement.

    Ellyn adresse un clin d'oeil à sa voisine, tandis que de nouveau adversaires étaient appelés. Il fallu attendre une bonne heure avant que le héraut ne clame entre deux applaudissements :

    - Ser Guillem Florent à ma droite, et le Prince Viserys Targaryen à ma gauche !

    Sansa souriait et regardait, confiante.

    Ellyn agrippa la manche de Sansa tandis que les deux adversaires entraient piste.

    - Tu ne m'avais pas dit qu'ils allaient s'affronter ! Il ne craint pas trop pour son cheval, ton champion ?

    Pendant ce temps, Guillem récupérait la lance que lui tendait son écuyer tandis que Viserys se faisait servir par un soldat Targaryen (puisqu'il n'est pas vraiment chevalier, il n'a pas d'écuyer). Ellyn pu noter que en effet, le cheval de Ser Guillem était plus caparaçonné que lors du premier duel : une sorte de casque de fer sur la tête, et une armure équestre de plaque pour protéger son poitrail.

    - En effet, admit Sansa, c'est inquiétant...

    Les trompettes sonnèrent, et les deux cavaliers éperonnèrent leurs chevaux. Comme lors de sa première joute, le prince tenait sa lance excessivement basse, visant le cheval. Guillem, au contraire, visait le bouclier au dragon avec une précision méthodique. Puis se fut le choc. Miracle ou maitrise parfaite, qu'importe : le chevalier au renard avait réussit à faire faire un écart à sa monture, et la lance rouge et noire passa à côté des flancs de l'animal, et ne fit que frôler la jambe du cavalier sans faire plus de dégats. La lance de Ser Guillem, par contre, frappa le bouclier du prince de plein fouet et éclata en milliers de petites échardes de bois. Viserys chancela sur sa selle, mais réussit tant bien que mal à se rattraper, et retrouva finalement son assiette.

    Deuxième charge, nouvelles lances : les deux cavaliers au galop se rapprochaient à toute vitesse. La lance de Guillem dérapa cette fois sur le bouclier sans faire trop de dommages, mais celle du prince le cueillit en pleine poitrine. Trop attentif à son cheval, le chevalier Florent n'avait plus prit garde à son bouclier, et avait laissé son torse offert à l'arme adverse. Il fut littéralement projeté hors de selle et roula dans la poussière.

    Il eu le souffle coupé pendant quelques instants, mais se releva bien vite, toujours combatif, et tira son épée. Viserys sauta de selle et le rejoignit. La danse pouvait commencer.

    Guillem avait bien vu le premier affrontement du prince, et il avait noté sa manière de se battre : esquiver, donner l'impression à l'adversaire qu'il allait gagner, et puis frapper soudainement avec la vitesse du serpent. Il ne l'aura pas comme ça, pas cette fois-ci. Le chevalier se mit en garde et prit des distances. Voyant cela, le prince n'eut d'autre choix que d'aller le titiller de la pointe de l'épée, le forçant à être toujours sur ses gardes. Puis il attaqua avec plus d'intensité. En réalité, Guillem le laissait faire, il attendait de voir une faille dans la garde de son adversaire, ou il pourrait engouffrer son épée. Il sentait le prince oser de plus en plus, et soudain... il le vit. Cet infime relâchement, se petit espace dans la garde. Viserys avait trop poussé son attaque en visant le bras. Guillem para l'attaque avec son bouclier et profita de cette unique chance pour piquer dans le petit espace offert avec son épée. Avant de sentir une douleur soudaine dans le bras. Il recula précipitamment et regarda le sang perler de l'articulation de l'armure. Une feinte, ce n'était qu'une feinte de plus. Le prince avait prévu cette attaque depuis longtemps. Un coup soudain à la tête le sonna, et un nouveau lui arracha son heaume. Pour achever le tout, Viserys lui faucha les jambes, le faisant s'écrouler à terre.

    Comme Ser Guillem levait une main en signe de défaite, le prince ôta son heaume et s'approcha du vaincu. D'un coup sec d'épée, il trancha net le petit renard bondissant sur le sommet de son casque, et, sous le regard médusé du chevalier, se dirigea tout droit vers les tribunes.

    Sans un regard pour son père, le prince fixa ses prunelles violettes sur Sansa et lui lança le petit renard. Puis il clama avec un sourire amusé :

    - Pour la poule de Ser Guillem !

    Sansa avait les yeux écarquillés devant la défaite de Ser Guillem. Elle ne savait comment réagir.

    Le chevalier se relevait en s'époussetant, et lança un regard chargé de haine au prince. Puis, il ramassa son heaume et récupéra son cheval qui avait profité du duel pour partir à l'autre bout des lices.

    Ellyn n'avait pas lâché la manche de Sansa durant tout l'affrontement, et, si elle s'était enfin décidé à la lâcher, elle n'en restait pas moins tendue. Sansa, quand à elle, tremblait pour son beau Ser Guillem.

    Le chevalier avait réussit à rattraper son cheval, et il sortait maintenant de piste, non sans avoir au préalable lancé un regard d'excuse en direction de Sansa. Il avait la démarche un peu chancelante, sans doute encore un peu sonné, mais il ne semblait pas trop blessé.

    Viserys, de son côté, avait aussi récupéré son étalon noir, et quittait la piste de son côté, tandis que le héraut appelait les adversaires suivants.

    Sansa déglutit et continua d'observer le tournoi. Ellyn fit de même, non sans jeter de fréquents coups d'oeil à Sansa.

    - Sansa, ça va ?

    demanda-t-elle.

    - Tu n'as pas l'air très bien...

    - Si... je vais bien...

    - Bon, si tu le dis...

    Dans son regard, elle était toujours un peu inquiète, mais elle cessa de la questionner.

     

    Le roi quitta peu de temps après les tribunes, prétextant une affaire urgente, tandis que Sansa se levait pour regagner la tente.

    - Tu veux que je vienne avec toi ? demanda Ellyn.

    - Comme tu le souhaite...

    - J'avais envie de voir la suite, mais je suppose que pour toi... ça n'a plus beaucoup d'intêret maintenant.

    Elle jeta un regard aux lice où deux nouveau cavaliers s'affrontaient. Elle admit que le tournois présentait bien moins d'amusement maintenant...

    Sansa ferma les yeux et ne répondit pas.

    - Tu es VRAIMENT sûre que tu te sens bien ? insista Ellyn.

    - Tu as vu comment m'as regarder son adversaire..? Il m'as mis la honte...

    - Le prince... oui, j'ai vu. Je crois que c'était surtout Ser Guillem qui était visé, mais j’admets que... c'était pas très sympa. Tu as gardé le petit renard ?

    - Oui...

    - J'imagine que ton chevalier voudra le récupérer. C'est vraiment dommage... il méritait de gagner, d'être champion ! Tu imagine, tu aurais été reine d'amour et de beauté du tournoi !

    - Je sais...

    Elle fit un petit sourire pour le principe.


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  • Arial regardait la lune, haute. Elle réveilla donc la troubadour, pas très délicatement:

    -Debout, c'est à toi. Fit-elle, et pour être sur qu'elle se réveille, il lui donna une petite bousculade de la main.

    - Mmm ? Oui, oui, ça va...

    Elle se redressa en position assise et se frotta les yeux pour se réveiller. Elle détestait être tirée du lit, mais bon... il fallait bien monter la garde si l'on ne voulait pas être assassiné pendant la nuit. Arial la regarda se lever et se tourna pour dormir sans rien ajouter.

    Eglantine resta assise, sa couverture sur les genoux pour se garder du froid, et se chanta des chansons dans la tête pour rester éveillée. Arial, quand à elle, ne dormit pas tout de suite, encore sur la défensive mais fini par se laisser gagner par la fatigue, son sac enrouler de ses bras.

    ***

    A la fin de la nuit, Eglantine dormait à moitié. Elle avait toutefois les yeux suffisamment ouvert pour voir le soleil se lever, et elle secoua sa voisine.

    Arial bondit sur ses pieds la main prête à choper une arme:

    -Y a quelqu'un ? Fit-elle sur la défensive avant de se rendre compte que le soleil se levait

    - Ça y est, c'est l'heure...

    - Hé, calme-toi... c'est juste le matin. Tu veux une tranche de pain ?

    Arial se ré assit:

    -Non merci, j'ai déjà manger hier soir

    Elle prit un air étonné.

    - Ha, et alors ? Tu ne mange que deux fois par jour ? La route sera longue encore aujourd'hui, et il fera chaud, mieux vaut prendre des forces...

    - J'économise la nourriture. Répondit-elle neutre.

    - Bah, ne t'en fais pas... il m'en reste encore assez pour aujourd'hui, et on devrait arriver à Darry avant le soir.

    Arial fut légèrement agacé par l'insistance mais Eglantine connaissait le chemin mieux qu'elle, elle hocha donc la tête, d'accord pour manger. La troubadour lui tendit un peu de pain, désormais légèrement rassis, et mangea sa propre part en regardant un oiseau posé dans le buisson d'à côté.

    Uns fois fini son petit déjeuné, elle rangea ses quelques affaires et se prépara à repartir.

    - Tu es prête ? Avec un peu de chance, ce soir, on dort dans un lit !

    Arial mangea sa par et se leva:

    - Oui, c'est tout bon.

    La troubadour lui sourit et reprit la route vers Darry. Arial la suivait sans un mot, contente qu'elle ne dise rien.

    Eglantine marchait d'un bon pas, pressée d'arriver enfin à destination. Arial la suivait au même pas, mi-course mi-croisière, pour la suivre. Soudain, la troubadour se stoppa net. Une flèche venait de filer juste devant son nez, la ratant de peu. Elle tourna la tête dans la direction du tireur, et vit deux hommes armés l'un d'un gourdin et l'autre d'une sorte de hache de bucheron, et qui fonçaient vers elle en criant.

    Arial les vit et sorti son épée d'une main en s'interceptant entre là troubadour et les deux hommes... 

    L'homme à la hache arriva avant l'autre et leva sa hache pour lui donner un coup. La jeune femme mit alors son épée en diagonale au dessus d'elle pour se protéger du coup au cas où elle n'irait pas assez vite et de son pied, elle envoya un violant coup de pied dans les partiels génitales de l'homme avant de rouler au sol pour s'écarter du combat en voyant l'autre homme arriver, il fonçait droit sur sa protégé. Arial se remit alors en travers de son chemin et se protégea d'un coup de son épée avant d'envoyer son attaque, elle joua des majorettes devant elle pour impressionner et le déstabiliser avant de piquer droit sur le ventre de l'homme. Elle aimait bien piquer droit. Il sauta sur le côté pour esquiver mais, sans ramener l'épée vers elle, Arial envoya son épée sur le côté pour le trancher en deux. Il esquiva encore en sautant en arrière mais l'épée lui fit une belle entaille profonde. 

    Arial l'envoya alors d'un coup de pied rouler plus loin. Elle observa alors, l'homme à la hache fonçait droit sur Églantine.La troubadour, effrayée, recula et ramassa un bâton qui trainait sur le bas-côté dans l'espoir de le maintenir à distance. Avec peu d'efficacité toutefois, car un seul coup de hache suffit à le lui arracher des mains, et elle dû faire un bond en arrière pour se tenir hors de porté encore un peu.
    Pendant ce temps, l'archer s'était relevé de dernière un buisson. Le troisième homme était petit et gringalet, contrairement à ses compagnons, et il visait maintenant Arial avec concentration, comprenant que c'était d'elle qu'émanait le danger.

    Arial dût s'occuper de l'archer, elle se protégea donc et vive comme l'éclair, tira trois couteaux qu'elle jeta sur l'homme, sur les trois, un seul se planta sur la cuisse de l'homme. Il lui fallut ce moment d'inattention pour que la jeune femme bondisse sur lui, en criant:

    -Vous voulez la mort ? Vous aurez la votre, fini la gentillesse.

    Et sans rien ajouter, elle désarma le petit homme d'un coup d'épée dans le bras armé de l'arc. Qui se trancha en deux.

    Pour être sur qu'il ne se relève pas de si tôt, elle envoya un coup de pied dans sa tête. Puis, parti défendre Eglantine, elle arriva par derrière mais l'homme l'avait vu et se retourna en envoyant son arme dessus, elle roula au sol et habile, elle trancha en même temps les pieds de l'homme qui tomba. Puis elle se releva et frappa l'homme de toute ses forces (sans armes) puis le désarma.

    Seulement, contre trois était trop difficil car le premier envoya un coup de sa masse dans les cotes de la battante, qui tomba à terre sous le coup. Pétrifiée de peur (et aussi un peu de dégout), Eglantine ne sut que faire durant tout le long de l'affrontement. Quand l'homme à la masse toucha durement la mercenaire au flanc, elle ramassa un cailloux gros comme le poing qui trainait par terre et le lança à la tête de l'homme. Comme elle avait eu un peu de mal à viser, et que l'homme la vit au dernier moment, le cailloux le toucha seulement au bras, ce qui n'eut d'autre effet que de détourner son attention pendant quelques secondes...

    Arial remercia intérieurement la troubadour pour ce petit moment accorder. Alors, sans se relever, elle trancha l'homme au niveau du ventre, bien la ou il n'y avait pas d'os pour retenir. Il tomba au sol, inerte. Elle se releva couverte de sang (d'elle et de l'homme) et lui choppa les cheveux, tirant sa tête en arrière et mit dangereusement l'épée touchant son cou.

    -Vous voulez finir comme lui ??! Alors filez et vite !! Cria la combattante, hors d'elle.

    La troubadour, terrifiée par tout ce sang, ne bougeait plus d'un poil. Elle ne pouvait détourner les yeux de la scène, et attendit la réaction de l'homme, tendue comme un ressort.

    Le petit homme uni-main avança sans bruit derrière elle mais en avertissement, elle répéta:

    -J'ai bien dis, filler vite...

    Elle tourna légèrement la tête vers l'homme et le regarda durement:

    -On ne joue pas avec les grands quand on est pas à la hauteur. dit-elle sèchement. Elle ne trouvait pas du tout ça sympas de lui faire ressortir son "défaut" physique... Mais enfin, pas de pitié.

    L'homme se renfrogna:

    -Tu vas voir ce que les petits sont capable de faire ! Et il l'attaqua. Elle s'esquiva, en tournant sur elle même pour envoyer son épée sur lui. IL tomba.

    -Oui, je vois ça. Tu apprendras, peut-être un peu tard, que quand on prévient, ton adversaire sait que tu vas attaquer. Parole d'habituer.

    Et elle lui trancha un pied pour être sur qu'il ne la ré attaque pas. Puis elle se dirigea vers l'autre homme qui rampait à terre pour aller chercher sa hache. Pile au moment ou il allait la prendre, l'arme de la jeune femme se planta sans sa main. Il poussa un cri de douleur. Comme les deux autres qui gémissait. 

    Elle la retira et prit la hache.

    Eglantine se retint de justesse de vomir. Tout cela ne lui rappelait que trop cette fameuse soiré qui avait mal tournée, dans cette auberge miteuse au bord de la route... Elle ne fit rien de plus pour aider la guerrière, mais, de toute façon, elle avait l'air de ne pas trop mal s'en sortir...

    Arial se redressa:

    -Bon... cadeau, je ne vous tue pas. Annonça t-elle un sourire narquois. 

    Les hommes ne répondirent rien.

    Elle se tourna alors vers Eglantine, attendant un ordre.

    La femme ne disait toujours rien, pétrifiée. De toute façon, vu les blessures qu'ils ont... ils risquent fort de mourir, et dans d'atroces souffrances... si ils sont réduit à attaquer les passants, c'est qu'ils ne doivent pas avoir grand chose pour eux...

    Elle regarda la mercenaire et finit par lâcher piteusement.

    - Heu... on reprend la route alors ?

    Arial hocha la tête mais tourna la tête vers le carnage. Laisser des hommes souffrir.... Elle n'aimait vraiment pas:

    -Autant abréger leur souffrance. Dit-elle en se donnant bonne conscience. Elle les tua alors un a un, vite. Puis elle repartie vers Eglantine.

    Du sang coulait le long de son crane. Son dos se tordait de douleur à chaque pas, pour le coup dans les cotes. Et elle souffrait de l'épaule, gravement touché.

    - Vous... allez bien ?

    Elle passa du tutoiement au vouvoiement, sans vraiment s'en rendre compte.

    - Peut-être qu'on peut de repos... ?

    Arial sourit par la langue de la jeune fille qui avait fourché:

    -Je veux bien mais pas ici... Je ne tiens pas à les voir plus longtemps.

    - Bien sûr, bien sûr... moi non plus !

    -Je vous suis. Fit-elle impatiente de partir avant que d'autre, au cas ou, rappliquent.

    La troubadour hocha la tête et s'éloigna à grands pas du lieu de carnage. N'empêche... heureusement que cette femme était là, sinon... qui sait ce que ces hommes auraient pu lui faire ?

    Arial boitait à cause de son dos. Elle se tenait l'épaule mais avançait sans lâcher une plainte.

    - Courage, nous serons bientôt à Darry... une fois là-bas, on pourra se reposer et soigner tout ça.

    -J'espère bien ! répondit-elle d'un ton qui voulait être joyeux mais tremblant par la douleur.

    En effet, peut de temps après,le château de Darry apparu à l'horizon. Il n'était guère gros, rien à voir avec Port-Réal, mais il était si bienvenu qu'on le lui pardonnait bien, à l'heure actuelle. Arial leva la tête vers la bâtisse. Quel soulagement rien qu'en la voyant !

    Personne ne fit vraiment attention à elles lorsqu'elles entrèrent, mais quand Eglantine demanda à voir le mestre, les gens indiquèrent unanimement le donjon.

    - Vous ne pourrez pas passer sans l'autorisation du seigneur. Mais vous avez de la chance, il doit partir aujourd'hui, vous le croiserez forcément dans la cour entrain de s'apprêter.

    Arial la suivit sans rien dire, elle s'arrêta quand la question fut posé mais restait complètement indifférente. Eglantine les remercia et continua en direction du donjon. Dans la cour, devant ce dernier, une troupe s'apprêtait en effet à partir. La troubadour s'approcha avec timidité, cherchant à repérer le seigneur des lieux.

    Arial comprit ce qu'elle voulait "comme si c'était le moment de faire la cour au roi..." pensa t-elle, sans vraiment savoir pourquoi elle voulait voir le roi d'ici... elle supposait.

    La blessé chercha donc aussi et repéra un homme bien habillé, entourer de beaucoup de monde. Elle tapota donc l'épaule de sa protégé et fit un mouvement de tête désignant le seigneur.

    Eglantine suivit le regard de la mercenaire et la remercia, puis se dirigea vers l'attroupement avec hésitation.

    - Heum... bonjour... Ma compagne ici présente est blessée à cause d'un groupe de brigands, et aurait bien besoin de l'intervention d'un mestre... On a de quoi payer, bien sûr.

    Lord Darry la regarda comme si il venait de voir une poule lui annoncer qu'il était temps de tondre des montons... Puis il lui répondit en fronçant les sourcils (qu'il avait fort épais soi dit en passant...)

    - Des brigands ? Aux abords de Darry ? Vous faites bien de le dire, il va falloir renforcer les patrouilles... Il n'y a pas eu de morts au moins ?

    La troubadour répondit d'un signe de tête négatif, ce qui sembla rassurer le seigneur.

    Arial les avait écouter de loin. 

    Elle ne retint pas une espèce de toux étouffement en aportant son poings pres de la bouche lorsque la troubadour répondit négativement, le geste (extrement discret donc on ne peut pas vraiment en prendre compte) avait été rapide qu'elle n'avait s réfléchi vraiment a la question. Elle regarda le seigneur en se demandant de quel mort il parlait.

    - Bon, dites aux gardes que vous avez mon autorisation de rentrer dans le donjon, et adressez-vous au mestre, il s'occupera de vous. Je m'occuperais de faire renforcer les patrouilles pendant mon absence.

    Il leur tendis un petit cachet de cire portant son seau.

    - Vous le donnerez aux gardes en guise de preuve.

    Arial eut un soupire de soulagement et suivit la troubadour pour se faire soigner. Eglantine présenta donc le seau aux gardes, qui les laissèrent passer. L'un d'eux les emmena même dans la tour du mestre pour leur éviter de se perdre.

    Elles suivirent le garde, qui les mena devant le laboratoire du mestre.

     

    - Vous avez bien de la chance, les prévint-il : d'habitude, seul les habitants de Darry se font soigné par le mestre, et en priorité les soldats et la famille du seigneur.

    Arial lui lança un regard en coin, elle ne comptait pas bavarder et son habitude de remercient n'allait pas changer. Vu que sa protégé était plus que bavarde, elle pouvait très bien le faire à sa place. Tout ce qu'elle voulait c'était ne plus sentir cette douleur qui lui tordait les boyaux.

    Le mestre de Darry était un petit homme, d'un age avancé, les cheveux grisonnants. Lorsque Eglantine lui présenta le problème de la mercenaire, il lui fit répéter certaines choses à plusieurs reprises : de toute évidence, son ouïe était bien diminuée.

     

    Cependant, une fois qu'il eu comprit le problème, il demanda à la femme en habits de cuir de venir sous la lumière de sa chandelle pour qu'il puisse mieux voir ses blessures.

    Arial retenait des soupires et de s’énerver contre l'homme mais ne disait rien, il avait la gentillesse de la soigner...

     

    Elle s'exécuta sans attendre et se mit a la lumière. Il palpa ses côtes, étudiant ses réactions et ses grimaces pour faire sa conclusion.

    Arial se crispa instantanément. Sentir des mains sur son corps qui ne lui voulait pas de mal l'énervait. Elle décrochait des grimaces de temps à autres mais ne disait rien.

    - Hum... vous avez au moins une côte cassé je pense. Pour vos plaies, je vais les désinfecter. Dite-moi d'abord : avec quel genre d'objet ont-elles été faites ? Des armes je suppose ?

    Arial réfléchi a la question en se remémorant le combat:

     

    -heu...une hache, je croix qu'il y avait une hache...et.... Il y avait un arche... Une épée ? Non c'était moi l'épée.. 

     

    Elle regarda Églantine comme pour lui demander... 

     

    -Je ne sais plus après.... On s'est sûrement aussi tapé au coup de poings...

    - Oui, c'est un peu flou... je ne me rappel plus de tout. Ha, si, il y en avait un avec un gros bâton aussi !

     

    Le mestre avait tout écouté sans interrompre, puis il hocha la tête :

     

    - Bien, je vais voir ce que je peux faire pour vous...

    Le mestre appliqua différents onguents, et lui recommanda une activité physique limitée pour les jours à venir.

     

    - Vos blessures doivent être douloureuses, je m'en doute... mais votre vie n'est pas en danger, c'est déjà ça.

    Arial s'était laisser faire et fronça les sourcils quand il lui dit de restreindre les activités "rêve toujours" se dit-elle. 

     

    Elle hocha la tête et lui envoya un regard en temps que remerciement.

    Pas très bavarde, la patiente... songea le mestre.

     

    - Vous avez un endroit où dormir ? Si le seigneur vous à envoyé à moi, je suppose que je peux vous installer quelque part dans un coin pour la nuit...

    Arial regarda Églantine en haussant les épaules, c'est elle qui avait le planning en tête pas la mercenaire. Elle décida donc de ne pas repondre et de laisser là troubadour le faire, au moins, elle est sur de ne pas dire de bêtise. Après un bon lit, une bonne chambre ne se refusait pas.

    La troubadour accepta de bon cœur : un lit gratuit, même inconfortable, elle n'allait pas dire non !

    Arial rentra dans la petite pièce et inspecta du regard les lieux. Elle loucha sur la fenêtre et s'assit sur le lit, se coucha sur le lit. Elle était épuisée.  Eglantine s'assit sur le lit restant et posa ses affaires à ses côtés.

    - Ouf ! Ca fait du bien de se poser ! On a eu de la chance tout de même !

     

     

    Les voici donc installée toutes les deux dans une petite pièce, avec une fenêtre minuscule et une petite chandelle, et deux lits à peu près propres.

    Astal daigna bien vouloir décrocher une phrase amicale:

    -Tu m'étonne, j'ai cru qu'on allait y rester...

    Églantine sourit en entendant sa compagne de route. C'était bien une des première fois qu'elle lui accordait une phrase sympathique !

    - Je te laisse te reposer, tu va en avoir bien besoin. Moi, je vais essayer de glaner quelques pièces en jouant dans la cour.

    -Mmmm... d'accord... répondit-elle déjà à moitié endormie.

    La troubadour attrapa son instrument et sorti de la pièce en faisant le moins de bruits possible, pour laisser dormir la mercenaire.

     


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  • Le prince Viserys était dans sa tente, laissant comme la veille des serviteurs lui enlevr son armure tandis qu'il se servait une coupe de vin. Soudain, le roi fit irruption dans la tente.

    - Ha, père ! Vous avez dû être content aujourd'hui : je n'ai pas blessé le cheval de mon adversaire, et j'ai porté plus d'un coup !

    Aemon soupira.

    - Ce n'était pas un duel des plus chevaleresques, mais je suppose qu'on ne peut pas trop t'en demander. Non, ce n'était pas pour cela que je suis venu te voir. Quoique... si, en quelque sorte. J'ai besoin que tu me prêtes ton armure.

    Viserys se releva d'un bond, manquant de renverser un serviteur au passage.

    - Pardon ? Mais pourquoi faire ?

    Il n'était pas particulièrement attaché à son armure de tournois, puisqu'il ne la portait quasiment jamais, lui préférant habituellement de simple plaques de cuir noir ouvragé, mais cette requête lui paraissait étrange. Et pour cause...

    - Je vais participer. Je vais chevaucher contre un autre cavalier, et montrer à la foulle comment se bat un dragon.

    Viserys resta quelques secondes sans rien dire. Puis il se reprit.

    - Mais, père... vous êtes beaucoup trop vieux !

    - J'ai de l'expérience, c'est différent. Tu verras que je suis encore capable de gagner une joute...

    Sous le regard navré de son fils, le roi prit donc l'armure au dragon. Elle était un peut trop grande pour lui, mais comme elle était assez légère, les serviteurs se débrouillèrent pour l'attacher de façon à ce qu'elle paraisse presque à sa taille. Le heaume, quand à lui, ne posa aucun problème, et le roi afficha un air satisfait.

    - Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas porté de lance... ho, et ne fais pas cette tête, Viserys ! Il ne peux rien m'arriver !

     

    ***

     

    Sansa et Ellyn s’apprêtaient à quitter les lices pour retourner à leurs tente, lorsque soudain, à la fin d'une joute, le héraut annonça :

    - Petit changement dans le programme ! A ma droite : Ser Renly Cendregué, et à la gauche : Aemon Targaryen !

    Un silence de quelques secondes plana sur le publique, avant un tonnerre d'ovations : voilà qui allait faire du spectacle !

    Le prince avait rejoint l'estrade et s'était assit aux côté du seigneur de Vivesaigues, comme son père auparavant. Il portait une coupe de vin dornien, sombre et épais, comme du sang. Il échangea quelques mots avec le seigneur, et ce dernier prit une mine craintive. Apparemment, l'idée ne le réjouissait pas non plus.

    Les deux cavaliers parurent donc. Ser Renly Cendregué était un homme d'un age avancé, petit en taille, mais toujours vif et habile en selle. Le roi portait fièrement l'armure de son fils, qui le faisait paraître légèrement plus grand que d'habitude. Après s'être salués, les adversaires partirent  chacun d'un côté des lices et se préparèrent au tournoi.

    Ellyn insista pour rester, mais Sansa, quand à elle, préférait dormir à demi sur son siège que de regarder le tournoi.

    Ellyn regardait de temps en temps son amie, qui s'était endormie sur place. La pauvre ! C'est vrais qu'il y avait de quoi la plaindre ! Enfin... elle retournerons toutes les deux à la tente après cette joute, Ellyn ne voulait pas la rater.

    Les trompettes sonnèrent, et les deux cavaliers s'élancèrent au galop. Le choc fut violent, dès le premier coup : la lance du roi frappa de plain fouet le bouclier aux couleurs de Cendregué, tandis que celle du Renly dérapa sur le haut de celui au dragon. Seulement, dans son élan, elle poursuivit sa route et frappa dans le heaume du roi, éclatant sous le choc. Aemon ne pu rester en selle après une telle violence et vida les étriers. Ser Renly Cendregué se prépara à tirer son épée au cas où il voudrait poursuivre la lutte, mais, voyant qu'il avait des difficultés à se relever, descendit de cheval pour lui prêter main forte.

    Comme apparemment le roi chancelait, et n'arrivait pas à tenir debout tout seul, quelques mestres entrèrent dans les lices pour l'aider à retirer son heaume et se remettre de ses émotions.

    - Par les Sept... souffla l'un d'eux lorsque le casque cabossé fut retiré.

    Les mestres firent assoir le roi, voulurent lui faire boire quelque chose... en tout cas, ils faisaient écran, et Ellyn ne pouvait rien voir, comme sans doute tout les spectateurs présents.

    Finalement, le plus jeune des mestres poussa un petit cris.

    - Non ! Ce n'est pas possible !

    - Cela est courant dans les joutes, le tempéra un autre, c'est un coup de malchance...

    Puis, se tournant vers l'estrade, il déclara avec une pointe de tristesse dans la voix :

    - Mesdames, messires... le roi est mort.

    Sansa s'éveilla pour de bon en apprenant la nouvelle.

    Le prince, qui jusque là était resté tranquillement assis avec sa coup à la main, se releva d'un bond cette annonce.

    - Pardon ? Le roi est QUOI ?

    - Il... mort, messire... un accident...

    Le mestre avait reculé d'un pas devant le regard furibond de Viserys.

    - Il a reçut une écharde de lance dans l'oeil, par la visière du heaume... un accident regrettable...

    Le chevalier de Cendregué, lui, ne paraissait pas très à son aise. Régicide involontaire, ça se traduisait comment en justice, ça ? En tout cas, de l'avis du prince, ça ne devait pas rester impuni : il enjamba la barrière et se retrouva dans la lice, et parcouru à grand pas la distance qui le séparait de son père. Après l'avoir observé quelques temps en silence, ce corps ensanglanté dans sa propre armure, il releva la tête vers Renly.

    - Vous avez tué le roi ! A quelqu'un qui ose porter la main sur le sang du dragon, on lui coupe la main. Que pourrait-on bien couper à quelqu'un qui a tué un dragon ?

    Sansa couru aux lices pour observer la scène, accompagnée de Ellyn.

    - Houlà... ça à l'air de barder...

     

    Le chevalier, maintenant descendu de cheval, paraissait encore plus petit. Son ecuyer, un grand gaillard aux larges épaules, contrastait étrangement avec lui quand il vient l'aider à enlever son heaume.

    - Alors, messire, à votre avis ? Est ce que je vais devoir vous trancher les deux bras, ou seulement la tête ?

    - Mais... je... c'est un regrettable accident... les mestres ont dit...

    - Les mestres ont été incapables de sauver mon père, les citer ne vous sauvera pas ! Et vous n'avez toujours pas répondu à ma question...

     

    - Bon sang... murmura Sansa...

    Ellyn l'attrapa par la manche :

    - N'y va pas, c'est trop dangereux...

    - Attend, je veux regarder !

    Comme le chevalier, muet de stupéfaction et de peur, ne répondait pas, c'est son écuyer qui fit un pas en avant et lança :

    - De toute façon, de quoi vous plaignez vous ? Vous ne l'aimiez guère, tout le monde le sait. Rien qu'hier, on entendait le bruit de vos disputes à travers la toile de votre tente.

    - C'était mon père ! Et le sang du dragon ! Il n'aurait pas dû mourir ainsi, et vous, jamais dû oser me parler sur ce ton !

    Comme la situation allait en s'envenimant, le seigneur de Vivesaigue jugea bon d'intervenir avant la première effusion de sang. En effet, la main de Viserys s'était posée sur la poignée de son épée, tandis que l'écuyer colossal s'était placé entre lui et son maître, comme pour le mettre au défi d'aller plus loin.

    - Calmez vous, demanda donc le seigneur en se levant de sa chaise, ce n'est pas rendre hommage à feu notre roi que de ce conduire ainsi alors que son corps repose toujours sans sépulture. Nous allons faire emprisonner Ser Renly, si vous le souhaitez, prince, mais il est probable qu'il n'y ait eu aucune mal intention, et...

    - Et vous allez le relâcher dans quelques jours sans plus l'inquiéter, alors qu'il a tué le roi ! J'ai bien comprit !

    Ellyn et Sansa avaient les yeux rivés sur ce qui se déroulait sur le terrain. En bas, dans les lices, le prince avait tiré son épée et clamait qu'il fallait au moins payer le prix du sang... un oeil en moins, déclarait-il, ne devait pas être grand chose à côté de la vie d'un roi. A force d'instistance, le seigneur de Vivesaigue réussit à faire renoncer temporairement le prince à sa vengeance, et Ser Renly Cendregué et son écuyer furent envoyé dans quelque confortable cellule de Vivesaigue.

    Sansa se sentait épuisée, elle décida de retourner à sa tente. Ellyn lui emboîta le pas, non sans avoir jeté un dernier regard vers les lice où un attroupement s'était formé et où les discutions allaient bon train.


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  • Les premiers rayons de soleil passaient à travers la fine  fenêtre de leur chambre, réveillant la troubadour. Elle regarda autour d'elle quelques temps avant de se souvenir où et avec qui elle était.

    Arial ouvrit doucement les yeux comme une ado sortant de son sommeil profond emmitouflé dans les multiples oreillers et la couette remontant jusqu'au nez, bouffit. Le bonheur. Elle s'etira doucement dans le lit avant de se mettre assise et regarder là troubadour d'un œil absent.

    - Ho, tu te sens mieux ? Tes côtes je veux dire...

    Arial hocha la tête affirmativement. Bien sûr que ça allait mieux par rapport à hier.

    - Tu te sentirais prête à reprendre la route ? On peux rester encore quelques jours si tu as trop de mal à porter tes affaires.

    Arial se leva:

     

    -Retarder notre voyage ?! Meme pas en rêve, mon corps il va arrêter de faire la fiotte et va marcher sans discuter.

    Eglantine pinça les lèvres mais ne fit aucun commentaire. Sa compagne était décidément endurcie, elle la troubadour préférait en fin de compte ne pas savoir ce qu'elle avait pu vivre pour en arriver là.

    - Comme tu voudras... Tu as faim en attendant ? J'ai fait le plein de provisions hier soir.

    Arial se radouci:

    -Ah ca,pour avoir faim, j'ai faim !

    Eglantine sourit et fouilla dans les affaires à côté de son lit.

    - Tiens, du pain. Et de la viande fumée pour aller avec.

    Arial prit les deux, s'assit sur le lit:

    -merci !

    Elle croqua dans son pain en premier. La troubadour se servit de même, et s'assit à côté d'elle.

    - Je crois que je n'ai jamais dormit dans un aussi bon lit en étant en voyage ! Il faudrait que je me blesse plus souvent ! ajouta-t-elle sur le ton de la rigolade.

    Arial sourit et regarda le lit:

    -Oui, j'avais l'impression d'être une vrai gamine bien emmitouflée dans ses couvertures.

    - Heureusement qu'on est pas obligé d'être gamin pour pouvoir bien dormir alors !

    Eglantine acheva de manger son pain et sa viande, et regarda l'étroite bande de paysage à travers la fenêtre. Il allait faire beau aujourd'hui, et le soleil risquait de taper dur...

    Arial mangeait toujours, les pensées divaguants dans sa tête.

    Après avoir fini de manger, la troubadour rangea sans hâte ses affaires. Elle n'était pas particulièrement pressée de partir, puisque aucun village ne les attendrait à la fin de cette journée : elle seraient encore obligées de dormir à la belle étoile. Arial fini enfin sa viande et son pain. Elle se leva et remit rapidement la couette en ordre sur le lit, prête à partir.

    La troubadour passa son sac sur ses épaules, et prit son instrument.

    - Prête ?

    Arial mit son sac sur son dos, organisa un coup son épée et couteau en très peu de temps et la regarda:

    -et toi ?

    Bien qu'il lui valu une petite grimace en coin quand elle mit son sac, elle se força à rester droite et bientôt s'habituer à la petite douleur par rapport à hier.

    Eglantine hocha la tête et ouvrit la porte de leur chambre. Le mestre n'était apparemment pas dans sa tour, et les deux femme descendirent sans croiser personne avant d'arriver dans la cour. Arial suivit là troubadour sans rien dire. Sans se soucier de rien.

    Eglantine quitta le château sans trop de regrets. Il n'était pas très gros, et, en l'absence du maître des lieux, était encore moins animé que certains villages. Elle avait hâte de retrouver la route royale en direction du nord.

     

    ***

     

    La troubadour marchait d'un bon pas. Le soleil tapait fort, mais elle y était habituée, et protégeait sa tête avec un chapeau à larges bords.

    - Si on marche bien, on aura rejoint la route royale demain ! Déclara-t-elle avec entrain.

    -oh ! Génial ! Répondit-elle avec ironie.

    Le soleil tapait fort, et la jeune femme avait plus l'habitude des ruelles sombres de la ville. Elle les préférait essentiellement pour le stresse qu'elles lui apportaient, ne se sentant pas en total confiance, c'est dans ses endroits qu'elle apprenait a combattre ses peurs, qu'elle apprenait a s'y cacher ou pouvoir taper dans les poubelles sans que personne ne lui ordonne de ramasser...

    Comme le soleil plongeait derrière l'horizon, la troubadour se mit en quête d'un endroit où passer la nuit. Endroit qui arriva peu de temps après, à son grand soulagement : un rocher de plus ou moins deux mètres de haut, bordé des quelques arbres et buissons.

     

    - Voilà qui nous protègera du vent pour la nuit ! En plus, on a le petit bois pour le feu juste à portée de main. Qu'en dis-tu ?

    Arial regarda le "camp"

    - Ouais. Je vais chercher du bois alors. fit-elle sans enthousiasme et elle fit demi tour pour aller en chercher.

    La femme hocha la tête et commença à préparer le camps pour la nuit : elle sorti les couvertures, la nourriture, et enleva tout les cailloux et les branchages qui pourrait les gêner dans leur sommeil. Arial revint quelques temps plus tard chargé de branches sèches. Elle les positionna environ au milieu du camp et en chopa deux pour tenter de faire un feu.

    La troubadour la regarda faire, tout en préparant le repas de pain, de pommes et de viande séchée. Arial s'acharnait, elle frottait assez fort et vite. Cet effort fini par payer et une étincelle jaillit. Elle prit alors sont bâton assez grand et costaud pour s'en occuper légèrement.

    Eglantine regarda les flammes lécher le bois et monter peu à peu. Avec la fraicheur de la nuit qui arrivait, leur chaleureuse lumière était bienvenue. La troubadour tendit de quoi manger à la mercenaire, sans oser rompre le silence en parlant.

    Arial la regarda et lui fit comprendre qu'elle n'en voulait pas maintenant, avec ses mains devant elle elle les secouait comme pour dire non, avec un léger sourire de remerciement et se retourna vers le feu, regardant un instant les étoiles. Ça faisait du bien le silence,la fraicheur mais en même temps la lumière et la chaleur. Elle pourrait rester des heures a regarder le ciel.

    Tant pis, songea-t-elle, Elle pourra toujours manger demain, ou plus tard dans la nuit pendant son tour de garde...

    Elle même dévora sa part, affamée par une journée de marche épuisante, et s'allongea non loin du feu.

    - Réveilles moi quand c'est à moi de veiller, murmura-t-elle d'une voix endormie.

    La jeune femme la regarda assez brièvement et retourna a ses etoiles... ce  calme apaisant lui fit oublier le temps qu'il passait, comme si elle etait endormi mais en meme temps réveillée. Soudain, un bruissement de feuilles la fit sursauter et elle prit instinctivement son couteau accroché a sa seinture. Mais se fut un renard qui en sorti et elle se rassit rassuré. L'animal resta un tres cour instant a regarder la scène devant lui, il allait faire demi tour quand un tout petit bous de viande lui tomba devant les pattes, vraiment un riquiqui bout.

    Arial venait de lui lancer, l'ayant coupé de sa propre par qu'elle croquait maintenant.

    Le renard ne se fit pas vraiment prier et choppa le petit bous pour s'enfuir avec.

    Très rare a voir, mais la mercenaire sourit en l'observant et le voyant partir. Elle reprit sa position initiale en mangeant cette fois.

    Eglantine dormait maintenant à poings fermés, et elle n'entendit pas le renard arriver ni partir. Arial sentait maintenant qu'elle piquait et luttait pour rester éveillé, voyant sa compagne de voyage dormir si bien, elle se dit qu'elle attendrait encore un peu avant de la réveiller

    Lorsque la mercenaire senti qu'elle ne tenait plus, elle envoya sa chaussure sans réfléchir sur le ventre de sa compagne de voyage pour la réveiller, par flemme de bouger pour lui demander de gentiment sortir de son sommeil:

    "-prends le relais, j'en peux plus." Lui fit-elle même pas sur qu'elle soit réveillé en se couchant.

    La troubadour émergea brusquement du sommeil.

    - Hein ? Quoi ? Qui est là ?

    Puis, elle se rappela d'où elle était et de qui l'accompagnait.

    - Pff... tu aurais pu être plus délicate pour me réveiller.

    Constatant que sa compagne était déjà sur le point de s'endormir, elle s'assit et s'enroula dans sa couverture en ronchonnant pour tenir son propre tour de garde.

    "-je suis pas ta mère, j'ai pas a être délicate." envoya t-elle en réplique, sanglante.. Trop singlante pour si peu. La mercenaire lui tourna le dos et se mit sur le cote pour dormir, la main sur l'épée.

    Eglantine soupira. Sa compagne de route n'était pas ce qu'il y a de plus agréable pour la conversation. En même temps, songea-t-elle, elle ne l'avait pas engagée pour discuter, mais pour la protéger. Et jusqu'ici, elle avait tenu son rôle à merveille.

    Arial ne s'endormir pas tout de suite, cette stupide scène tournait dans sa tête et elle s'efforçait de la faire disparaître "fous moi la paix !!!! Je veux dormir !!!" se dit-elle a elle toute seul. Après un petit temps elle réussi a dormir.

    La troubadour poursuivit sa garde jusqu'à l'aube. A peine le soleil commença-t-il à pointer le bout de son nez, elle se leva, s'étira pour faire partir les crampes de la nuit, et vint secouer Arial.

    - Debout ! Il est l'heure de se préparer ! Je voudrais être sur la route royale avant le midi si possible, on y sera plus à l'abri des éventuels brigands !

    Arial sauta sur ses pieds et la chopa par le col, un sourire nait sur ses lèvres, un pauvres sourire narquois:

    -j'étais sur que tu allais me rendre la monnaie.

    La jeune femme la lâcha et alla voir le feu. Eglantine lança un regard lourd de reproches à la mercenaire.

    - Tu es sensée me protéger, pas m'étrangler !

    Arial la fusilla un instant du regard puis se conscentra pour éteindre complètement la feu, elle murmura:

    "-elle doit pas savoir ce que c'est d'étranglement..." pour ne pas qu'elle l'entende, elle se demanda même si elle l'avait vraiment dit et pas pensée.

    Toujours maussade, la troubadour commença à ranger ses affaires.

     

    - Tu as faim ? demanda-t-elle tout de même.

    "-non." Répondit-elle simplement en rangeant de même ses affaires.

    - Tant pis alors...

    Elle se coupa pour elle-même une tranche de pain à manger en marchant, et fini de fermer son sac.

    - Prête pour partir ?

    Arial se leva et acquiesça. La troubadour se leva à son tour et prit la route, vers l'ouest. Vers la route royale. Comme à sa grande habitude, la mercenaire se mit derrière et suivit.

    Les deux femme voyagèrent ainsi pendant plusieurs heures entres les champs d'orge et de blé, sous un soleil qui se faisait plus chaud au fur et à mesure qu'il montait dans le ciel.


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  • Ellyn s'assit sur son lit, pas loin de Sansa.

    - Dis, tu dors ?

    - Non...

    - C'était pas vraiment ce qui était prévu, hein... tu sais où est ton chevalier au renard, pour l'instant ? Tu penses qu'il est déjà au courant ?

    - Aucune idée...

    - Tu as l'air effondrée... ou très fatiguée. Qu'est ce que tu as ?

    - Fatiguée...

    - Je vois ça... tu t'es couchée si tard que ça hier soir ?

    - Oui.

    - Qu'est ce que tu faisait donc à ne heure si tardive ?

    - Je me promenais.

    - Tu te promenais ?! Où ça ?

    - En ville.

    - Et c'était bien ? Qu'y as-tu fais ?

    - Juste une promenade, pour visiter.

    - Et c'était bien ? Très différent de Winterfell ?

    - Très différent, oui... beaucoup de couleurs... trop même.

    - Trop ? Comment pourrait-il y avoir "trop" de couleurs ? Ha, si il n'avait pas fini de façon si lugubre, ce tournoi aurait été l'évènement le plus amusant depuis que je suis née !

    - Pour moi également... Je vais sortir rendre visite à Ser Guillem.

    Sansa se leva pour mettre ses paroles à exécution.

    - Je peux venir avec toi ? Enfin... si je ne dérange pas, bien entendu.

    - Bien sûr !

    - Super ! Je viens alors !

    Sautant de son lit, elle emboîta le pas à Sansa.

    Peu temps après, elle était toutes les deux devant la tente noire et blanche du chevalier. Sansa se racla la gorge pour annoncer sa présence.

    Guillem sorti peu de temps après de la tente. Il ne portait plus son armure, mais une longue tunique aux couleurs de sa maison.

    - Lady Sansa ! Je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé tout à l'heure ! Vous n'êtes donc pas resté aux joutes jusqu'au bout ?

    - Pas vraiment... vu ce qui s'est passé...

    - Ce qui s'est passé ? Vous êtes donc déçue à ce point ?

    Apparemment, il n'était pas au courant des derniers évènements en date.

    - Le roi est mort.

    Il mit quelques secondes à assimiler la nouvelle.

    - Le roi ? Le roi Aemon ? Tu est sûre ? Pas son fils plutôt ? Le roi a dans les 60 ans, c'est idiot...

    - Il voulait prouver à tout le monde qu'il pouvait se battre comme un dragon.

    - C'est fou ça... alors, il a participé à une joute ? Le tournoi est donc fini ?

    - Je n'en ais aucune idée.

    - C'est... vraiment fou.

    - En effet.

    - Et vous... vous allez retourner au nord alors ?

    Le chevalier semblait dépité.

    - Ho non ! s'exclama Sansa.

    - Vraiment ? Vous restez dans le sud ?

    - Oui, mais juste pour une semaine.

    - C'est déjà bien. Enfin... j'imagine qu'après un voyage pareil, c'est bien normal de rester. Vous avez traversé la moitié de Westeros pour venir ici !

    - En effet, c'est un voyage épuisant.

    - Moi non plus je ne suis pas pressé, la route est longue jusu'au Bief... d'autant plus que ce tournoi aurait dû durer un peu plus longtemps.

    Ellyn regardait son amie avec amusement. Quand soudain, l'arrivé en trombe de l'écuyer de Ser Guillem détourna son attention.

    - J'ai des nouvelle du château ! clama-t-il. Le roi est mort !

    - Vous avez une longueur de retard, lui répondit Guillem, je viens d'être mis au courant.

    - Oui, mais... j'ai des nouvelles encore plus fraiches, j'ai été dans les premiers à savoir : Ser Renly, le chevalier qui l'a tué, à été retrouvé dans sa prison avec les deux yeux percés. Son écuyer qui était avec lui est grièvement blessé. Le prince est accusé, mais il nie tout de bloc : il répète à qui veut l'entendre que, si il avait été là, il aurait fini le travail.

    - Bong sang ! s'exclama Sansa.

    Le chevalier sembla réfléchir quelques temps (ouah ! un chevalier qui réfléchit ! notez-le sur votre calendrier, ça risque de ne pas ce reproduire avant longtemps !).

    - Tout ça ne sens pas très bon, ni pour le Bief, ni pour les dragons... enfin, il n'y a peut-être pas de raison de s'inquiéter ? L'arme du forfait a-t-elle été retrouvée ?

    - Non Ser, mais d'après les blessures de l'écuyer, ce serait une épée.

    Le chevalier balaya ces idée d'un revers de main.

    - Bah, ne pensons plus à cela. Nos charmantes invitées n'ont peut-être pas envie des détails, n'est ce pas ?

    Il se tourna vers Sansa.

    - Pas tellement, en effet...

    - Vous voudriez entrer dans ma tente ? C'est modeste, mais c'est tout ce que j'ai à vous proposer pour discuter au calme.

    - Bien sûr !

    Le chevalier ouvrit donc un pan de tente pour les laisser passer. Une fois à l'intérieur, Ellyn regarda autour d'elle avec curiosité. Le chevalier leur proposa un peu de vin, tout en demandant :

    - Alors ? Que comptez-vous faire maintenant ?

    - Aucune idée, répondit Sansa.

    - Moi non plus je ne sais pas encore, continua le chevalier. Lord Tyrell va rentrer chez lui avec tout son troupeau, mais je n'ai aucune obligation à Rubriant, je peux m'attarder par ici sans problèmes.

    - D'accord, je vois...

    - Votre père vous a laissé une marge de combien de temps environs une fois à destination ?

    - Une semaine environ.

    - Moui, j'imaginais quelque chose de similaire... Et vous pensez rester dans les environs de Vivesaigues ?

    - Malheureusement non... mais peut-être nous reverrons-nous un jour !

    Le chevalier hocha la tête d'un air dépité.

    - Je l'espère, oui...

    Sansa fit un léger sourire qui ne pouvait toutefois pas cacher sa tristesse. Soudain, un jeune garçon d'une bonne dizaine d'année se présenta à l'entrée de la tente.

    - Ser Guillem Florent, c'est vous ?

    - Oui, en effet. Pourquoi donc ?

    - Vous êtes convié à l'incinération de roi, à Port-Réal.

    - Quoi ? Mais pourquoi moi ?

    - Je ne sais rien moi, je suis juste messager.

    Le chevalier adressa un nouveau regard déçut vers Sansa. Il savais que le convois partirait bientôt, et cela ne ferait que presser encore son départ.

    - Ooh, fit cette dernière... c'est dommage.

    - Oui, vraiment. Winterfell est tellement loin au nord... vous ne vous y ennuyez pas trop ?

    - Cela dépend.

    - Vous ne devez pas avoir beaucoup de visites là-bas, tout de même...

    - Pratiquement jamais.

    - Je vous plain alors. Quoique... au moins, vous êtes loin aussi de toutes ces intrigues barbantes de la cour.

    - Oui, c'est bien l'avantage.

    - En effet...

    Il avait toujours l'air un peu triste, et leur présenta la bouteille sur la table.

    - Du La Treille Auré, le même que celui que je t'ai servi hier. Puisque apparemment vous n'avez pas souvent l'occasion d'en boire dans le nord, permettez que je vous en offre une bouteille.

    - C'est vrai ?! J'en suis ravie !

    Un petit sourire apparu sur ses lèvres.

    - N'oubliez pas de penser à moi en le buvant alors.

    - Jamais je ne vous oublierais, je vous le promet !

    - Moi non plus, ça ne risque pas. J'espère vraiment qu'on aura l'occasion de se revoir.

    - Et moi de même.

    - Si un jour vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à venir à Rubriant. Vous y serez toujours la bienvenues dame Sansa.

    - J'en serais ravie, Ser Guillem.

    - Et moi aussi. Permettez maintenant que je fasse mes bagages : faire attendre trop longtemps une escorte princière n'est jamais très bon pour la popularité.

    - En effet. J'espère vraiment que nous nous reverrons.

    Le chevalier hocha la tête.

    - Bon retour au nord. Ah, et n'oubliez pas la bouteille.

    Sansa prit la bouteille et la serra contre elle.

    Ellyn attendait son amie près de la sortie de la tente. Elle était déçue pour Sansa, de devoir quitter son chevalier champion dès le lendemain de leur rencontre. Qu'est ce qui se passait dans les histoires, à ce moment là, déjà ?

    - Tu veux faire quoi maintenant ? demanda-t-elle une fois que Lady Sansa l'eut rejoint. Je veux dire... c'est dommage que ça doive se terminer comme ça, mais on ne va pas rester une semaine à se lamenter, hein ?

    - Oh ça non ! Il est hors de question de se lamenter pour ça !

    - Tant mieux ! On pourra quand même aller voir son départ si tu veux. Ou aller écouter des troubadour ? Ou un spectacle de marionnettes ?

    - On fera tout ça ! s'exclama Sansa.

    Ellyn sourit de toutes ses dents. Elle étaient dans le sud, il fallait en profiter un maximum avant d'avoir à retourner à Winterfell !

    - Allons d'abord reposer ta bouteille à la tente. En espérant que la septa n'en fasse pas tout un plat !

    Sansa acquiesça et les deux jeune filles se mirent en devoir d'aller cacher la fameuse bouteille dans la tente, espérant que la septa ne la trouverait pas.

    - Super ! On va où maintenant ?

    - Allons déjà dire au revoir à Ser Guillem.

    - D'accord, allons-y ! Ils doivent être entrain de se préparer à partir pour Port-Réal, lui et tout les autres choisi pour l'escorte. D'ailleurs, je me demande pourquoi il a été choisi... Iris m'avait dit que les Tyrell et leur vassaux n'étaient pas très appréciés du prince.

    - Ah bon ?

    - Oui, mais ça non plus je ne sais pas pourquoi. Alors, on y va ?

    Ellyn se fraya alors un chemin entre la foule et les tentes, vérifiant de temps à autres que Sansa était bien toujours derrière elle. Plus loin, de nombreuses tentes étaient entrain d'être démontées, et toute une foules de gens s'affairaient à attrouper leurs affaires. Sans doute le convoi qui devait partir dans l'après-midi pour Port-Réal.

    Sansa couru vers Ser Guillem, qui était entrain d'arnacher son cheval. Sa tente avait été entièrement pliée et ses affaires rangées. Il la vit arriver et se tourna vers elle.

    - Lady Sansa, vous avez pu venir me voir !

    - Oui j'ai eu de la chance,c'était pour vous souhaiter un bon voyage et surtout un dernier au revoir !

    - Je vous en remercie.

    Il flatta l’encolure de son cheval, le même destrier gris pommelé que celui qu'il avait monté pendant le tournoi. Il n'était pas un prince lui, il n'avait pas deux montures...

    - Mais de rien !

    Sansa rougit légèrement devant le chevalier.

    - Iris reste ici, tout comme Lord Tyrell. Vous aurez toujours elle pour vous tenir compagnie. Et j'essayerais d'envoyer un corbeau à Winterfell dès que j'en aurais l'occasion. Après tout, je ne pense pas que le prince requière ma présence à Port-Réal bien longtemps. Je ne sais même pas pourquoi il me veut dans l'escorte du convoi macabre de son père.

    - D'accord, acquiesça Sansa.

    Ellyn, qui voulait quand même avoir son mot à dire, lui dit :

    - Et puis... si tu n'a pas de frères, tu seras bien sire de Winterfell un jour ! Tu feras bien comme tu as envie à ce moment là.

    Le chevalier la coupa :

    - On dirait que je vais bientôt devoir partir...

    Le chevalier regardait la foule qui s'amassait autour d'une charrette ornée d'or et tirée par quatre chevaux blancs. Allongé dans son linceul, le roi se préparait à son dernier voyage...

    Sansa baissa la tête, déçue. Ser Guillem regarda vers l'avant du convoi, où le prince discutait avec un hurluberlu au blason présentant deux cygnes combattants. Viserys était vêtu tout en habit flottants noirs rouges et or, avec pour protection un simple pourpoint de cuir noir frappé d'un dragon crachant le feu.

    Alors, prit d'une inspiration soudaine, le chevalier se pencha vers Sansa et lui donna un bref baiser sur le front.

    - Avec l'espoir de vous revoir un jour, dame d'amour et de beauté.

    Sansa rougit et sursauta légèrement et lui sourit en lui disant :

    - Et moi de même, beau conquérant.

    Le chevalier fit alors demi-tour et monta sur son cheval, puis tourna sa monture vers Sansa pour un dernier adieu.

    Sur un ordre de marche, le convoi commença son voyage. Ser Guillem lança un dernier sourire triste en direction de Sansa et suivi le mouvement.

    Ellyn, qui se trouvait quelques pas derrière elle, avait assisté à toute la scène.

    - Comme c'est romantique... il faut absolument que cette histoire se termine bien !

    - Heu... sors de ta bulle, recommanda Sansa.

    - Quoi ? C'est vrai que c'est super mignon ! Un adieu déchirant et plein de promesses... Vous allez forcément vous revoir, non ?

    - Hé bien... aucune idée.

    - Pff... tu verras, même la glace de Winterfell fondrait devant cette histoire, ton père ne pourra pas te reprocher de vouloir le revoir.

    - Je l'espère...

    - Ha, ça y est, on ne les voit plus... et donc maintenant, le roi est mort ? Ça fait vraiment bizarre...

    - Oui, vraiment...

    - Qu'avais-on dis que nous ferions après avoir dis au revoir à ton chevalier Florent ?

    - Les boutiques !!

    - Ha oui, c'est vrai... boutique de quoi ? Il y en a des tas ici, beaucoup plus qu'à Winterfell en fait...

    - De vêtements ?

    - Beuh... on en a pas assez des vêtements ?

    - Si mais au moins on auras de la couleur !

    - Ouais, bon, si tu veux... Je te suis.

    Sansa sourit et prit sa main en s'élança vers les habitations de Vivesaigues. Ellyn la suivit tant bien que mal, mi-trainée mi-courant.


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  • Eglantine et Arial retrouvèrent la route royale en fin de matinée, comme prévu.

    - Et voilà ! s'exclama la troubadour. Ici, nous aurons moins de chances de faire de mauvaises rencontres.

    Arial lui sourit légèrement:

    - Oui, t'en mieux.

    Sur la route, les deux femme croisèrent plus de gens : des marchants, des voyageurs, des cavaliers, et même d'autres mercenaires... Au bout d'un moment, les deux femmes purent voir arriver en face un grands convoi qui descendait vers le sud. Il était composé de chevaliers, de soldats aux couleurs Targaryen, tous placés sur les côté d'une longue carriole couverte d'un linceul blanc et or.

    Arial se mit a cote de sa protégé et lui demanda:

    - C'est eux que tu cherchais ?

    - Une escorte royale, aucun doute... il doivent revenir de Vivesaigue, il y a eu un tournoi là-bas, et le roi y était invité d'après les rumeurs... Cela m'étonne cependant qu'ils redescendent déjà, les joutes n'aurons pas duré longtemps... tu vois le roi ?

    Arial observa un instant:

    - Je sais pas, je crois... il ressemble à quoi ?

    - Alors ça ! Je n'en ai pas la moindre idée. Il est assez vieux à ce qu'il paraît, et j'imagine qu'il a de beau atours...

    Arial se tourna rapidement vers la troubadour:

    - Non, c'est sont fils que je vois. Mais pas le roi.

    - Étrange. Bah, les rumeurs ont pu se tromper, il est peut-être resté à la capitale.

    Le convoi les dépassa, les forçant à se ranger sur le côté pour ne pas se faire écraser. Le prince chevauchait en effet près de la carriole, dans ses habits légers et flamboyants.

    Arial demanda curieuse:

    - Il y a quoi dans cette carriole ?

    - Je n'en sais rien... commença Eglantine.

    Mais la question avait attirée l'attention d'un des chevalier de la suite, un homme assez jeune avec une armure grise, des cheveux clairs, et un bouclier frappé d'un renard.

    - Le roi, mesdames. Le sire Aemon Targaryen, mort il y a quelques jours.

    Cette nouvelle ne fit ni chaud ni froid à la dure Arial qui ne le cacha pas:

    - Ah. Merci. fit-elle d'un ton neutre en le regardant.

    La face un peu écorché par la bataille, elle ne se tenait pas vraiment droite non plus pour ses côtes et ses habits sale ne faisait qu'empiré son état. à côté d'Eglantine, elle avait l'air d'un torchon.

    Eglantine, elle fut, un peu plus remuée.

    - Mort ? Comment c'est possible ?

    Le chevalier avait ralentit pour pouvoir leur parler, et le convoi prenait dangereusement de l'avance.

    - Je ne peux pas m'attarder, désolé ! Demandez au prochain village que vous traverserez, ils serons au courant !

    La jeune femme le regarda partir et se tourna vers Eglantine:,

     

    -Bah voila. Tu sais. On fait quoi maintenant ?

    - On continue notre route j'imagine. Même si j'espérais arriver dans un château sortant juste d'un tournoi et baignant dans la bonne humeur, plutôt qu'un château en deuil... Le chevalier avait l'air de penser que le prochain village n'est pas très loin, nous pourrons y faire escale.

    - Je te suis alors. Le temps que les deux femmes se mettaient en route, Arial demanda:

    - Au fait, justement, pourquoi voulais-tu voyager ?

    - Pour gagner ma vie. Lorsqu'on est troubadour, on est obligé de voyager, de passer de ferme en village, de villes en châteaux... Les gens se lassent au bout d'un moment d'avoir toujours les même chansons, c'est normal.

    Arial continua, curieuse:

    - Mais tu n'invente pas de nouvelles chansons ?

    - Lorsque j'ai de l'inspiration, ça m'arrive... mais c'est long, et je ne peux pas baser mon répertoire là-dessus. Certains bardes arrivent à vivre toujours au même endroit, lorsqu'ils sont sous la protection de personnes riches ou nobles... mais ce n'est pas mon cas.

    - Je vois.

    - ... donc je voyage. Et comme nous l'a montré l'attaque d'il y a quelques jours, j'ai bien fait de t'engager pour me protéger. Sinon je serais peut-être déjà morte, voire pire...

    - Oui, repondit Arial, loin d’être fière d'elle , non pas parce qu'elle les avait tué mais parce qu'elle s’était pris des coups.

    La troubadour continua sa marche en silence. La plupart des questions qu'elle avait posé jusque-là à sa compagne de route s'étaient soldées d'une réponse approximative, voir de pas de réponse du tout. Elle ne voulait pas trop forcer la carapace de morosité de la mercenaire, de peur de ce qu'elle pourrait trouver dessous. Arial continua de même a marcher en silence, son esprit divaguait un peu partout remerciant dans sa tête que la troubadour ne veuille pas entretenir la conversation.

     

    ***

     

    Après plusieurs jours de marche, Eglantine et Arial (dont la troubadour ne connaissait toujours pas le réel nom) arrivèrent à l'auberge.

    - Ici, s'enthousiasma la troubadour, je devrais pouvoir gagner pas mal en chantant. Cette auberge est assez connue !

    Arial detailla l'endroit du regard:

     

    - Vas-y alors, va pousser la chansonnette, lui dit-elle sans être un ordre mais plutôt pressé de pouvoir manger et se reposer d'autant d'heure de marche. Ça la cassait.

    L'aubergiste, une femme ventripotente aux larges épaules, vint à leur rencontre.

    - C'est-t-y pour dormir ici ?

    - Oui madame. Je suis troubadour, et demande l'autorisation de chanter dans votre auberge.

    - Bien sur la pt'iote. Rien de tel qu'un peu d'musique pour faire v'nir des gens.

    Arial ne dit rien et se contenta d'enfin pouvoir s'assoir a une table. "du moment qu'on peut manger" se dit-elle en regardant la troubadour.

    Remarquant la mercenaire qui s'était assise à une table, l'aubergiste laissa Églantine préparer son instrument.

    - Et vous m'dame ? Vous voulez manger qu'eque chose ?

    Arial leva la tête vers elle et fronça légèrement les sourcils:

    -Non, non, je vais rester ici à mourir de faim par le voyage où l'odeur aléchante va me grignoter le nez en attendant qu'elle finisse de chanter, ironisa t-elle.

    Elle n'aimait pas cette dame, rien qu'au moment où elle l'a vu venir vers elles et quand elle n'aimait pas quelqu'un elle le faisait savoir. Ses nerfs étaient tendu, elle n'en pouvait plus de marcher autant sous la douleur des côtes, elle qui avait l'habitude de rester assise sur un toit à lancer les pierres aux passants en dessous...

    - Calmez-vous un peu, ma p'tite dame. Pas besoin de m'aboyer dessus. Du bouillon d'rave, du pain et d'la bière, ça vous ira ?

    Arial la regarda d'une tête ahuri "du bouillon de quoi ?!" sans vraiment comprendre ce qu'elle allait lui servir, elle hocha affirmativement la tête .

    L'aubergiste disparu dernière son comptoir pendant quelques seconde, avant d'en ressortir triomphalement avec une écuelle et une cuillère. Elle alla la remplir à la grosse marmite qui dormait sur le feu, elle l'apporta à Arial avec la miche de pain et la choppe de bière promises.

    Arial la regarda faire puis, avant qu'elle ne parte, regarda son assiette. Ca n'avait pas l'aire appétissant mais la faim était bien trop forte et elle remercia d'un regard la dame.

    Prenant doucement un couvert, elle commença à manger doucement pour attendre la chanteuse. Puis elle voulu gouter à la bière. Retenant une grimace, elle retira le verre de bouche "eurk !". La jeune femme le reposa sur la table et se contenta du bouillon et du pain qui la satisfaisait entièrement

    Églantine avait enfin accordé son instrument, et elle s'installa sur une chaise pour jouer.

    Elle commença par une chanson courte, assez entraînante, mais peu connue, qui visait plutôt à attirer son auditoire. Elle enchaîna ensuite sur "la belle et l'ours". Cette fois, la moitié de l'auberge (surtout ceux qui étaient venus boire) se mit à chanter :

    - Y avait un ours, UN OURS !

    Arial restait à la regarder, insensible aux musiques entrainantes ou triste. Églantine continuait de chanter, au grand plaisir d'une bonne partie de l'assemblé. Un homme cependant, qui ne chantait pas, se leva de sa table pour aborder Arial.

    - Bonjour Madame. Je vous ais vu arriver avec la troubadour, mais vous ne semblez guère vous mêler aux réjouissances.

    L'homme était grand, avec des cheveux bruns et secs. Il portait une longue tunique rouge et blanche, avec deux griffons brodés qui paraissaient d'affronter. Une épée pendait à son baudrier, le désignant comme un homme d'arme. Arial leva les yeux vers lui "bah, je suis pas obligé d'aimer la musique pour gagner ma vie" se dit-elle avant de réelement répondre. Bien surprise qu'il lui parle d'ailleurs

    "- Je ne fais que l'accompagner dans son voyage pour gagner ma vie, lui dit-elle d'un ton neutre. Du moment que j'ai de quoi manger le temps qu'elle pousse la chansonnette"

    elle détailla seulement après l'homme du regard avant de le re regarder fixement dans les yeux. 

    Il s'adjugea une chaise à sa table.

    - Je vois... Mercenaire ?

    Il désigna du regard l'épée d'Arial.

    - Peu courant chez les femmes.

    Arial posa instinctivement sa main sur le pommeau de son arme:

    -Ce n'est pas un métier qu'on va crier sur tous les toits, approuva t-elle quand même.

    Il est vrai qu'elle évitait de le dire pour évité que quiconque ne se dire "tu es celle qui a été payé pour tuer mon père ?" ou chose dans le genre mais il avait deviné, pas la peine de nier et comment expliquer le port des multiples armes encore cacher sur elle ?

    - Je vois... Pour ma part, je suis soldat au service de Lord Connington. Et pas des moindres ! J'ai déjà connu une bataille moi !

    Puis il ajouta avec un sourire égrillard :

    - Entre gens du métier, on devrait bien s'entendre, non ?

    Arial fronça un chouilla des sourcils:

    - Moi aussi... réussi t-elle a placé entre ses deux phrases au sujet de la bataille

    Elle haussa un sourcil "bien s'entendre ?"  se repeta t-elle dans sa tête "je ne m'entends pas avec les autres mercenaire moi."

    Pour évité sa dernière phrase, elle revint sur le nom de son patron, comme si elle n'avait pas entendu la suite :

    - Je connais pas votre... Lord...

    - Aha, il est vrai que le Lord de la Griffonnière ne sont pas les plus célèbres du royaume, mais mon seigneur n'est pas moindre dans les Terres de l'Orage. Et le château est très beau, avec une vue merveilleuse sur la mer. Vous voulez que je vous en parle ? Je pourrais passer des heures... à décrire là d'où je viens.

    La jeune femme commençait a prendre doucement à la bonne humeur du l'homme:

    -Je ne voyage pas beaucoup...

    Elle resta cependant fidèle a ses mono-phrases très peu chaleureuses.

    - C'est malheureusement le cas de trop de personnes en ce monde. Pourquoi les belles expériences seraient-elles laissées aux nobles ou aux nomades ? Même les livres ne sont pas à la portée de tous ! D'ailleurs, vous savez lire ?

    Arial souffla légèrement, voilà qu'il lui parlait intellectuel. Bien sur, elle n'avait pas compris grand chose

    -Non, je ne sais pas lire et je m'en moque bien, ce n'est pas ca qui va m'entraîner à me battre, répondit-elle,

    Pour le coup, elle avait vraiment l'impression d'être débile

    - Et je ne vois pas de ce qui a de poétique et magnifique de voyager. C'est une perte de temps qui te fond mal aux pieds et un moment ou tu ne cesse d'être fatigué et affamés. Je ne vois vraiment pas où est la belle expérience.

    Un peu mouché, l'homme tenta de se rattraper.

    - D'où venez-vous, dites moi ? Est-ce un endroit magnifique, pouvez-vous y voir toutes les merveilles du monde ?

    A ce moment, Arial se referma comme une huitre. Elle s'enfonca un peu plus dans sa chaise, croisa les bras sur sa poitrine et son regard se fit plus sombre:

    -Je viens d'un endroit que vous ne connaissez surement pas et je ne compte pas vous en parler, répondit-elle, cassante.

    Le fixant, comme si elle le fusillait du regard, une de ses mains croisé rencontra le pommeau de son épée et elle la prit sans la tirer, se sentant plus forte avec.

    - Calmez vous, je ne... je m'excuse si j'ai touché une corde sensible, d'accord ? Disons que ça n'a pas d'importance...

    Elle hocha la tête et souffla légèrement pour faire redescendre la subite pression. Remerciant du regard l'homme.

    - Et votre nom ? demanda-t-elle pour passer à autre chose.

    - On m'appelle Anguy. Et toi ? Comment puis-je t'appeler ?

    Arial réfléchi un cour instant, de toute façon, elle ne risquait pas de le revoir après etre parti et elle devait prendre le même nom qu'elle avait servit a Eglantine donc:

    - Je m'appelle Fanny.

    - Enchanté, Fanny. Puis-je savoir où vous vous rendez, ou est-ce confidentiel ?

    Arial eut un instant un demi sourire:

    - Sans vouloir vous décevoir, mais, je n'en ai vraiment aucune idée. Eglantine se charge du voyage.

    - Je vois, oui... victime des caprice du patron, un peu comme moi donc. J'accompagnais Ser Jaime Connington lors du tournoi de Vivesaigues, et nous sommes sur le chemin du retour. Mon chevalier de maître à jugé bon de passer une nuit à l'auberge, et je ne vais pas l'en dissuader, bien au contraire.

    Arial le regarda soudain un petit peu intéresser sans vraiment le laisser paraître:

    - C'est lors de ce tournois qu'est mort un certain roi ?

    L'homme avait l'aire d'en savoir plus qu'elle autant en extraire des informations histoire d'avoir l'air moins bête la prochaine fois qu'elle parle a quelqu'un.

    - En effet, oui ! Vous êtes donc au courant ? D'ici peu, tout le royaume le saura. Ce tournoi s'est un peu terminé en queue de poisson. Quand à moi, je n'ai même pas vu la terrible joute en question : j'étais occupé ailleurs, et je n'aurais pas pu prévoir ce qui arriverais.

    Elle hocha la tête, ne retenant vraiment que le plus important.

    - Les gens parlent facilement, approuva t-elle au sujet du royaume.

    Sa main se décrocha de son épée et elle décroisa les bras. De l'autre côté de la salle, assis autour d'une table,  d'autres soldat vêtus de la même façon que l'homme appelèrent :

    - Hé ! Anguy ! Laisse tomber celle-la, elle est trop coriace pour toi !

    Il leur répondit par un regard noir avant de se tourner à nouveau vers Arial.

    - Excuse-les. Je crois qu'ils ont un peu abusé de l'horrible bière qu'on sert ici...

    Arial les regarda et fronca les sourcils et monta dans les tours en se levant, Prit sa bière au passage, alla les voir:

    - Bande d'ivre coureur de gazelle !

    Et sans en dire plus elle balança le contenu de la bouteille au visage de chacun.

    Elle en garda un fond et revint à la table où elle fusilla du regard Anguy, la main sur le pommeau de son épée, elle ne se ré-assit pas tout de suite, regardant si lui aussi avait le droit à sa douche.

    Il leva les mains, en un geste qui se voulait rassurant, mais qui visait plutôt à se cacher le visage en cas de projection soudain de bière.

    - Du calme... ce n'était pas un pari si tu veux le savoir... Je voulais juste discuter...

    - Justement, je ne t'ai jamais demander de me parler.

    Et elle passa derrière lui comme si elle ne lui versait rien mais retourna la bouteille sur lui. En s'éloignant, elle fit bien attention a une éventuelle riposte.

    D'un regard, elle informa vite fait Eglantine qu'elle sortait mais restait là, puis sorti.

    Églantine, qui avait suivit l'altercation sans pouvoir intervenir ( puisqu'elle chantait) répondit par un simple hochement de tête.

    Le soldat se leva juste après elle, sa tunique trempée dans le dos, mais ne fit pas un geste pour la suivre ni l'arrêter.

    Arial s'adossa contre le mur vers la fenêtre afin de respecter son rôle de protectrice et garder un oeil sur Eglantine et en même temps, voir la tête des trois hommes.

    Anguy retourna voir ses camardes, sans se départir de son air bougon. Il leur adressa de nouveaux regards lourds de reproches, tandis que eux, malgré la bonne giclée de bière qu'ils s'étaient pris, rigolaient sous cape.

    Arial le regardait sans insistance tout en restant a l'affut de ce qui se passait autour d'elle. Quand elle le vit retourner à sa table, elle rentra et se rassit sur sa chaise.

    La soirée avançait, et Eglantine enchaînait les chants. Ni Anguy ni aucun autre soldat ne s'essaya à approcher Arial à nouveau. Bien contente d'être de nouveau tranquille, Arial recommença à manger sa bouillie.

     

    La nuit était déjà bien avancée lorsque Eglantine rangea son instrument. Elle était plutôt satisfaite de ce qu'elle avait récolté ce soir là, et commençait à ce dire que les auberges n'étaient pas forcément si terribles que ça...

    Arial la regarda faire et attendit qu'elle revienne, un léger sourire au lèvres. Eglantine se dirigea vers elle.

    - Ouf, je vais enfin pouvoir manger... Mais je suis contente : au moins, je suis sûre d'avoir de quoi te payer à l'arrivée.

    Elle haussa un cour instant des sourcils:

    - Oui, tu as eu une bonne petite récolte là.

    - Je vais manger rapidement, et  on ira dormir. On a quand même de la route demain !

    - C'est sur que ce n'est pas le moment de faire une nuit blanche, approuva t-elle.

    Eglantine hocha la tête et attendit que l'aubergiste veuille bien lui apporter de quoi manger. Elle eu droit au même bouillon douteux, à la même miche de pain et à la même bière que Arial, mais dévora tout sans y réfléchir à deux fois. La musique, ça creuse, surtout quand tout votre publique mange sous votre nez pendant deux heures alors que vous êtes affamé. Arial la regarda manger en sentant ses paupières tombé sur ses yeux mais elle lutta jusqu'à ce que sa partenaire finisse.

    - Tu dois êtes aussi fatiguée que moi, surtout avec tes blessures. Allons donc nous coucher.

    Eglantine avait enfin fini de manger, et elle réprima un bâillement de fatigue. Sa compagne hocha la tête et se leva pour la suivre.

    La troubadour monta à l'étage. Elle avait payé une chambre pour elles deux, mais cela devrait bien suffire...

    Arial la suivit et detailla la pièce du regard. Elle l'aimait bien, simple et efficace. Les lits étaient maigres, mais Églantine était tellement épuisée qu'elle s'y affala bien vite.

    Arial sauta sur son lit, une petite grimace au passage mais elle s'en moqua bien et s'endormi immédiatement


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  • Sansa et Ellyn sortaient des boutiques où elles venaient de faire leur achats.

    - Bien, commenta la jeune dame du nord. ..tu veut veut faire quelque chose d'autre ?

    - Hum... on pourrait aller voir les marionnettistes, ou les chanteurs ? Il sont tellement rares à Winterfell.

    - Oui ! superbe idée !

    Ellyn se guida des lointains sons de musique pour trouver une troupe de baladin qui jouaient en place publique. Deux jouaient des instruments, une troisième chantait, et quatre acrobates étaient en plain numéro. Ils formaient de toute évidence une troupe.

    Sansa et Ellyn avaient un grand sourire et profitaient du spectacle. Soudain, l'attention d'Ellyn fut attirée par un homme, un chevalier aveugle avec un bandeau de tissus sur les yeux. Il semblait écouter lui aussi, mais il ne pouvait voir.

    - Regarde ! fit-elle en attrapant la manche de son amie. C'est le chevalier qui a combattu le roi. Il n'est pas mort !

    - Ah oui en effet ! mais il est quand même aveugle...le pauvre...

    - C'est vrai... c'est pas cool. Qu'avait dit l'écuyer de ton chevalier déjà ? Attaqué dans sa cellule de prison ? Il ne devait même pas avoir d'armes...

     

    - En plus, tout le monde a bien vu qu'il n'avait pas fait exprès de tuer le roi... c'était un accident.

    - A Winterfell, après tout... il n'y a pas de musiciens, mais moins de meurtres aussi.

     

     

    - Oui...

    Ellyn n'ajouta rien et regarda les troubadour terminer leur spectacle. Après cela, elle tira doucement la manche de Sansa pour attirer son attention.

    - Et si on allait parler au chevalier ? Il pourrait nous en dire plus sur ce qui s'est passé dans la prison...

    La curiosité de la jeune fille et son amour des histoires trépidantes n'avait pas pu résisté devant cette opportunité.

    - D'accord, je te suis.

    A travers la foule qui s'éparpillait, Ellyn se fraya un passage vers l'endroit où elle avait vu le chevalier la dernière fois. Il n'était pas très loin : assis sur un banc contre une maison, il semblait attendre quelqu'un.

    Pour faire signe de leur présence, Sansa se racla la gorge.

    - Bonjour Ser...

    Le chevalier leva la tête en entendant son titre.

    - Qui va là ? Qui me parle ?

    Ester s'avança.

    - Sansa Stark et Ellyn Snow, Ser. Nous avons assisté aux joutes, et nous avons tout vu...

    - Ho, je suis désolé ! Vraiment désolé ! Je n'ai pas fait exprès, je le jure... il ne voulait rien entendre... mais c'est vrai ! Et mon écuyer, mon pauvre grand gars... il n'avait rien fait de mal.

    - Jecomprend tout à fait Ser, répondir Sansa.

    Toujour curieuse, Ellyn lui demanda :

    - Et dans les prisons ? C'était le prince qui vous a attaqué, comme les gens le pense ?

    - Je n'en sais fichtre rien. J'étais entrain de dormir quand une violente douleur m'a réveiller. Je ne pouvais rien voir, j'ai juste entendu crier mon écuyer... et je me suis évanoui sous le coup de ma douleur. Quand je me suis réveiller, j'étais aveugle, et mon écuyer gravement blessé, incapable de parler. Et maintenant il est mort.

    - Ooh...toute mes condoléances...

    - Je vous remercie, jeune dame. Maintenant, la chevalerie est finie pour moi. Non seulement je ne peux plus voir, mais mon honneur est en plus souillé du titre de régicide. Je ne sais pas ce que je vais devenir...

    Ellyn intervint :

    - Mais vous avez des terres, non ?

    - Non, Cendregué appartient à mon neveu. Mais il m'y accueillera sans doute, je suis de son sang.

    - Alors votre vie n'est pas fichue, vous aurez des gens pour vous aider là-bas...

    - Peut-être, mais vous apprendrez un jour toutes les deux qu'il nous faut un but dans la vie, surtout à un âge comme le mien.

    Toujours avide d'en savoir plus, Ellyn demanda ensuite :

    - Maintenant que le roi est mort... c'est qui le roi ?

    - Excellente question, jeune dame. Officiellement, c'est le fils aîné de feu Lord Aemon : Valerys. Il y en a toujours pour râler, mais personnellement je pense qu'il vaut mieux que ce soit lui que son petit frère.

    - Son petit frère serait sans doute un roi... impulsif. Vous l'avez bien vu au tournoi, non ? Ha, il est vif, on ne peut pas lui reprocher ça, mais il l'est parfois un peu trop.

    Soudain, le chevalier regarde autour de lui avec ses yeux aveugles.

    - Je... n'aurais pas du parler si fort. Pas ici. Excusez moi...

    - Cela ne fait rien...

    - Qui attendez vous au juste ? demanda Ellyn.

    - Mon aide de camps, qui ne devrait plus tarder. Puisque mon écuyer est mort des suites de ses blessures... il n'est plus là pour m'aider. Pauvre gars. Lui qui rêvait de devenir un jour chevalier.

    - Qui sait, fit remarquer Sansa : peut-être les Sept lui accordent-ils cette joie dans le meilleurs des Sept Enfers.

    Sans se départir de son air lasse, le vieux chevalier hocha la tête.

    - C'était un brave gars, vraiment. Il aurait mérité de mourir une arme à la main, pendant une vraie bataille, pas dans un vieux cachot. Mais bon, dirons certain : qu'est ce que la vie d'un écuyer quand c'est de la mort du roi qu'on parle ?

    - Hmm...

    - Hé bien, ajouta Ellyn, merci Ser, pour vos réponses. Vous voulez qu'on reste jusqu'à l'arrivée de votre aide de camps ?

    Le chevalier haussa les épaules comme quoi ça lui était égal. Sansa répondit gentiment :

    -je préfère rester au cas où...

    - Que craigniez-vous ? Que les gens m'attaquent ? Quoique... vous avez peut-être raison, ce n'est pas impossible. Il y a parfois de vrai fanatiques.

    Ellyn s'assit à côté de lui et invita Sansa à en faire autant.

    Iris, la femme à la peau noire et aux yeux de biche qui était assise à côté de Sansa et Ellyn pendant le tournoi apparu bientôt, se frayant un passage à travers la foule.

    - Ho, Lady Sansa, Dame Ellyn... vous êtes là ? C'est gentil de tenir compagnie à Ser Renly, il se sent bien seul ses temps-ci.

    - Iris ? fit le chevalier aveugle. C'est toi ? Je reconnais ta voix... Fendroc est avec toi ?

    - Non, votre aide de camps et occupée. Mais je suis là moi, et tout aussi capable de vous guider dans la ville, ne vous en faite pas.

    - Bien, fit Sansa avec un sourire. Voilà qui est rassurant en effet...

    - Vous voulez venir ? proposa Iris. Vous avez l'air bien désœuvrées...

    - Oh euh..on ne veut pas vous déranger..

    - Vous ne dérangez pas ! C'est vous qui voyez.

    Iris leur adressa un sourire et aida le chevalier à se lever.

    - Non, on va vous laisser... profitez bien de votre journée !

    - Comme vous voudrez. Salut !

    Et elle s'éloigna avec le vieux chevalier, le guidant à travers la foule.

    Sansa bâilla et se leva en époussetant sa robe.

    - Tu as l'air fatigué, constata Ellyn. On rentre à la tente ?

    - Oui je veut bien...

    Elle se leva et s'étira.

    - D'accord, allons-y.

    Elle se leva à son tour et épousseta sa robe.

    Sansa et Ellyn partirent alors toutes deux vers les quartiers installés pour les Stark au milieu de tout les campements.

     

    A peine les jeunes filles eurent-elle franchit la porte de la tente que la septa leur tomba dessus.

    - Où étiez-vous passées ? Ça fais un moment que je vous attend, mesdemoiselles !

    - Désolé, expliqua Sansa, mais on faisait le tour des boutiques.

    - D'accord, d'accord... veillez tout de même à me prévenir la prochaine fois, jeunes dévergondée.

    Ellyn leva les yeux au ciel, mais s'abstint de tout commentaire. Dès que la septa se retourna pour retourner à sa dentelle, Elle alla s'assoir sur le lit. Elle détacha ses cheveux bouclés et secoua la tête pour les laisser retomber librement jusqu'à ses épaules.

    Quand à Sansa, elle alla directement à son lit, sous le regard étonné de Ellyn. Allait-elle s'endormir si tôt ? Alors que le soleil n'était même pas encore couché ? En tout cas, elle ferma les yeux.

    Ellyn bâilla un coup, se rendant compte qu'elle était aussi assez fatigué de cette journée. Allez, tant pis pour le soleil ! Elle l'attendra un autre jour ! Elle allant s'endormir sur son lit, épuisée.

    Voyant cela, la septa referma les tentures et ne laissa pour tout éclairage que sa bougie, pour continuer son ouvrage.

    Mais Sansa, en réalité, ne dormait pas vraiment. Elle pleurait en silence en repensant à son beau chevalier.
    La septa ne le remarqua pas tout de suite, elle dû attendre d'avoir fini sa rangée avant de lever les yeux et de voir le triste visage de Sansa.

    La vielle femme se leva et vint s'assoir à côté du lit.

    - Ça va ? chuchota-t-elle.

    - Oui... tout va bien...

    - Si tu as des problèmes, tu sais que je suis là pour en parler ?

    - Oui.

    N'obtenant de réponse plus constructive, la septa se releva.

    - Je compte sur toi pour me prévenir si tu as besoin de te confier.

    - Oui... bonne nuit...

    La septa lui souhaita bonne nuit en retour et alla éteindre la bougie, puis elle rejoignit son lit de son côté. Cette fois, tout le monde dormait pour de bon.

     

    ***

     

    Ellyn fut réveillée aux aurores, puisqu'elle s'était couché tôt la veille. Cependant peu pressée de sortir du lit, elle resta un peu à fixer le toit de toile de latente en écoutant ce qui se passait à l'extérieur : les bruit de pas des chevaux des chevalier lève-tôt, les aboiements des chiens, le flux de la confluence des deux rivières, les premiers oiseaux...

    Sansa était déjà debout, prenant son repas. L'odeur de la nourriture fraiche et du pain chaud fut une bonne motivation pour Ellyn à sortir de sous ses couvertures. Elle rejoignit Sansa.

    - Alors ? Bien dormit ?

    - Très bien, et toi ?

    - Moui, bien aussi. J'ai fait un rêve bizarre avec un dragon qui tuait un pauvre cheval et un renard qui croyait qu'il voulait manger un oiseau, et moi... je ne sais plus ce que je faisait là au milieu.

    Sansa se mit à rire.

    - Hé bien voilà un rêve des plus étranges en effet !

    Ellyn s'assit à côté d'elle à la table et se servit une bonne tranche de pain chaud.

    - Oui, les rares fois ou je me souvient de mes rêves à mon réveil, je les trouve bizarre. Tu voudras faire quoi aujourd'hui ?

    - Aucune idée chère amie.

    La septa, qui s'était levée entre-temps, s’immisça dans leur discussion :

    - Que diriez-vous de travailler le point carré en broderie, vous aviez dû mal la dernière fois...

    Ellyn soupira.

    - Je pensait plutôt à quelque chose du genre "promenade sur les bords de la rivière, suivit de pique-nique dans les bois".

    - Où les deux en même temps ? proposa Sansa.

    - Voilà un compromit qui me parait acceptable, acquiesça la septa. Je prend les ouvrages à travailler et on pourra s'installer à l'ombre lors du pique-nique pour voir ces points.

    Ellyn soupçonna la vieille femme de vouloir elle aussi profiter du temps estival et du voyage dans le sud pour prendre un peu de bon temps...

    Sansa sourit et fini son petit déjeuné, tandis que la vieille septa alla sans se presser préparer de quoi occuper les jeune filles. Ellyn, elle, resta encore un peu assise à la table à grignoter son morceau de pain d'un air songeur.

    Sansa alla prendre quelques affaires, et Ellyn se leva finalement, imitant les deux autres femmes en préparant quelques affaires pour la journée.

    - Plutôt robe ou plutôt pantalon ? questionna-t-elle son amie. J'avoue que j'hésite un peu.

    - Robe, au cas où il y aurait des homme ! répondit Sansa avec un clin d'oeil.

    - Bonne idée. Je vais faire comme ça.

    Elle choisit une robe simple, de tissus assez grossier pour ne pas risquer d'abîmer de beaux vêtements, tandis que Sansa l'attendait à l'extérieur. La septa arriva bientôt, Ellyn mit plus de temps, mais elles furent bientôt toutes deux prêtes pour la balade.

    Les trois femmes purent pousser leur ballade jusqu'à la Rufurque, fleuve bouillonnant dont les flots sont encore grossis par les fontes de neiges du printemps dans les montagnes en amont.

    - C'est magnifique ! s'exclama Sansa.

    - Oui, ça nous change du Nord ! Je ne dis pas que le Bois-aux-Loups et Winterfell sont moches, bien au contraire, mais ici ça nous dépayse !

    - Oui, et l'air est agréable ici !

    - Moins froid en tout cas. On trouve un endroit pour s'installer ?

    - Dans l'herbe ?

    - D'accord, répondit la vieille femme, mais à l'ombre dans ce cas. Je n'ai plus l'age des journées en plein soleil.

    - Très bien, admit Sansa, et elle prit une couverture pour l'étaler à l'ombre.

    Ellyn, qui avait transporter de qui manger, déposa le sac. La septa avait les travaux d'aiguilles et s'assit sous l'arbre. Une fois tout en place, Elle s'allongea dans l'herbe sous le regard accusateur de la septa. Elle n'avait aucune envie de tricoter quoi que se soit, pas dans un moment aussi tranquille.

    Sansa, elle, prit son tricot et commença à travailler.

    Peu de temps après, alors que la septa pressait Ellyn de se mettre un peu à l'ouvrage sous prétexte qu'elle était damoiselle de compagnie et Lady Sansa, Iris arriva accompagnée du chevalier aveugle et d'un autre jeune homme vêtu d'orange et d'argent.

    - Bonjour, déclara-t-il. Nous vous avons vu vous installer ici, et ça à l'air assez tranquille. Pouvons-nous nous joindre à vous ?

    - Bien sur ! veuillez vous reposer nous avons quoi vous désaltérer !

    - Nous vous en remercions ! Question boisson, nous avons aussi apporté le nécessaire, nous ne sommes pas de vulgaires profiteurs.

    Le chevalier désigna le panier d'osier que portait Iris et qui contenait une bouteille de vin et des fruits. Sansa sourit et leur laissa la place.

    Ils s'installèrent à leurs côté sur la couverture. La septa fronça un peu le nez devant le chevalier aveugle, comme si il était sale ou malodorant (ce qui n'était évidement pas le cas).

    Ellyn se redressa pour les accueillir. De son point de vue, un  pique-nique était encore plus réussit quand ils étaient plus nombreux.

    Iris posa le panier au milieu de la nappe et sorti la bouteille pour la déboucher.

    - Un bon cru de Villevieille, fourni par notre ami de Cendregué ! elle désigna le chevalier aveugle. Qui en veut ?

    - J'en veux bien, s'empressa de répondre Sansa, mais juste un verre !

    La septa lui adressa un regard lourd de reproche, qu'elle n'épargna pas à Ellyn qui se manifestait aussi comme intéressée.

    Iris servit donc un verre à chacun, sauf à la vieille femme qui ne se répartissait pas de son air maussade. Sansa bu donc en continuant son ouvrage. Ellyn, quand à elle, sirota un peu son verre avant de décider, à la plus grande satisfaction de la septa, qu'elle n'aimait pas trop le goût.

    Iris engagea la conversation tout en buvant :

    - Belle journée, n'est-ce pas ? On sent bien l'été qui arrive. Je me demande combien de temps il durera...

    - Moi aussi, admit Sansa. Un peu de chaleur, c'est bien !

    - Oui, mais après l'été... l'hiver vient.

    Elle adressa à Sansa un regard appuyé. Puis, hochant le tête, elle poursuivit :

    -  J'espère que l'on aura tout de même le temps d'engranger suffisamment de provisions pour l'hiver.

    - Oui, admit Sansa.

    Le plus jeune chevalier se présenta comme étant le neveu de Ser Renly, et donc le premier héritier de Cendregué. Il avait presque tout le temps un sourire aux lèvres et parlait beaucoup avec Iris. Il buvait pas mal aussi, malgré les regards insistants de la septa.

    - Vous avez assisté au tournoi ? demanda-t-il. Des chevalier de tout Westeros sont venu pour l'évènement.

    - Oui, répondit Sansa, nous avons tout vu !

    - Vous avez tout vu ? J'ai jouté le premier après-midi, contre Ser Donal Rosby. J'aurais dû affronter le lendemain un autre adversaire, mais le tournoi a viré à l'aigre.

    Le vieux Ser Renly n'avait rien dit depuis le début. Il fixait son verre sans le voir, et buvait de tant en temps, mais ne disait rien.

    Iris, qui sentait venir une discussion plus délicate, dévia intentionnellement de sujet :

    - Quand à Ser Guillem, il s'est bien battu. Il vous a dédié deux joute, Lady Sansa, ce n'est pas rien.

    Sansa rit :

    - Oui ! Ça m'as beaucoup surpris c'est la première fois que ça m'arrive ! J'étais pas très a l'aise.

    - Vous n'avez pas vu beaucoup de tournoi avant cela, n'est-ce pas ? Ils attirent tous les chevaliers en quête de gloire et d'amour.

    - Ooh...oui c'est le premier tournois auxquels j'assiste avec Ellyn !

    - C'est toujours impressionnant la première fois. Moi-même, je n'ai assisté qu'à deux tournoi depuis que je suis à Westeros. Il n'y a rien de tel dans les cités libres. Il y a bien des combat d'arènes, mais c'est plus pour le sang et la mort, et se sont des esclaves qui se battent... rien à voir.

    - Wow, commenta Sansa... C'est pas très jovial tout ça...

    - C'est sûr... Pour ça au moins, je préfère Westeros.

    Devant le sourire de Sansa, la femme continua :

    - Parlez-moi du Nord. Parlez-moi de Winterfell.

    - C'est tout blanc, tout est triste et il fait froid

    - Vraiment ? J'imaginais quelque chose de plus... passionnant. Et dire que vous allez devoir retourner là-haut dans quelques jours.

    - Oui...

    La septa, sans lever les yeux de son ouvrage, tint tout de même à faire remarquer :

    - Allons, Sansa... Ce n'est tout de même pas la fin du monde !

    - Non mais tout va redevenir comme avant !

    - C'est pour ton bien. Un jour, tu seras sans doute gouverneure du nord aux côtés de ton mari. Il faut que tu le connaisses bien.

    - Oui, soupira-t-elle. Je sais...

    La journée continua, et vint l'heure de manger. Ellyn avait à peine touché aux aiguilles, préférant discuter avec la femme des cités libres et les deux chevaliers.

    - Vous voulez manger ? proposa la vieille femme.

    - Bof... Je n'ai pas très faim, répondit le plus jeune chevalier. Pour tout dire, je me sens même un peu nauséeux.

    - Ooh, se désola Sansa... C'est bien dommage.

    - Surtout, ne vous contraignez pas pour moi ! Allez-y !

    Ellyn ne se fit pas prié deux fois : elle prit un fruit dans le panier d'osier et croqua dedans à belles dents. Sansa fit de même et mangea avec appétit.

    Le chevalier aveugle ne mangea rien non plus, mais iris prit une grappe de raisin et picora quelques grains.

    - Il fait chaud, vous ne trouvez pas ?

    - Oui, répondit la jeune Stark, c'est fort agréable !

    Ellyn acquiesça.

    - Pas besoin de fourrure ni de lainage, il fait bon ici.

    Elle croqua dans un deuxième fruit, une pèche juteuse comme elle n'en avait jamais mangé.

    La journée continua de s'écouler lentement. Vers midi, le jeune chevalier de Cendregué se leva et s'excusa :

    - Vous me pardonnerez ? Je ne me sens pas très bien... je crois que je vais vous laisser.

    - D'accord, répondit Sansa.

    Le chevalier aveugle se leva à son tour.

    - Si tu rentre, mon neveu, je vais faire de même. J'ai l'impression de me fatiguer plus facilement ces derniers temps. La vieillesse sans doute...

    Les températures commençaient à fraichir, et la septa ordonna que l'on attroupe toutes les affaires pour retourner à la tente. Déjà qu'elle était obligé de dormir dans des conditions déplorables, grognait-elle, si en plus elle restait dehors à la tombée de la nuit...

    Ellyn ne tarda pas et se leva pour commencer à ranger les affaire. Iris fit de même, mais avec un peu moins d'entrain. Elle avait la mine plus pâle que d'habitude, et un sourire un peu flétrit. Sansa, quand à elle, commençait à faiblir étrangement mais trouva tout de même la force de se lever. La septa ne le remarqua pas, ou le mit sur le compte de la fatigue. Ellyn, elle, demanda tout de même :

    - Sansa ? Tu te sens bien ?

    - Je... je ne sais pas... j'ai le ventre un peu ballonné.

    - Voilà ce que c'est de trop ripailler, sermonna la septa.

    Ellyn adressa dans le dos de la vieille femme une grimace digne d'un singe, puis se tourna à nouveau vers Sansa.

    - On va rentrer à la tente, et puis on pourra se reposer.

    Iris le souhaita rapidement au revoir, et s'en alla prestement après avoir récupéré son petit panier d'osier.

    Lorsqu'elle arrivèrent à la tente, elles y trouvèrent un homme vêtue de bleu et rouge, avec une truite bondissante sur le surcot : Tully.

    - Lady Sansa de Winterfell, c'est vous ? Le tournoi étant fini, des chambres dans le donjon se sont libérées, et le sire de Vivesaigue serait ravi de vous avoir comme invitée.

    - Oui, en effet, c'est bien moi, répondit Sansa en toussotant. Le sire de Vivesaigues vous dites ? Et bien... kof... pourquoi pas mais j'ai l'impression de ne pas être en bon état actuellement comme vous pouvez le constater.

    En effet, elle n'avait cesser de tousser tout le long de sa tirade, avait le teint plus pâle que d'ordinaire et tremblait de fière, les yeux larmoyants.

    L'homme l'observa des pieds à la tête.

    - Vous semblez un peu malade en effet. Raison de plus j'imagine pour ne pas rester dans une tente comme le dernier des chevaliers. Enfin bref, ce n'est pas à moi de juger, je vous apporte juste l'invitation de Lord Tully. A vous de voire ce que vous souhaitez faire.

    - Je vous remercie Monsieur, fit-elle avec un sourire, je vais y réfléchir...

    - Bien. Je reviendrais plus tard pour m'enquérir de votre réponse.

    Comme l'homme s'éloignait pour récupérer son cheval attaché plus loin, Ellyn s'approcha de Sansa.

    - C'est vrai que tu as l'air toute patraque. C'est l'air du sud qui te fait cet effet ?

    - Oh non je ne pense pas..non je dirais plutot que c'est le vin... je n'arrive peut-être pas à le digérer.

    - Ah, ça ! s'exclama la septa. Le vice de l'ivrognerie en aura perdu plus d'un ! Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avait pas prévenu !

    Ellyn fit la moue.

    - "Ivrognerie" ? C'est un peu fort je trouve. Surtout que Sansa ne boit pas d'habitude.

    - Oui, renchéri Sansa, c'était juste pour gouter rien de plus !!

    - Mais oui, mais oui... j'ai bien vu tout ce que vous avez avalé, jeune fille. Enfin... j'espère que vous comptez répondre favorablement à cette invitation. Mes vieux os ne supportent plus l'humidité de cette horrible tente.

    - Oui, bien sûr que je vais accepter... mais avant cela je vais me reposer un instant puis me préparer.

    Sur ces mots, elle entra dans la tente pour s'allonger sur son lit.

    Ellyn la suivit. Elle s'assit dans son propre lit pour farfouiller dans son coffre.

    - Quel genre de tenue il vaut mieux mettre quand on est en présence d'un seigneur ? Le même que pour aller à un tournoi ?

    - Je ne penses pas..mieux vaut une tenue assez tape à l’œil,il faut briller de mille feux,faut l’impressionner !

    - Je ne pense pas avoir de tenue plus tape-à-l’œil que celle que j'ai mis pour le tournoi. Enfin... je pense qu'elle fera l'affaire. Je ne suis qu'une bâtarde après tout.

    Elle se tourne vers Sansa.

    - Sansa ? Ça va ?

    - Tout va bien... j'essaie de dormir un peu...

    Ellyn pencha un peu la tête sur le côté, d'un air interrogatif un peu comique, mais n'insista pas.

     


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  • La lumière dorée du soleil du matin filtrait à travers les maigres rideaux de la chambre. Eglantine remua dans son sommeil, mais ne fit pas mine de s'éveiller.

    Arial dormait comme une marmotte mais un fracas dans le hall se fit entendre, ainsi que des gens crier elle s'empressa de secouer Eglantine.

    - Mmm ? Quoi ? Déjà le matin ?

    La troubadour émergea lentement de son sommeil, avant d'entendre à son tour les cris à l'étage du dessous.

    - Que se passe-t-il ?!

    Arial se redressa:

    - Justement, j'en sais rien mais fait attention" elle sauta dehors et devala les escaliers.

    En voyant les tables retournées, les personnes sans défense à terre et 5 hommes dévalisé tout ce qui pouvait être de bon prix, elle tira son épée:

    - Trouillous ! Vous agissez bien nombreux !

    Les hommes se retournerent vers elle et l'évaluèrent du regard, constatant qu'elle savait se battre, 3 des 5 hommes fondirent sur elle. Arial leur envoya une chaise avant d'envoyer in coup de pied et épée en simple avertissement.

    Eglantine descendit à sa suite, mais avec un peu moins de précipitation. C'est qu'elle n'était pas armée elle, et elle n'avait pas envie de prendre un mauvais coups !

    D'autres hommes des chambres voisines sortirent à leur tour, notamment les soldats de la veille, encore ensommeillés, et réveillé par le chahut.

    Lorsqu'il sorti, Arial etait debout sur le bar en train de mettre un coup de pied dans la tête d'un de ded adversaire, montrant qu'elle venait de monter en un bon car l'autre y grimpait seulement et l'autre la contournait pour la prendre par derrière.

    Les deux hommes restant se ruerent sur les soldats.

    Eglantine ne prit pas le risque de descendre, elle laissa les soldats de Connington passer devant avec leurs épées. Ce qu'elle apercevait tout de même en bas, c'est que Arial avait l'air de bien se débrouiller, et ce malgré sa blessure. Tant mieux.

    La jeune femme vit vite fait que les soldats étaient arrivés:

    "-ah bah c'est pas trop tôt !" Lança t-elle alors qu'elle ne combattait seul que depuis une ou deux minutes.

    Le voleur de derrière elle voulu la tuer en plantant son arme dans son dos mais elle sauta de son perchoir pile à se moment la, prenant avec elle, dans ses mains, la tête du voleur au coup de pied, lui tordant la nuque. Ils atterirent au sol mais sans perdre une seconde, elle se releva en un bon, frapant fort sa tête de son pied. En tout cas, elle ne cherchait pas vraiment à les tuer.

    L'homme qui avait grimper sauta sur elle et la cloua au sol, preparant son arme pour lui planter dans le crane

    Anguy, le soldat de la veille, déboula en courant de derrière. Brandissant son épée à deux main, il profita de l'instant d’inattention du voleur pour lui assener un grand coup sur la tête du plat de la lame.

    Arial senti le corps de l'homme sur elle tomber et elle le poussa, le voyant assommé.

    Elle eu à peine le temps de se relever qu'un forçait sur eux deux et le dernier inoccupé par derrière. Elle se retourna donc pour sauver le dos de son sauveur priant pour que lui fasse de même avec l'autre.

    Le soldat repris son épée correctement à une main, et attendit de pied ferme le voleur qui arrivait.

    Ailleurs dans la salle, les autres soldats tentaient d'arraisonner les brigands, tandis que l'aubergiste se réfugiait derrière son comptoir.

    Arial n'attendit pas que son attaquant se prepare et lança une attaque directe, lui lançant d'effet de surprise d'une telle vitesse au combat: retire de l'épée grace à la sienne, coup de pied dans le ventre pour couper la respiration, et pour finir, elle lui trancha la gorge. Il tomba inerte sur le sol:

    "-suivant ?" Demanda t-elle en avertissement.

    Elle quitta le dos d'Anguy et alla donner le coup final à celui qui avait failli la tuer puis a celui dont elle avait tordu la nuque. Il en restait donc plus que deux. Le sang gicla un instant sur elle mais pas le sien., heureusement.

    Les deux autres marauds commencèrent à se demander si ça valait bien la peine de continuer à lutter contre cette furie, en plus des soldats... déjà que leurs amis étaient morts par sa faute !

    Arial se dirigeait maintenant sur celui du soldat, pour l'achever plus tôt. Dur comme la pierre, on ne voyait aucune trace de peine d'avoir tuer des vies qui n'ont peut-être pas le choix de voler pour survivre comme ça lui arrivait de temps en temps de le faire, mais au contraire, une flamme aussi rouge que ses cheveux briait dans ses yeux, une flamme meurtrière qui tuerait tout sur son passage si rien ne s'arrêtait. 

    Un, ok, mais deux, le voleur préféra prendre lâchement la fuite, vite suivit de son coéquipier encore debout.

    Le danger était écarté. Anguy soupira de soulagement. Il regardait maintenant Arial avec une crainte respectueuse. Et aussi un peu de réprobation. Certains des hommes qu'elle avait tué était à terre, et elle n'avait fait aucun cas de leur vie. Même pour un soldat tel que lui, tuer n'était pas à prendre à la légère, et elle semblait maintenant furibonde... mine de rien, un peu de bière dans le dos, ce n'est pas grand chose.

    Les nerfs à bloque, la flamme disparu petit à petit et ses muscles se détendirent mais son âme meurtrière resta encore un peu avant de s'estomper. 

    Elle se tourna vers les cadavres et en prit un sans ménage comme un vulgaire sac qu'elle traina hors du restaurant. Quand même, pas les laisser la et laisser l'odeur du sang envelopper la pièce.

    Les soldats restèrent quelques instants sans rien faire, comme si un autre brigand pouvait encore leur tomber dessus à tout  moment, puis ils se mirent finalement en action et allèrent aider Arial.

    Chacun un mort et elle demanda froidement:

    - On en fait quoi ?  Y a des poubelles dans le coin ?"

    - Des poubelles ? Pas vraiment pour les morts... nous devrions les enterrer, proposa Anguy.

    La jeune femme fronca les sourcils:

    - Les enterrer ? Répéta t-elle. Et pourquoi pas leur offrir une sépulture le temps qu'on y est ?

    - Il me semble que c'est la moindre des choses. Ce n'est pas comme si nous étions pressé ou quoi que se soit. Vous n'êtes pas obligés de le faire, mais moi je ne les laisserais pas pourrir à proximité de cette auberge. Au moins, là, il n'y en a que trois.

    Arial souffla légèrement avant de laisser tomber le pied du cadavre et aller demander une pelle a la réceptionniste. 

    - Il nous faut des pelles pour enterrer les corps. Fit-elle

    - Oui, oui, tout de suite.

    Elle parti à toute vitesse vers son entrepôt et revint avec deux pelles

    - Tenez.

    Arial les prit sans remerciement et revint, elle en lança une à Anguy.

    - Et nous, on ne fait rien ? demanda un des autres soldats (plus sobre que la veille).

    - Vous n'avez qu'à préparer les affaires. Ser Connington voudra sûrement partir dès aujourd'hui.

    - A propos de notre chevalier, je ne l'ai pas beaucoup vu nous aider à combattre.

    - Peut-être n'était-il pas réveillé ?

    - Ou peut-être qu'il avait trop la frousse, parce que il ne sait se battre qu'avec des lances en bois sur un terrain de sable ?

    - Tais-toi donc, tu va encore t'attirer des ennuis...

    L'autre soldat haussa les épaules et retourna à l'intérieur, suivit par ses compatriotes, à part Anguy qui devait aider à enterrer les voleurs morts.

    Arial n'avait attendu qu'ils parles pour se mettre au boulot et s'était déjà positionnée à l'arrière de l'auberge pour creusé. 

    Elle envoya un coup de pied dans la tête du cadavre pour l'écarter de l'endroit où elle voulait creuser et commença à donner des coups de pelles dans le sol.

    Anguy se joignit à elle pour creuser une tomber voisine. La terre était sèche, et n'arrangeait guère les choses, mais il s'acharna. Arial continuait à creuser assez gros avec lui en faisant attention derrière elle, son inquiétude palpable.

    Tout en creusant, le soldat lui demanda :

    - Il y a un problème ?

    Elle recommença à creuser:

    - Pas pour le moment mais je m'inquiétais juste d'une possible vengeance chez les deux restant attendant qu'on baisse la garde.

    - Ho... je vois.

    Il n'y avait pas pensé, et regardait maintenant autour de lui avec plus d'attention, et une pointe d’appréhension.

    Arial creusait, les oreilles ouvertes et les mains fermés fermement sur sa pelle comme pour pouvoir asséné un coup en un rien de temps et fortement. 

    - Après, je suis surement trop méfiante à mon environnement, hasarda t-elle.

    - Je ne sais pas. Je... me figurais qu'ils n'insisteraient pas, vu que mes amis sont juste à côté, dans l'auberge...

    Le haussa les épaules entre deux coups de pelles:

    - Ils peuvent agirent vite mais je pense aussi que la mort de leur 3 copains les ont bien clamé. J'espère. S'était pour couper cour à la bataille avant qu'un de nous se blesse, expliqua t-elle en même temps.

    Anguy n'y crut qu'à moitié.

    - Tu sais... ce n'était pas vrai. Quand j'ai dit que j'avais déjà participé à une bataille. Pas vraiment. Juste à des bagarres de tavernes, à des entraînement, à des tournois... mais je n'ai jamais tué personne.

    Il n'avait pas cessé de creuser tout en parlant.

    Arial lui envoya un regard assassin entre deux pelleté puis haussa les épaules:

    - Y a un début à tout. On s'y habitue à force et ça ne fait plus rien de tuer.  Mais si tu as déjà combattu comme la, tu as fait comment pour ne pas tuer ?

    Au début, elle cru que le coup de pelle allait partir pour son mensonge mais cette fois, elle était plutôt intrigué. Bien sûr qu'elle savait qu'on pouvait se sortir d'une bataille sans faire mourir quelqu'un mais la première bataille qu'elle avait vu et participé était celle où ses parents étaient mort. Elle enrichit

    - Parce que moi je tue vite dans une bataille, la mort fait peur, quand l'adversaire voie qu'on tue très vite, il peut facilement être déstabilisé. Certain se mette en rogne mais du coup j'en tue d'autre de son camp. C'est dur d'avoir celui qui est le fou à cause de ça, j'ai d'ailleurs failli y laisser ma vie comme ça, mais quand il voit qu'on est prêt à en tuer bien d'autre et qu'on s'en prend ensuite à lui, il y a une certaine peur qui est en lui même s'il ne le montre pas. C'est psychologique.

    Le terrain de discussion ne plaisait guère au soldat, mais comme apparemment personne d'autre ne les écoutait, il continua :

    - Je n'ai jamais eu besoin de tuer, puisque je n'ai jamais participé à de vrais batailles. J'ai frappé des hommes, parfois durement. J'ai touché des hommes avec une épée en bois d'une façon qui aurait pu les décapité si elle avait été de fer. J'ai vu des hommes mourir. Mais je n'ai jamais tué, et je ne suis pas pressé de le faire. Parce que la mort, c'est bien trop définitif à mon goût.

    Le trou fut assez grand et elle cessa de creuser:

    - C'est direct, et brute mais ça calme vite.

    Elle prit le pied de son cadavre et le laissa tomber lourdement dans le trou.

    - Je ne sais pas si prendre la vie de quelqu'un est vraiment une bonne façon de se clamer... Se battre, peut-être, mais c'est différent...

    Il avait cessé de creuser et regardait fixement son trou. Il avait presque oublié pourquoi il l'avait creusé. Finalement, il imita Arial et traîna tant bien que mal un autre des voleur à l'intérieur.

    Sur la pointe de l'agassement, elle fini de positionner le troisième et le regarda droit dans les yeux:

    - Chacun à sa perception des choses et je respecte la tienne.

    Sur ce, elle reprit sa pelle et commença à reboucher le trou. Il n'ajouta rien, sentant la tension monter. Si cette femme se calmait en tuant, mieux valait ne pas l'énerver...

    Il reprit sa pelle et commença lui aussi à reboucher le trou.

    Elle fini enfin et se redressa:

    - Bon, je vais rejoindre Eglantine.

    - C'est le nom de la troubadour ? Pour ma part, je suppose que nous repartirons sous peu pour La Griffonnière.

    Elle se détourna:

    - Adieu alors, lança t-elle sans attristement, ou du moins qu'elle cacha bien.

    - Adieu, en effet. 

    Le soldat retourna dans l'auberge, où ses amis lui avaient gardé une tranche de jambon pour le petit déjeuné. Le fameux Ser Connington était enfin réveillé. Il était encore plus jeune que la plupart des soldats qui l'accompagnaient, mais n'en engloutissait pas moins voracement sa propre part.

    Arial leurs jeta un rapide coup d'oeil avant de rejoindre Eglantine et attendit un ordre.

    - Tu as faim ? proposa la troubadour, évitant délibérément le sujet des brigands. Nous allons encore devoir marcher aujourd'hui.

    Elle hocha la tête:

    - Je ne serais pas contre un petit en cas avant d'y aller.

    - Viens, prend place à table.

    Eglantine lui indiqua une chaise à la table, et poussa la part de jambon dans sa direction.

    Arial s'executa et prit le jambon:

    - Tu n'en veux pas ?

    - J'ai déjà mangé, s'excusa-t-elle. Quand tu étais dehors.

    La jeune combattante hocha la tête puis entama son casse-croute assez rapidement pour ne pas perdre de temps plus que ce qu'elles avaient perdu. 

    Arial restait cependant sur la bataille, un instant fière d'elle de ne pas avoir pris de coups même si elle avait eu besoin de l'aide des chevaliers ce qui était tout à fait normal et compréhensible. 

    Pour une fois, Eglantine de disait rien. Lorsque Arial eu fini, elle demanda :

    - On va préparer les affaires pour partir ?

    La jeune femme hocha la tête et se leva pour remonter dans la chambre

    Eglantine avait déjà descendu son instrument, et le gros de ses affaires. Elle s'occupa des finalisation en l'attendant. Arial avait très peu à rassembler et arriva très peu de temps après elle. Sans jeter un regard aux autres, elle sorti de l'auberge.

    Les soldats et leur chevalier étaient eux aussi entrain de monter le camps. A la différence que eux se préparaient à aller au sud-est, alors que les deux femme partaient pour l'ouest. Et aussi que les hommes avaient des montures, eux.


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  • Valerys entra, secondé par sa garde, dans la grande salle rectiligne . Il jeta un coup d’œil dans la salle . Personne . Le nouveau roi poussa un long soupir . Un coup de lance mal placé ! Tu parle ! Ha maman, si vous étiez encore là...Il serra les poings . Jamais il n'avais voulu de la couronne. Et comment vais-je faire pour me montrer fort, alors que je n'ai aucune prédispositions pour tenir une épée, ou un arc ? Mon frère sais faire tout cela ! Qu'avais t-il, pour montrer sa supériorité aux autres seigneurs ? Bâal . Mon intelligence .Il secoua la tête . Tout cela n'étais pas grand chose . L’équitation, aussi . Je ne me débrouille pas trop mal . J'oserais même penser que je suis bon. Il regarda de nouveau la pièce, tout pensif .

    Viserys entra quelques temps plus tard. Il venait de rentrer de son voyage à Vivesaigue, ramenant par la même occasion le corps de feu leur père. Ses bottes et sa cape étaient un peu poussiéreuses, mais son allures générale était on ne peut plus princière.

    Il s'arrêta un instant sur le pas de la porte avant de repérer son frère, puis il se dirigea à grands pas dans sa direction.

    - Je suppose que les corbeaux nous ont précédés, tu dois déjà être au courant ?

    Valerys ce retourna, et regarda son frère cadet. Pas de doute qu'il revenais du tournois.

    - En effet, dit il d'une voie d'outre tombe . D'ailleurs comment aurais-je fait pour l'ignorer ? Les courtisant que je croise me regardent avec convoitise, comme des charognards prêt à bondir. Ma garde s'est vu doublé, sans que j'ai rien fait .

    Il ficha son regard violet dans ceux de son frère .

    - Tu a tué le coupable au moins ?

    Viserys fit la moue.

     

    - J'aurais bien aimé, mais le sire de Vivesaigue n'a pas jugé bon de me laisser faire. Il a été mit en prison avec son écuyer, et le lendemain il avait mystérieusement les yeux crevés. Mais il est toujours en vie. Certains pensent que c'est mon œuvre... et pourtant non, bien que se ne soit pas faute d'en avoir eu envie.

    Valerys jaugea son frère du regard, ce demandant s'il lui disais la vérité, ou non . Il opta pour la première solution .

    - Le sire de Vivesaigue est il devenu fou ? Pourquoi ne pas faire tuer ce meurtrier sur le champ, avant qu'il ne s'échappe de ses prisons ? gronda le frère aîné .

    Non pas qu'il est eut beaucoup d'affection pour son père . Mais il en allais de l'honneur de la famille, et puis, on parlais du roi.

    - Il prétextait que le chevalier n'avait pas fait exprès, qu'il ne s'agissait que d'un accident. Je ne peux pas dire le contraire, mais de toute façon ces chevalier du Bief sont tous pareils : sous leurs grands airs, ce sont des brutes sans cervelle.

    Aerys poussa un soupir .

     

    -Tu as raison mon frère ...

    Il changea de ton :

    - Ton voyage s'est il bien passé ?

    - Long, mais à part ça... rien de passionnant. Aucun brigand sensé n'aurait tenté de s'en prendre à une escorte pareille, et nous n'avons fait aucune rencontre particulière. Et toi, rien de nouveau depuis mon départ ? Les dragons ?

    - Je suis allé les voir hier . Ton Onys est en pleine forme, comme le mien, d'ailleurs . Ce matin, Onys a rugit particulièrement fort . Il a sans doute compris que tu arrivais.

    Viserys se permit un sourire.

    - Je passerais le voir. Avant la cérémonie d'inhumation de notre père, si possible.

    Valerys regarda par la fenêtre, le soleil n'étais pas encore haut dans le ciel .

    - Le temps que l'on prépare son corps, je dirais que tu a jusqu’à ce soir . J'y passerais aussi, si les conseillers le permettent, dit il avec un peu d'agacement.

    Nouveau sourire de Viserys.

     

    - Toujours pas débarrassé de ton animosité envers les conseillés ? Allons... tout le monde sais bien que ces gentils fauve veulent seulement t'arracher jusqu'à la moindre miette de pouvoir et se disputer tes os pour extraire la moelle des titres disponibles. A part ça, ils ne veulent que le bien du royaume.

    Valerys haussa les épaules, ne gouttant pas à la sombre plaisanterie de son frère.

    - Ils me croient stupide et malléable comme l'argile mouillé ! Ce matin, ils me parlaient du pays et des prix, vers le Mur . Ils me parlaient comme si je ne savais pas ou c’était, ce sentant obligés de m'expliquer même comment y aller ! Alors que je suis sans doute aussi bon qu'eux en géographie. Ils sont là dans le moindre détail, c'est tout simplement odieux.

    Viserys hocha la tête.

    - Tout le monde ne te comprend pas aussi bien que mère ou que mestre Renhys. C'est juste qu'il y a quelques fois ou tu es... moins approprié. J'avoue que, étant souvent en voyage, je n'assiste pas toujours à tout ce qui peut se passer à la capitale.

    Moins approprié ! Aerys décida de ne pas repartir sur ce sujet . Après tout, c’était vrai. Viserys m'aidera pour les sujets de guerres et d'armes, voilà tout !

    - Tu est passé par notre fief pendant ton voyage ?

    - J'ai traversé les terre de la couronne, mais pas Peyredragon. Ce n'était pas vraiment sur notre route, et je voulais faire au plus vite. Question de décomposition de cadavre, si tu vois ce que je veux dire...

    - Je vois, je vois...

    Il essaya de dénuer une pointe de tristesse chez son frère, mais n'en trouva pas . Pourtant, je l'ai toujours cru plus proche de lui que moi .

    - Dis moi, la mort de notre père n'a pas l'air de t'attrister !

    Un peu prit au dépourvu par car cette remarque, le prince répondit d'un ton badin :

    - J'ai été énervé, surprit, déçus, mais je ne sais pas si je le connaissais assez pour être vraiment triste. Valar Morghulis comme ils disent dans les cités libres. Tout Homme doit mourir un jour, et père était déjà vieux. Cependant, il n'aurait pas dû mourir tout de suite. Pas comme ça.

    Valerys hocha la tête, satisfait de la réponse .

    - Un coup de lance mal placé ! Ce qu'il ne faut pas entendre, grommela-t-il.

    Il ne pris pas la peine d'exposer ses propres sentiments . Tout le monde voyais qu'il n'étais pas en grand deuil.

    Viserys jugea bon de prévenir qu'il avait amené avec lui quelques-uns des chevaliers du tournoi.

     ***

    - Vivesaigues était en ébullition juste avant mon départ, ajouta-t-il. Quelques jeunes chevaliers et écuyers à Port-Réal ne nous fera pas de mal et pourra rappeler un peu à ces excités qui a vraiment le pouvoir à Westeros.

    Valerys fronça légèrement les sourcils . Mais il a raison .

    - Tu as raison. Ça ne leurs fera certainement pas de mal, dit il avec un petit sourire .

    Il regarda derrière eux . A part sa garde, il n'y avais personne . C'est étrange . D'habitude, j'ai une vingtaine de courtisans autour de moi à cette heure . Autant en profiter ! Il ce retourna vers son frère .

    - Je vais aller de ce pas à Fossedragon . Pour le moment, j'ai un peu de liberté . C'est sans doute dût à ta venue, ils doivent ce dire que nous avons besoin de partager notre deuil.

    - Dans ce cas, je viens avec toi. Quitte à partager notre deuil, autant que se soit en retrouvant les dragons. J'ai hâte de voir comment Onys a grandit.

    Valerys hocha la tête . Son frère étais une parfaite "couverture". Il fit ouvrir la lourde porte qui gardais les lieux, et les deux princes, entourés de la garde, sortirent.

    Viserys et Valerys montèrent la colline, suivit d'un garde des blanches épées et de quelques manteaux d'or. Ils n'avaient pas franchit les hautes portes de Fossedragon que déjà un long rugissement retentissait en guise d'accueil.

    Valerys eut un demi sourire . Sa, ce n'étais pas le sien . Ha ! ...Un deuxième rugissement, beaucoup plus grave et aussi long que le premier retentit . Un garde devança les deux prince, et ouvris la lourde porte . Aussitôt les deux rugissements ce refirent entendre, dans toute leurs puissance, vu qu'il n'y avais plus de porte pour ourdir le son .

    Le sourire de Viserys était à nouveau revenu. Il entra et fut ravi de constater que son dragon noir avait encore grandit. Entre ses pattes gisait encore les os calciné de son dernier repas, et il dressa la tête à l'entrée des humains. Un rugissement accompagné de flammes (trop courtes pour être menaçantes) les accueillit.

    Bâal regarda les nouveaux arrivants entrer . Sa lourde queue de reptile battait un rythme très lent, et ses yeux luisaient . Il tendit le cou vers son maître, et lâcha un nuage de fumée ravit .  Valerys regarda les flammes du dragon de son frère s'élever, et ce dirigea vers son dragon .Il reçut son nuage en plein dans la figure, mais ne s'en formalisa pas .

    Viserys rejoignit son dragon d'un pas assuré, enjambant les reliefs d'ossements qui jonchaient le sol.

     

    - Là... tu est magnifique Onys. Tes reflets sont encore plus visible que la dernière fois que je t'ai vu, et tes ailes plus vigoureuse... un jour, je te chevaucherais, et nous volerons !

     

    Le dragon battit de la queue et entrouvrit un peu plus les ailes. Il braqua ensuite son regard reptilien sur son frère.

    Valerys posa sa main sur le museau de son dragon, qui fut parcourut de frémissements .Le prince toucha doucement une des épines qui ornais la tête de Bâal . Celle ci n'avais pas finit de pousser . Il étendit à son tour ses lourdes ailes noires . Il étais pressé de faire un de leurs longs vols à travers les nuages .

     

    - Non mon beau, ce sera de plus en plus rare . Tu volera seul, la plus part du temps .

    Bâal ouvris largement la gueule, dévoilant ses grandes dents, signe de mécontentement . Le prince ce tourna vers Onys . Bien qu'il le trouva moins beau que son dragon, il ne pouvais s'empêcher de ce trouver heureux en le regardant . C'étais encore un très jeune dragon, plus jeune que le sien, et c'était rare de voir un tout jeune grandir au fil du temps .

    Viserys s'éloigna à nouveau de son dragon, satisfait d'avoir pu lui rendre visite. Bientôt, il devra prononcer quelques mot sur le cadavre de son père. Mais le pire reviendra encore à son frère aîné, il le savait. Et si lui même s'agaçait rapidement du protocole et de l'étiquette, il connaissait la répugnance de Valerys à faire des apparition publique. Le bouquineur, de toute évidence, devait préférer écrire un discour qu'avoir à le prononcer devant toute la cour...

     

    Onys lança un nouveau rugissement lorsque le prince commença à partir.

     

    - Ils ont le droit de sortir ? demanda ce dernier à son frère. J'ai entendu dire qu'ils grandissaient plus vite à l'air libre...

    - Oui, mais accompagnés .. Et peu sont qualifiés pour les tenir.

    Il compris bien la question de son frère . Aimant énormément monter son dragon, il ce souvenais du temps ou il avais attendu qu'il soit en âge.

    -Mais la rumeur est vraie, je l'ai lu dans Le Livre des Dragons, chapitre 7, si je me souviens bien, Répondit Valerys, en rejoignant son frère, après une ultime caresse pour Bâal .

    - L'inverse m'eut étonné. La véritable question, je pense, est plutôt : quels livres n'as-tu pas encore lus ?

     

    Viserys accorda à son frère un regard vaguement moqueur.

    Valerys lança à Viserys un regard  courroucé .

     

    - Et bien le volume 2 de:" Les mœurs et légendes de l’extrême nord," les plantes de Westeros", mais celui ci m’intéresse moins, et encore une bonne moitié de bibliothèque je pense ! rétorqua t-il, mi joueur mi sérieux .

    - Ha ! s’esclaffa Viserys. Il doit bien s'agir là du seul livre que j'ai lu et non toi. Les plantes de Westeros... ça peut être très intéressant. Notamment pour savoir lesquels sont toxiques, lesquelles fournirons un poison foudroyant, et lesquelles pourrons faire durer des heures une agonie...

     

    Comme ils franchissaient la large porte de Fossedragon dans l'autre sens, un concert de rugissement retentit de l'intérieur.

    - C'est vrai . Je n'aime pas beaucoup le fait d’empoisonner des gens, mais cela peut-être utile, tu as raison .

     

    Les dragons ce mirent à rugir avec une puissance ardue, au moment ou ils partaient .

     

    - Si je le pouvais, je garderais Bâal près de moi, dans la salle du trône . J'aimerais voir la tête des courtisant et de mes chers conseillers.

    - Ils pourraient contempler en face la puissance du dragon, et se souvenir de ce qui pourrait leur arriver en cas d'infidélité. Je ne vois aucun mal à cela. Raison de plus pour les laisser se défouler un peu de temps en temps... Au fait, tu connais l'heure de la cérémonie d'incinération de notre père ?

    - Non, mais je vais m'en enquérir sur le champ, répondit le prince héritier, en ce dirigeant d'un pas lent et noble vers le château, aux côtés de son frère.

    Un petit page couru vers eux, et s'inclina bien bas, les yeux écarquillés . Valerys lui fit signe de ce relever .

     

    - Sire, c'est le conseiller Solenos qui m'envoie . Il sollicite votre présence dans la salle du trône...

    Valerys jeta un regard à son frère. Il sollicite un ?

     

    - Ses messieurs répondront très certainement à tes questions, dit il, mi figue mi raisin.

    Il regarda le petit page, qui attendais une réponse .

     

    - J'arrive.

    le petit page s'inclina bien bas, et partit vers le château . Le prince ce tourna vers Viserys .

     

    - Tu m'accompagnes, ou bien tu préfère te reposer un peu ? Ton voyage a dût être fatigant.

    - Ne t'en fais pas pour moi, j'en ais vu d'autre. Et je ne vais tout de même pas rater l'occasion d'épancher un peu plus ma curiosité sur ce qui s'est passé ici pendant mon absence. Bien sûr que je viens.

    Valerys hocha la tête, ne le disant pas mais étant très content que son petit frère vienne . Il ce dirigea vers la salle du trône .

    ***

    Valerys entra dans la grande salle, suivit de son frère . Il fronça les sourcils en découvrant ses conseillers, qui apparemment, suivaient Solenos . Il ce demanda un instant s'il devais s’assoir sur le trône de son père . Après tout, il n'étais pas encore nommé roi. Mais comme sa, j'impose ma volonté . Ils me respecteront peut-être plus si je prouve que je sais prendre des descisions, et que je n'ai pas peur des représailles .Comme si ses gestes étaient naturels, il marcha droit sur le trône, et s'assit dessus avec un masque d'impassibilité . Puis il regarda le conseiller, interrogateur .

     

    - Parlez, Solenos.

    Voyant son frère s'installer tout naturellement sur le trône de fer, Viserys opta pour une option intermédiaire : il se campa sur les premières marches de l'escalier qui y conduisait de façon à se trouver un peu en contrebas de Valerys, mais à dominer le conseiller d'une bonne tête.

    -Nous saluons les deux princes Targaryen .

    Tous s'inclinèrent une nouvelle fois . Le conseiller haussa légèrement les sourcils en voyant le prince s'assoir sur le trône de fer, ce qui ravit littéralement Valerys, qui essaya de s’installer plus confortablement sur le trône . Sans succès . Le conseiller, après une pause, repris de sa voie doucereuse .

     

    - Vous n'êtes pas sans savoir, mon prince, que votre père va être incinéré ce soir ?

     

    - J'ignorais la date et l'heure, et vous remercie de m'avoir éclairé sur ce point. 

    Le conseiller hocha vaguement la tête .

     

    - Le Lord Arryn et ses gens ont été vus ce matin sur la frontière . Ils font route vers le donjon, et seront ici ce soir. 

     

    - Personne d'autre ?

     

    - Prince, je doute que beaucoup soit là ce soir .. Demain, à la rigeur, répondit le conseiller, la voie lente, comme pour s'expliquer avec un enfant .

    - Évidement, trancha Viserys. Je trouve déjà courageux de la part de Lord Arryn de daigner descendre de sa montagne pour venir ici, notamment pour la route à faire jusqu'à Port-Réal. Quand aux autres... tout les seigneur n'ont pas autant de temps à perdre pour voir le bûcher d'un roi.

    - Il faudra bien qu'ils vienne pour reconnaître leurs nouveau souverain, prince Viserys.

    Le conseiller ce tourna vers le prince héritier . 

     

    - Je tiens d'ailleurs à vous mettre en garde, Prince, car tous essaieront de profiter de vous pour acquérir la moindre parcelle de territoire, ou, mieux, prendre le trône .  Valerys, ferma le poings, très légèrement .

     

    - Vous m'avez déjà fait part des "dangers" que je cours, Solenos . Et je crois avoir bien tout compris, je vous remercie pour votre sollicitude !

    - Moui, admit Viserys. Le Trône de Fer aura écorché plus d'un roi, il est affreusement tranchant... Mais un dragon à des écailles, Lord Solenos. Et des gardes aussi.

     

    Le prince désigna du regard un des chevalier de la garde royale qui restait immobile dans un coin, toujours près à réagir au moindre problème.

     

    - Quand à l'esprit, le nouveau roi n'en est pas dépourvu. Et il a ses conseillers pour l'aider dans tout les cas. N'est-ce pas ?

     

    Cette fois, Viserys braqua ses prunelle d'un violet sombre sur l'homme. Elles semblaient presque noir dans la lumière tamisée de la salle du trône.

    Valerys aurais pus ce fâcher que son frère prenne sa défense . Il n'en fit rien. En fait c’était amusant de voir la tête de Solenos jaunir ou blanchir selon lequel des deux princes, parlaient.

     

    Le conseiller s'inclina encore plus bas que d'habitude .

     

    - Bien sur, mon prince, bien sur ! Nous sommes là pour aider nos jeunes rois !

    Valerys cacha un sourire satisfait avec aisance, et ne laissa pas le temps au conseiller de continuer .

     

    - Est-ce tout ce que vous aviez à me dire ? 

    Le ton de sa voie montrais que, de toute façon, il ne voulais en écouter plus pour le moment . Solenos hocha du chef

     

    - Oui, mon prince.

    Bien sur que non ! Si je m'étais laissé faire, j'étais partit pour une heure au moins ! Pleutre !

     

    - Dans ce cas là, je ne vous retiens pas, vous pouvez vous retirer. 

    Les conseiller, qui sentaient poindre l'orage, tournèrent les talons après les salutations d'usage . Une fois qu'ils furent sortis, Valerys ce tourna vers son frère, et se releva en maugréant

     

    - Je me demande comment père pouvais rester assis là dessus durant des heures...

    Puis, plus haut :

     

    - Tu crois que je pourrais changer de conseillers ?

    - Vous êtes le roi... vous faite bien comme bon vous semble.

     

    Viserys avait adopté le vouvoiement par principe, plus comme un réflexe devant l'occupant du trône.

     

    - Pensez tout de même que c'est vous créer par la même occasion autant d'ennemis que d'ami. Aucun des membre du conseil restreint de tient à perdre sa place privilégié... et des tas de Lords en tout genre vous seraient très redevable d'un tel grade.

    Valerys fut surpris par le changement de ton de son frère . Il y a quelques minutes, il me tutoyais encore . Suis-je condamner à ne plus vivre qu'au centre de vouvoiement pompeux ?

     

    - Et toi, mon frère, tu n'aimerais pas devenir un conseiller ?

    Viserys prit quelques temps pour réfléchir. Oui, il avait déjà caressé ce rêve, en effet, et un Targaryen de plus au conseil ne pourrait qu'affermir encore le pouvoir de leur maison...

     

    - Tout dépend... quelle place me réserverais-tu ? Tu sais que je n'aime guère Port-Réal, je ne voudrais pas me retrouver coincé ici pendant des années.

    Valerys réfléchit un instant .

     

    - Je pourrais te nommer Grand Argentier, mais je doute que tu aime gérer l'argent du royaume . Si non, je ne vois pas... A part la main du roi, évidement, rajouta -il, après une très légère hésitation.

    Viserys ébaucha une grimace.

     

    - Grand Argentier ? A moins de vouloir voir la prochaine transaction avec la Banque de Fer de Braavos finir dans le sang... il vaut sans doute mieux éviter.

    - Hum, de toute façon, ce vieux Lord Manderly ne me cause pas beaucoup de problèmes . Il en serais presque agréable.

    - Presque Agréable ? Par les Sept, pour avoir droit à un compliment pareil, ce doit être un homme d'exception !

     

    Laissant finalement tomber son ton ironique, Viserys ajouta :

     

    - Mais si tu cherches tout de même de nouvelles personnes pour ton conseil restreint, j'ai sans doute quelques amis qui pourraient être intéressés...

    - Vraiment ? Ont ils toute ta confiance, au moins ? demanda le prince héritier, assez vivement.

    Il sourit.

     

    - Autant que possible. Donner toute sa confiance à quelqu'un est suicidaire, cher frère, mais je pense le connaître suffisamment pour pouvoir affirmer que nous somme de... bons amis.

    Valerys hocha la tête . Évidement ...

    -Et ou sont ils ?

    Le sourire de Viserys s'élargit.

    - A Dorne. Pour l'instant.

    - Dorne. 

    Valerys réfléchis . Il avais toujours aimé ce pays, sa chaleur, sa beauté. Il avais pas mal voyagé pendant sa jeunesse, avec ses professeur, pour sa géographie, parce-qu’il étais le prince héritier, et à la recherche de nouveau livres

    - Et quelles aptitudes ont-ils ? demanda l’héritier, curieux .

    - Je pensais en particulier à Daron Martell. Nous avons passé une bonne partie de notre jeunesse ensemble, et nous somme...

    Il avait failli dire "comme des frères", mais jugea la comparaison peu stratégique face à Valerys.

    - ... de très bons amis. Je pense qu'il pourrait correspondre à n'importe quelle fonction, il a été formé pour gouverner. Évite juste de lui coller le titre de "Maître des Navires". Les Dorniens n'ont plus de flotte depuis l'arrivée et la conquête de Nymeria la guerrière, il y a... bien longtemps. Mais je suppose que tu dois déjà savoir ça par cœur.

    Il se garda bien de mentionner le côté un peu explosif de Daron, assez typique des Dorniens, et son goût prononcé pour les jeunes filles.

    - Certes ! 

    L'homme ce tut, et laissa peser le silence de ses réflexions .

    - Très bien, je le recevrais . Pourrais tu lui envoyer un message, le conviant au Donjon Rouge ?

    - Bien entendu. Je vais en parler à Mestre Raenys, il enverra un corbeau.

    Viserys se prépara à partir, mais il questionna d'abord son frère.

    - Autre chose ?

    Valerys eut un sourire .

    - Non non, je ne te retiens pas plus longtemps, fit il avec un petit geste de la main, le congédiant ironiquement comme le ferais n’importe quel roi .

    Une fois qu'il fut seul, il ce dirigea vers sa chambre, pour étudier et se préparer à l'incinération de son père


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  • Un peu plus tard dans la journée, Sansa et sa suite du Nord se rendirent au donjon de Vivesaigues.

    Le même homme que celui qui leur avait parlé peu de temps avant les intercepta.

     

    - Ravi de voir que vous avez accepté l'invitation. Me permettrez-vous de vous guider jusqu'à Lord Tully ?

    - Volontiers, accepta la jeune femme.

    L'homme s'inclina et les fit entrer dans la ville. Il les mena jusqu'au donjon, où, disait il, elles auraient droit à une chambre plus digne de leurs fonctions. Une fois à l'intérieur, il les conduisit à travers les pièces, jusqu'à la salle de banquet. Là, le seigneur de Vivesaigue se trouvait attablé, tenant une conversation animée avec d'autres Lord de la région. Il se tourna vers les nouvelles arrivantes.

    - Ha, bonjours mesdemoiselles... ... ?

    - Lady Sansa Stark monseigneur, fit la damoiselle en question en s'inclinant.

    - Ha, je vois ! Je vous avait fait demander, en effet. Maintenant que le tournoi est fini et que les chevaliers retournent chez eux, j'ai de la place dans mon donjon pour les demoiselles de bonne naissance telles que vous. Que penserais votre père si vous lui dotes que vous avez dû dormir dehors pendant tout ce temps alors que je pouvais vous offrir l'hospitalité ?!

    - Oh, rien du tout, s'esclaffa Sansa. On a l’habitude du froid, vous savez !

    - Ce qui ne signifie pas que vous allez devoir rester dans votre pauvre petite tente alors que j'ai de la place au donjon. Permettez-moi de vous inviter sous mon toit aussi longtemps que vous souhaiterez rester.

    - Nous vous sommes toutes reconnaissantes mon Seigneur.

    - Allons, allons, c'est bien normal. Voulez-vous voir votre chambre ?

    - Oui, pourquoi pas.

    - Jon ! appela alors le seigneur. Amène donc ces dames à leur chambre !

     

    Un jeune page se présenta quelques instant plus tard, avec la mine hagarde de quelqu'un qu'on vient de réveiller.

     

    - Oui m'sire. D'accord.

    Sansa sourit et le suivit, donnant le mouvement à toute la troupe.

    - Voilà, présenta le jeune page à la va-vite une fois qu'ils furent arrivés. Ici, vous avez des lits où dormir, des fauteuils où vous assoir, quelques livres pour passer le temps, une table... si vous avez besoin de quoi que se soit, vous n'avez qu'à demander.

    - Merci beaucoup, remercia Sansa avec un sourire.

    - Bon ben... voilà. Je vous laisse.

     

    Et le petit page de repartir à toute vitesse.

    Ellyn s'approcha directement du lit et en testa le matelas.

     

    - Quel confort ! Et tout ces tapis... on ne risque pas d'avoir froid cette nuit !

    - Oui, acquiesça Sansa. On a de la chance !

    Ellyn ne put se retenir plus longtemps, et s'affala sur le lit. Jetant un coup d'oeil par la fenêtre, elle s'exclama alors :

     

    - Par les Sept ! Que cette journée est passée vite ! Déjà le soir ! C'est vrai que nous voulions rentrer à la tente à cause du soleil déclinant...

    - Oui...

    Sansa se coucha sans plus se poser de question. Ellyn s'allongea à son tour et fixa le plafond, pensive. La septa, elle, resta près de la cheminée, son ouvrage de dentelle dans les mains.

    ***

    Au matin, Ellyn fut réveillée par le chant du coq. La vieille septa avait fini par s'endormir, et le feu de cheminée n'était plus que cendres.

     

    Comme si nous avions besoin de feu par une chaleur pareille... songea la jeune fille.

     

    Elle regarda le lit de Sansa pour guetter son réveil.

    - Bonjour ! Tu te sens mieux ce matin ?

    - Pas tellement...je pensais que ça allait passer mais non..je sais pas ce que j'ai..

     

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    Ellyn l'observa.

     

    - C'est vrai que tu as une sale tête... Tu dois être malade. Tu veux qu'on fasse venir un mestre ? Lord Tully a dit qu'on pouvait demander ce qu'on voulait.

    - Je veux bien... Merci Ellyn.

    - Je te laissa avec la septa... bon courage !

     

    Et elle couru hors de la chambre pour aller demander un mestre.

     

    Ellyn mit plusieurs longues minutes à revenir. Le mestre de Vivesaigue était bien derrière elle, la mine sombre.

     

    - Décidément... c'est une épidémie ! Ce matin même, j'ai dû déjà envoyer un corbeau à Port-Réal et un à Cendregué à cause de la mort de deux chevaliers.

    Ellyn regarda le mestre avec un air surprit. Apparemment, elle n'était pas au courant.

     

    - Bon, fit ce dernier. Voyons voir cette fameuse malade. C'est vous ? demanda-t-il à l'adresse de Sansa.

    - Oui monsieur...

    Il l'observa d'un peu plus près.

     

    - Etrange... Heum, vous pourriez me dire depuis quand vous êtes malade, et ce que vous ressentez ?

    - J'ai des maux de ventre..je me sens affaiblie de partout..et ça a commencée depuis que j'ai bu du vin...

    Là, le mestre haussa les sourcils.

     

    - Vraiment ? Intéressant... Quand était-ce ?

    - Hier après-midi.

    - Et de quel vin s'agissait-il ?

    - Une bouteille de vin qui nous a été donné par le chevalier aveugle...

    Là, le mestre écarquilla les yeux sous le coup de la surprise.

     

    - Vous voulez dire, celui qui a tué le roi ? Par les Sept... mais il fait partit des deux chevaliers morts dans la nuit ! J'avais mit ça sur le compte de ses récentes blessures...

    - Il est... mort ?!

    - En effet, oui. Vous le connaissiez bien ?

    - Simple connaissance...

    Ellyn, de son côté, avait l'air particulièrement choquée.

     

    - Mort... ? Et l'autre chevalier dont vous parliez, de qui s'agit-il ?

     

    - Le jeune neveu de celui dont nous parlions. Une terrible perte pour Cendregué, c'était l'héritier de la famille.

    - Donc, s'inquiéta Sansa... Vous croyez que je vais mourir ?

    - Permettez d'abord que je vous ausculte. Mais franchement, si vous avez l'air bien malade, vous ne me semblez pas au bord de la mort.

    Le mestre fit rapidement son travail : prise de température, tests de respiration, auscultation des yeux, de la gorge...

     

    - Non, vraiment, je pense que vous vous en remettrez. Du repos devrait suffire pour vous remettre. Voulez-vous un peu de vinsonge pour vous aider à dormir ?

    - Non, ça ira, merci.

    - D'accord, comme vous voudrez. N'hésitez pas à m'appelez à nouveau en cas de besoin.

    - Bien, je vous en remercie.

    Le mestre quitta la chambre, laissant seules les trois femmes. Sansa s'endormit, et Ellyn resta à côté d'elle, lisant les quelques livres qu'elle pouvait trouver dans la bibliothèque.

    Sansa dormit durant plusieurs heures, et se réveilla peu après midi. En l'entendant remuer, Ellyn leva le nez de son livre.

     

    - Sansa ! Enfin debout ? Tu as bien dormis ?

    - Oui...

    - Tu te sens plus reposée ? Je n'en peux plus de rester assise à ne rien faire dans cette pièce sombre !

     

    - Tu ne fais pas rien, intervint la septa : tu te cultive en lisant "l'Etoile à sept branches", un ouvrage merveilleux.

     

    - L'ouvrage le plus barbant du monde, oui !

     

    - Ho !

     

    La vieille femme était apparemment choquée d'une telle affirmation.

    Sansa pouffa en entendant la réplique d'Ellyn.

    - Ça va mieux !

    Ellyn se fendit d'un grand sourire.

     

    - Tant mieux ! Se serait bête de passer le peu de temps qu'on peu avoir au sud à se morfondre dans une pièce fermée, aussi confortable soit-elle.

    - Oui !

    - Hep, dites-moi tout de même où vous allez, jeune filles, que je sache où vous chercher si vous êtes en retard !

    - On va juste se promener dans le château, soupira Sansa.

    - D'accord, ne faites pas de bêtises alors. Sansa, je te fais confiance.

    - Mais oui...

    Et elles sortirent toutes deux.

    Bien que le tournoi soit officiellement terminé, pas mal de noble fréquentaient encore Vivesaigues et les environs avant de rentrer chez eux, surtout ceux qui venaient de loin. Il y avait donc foule dans les couloir du donjon. En tout cas, plus que de coutume.

    Le seigneur des lieux apparu. Il semblait fort préoccupé, mais prit un sourire un peu forcé en les voyant.

     

    - Lady Sansa ! Vous vous portez donc mieux ? J'ai appris il y a peu que vous étiez malade.

    - Oui, en effet.

    - Dans ce cas, je vous conseille de rester jusqu'à un total rétablissement. Voyager en étant malade n'est pas une partie de plaisir, vous pouvez me croire.

    - Oh, je le sais !

    - Bien. Vous aviez besoin de quelque chose ?

    - Non, je vous remercie, on se promenait juste.

    - Je ne vais pas vous retenir plus longtemps dans ce cas. Sauf peut-être pour vous conseiller d'aller jeter un coup d'oeil à la plus haute fenêtre du donjon, la vue y est merveilleuse. Par beau temps, on peut même apercevoir les Eryiés.

    - On ira lorsque nous aurons tout visité, merci.

    Lord Tully leur souhaita une bonne visite et les planta là, retournant discuter avec les autres nobles personnes de choses barbantes (d'après Ellyn) telles que les impôts, les successions d'héritages, les dettes, ou qui possédait quelles terres dans le Conflan...

    Sansa se méfiait du lord, notamment pour ses dernières phrases. Une fois qu'elle eurent fait le rapide tour du donjon, elle demanda à Ellyn de la laisser seule car elle voulait voir quelque chose.

    - Tu... es sûre que tu ne veux pas que je vienne ?

    Sansa lui fit un sourire rassurant.

    - Mais oui, ne t'en fais pas !

    Ellyn n'insista pas. "Elle sait ce qu'elle fait. Si elle ne veux pas que je vienne, elle doit avoir ses raisons."

     

     

    Arrivée en haut de la fameuse tour, Sansa s'approcha doucement et regarda la vue qui s'offrait à elle. Il faisait grand beau, et assez chaud aussi. Ce jour, les Eryiés n'étaient pas visible, mais la vue s'étendait loin vers le sud et l'est, les méandres de la Rufurque scintillants au soleil.

    - Que c'est beau... murmura Sansa.

    Un corbeau s'envola de la fenêtre d'à côté. Des croassements retentissants pouvaient laisser penser que la pièce voisine était la roukerie du château.Puis un autre corbeau entra, porteur d'un message. Il venait du sud. Au bruit que firent tout les corbeaux peut de temps après, le mestre devait être dans la roukerie, et peut-être lui donnait-il à manger ?

    Sansa décida d'aller dans la pièce d'à côté pour y regarder de plus près. Le mestre ne l'entendit pas entrer. Il était occupé à lire une lettre, sans doute celle apportée par le corbeau.

    - Bonjour ! lança Sansa.

    Il se retourna, presque en sursaut.

     

    - Ho ! Lady Stark ! Excusez moi, je ne vois avait pas vu. Ainsi vous vous sentez déjà mieux ?

    - Oui ! Que faites-vous avec les corbeaux ?

    - J'envoie et reçoit des messages de partout dans le royaume... celui-ci par exemple vient de Hautjardin, c'est donc une missive assez importante...

    - Ooh, je vois... Et vous aimez votre métier ?

    Le mestre ne s'attendait visiblement pas à cette question.

    - Je... suis mestre de la citadelle depuis bien longtemps. Mon métier ne consiste pas seulement à s'occuper des corbeaux, mais aussi à conseiller mon seigneur, à soigner des gens, à aider le monde... j'ai une place assez importante, et je ne m'en plaint pas.

    - Ça la l'air intéressant, conclu Sansa. Pas comme moi.

    - Que voulez-vous dire par là ? Vous êtes l'héritière de Winterfell, votre père est le gouverneur du Nord, vous avez droit à une éducation complète et à tout les honneurs dû à votre rang... je ne vous pas là de raison de se plaindre ?

    - Je sais, c'est bien beau tout ça, mais... j'aurais plutôt rêvée être comme tout le monde...

    Le mestre eu un maigre sourire.

    - Ça arrive des fois aux princesses, ce petit grain de folie... mais permettez-moi de vous demander : avez-vous déjà travaillé la terre ? avez-vous déjà connu la faim, la vraie ? avez-vous déjà fait du pain, ou travaillé le bois ? C'est ça, vivre comme tout le monde. Et personnellement, je me trouve bien où je suis.

    Sansa sourit fièrement :

    - Je préfère faire des efforts manuels que de rester assise sur mon trône et à m'occuper de politique...

    - Ça tombe plutôt bien... c'est ce que disent beaucoup de dames de la cour. Bien que la plupart, par "travaux manuels", entendent "broderie" ou "couture". Quand à s'occuper de politique, je suppose que c'est à votre mari que la tâche reviendra ?

    - Ooh, ça je ne sais pas... Les femmes peuvent y être mêlées !

    - C'est vrai, c'est vrai... Mais vous n'y serez pas forcée si vous écoutez bien les conseils de votre père. Au fait, vous vouliez me dire quelque chose ?

    - Non, je passais juste vous dire le bonjour.

    - D'accord. Je...

    Le Mestre n'eut pas le temps de terminer sa phrase, des coups furent frappés à la porte. 

    - Entrez ?

    Iris pénètre dans la roukerie. Elle avait le teint pâle et la mine fatiguée, qui la faisait paraître un peu moins belle que d'habitude.

    - On m'a dit que je pouvais trouver le Mestre ici... Tiens, Lady Sansa, vous êtes là vous aussi...

    - Oui que se passe t-il ? vous êtes toute pale !

    - Ce... Ce n'est rien, une maladie passagère... Mais vous êtes au courant pour les chevaliers de Cendregué ? C'est... une tragédie.

    Elle semblait au bord des larmes, et s'adjugea un fauteuil qui traînait non loin pour s'y assoir. 

    - Je... J'en ai entendu parlé...

    - Morts dans la nuit ! Ho, pour Renly, ce n'est pas si étonnant, avec ses yeux et tout ça... Mais son neveu ? Pourquoi ?! 

    - Madame, intervient le Mestre, quand je fais mon boulot, c'est pour de bon, et je puis vous assurer que la vie du vieux chevalier n'était pas en danger. Il attendait encore son procès pour le meurtre du roi.

    - Les pauvres, intervint Sansa...

    Iris hocha la tête, au bord des larmes.
    - Vous aussi vous vous sentez mieux ? demanda le mestre. Vous me disiez ce matin être un peu malade...

    - Oui, oui... j'étais venue pour envoyer un message à Haujardin... je ne m'attendait pas à trouver Sansa ici.

    Elle tourna son regard vers la jeune femme.

    - Moi aussi j'ai été malade, fit remarquer cette dernière... Par empoisonnement.

    Là, Iris se raidit.

    - Qu'est ce qui vous fait dire ça ?

    N'empêche, en y réfléchissant, elle trouvait ça logique. Tout ceux qui avaient bu à cette fameuse bouteille étaient tomés malades, et les chevaliers étaient même morts...

    - J'ai réussie à survivre, ajouta Sansa. C'est déjà ça..

    - Oui, c'est encore heureux... mais qui aurais bien pu nous empoisonner ? Voyons... Renly Cendregué a dit que la bouteille était à lui, non ? Rhaa ! Je ne sais plus !

    - Oui... ou bien que quelqu'un lui avait donné.

    - Quelqu'un... surement, oui... mais QUI ? Ha, si seulement il était encore vivant pour nous le dire.

    Iris se leva finalement, et tendis sa lettre au mestre.

    - Vous pouvez envoyer ça à Haujardin ?

    - Certainement, madame.

    Et il prit la lettre et s'en fut chercher parmi ses corbeaux.

    La jeune femme se retourna à nouveau vers Sansa.

    - Je ne pense pas que vous étiez visée, mais, à tout hasard... vous n'avez aucun ennemis dans la noblesse ? Ou n'importe qui qui puisse vouloir votre mort ?

    - Je ne sais pas...- Non, et puis c'est idiot : la personne qui aurait empoisonné cette bouteille, si poison il y a, n'aurait pas pu savoir que vous boiriez de ce vin. Vous n'étiez donc pas visée.

    - Oui, vous avez raison.

    Maintenant, Iris marchait de long en large.

    - Il faudrait donc savoir QUI est visé, et QUI pourrait lui vouloir du mal... et aussi, d'où venait cette bouteille, ce serait bien...

    Gémissant, elle reprit sa place sur son fauteuil.

    - J'ai la tête toute embrouillée... 

    - Reposez-vous...

    - Oui, je crois que c'est ce que je vais faire...

    Elle avait la voix défaillante, et s'excusa auprès de mestre qui revenait.

    - Je vais retourner dans ma chambre...

    - D'accord, fit Sansa. Moi aussi je vais m'en aller.

    - Faites selon vos désirs, mesdemoiselles, répondit le mestre. Et prévenez moi si vous vos sentez à nouveau mal, on ne sait pas comment cette bizarre maladie pourrait évoluer.

    - Oui...

    - Au revoir donc, et bonne après-midi.
    Le mestre retourna à ses corbeaux tandis que Iris se levait pour quitter la pièce.

    - Merci à vous aussi !

    Les deux femmes partirent. Sur le chemin du retour, dans les escaliers, Iris engagea la conversation :

    - Au fait, pourquoi vouliez-vous voir le mestre, vous ?

    - J'étais juste passer dire bonjour

    - Rien de grave donc. Tant mieux. Quand à moi, je pense que je vais retourner me coucher. Si vous avez une soudaine révélation ou quoi que se soit qui vous fasse suspecter la satané vipère qui aurait empoisonné le vin, n'hésitez pas à m'en faire part. Je serais tout ouïe.

    - J'y penserais !

    - A plus tard donc !

    Et, avec un dernier salut, elle s'éloigna vers sa chambre. Sansa fit de même.

     

    Ellyn l'y attendait.

    - Alors ? Elle était aussi belle que promit cette vue ?

    - Oui oui...

    - Pourquoi ne voulais-tu pas que je vienne ? demanda tout de même Ellyn.

    - Disons que j'avais envie d’être seule...

    - Je peux comprendre... répondit-elle d'une voix hésitante. Et... tu es resté tout ce temps à regarder le paysage ?

    - Non, je suis allée voir le mestre.

    - Ha ? Tu te sentais encore malade ?

    - Non, non, juste pour le remercier et lui passer le bonjour.

    Ellyn répondit par un simple hochement de tête.

     


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  • Le soleil était sur le point de se coucher, au delà des remparts de Port-Réal. Toute une foule de badauds était venu voir l'incinération du roi Aemon, en grande partie contenue par les gardes du guet, les manteaux d'or comme on les appelle.

     

    Pour l'occasion, Viserys avait revêtu une longue tunique de chevalier (bien qu'il n'ait jamais été adoubé) aux couleurs de sa maison, avec un dragon tricéphale rugissant sur la poitrine. Pour toute arme, il avait délaissé sa pique trop encombrante dans la foule pour une épée longue et fine qui lui battait la hache. Il s'était composé une expression sobre et endeuillée, plus adaptée à la situation.

    Valerys fis son entrée en dernier, suivis des conseillers, encadré par les manteaux d'ors . La face triste et lugubre, il marchais d'un pas noble et égal, fendant la foule comme si elle n'existais pas, son regard fixé tristement vers leurs père . Une vraie tête de comédien . Une épée pendais à son côté, mais bien malin s'il savais s'en servir . Son habit, aux couleurs de la maison, étais en fait une tunique, comme celle de son frère, sauf qu'il n'y avais qu'un seul dragon sur sa poitrine, et, chose plus importante, la tête du dragon étais couronné . Il ce mis à sa place.

    Feu le roi était vêtu d'habits élégants, mais pas de son armure comme le faisaient traditionnellement les grands seigneurs : depuis toujours, les Targaryens étaient brûlés au lieu d'être sanctifiés. Le Grand Septon prononça quelques paroles, comme quoi se fut un grand roi, qu'il avait su préserver la paix, qu'il manquerai au royaume, et tout le baratin habituel.

    Valerys écouta le discourt du Grand Septon sans mot dire, le visage toujours aussi sombre . Finalement, au signe de celui ci, il s'avança au dessus de la dépouille de son ancien roi et tendit la main . Une torche enflammé lui fut donné .

     

    - Que votre âme, mon père, mais surtout mon roi, soit heureux dans l’éternité .

    Il laissa tomber la torche, et recula d'un pas . Du bucher funéraire commença à monter l'odeur de la fumée.

    Viserys regardait solennellement la scène quelques pas en arrière. Il avait déjà été absent lors de l'incinération de sa mère, la reine, et il n'avait jamais assisté à ce genre de cérémonie étant plus jeune (soit déjà à Dorne, soit pas encore né...). Cependant, il ne vit rien de particulier. Juste de la fumée, du feu, et une odeur entêtante de cendres et de chaires brûlées. Il se força à ne pas froncer le nez. Un dragon n'est pas incommodé par le feu. Et un serpent alors ?

     

    Il laissa ses idée de côtés, car le septon avait recommencé à parler, souhaitant à Valerys un long règne sous la bénédiction des Sept, éclairé par la lanterne de l'ancienne, protégé par le fer du guerrier, et blablabla...

    Valerys écouta le grand Septon sobrement, la main posé sur le pommeau de son épée, bien inutile dans un moment pareil . Au fond de lui, le grand changement commençais . Fini, les longues heures de lecture ... Il étais désormais roi d"un grand pays, et allais devoir affronter les joutes verbales des seigneurs . Finalement, le Grand Septon finit sa phrase en s'inclinant bien bas  .Les soldats s'inclinèrent eux aussi criant dans un parfait ensemble :

     

    - Le roi est mort, vive le roi ! Vive le roi Valerys, que son règne soit long et prospère.

    Valerys essaya de ce grandir un peu plus, sans succès . Mais il étais de bonne taille . Il posa son regard violet sur tous, voir si ils s'inclinaient bien, et s'il l'acclamaient, ce qui voudrais dire que son peuple étais bien disposé à son règne. De toute façon, ils n'ont pas le choix.

    Viserys acclama son frère comme toutes les autres personnes présentes. Le petit peuple est sans doute sincère, mais tout ces visages affables de grands seigneurs sont des lèches-bottes de premier choix doublés d'hypocrites. Cependant, lorsque vint le moment de s'incliner, ce fut comme si il avait le dos raidit : il fit le strict minimum pour ne pas paraître impolis ou mutin.

    Valerys posa le regard sur son frère, qui s'inclina à son tour. Le nouveau roi fronça les sourcils . Il ne savais peut-être pas combattre, mais il savais regarder . Mon cher frère, tu es beaucoup plus gracieux que sa quand tu salues, d'habitude !

    Lord Manderly, la Main du Roi, s'avança alors vers Valerys avec l'antique couronne de la maison Targaryen, incrustée de rubis, qui fut portée dit-on par Aegon de Conquérant. Il tendis l'objet pour en couronner le nouveau roi.

    Valerys ce mis à genoux, pour recevoir la couronne . Tête baissé, le visage aussi serin qu'a l'ordinaire, mais emprunt de gravité, il attendit que Lord Manderly scelle son destin.

    La Main du roi déposa solennellement la couronne de rubis sur la tête de Valerys. Un roi était incinéré, un nouveau prenait sa place sur le trône. Valerys ce releva, le regard fier, malgré ses doutes sur son avenir.

    Tout l'assemblée acclama le nouveau roi, et les cloches du Grand Septuaire se mirent à carillonner à travers toute la ville pour l'évènement.

    Le nouveau roi ce vit de suite entouré par la garde royale, à l'allure altière et terrible . Un dernier regard pour les cendres de son père, qui commençaient à ce consumer . Il eut un sourire sardonique pour ses conseillers, qui, cette fois, ne faisaient pas semblant de lui rendre hommage . Il étais fort mal avisé de faire "semblant" devant le nouveau roi qui, déjà, ne vous portais pas dans son cœur.

    Un palanquin doré se fraya un passage à travers la foule pour permettre au nouveau roi de monter dedans, et de s'en retourner au donjon rouge. La cérémonie devant le peuple était bien terminée, mais Viserys soupçonnait la journée de ne pas être finie.

    Valerys ce hissa sans aide dans le palanquin, qui avais été astiqué avec soin. Mon palanquin. Dès qu'il fut installé, la troupe ce mis en marche vers le donjon.

    ***

    Valerys entra dans la bibliothèque, suivis de sa garde, qui ce positionnèrent tout autour des fenêtres . Puis il s'arrêtèrent de bouger, et reprirent une immobilité de statue  .

     

    Le roi marcha droit sur l'étagère traitant des chronologies des rois anciens . Il pris un livre, sur l'histoire de Aegon Targaryen, et ce qui ce passa après sa mort, la Conquête... Valerys ce plongea dans une lecture assidue . Toute sa vie, il avais appris avec les livres, grandis avec eux . Maintenant, il comptais bien à ce qu'a les livres lui "montrent" comme bien régir le royaume.

    Mestre Rehnys entra quelques temps plus tard dans la bibliothèque avec des livres sous le bras.

     

    - Ho, excusez moi sire... je ne pensais pas vous trouver ici... Quoique ça ne soit pourtant guère étonnant en soi.

    Valerys leva la tête de son livre, sourcils froncés . Il essayais de résoudre un problème, qu'il n'arrivais pas à comprendre . Alors une intrusion dans "son" domaine, ce n'étais pas le moment. Il eut un sourire, pas vraiment chaleureux, mais un sourire tout de même . 

     

    - Ce n'est rien mestre...

    Le roi regarda d'un oeil interrogateur son bras droit, visant surtout les livres et dossiers qu'il transportais . 

     

    - Qu'est-ce donc ?

    - Ho, rien de passionnant... des dossiers, des comptes... c'est le grand-argentier qui m'a demandé d'aller les ranger.

    Valerys hocha du chef, ce disant qu'il les liraient un de ses jours, histoire de surveiller les comptes . Il regarda par la fenêtre . Il faisait nuit noire dehors . Vais-je lire ? Ou bien aller me reposer ? Le choix était difficile . Il opta pour la seconde solution, et, saluant son conseiller, partit ce coucher.

    Valerys entra dans sa chambre, secondé de ses gardes . Ma première nuit en tant que souverain . Il eut  un haussement de sourcils . De jeunes serviteurs apparurent à son côté, et entreprirent de l'habiller pour la nuit . Une fois chose faîtes, il s'inclinèrent, et disparurent aussi vite qu'il étaient arrivés . 

    Le roi ce coucha, et essaya de s'endormir le plus vite possible

     

    ***

     

    Valerys entra en grande pompe dans la salle du Trône, suivis de son frère, puis de ses consseillers les plus proche . Le nouveau roi s'assit sur son trône, la mine sereine.

    Viserys observa son frère. Avec la couronne de son père, il paraissait déjà plus royal. Il n'avait plus maintenant qu'à s'en montrer digne.

     

    Le Grand Mestre, Renhys, fit soudain irruption dans la salle. Il tenait un parchemin cacheté de sire bleue. S'approchant pour le tendre au roi, il précisa :

     

    - Un message de Vivesaigue pour vous, sire. Je ne saurais dire ce qu'il continent.

     

    Il n'ajouta rien, mais pensa au fond : Noires ailes, noires nouvelles...

    Vivesaigue ? Le roi tendit la main, et décacheta soigneusement la message, après en avoir dument vérifié le sceau bleu . Il ouvris la lettre, et commença sa lecture .

    "De Lord Robin Tully , gouverneur du Conflans et sire de Vivesaigues, à Lord Valerys Targaryen, roi des Andals et des premiers hommes de Westeros.

     

    Si cette nouvelle ne vous affecte sans doute pas directement, je me vois dans l'obligation de tout de même vous annoncer une terrible nouvelle pour Cendregué : la mort de deux de ses chevaliers à Vivesaigues, dont l'héritier légitime du chateau de la famille, l'autre étant son oncle, et, entre autre, le meurtrier par maladresse de votre père.

    Avec tout mon respect."

     

    Et évidement on ne me donne pas l'explication de la mort . Autant ne rien envoyer du tout dans ce cas là ! Par maladresse. hum .

    Valerys lu la lettre à haute voie devant tous . Mais il regardais surtout son frère .

    - Justice a été faites, déclara t-il, mais il n'y croyais pas trop.

    Il pensais surtout qu'on avais voulu ce débarrasser du meurtrier pour ne pas le reconnaitre .

    Viserys n'avait pas l'air particulièrement surprit. Il prit une attitude faussement désolée.

    - Ainsi, il est mort ? Ho, c'est terrible, vraiment. Sa famille doit être bien triste, je compatis.

    Valerys ne montra rien de ses sentiments, comme on lui avais dument appris, mais il ne put s'empêcher de glisser un regard vers son frère . Il repris vite sa posture royale néanmoins . Il posa la lettre à son côté, pour y  répondre le plus tôt possible, et regarda les seigneurs autour de lui, ne sachant pas à qui parler en premier, juste après son couronnement .

    Les autres hommes se taisaient, ne sachant exactement que dire. Finalement, Lord Manderly, la Main du Roi osa demander :

    - C'est malheureux, en effet, surtout pour ce qui est de l'héritier... Sait-on dans quelles conditions c'est arrivé ?

    Valerys hocha négativement la tête .

    - Non, on a omis de m'en informer . Un oublis regrettable !

    - Je peux renvoyer un corbeau, proposa mestre Renhys.

    - Excellente initiative, mestre, répondit le nouveau roi, pas encore de bonne humeur.

    Le mestre s'inclina et quitta la salle, s'en retournant à ses corbeaux.

     

    Valerys regarda les seigneurs, et finalement déclara .

    - Personne n'a d'autre "mauvaises" nouvelles à m'annoncer ? Bien ! Quel est le premier sujet importent que mon père m'a laissé sur les bras ?

    - Rien d'urgent pour le moment, sire, déclara Lord Manderly. Nous évoquerons tout les petits détails plus tard, lors de notre réunion du conseil restreint.

    A la façon dont il regarda par réflexe les serviteurs, Viserys imagina sans peine la suite informulée de sa phrase. "Loin des oreilles indiscrètes ?"

    Valrys ne quitta pas du regard son conseiller . Il hocha simplement la tête, tout en songeant à toute les journées similaires qu'il aurais à subir chaque années de sa vie .

    - Parfait ! J'ai hâte de voir tout ses "petits détails", et de les régler . Je ne veux que paix dans mon royaume.

    - C'est le propre des bons rois sire. 

    Ha oui ? ne put s'empêcher de penser Viserys. Comment expliquez-vous que tout le monde considère Aegon le Conquérant comme un grand roi dans ce cas ?

    Mais je ne serais pas faible non plus, songea Valerys et les seigneurs qui en douterais ce repentirons . De ça, le nouveau roi, assis sur son trône inconfortable en étais sur, malgré toute ses appréhensions . Il ce leva, assez lentement pour qu'on l'interrompe si quelques affaires ne pouvais soufrir le lendemain . Mais il étais sur d'avoir encore beaucoup de chose à faire, avant de pouvoir être tranquille.

    Personne n'ajouta rien dans la salle. Lord Manderly détaillait les crânes de dragon qui décorait la salle, et Viserys tripotait le pommeau de son épée, tic qu'il prenait souvent lorsqu'il s'ennuyait.

    Valerys eut un demi-sourire. C'était assez réjouissant de voir toute ses personnes qui ne pouvaient partir tant qu'il étais dans la pièce, qui s'ennuyaient, qui avaient peut-être des affaires urgentes, mais qui ne pouvais absolument pas bouger, sous peine de le "peiner " gravement .

    - Lords et princes, je vous laisse à vos occupations.  J'ai quelques affaires à régler de mon côté, et je ne veux être dérangé sous aucun prétexte.

    Les nobles s'inclinèrent et commencèrent à quitter la salle, les uns après les autres. Viserys, quand à lui, adressa un regard interrogatif à son frère, puis suivit le mouvement vers l'extérieur.

    Valerys sortit, et, accompagné de sa garde, fonça d'un pas noble mais plein d'allant vers la bibliothèque.

     

     


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  • La porte s’ouvrit sans un grincement. Deux gardes entrèrent, puis Valerys, resplendissant de sa nouvelle charge, suivit de deux nouveaux gardes. Toute les précautions étaient prises.

    Viserys arriva quelques minutes à peine avant le début du conseil. Lord Manderly le toisa d'une bizarre façon en le voyant entrer.

    - Que faites-vous ici ? Vous n'êtes pas un membre du conseil aux dernières nouvelle.

    - Je suis le sang du dragon, et le frère du roi, répondit Viserys avec assurance. Vous voudriez m'empêcher de me tenir au courant des affaires d'état ?

    La main du roi s'abstint de tout commentaire, cherchant du regard l’appui du roi. Il préférait ne pas s'attirer la colère du prince, par trop célèbre pour son irascibilité.

    Valerys fut tout aussi surpris que les conseillers mais n'en montra rien  . Il sourit aimablement à son frère, mais ce n'était que du théâtre . Il réfléchissais, en fait . Si je lui permet de rester, je cède . Hors ce n'est pas bon pour l'image d'un roi  . D'un autre côté, c'est tout de même mon frère, et il est vrai qu'il a le droit de ce tenir au courent des affaires du royaume .

    - Viserys. 

    il lut dans les yeux de son bras droit un appel à l'aide.

    - Je t'ai proposé une place au sein du conseil, tu l'as refusé . Tu ne peux rentrer ici, c'est la loi, et la loi doit être appliqué dans les règles de l'art.

    Viserys fronça les sourcils.

    - Il y a toujours eu des exceptions, insista-t-il. Je suis sûr qu'en cherchant un peu, je te trouverai l'exemple de nombreuses personnes ayant obtenu un siège au conseil restreint sans aucun des titres qui allaient avec. Enfin ! Toi qui aimes tant l'histoire, tu dois bien t'en douter !

    Lord Manderly tapotait des doigts sur la table, nerveux.

    Valerys secoua la tête, de plus en plus décidé à ne pas permettre à son frère . Leur père n'avais pas permis à ses fils d'entrer . D’où lui viens cette idée, tout à coup ? Ce n'est vraiment pas le moment de tergiverser ! Il chercha rapidement dans son esprit des cas . Il y en avais bien un, mais le roi qui l'avais permis était mort très ... rapidement .

    - Non . Trop d’exceptions nuisent au palais, et je ne pence pas que tu en tirerais grand bénéfice.

    Si ce n'est la haine des conseillers.

    -De plus ce n'est pas comme si tu étais laissé de côté . Les informations que tu pourra entendre, tu les entendra en premier, en tant que Prince Héritier, dit il, essayant de ce montrer pacifique, lors qu'il commençait à sentir la moutarde lui monter au nez.

    Viserys fixa son frère, sa main gauche se baladant machinalement le long de la garde de son épée. Pendant quelques instants, il donna l'impression de s'opposer à l'ordre de son frère. Puis il s'inclina avec raideur devant lui.

    - Bien... mon roi.

    Il fit demi-tour et sortit de la pièce à grands pas.

    Valerys resta un moment debout, comme électrifié, le regard sombre . Il s'assit finalement, et regarda ses conseillers, les défiants de dire quelques chose en rapport avec son frère .

    - Et bien messires ? Qu’avons nous à l'ordre du jour ?

    Lord Manderly regarda les messages posés devant lui.

    - Commençons par le plus important... Un nouv... heu... un meurtre dans le Nord : Lord Stark, le seigneur de Winterfell et gouverneur du Nord a été découvert poignardé dans son propre château. Des traces de luttes autour du corps, mais aucune preuve pour découvrir l'assassin pour l'instant.

    Valerys eut du mal à ne pas bondir de son siège . Un des seigneurs les plus puissants du pays est mort dans son lit ?

    - Comment cela se peux t-il enfin ?  Lord Stark est un des hommes les plus protégés du pays !

    - C'est que, dans le Nord, voyez-vous, les traditions sont différentes... il n'était sans doute pas gardé... La lettre n'est pas beaucoup plus explicite, mais ce qui est sûr c'est que c'est sa fille ainée qui va lui succéder : Sansa Stark.

    - Bon . Et qu'en dit on de cette Sansa Stark ? Pourrais t-elle nous poser des... problèmes ?

    - Elle n'est pas mariée, précisa Lord Manderly. Son mari sera gouverneur du Nord et ses fils lui succèderons.

    La main de roi regardait Valerys avec curiosité. Sa remarque était lourde de sous-entendus, mais le roi comprendrait il où il voulait en venir ?

    Le roi tiqua, mais regarda son bras droit sans ciller . Évidement, ce serait une bonne idée pour assoir son pouvoir .

    - Quel âge à t-elle à peu près ?

    Petite hésitation.

    - Je ne sais pas exactement... disons... 17 ou 18 ans.

    - Humm..

    Valerys garda les sourcils froncés  pendant une ou deux secondes . Puis, cachant bien ce qu'il avais en tête : 

    - J'écrirais à cette jeune lady pour lui présenter mes condoléances. Peut-être que quand la lettre arrivera, on en saura déjà un peu plus.

    - Peut-être, en effet. Nul doute qu'une enquête sera entamée pour découvrir qui est l'assassin.

    Un autre homme assis à la table, le Maître des Chuchoteurs plus précisément, ajouta :

    - Je tiens bon de préciser que cette Lady était présent au tournoi où fut tué votre père, sire. Elle n'était pas à son château de Winterfell quand le meurtre a eu lieu.

    Donc ce n'est pas de sa main . Sauf si elle a payé ses gens, ou des assassins, mais à 17 ou 18 ans, on a pas la tête à vouloir prendre le contrôle du Nord, je pense .

    - Merci Lord Nimburght, remercia t-il .

    - Nous passons donc à l'affaire suivante ? demanda Lord Manderly. Une lettre de Dorne : le prince Daron Martell a bien reçut le message de votre frère et accepte avec plaisir votre invitation au conseil restreint. Il est en route pour la capitale.

    - Parfait ! J'en parlerais à Viserys . La venue de son ami atténuera peut-être sa rancune à mon égard, dit il d'un ton léger.

    A vrai dire, il était toujours mécontent . S'il veux m'en parler en privé, il ne se gênera pas de toute façon.

    La Main du Roi s'épargna tout commentaire à ce sujet.

    - Ensuite... nous avons des plaintes de petits seigneurs de l'Ouest et des rivages du Conflan qui parlent d'attaques répétés de pillards des Iles de Fer.

    - Je croyais que feu mon père avait pacifié ces pillards ?

    - En effet, votre père s'était attelé à empêcher les pillages sur les côtes de Westeros. Mais un Fer-Né reste un Fer-Né... leurs traditions sont aussi solides que leur réputation. Que comptez-vous faire ?

    - Je pense qu'essayer de conclure un pacte diplomatique avec les Fer-Né serait une bonne idée . Meilleure en tout qu'envoyer des hommes là bas, pour recommencer une guerre stupide qui ne s'arrête d'ailleurs jamais.

    - Je prend note... Vous pensez envoyer quelqu'un là-bas, comme porte-parole ?

    Un nom, ainsi qu'un visage ce présenta à son esprit. Viserys. Lui qui aimais bouger et être en plein air, il serait servit. Mais d'un autre côté, c’était maintenant le premier prétendant au trône, et il était dangereux de l'envoyer directement chez des... barbares .

    - J'ai quelques noms qui me viennent à l'esprit, oui. Mais il me faut y réfléchir plus avant, répondit t-il prudemment. 

    - D'accord, nous en reparlerons demain alors, ou quand vous aurez réfléchit.

    Lord Manderly classa l'affaire comme les précédentes, en posant les missives de côté.

    - Plus de lettres urgentes pour aujourd'hui, déclara-t-il. Quelqu'un aurait-il quelque chose à ajouter ?

    Il s'adressait là à l'ensemble du conseil, sans regarder personne en particulier.

    Personne ne répondit, et des signes négatifs de tête répondirent au bras droit du roi . Quand au roi, il était déjà plongé, sans en avoir l'air, dans ses lettres politiques et ce qu'il devrait faire tantôt.

    - Dans ce cas, je déclare la séance levée.

    Et, pour marquer ses propos, Lord Manderly se leva de son siège, bientôt imité par les autres membres du conseil.


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  • Théodora s'était levée aux aurores pour nettoyer les sols de l'établissement. Il était hors de question que les clients marchent sur des sols poussiéreux et crasseux...

    Une fois cette tâche terminée, la jeune femme s'occupa des draps qu'il fallait changer et laver.

    Elle ne gagnait pas d'argent, en contrepartie, Jayne la logeait et la nourrissait. Théodora ne possédait que le strict nécessaire qu'on avait voulu lui accorder.

    Viserys ouvrir sans frapper la porte de l'établissement et entra. Il était venu sans escorte, encore furieux que son propre frère s'oppose à lui, et cherchait de quoi se changer les idées. N'ayant pas trouvé d'adversaire à sa mesure disponible sur le terrain d'entrainement, il s'en remettait aux conseil qu'on lui avait donné concernant les bordels de la capitale. Et il espérait aussi y retrouver certains compagnons revenus de Dorne avec lui, et avec lesquels il n'avait pas eut l'occasion de discuter depuis le tournoi de Vivesaigues.

    Théodora se trouvait dans l'une des chambres de l'établissement. Elle était occupée à refaire un lit dont elle venait de changer les draps.

    Il était encore tôt et les clients ne venaient pas avant un petit moment, en général, mais elle entendit la porte claquer. Celui qui venait d'entrer devait être en colère... Chose étonnante quand on savait que les hommes venaient prendre du bon temps dans les bordels.

    Elle s'arrêta dans sa tâche pour aller accueillir l'inconnu... Elle prit, en passant, une cape pour dissimuler son visage. C'était ainsi qu'elle se présentait aux clients quand cela arrivait... Quand elle l'aurait accueillit, elle se chargerait de trouver une prostituée répondant à ses attentes... avec le temps, elles les connaissaient toutes.

    - Bonjour, bienvenue dans le bordel de Madame Jayne.

    Viserys se tourna vers la jeune femme. Il portait un pourpoint aux couleurs Targaryens, et des vêtements de tissus légers dans les teintes d'or et de rouge. Le tout le désignait comme un personnage important, si ce n'est princier pour ceux qui le connaissent au moins de réputation.

    - Les femmes se cachent donc maintenant, pour accueillir à la porte ? Je sens que je vais rapidement regretter Dorne...

    Le ton était revêche, mais pas agressif.

    Théodora entrevoyait les beaux habits de son interlocuteur. Elle devait paraître bien miteuse avec ses habits à elle... Sa cape était belle, elle était faite d'un velour rouge presque noire... Cependant, c'était un vieux tissu abîmé par le temps, Théodora avait pu avoir ce tissu d'occasion au marché. Elle portait une robe qu'elle avait confectionné elle-même dans un tissu bas de gamme. Jayne ne lui achetait pas de vêtements tout neufs, c'était trop cher pour appartenir à quelqu'un comme Théodora donc la jeune femme avait appris à se confectionner elle-même ses vêtements à partir de guenilles qu'on voulait bien lui laisser.

    Théodora ne se prostituant pas, elle n'était pas rentable et n'avait pas besoin de paraître jolie ou désirable. Cependant, elle s'occupait très bien de l'entretien du bordel et était très efficace.

    L'homme en face d'elle était un noble. C'était sûr... d'un haut rang mais elle ne pourrait pas deviner qu'il était le prince quoique... de tels habits... elle reconnaissaient les habits de la maison Targaryen, les souverains.

    Elle s'inclina pour faire une révérence maladroite, peu habituée à se retrouver face à des clients aussi fortunés et appartenant à de telles familles...

    - Pardonnez-moi, messire, dit-elle avec hésitation, ne sachant pas comment le nommer, il vous serez désagréable de voir mon visage. Vous êtes ici pour passer un bon moment...

    Elle attendit quelques secondes pour poursuivre.

    - Avez-vous des attentes particulières ?

    Il était certain qu'il faudrait lui présenter les plus belles femmes que le bordel abrite.

    Viserys haussa un sourcil. Il n'était pas courant dans les bordels de trouver une femme "désagréable à regarder".

    - Je veux savoir ce que la capitale sais offrir. Voir au moins si je perd vraiment mon temps ici.

    - Bien, Messire.

    Théodora réfléchit rapidement. Si jamais ce noble n'était pas satisfait, elle passerait vraiment un sale quart d'heure car cela reviendrait aux oreilles de la patronne.

    Elle conduisit Viserys à travers la maison close pour lui présenter trois prostituée toutes plus belles les unes que les autres. Elles avaient des corps à faire envier n'importe quelle autre femme, des yeux de biches et envoutants et elles portaient des belles tenues avec des beaux tissus légers afin de les mettre en valeur. Il y avait une brune, une rousse et une blonde.

    - L'une d'elles vous conviendrait, Messire?

    Une des prostituées lança un regard méprisant vers Théodora. C'était la blonde. Elles connaissaient le visage de la jeune femme et pas mal de prostituées se permettaient de prendre Théodora de haut du fait qu'elle était logée là sans se prostituer et qu'une femme avec un tel visage puisse se trouver dans un tel endroit. C'était un miracle que certaines n'acceptaient pas.

    Tout en observant les trois femmes, Viserys surprit le regard que l'une d'elle adressa à la jeune femme encapuchonnée. Il se demanda vaguement quelle genre de rancune pouvait attiser de tels regards.

    Rien que d'avoir eut cette pensée prouva au prince qu'il n'avait en fin de compte aucune envie de ce genre de plaisir, ou que en tout cas, aucune de ces trois femmes ne l'intéressait.

    - Toi, répondit-il simplement.

    Mensonge ou curiosité, il n'en avait cure. Il braqua son regard violet sur la jeune fille au visage caché.

    Théodora aurait pensait qu'il prendrait la blonde, c'était la plus demandée. Elle fut étonnée très fortement de sa réponse. C'était forcément une blague de très mauvais goût. Les trois prostituées aussi furent surprises et la blonde éclata de rire.

    Sous sa cape, Théodoira se sentit rougir de honte.

    La plupart des prostituées de l'établissement était sympathique avec elle mais une très petite minorité, comme la blonde, la détestait d'être nourrie, logée, et entretenue dans une vie précaire mais suffisante alors qu'elle ne se prostituait pas comme les autres. C'était cela qu'on lui reprochait.

    Au bout d'un moment, Théodora se décida à répondre en choisissant bien ses mots pour ne pas froisser le client de haut rang:

    - Navrée de devoir vous l'apprendre, Messire, mais mon corps ne fait pas partie de ceux que vous pouvez choisir.

    La blonde ne riait plus mais avait un sourire moqueur sur le visage. La rousse semblait encore étonnée et la brune semblait avoir une certaine pitié pour Théodora.

    Viserys pinça les lèvres. Non seulement on lui refusait quelque chose, mais le ton moqueur dans le rire de la femme blonde l'irritait prodigieusement.

    - Sais-tu qui je suis, pauvre gamine ? Je veux voir ton visage.

    Le ton de l'homme ne laissait aucun doute : c'était un ordre.

    La blonde cessa de sourire devant le ton du prince. Elle n'était pas stupide et venait de reconnaître son rang royal. Un regard autour d'elle et elle put constater qu'elle était la seule.

    Théodora était pétrifiée. Non, elle ne savait pas qui il était et cela l'inquiétait. Elle avait pu remarquer qu'il était noble et devait avoir de l'influence s'il faisait parti de la maison Targaryen...

    Le ton de l'homme la glaçait, c'était un ordre, évidemment. Elle ne pouvait pas trouver une combine pour garder son visage caché.

    Elle releva un peu la tête et vit la blonde, assez pâle la regarder avec des yeux sévères lui indiquant qu'elle ferait bien d'obéir.

    Lentement, sans avoir dit un seul mot, Théodora releva le capuchon de sa cape pour découvrir son visage. Elle avait honte. Elle angoissait des remarques qu'elle allait se prendre. Elle avait le regard rivé sur le sol. Elle devrait être habituée pourtant qu'on se moque d'elle mais, peut-on vraiment être habituée à être rabaissée pour un détail physique qui n'était pas de votre faute ?

    Viserys la Toisa en silence. Un cicatrice... Cette, il en avait vu de pires, mais voilà au moins qui expliquait pourquoi cette jeune femme se cachait et n'était pas "proposée" au clients. Le prince avait remarqué que, si les cicatrices rendait les hommes plus "virils" aux yeux du monde, elles ne faisaient qu'amocher les femmes. Soit.

    Changeant délibérément de conversation, il demanda :

    - Avez vous eut la visite, dans les jours précédents, d'un certain membre de la famille Dayne ?

    Théodora serrait les dents. Elle détestait montrer son visage sous la contrainte, elle détestait le montrer tout court. C'était disgracieux. Elle avait même du mal à se regarder en face devant une glace.

    Le noble changea de sujet... il ne devait pas s'attendre à voir une balafrée. Étrangement, il ne faisait plus le malin à dire qu'il la souhaitait. Théodora avait déjà vu des clients avec des cicatrices venir ici.. C'était des guerriers, leurs blessures les rendant attrayants pour certains. C'était de la sorcellerie de voir qu'un homme avec une cicatrice était trouvé beau mais qu'une femme devenait un vrai déchet.

    "Je vais chercher le registre, Messire."

    Elle prit le registre où le nom des clients venus étaient répertoriés. Elle revint, le bouquin dans les mains.

    Les trois prostituées étaient retournées à leurs occupations, Viserys ayant dit qu'il n'en voulait pas...

    Ne pouvant lire les noms marqués dedans, Théodora tendit le registre à l'homme d'une main légèrement tremblante de colère qu'on l'ait forcé à découvrir son visage.

    Il y avait effectivement le nom que recherchait Viserys.

    Le prince prit le registre et parcouru les noms. En effet, cette caricature de chevalier du Sud était bien passée. Décidément, il avait une drôle de façon de "se faire des relations à la capitale" pour le compte de son père.

    - Il est possible qu'il repasse aujourd'hui... Apportez donc une coupe de vin en attendant.

    Théodora hocha juste la tête.

    - Auriez-vu une préférence concernant le vin que vous souhaitiez ? Nous en avons de tout Westeros.

    La jeune femme avait hâte de se soustraire à la présence du prince.

    - Si au moins vous pouviez m'éviter cette eau colorée qu'ils font dans le Brief... Un rouge de Dorne épicé serait parfait.

    Viserys s'installa nonchalamment sur les coussins aux couleurs chaudes d'un des fauteuils de la pièce principale.

    Théodora s'éclipsa pour se rendre dans la cave de l'établissement. Elle ne savait pas lire les étiquettes mais elle connaissait les bouteilles. La jeune femme prit un vin rouge venant de Dorme et l'apporta avec un verre au prince. Elle le servit sans un mot.

    De plus, entre temps, elle avait remis son capuchon.

    Viserys se servit un verre et commença à siroter tout en observant se qui se passait autour de lui, guettant en particulier la porte et les nouveaux venus.

    Théodora était retournée à ses occupations. Elle ne revenait que pour accueillir les clients et leur attribuer une catin selon leurs souhaits.

    Finalement, un homme de Dorne arriva. Reconnaissant son compagnon de voyage, Viserys le laissa entrer puis se leva et posa son verre sur le côté.

    Le Dornien était tout sourire. Quand il venait à Port-Réal, il n'hésitait pas à faire halte, ici. Théodora était venue l'accueillir quand elle remarqua le changement de comportement du noble grossier qui avait voulu qu'elle enlève sa capuche.

    Le Dornien regarda en direction de Viserys et un immense sourire apparut sur son visage.

    - Mais quelle heureuse surprise de vus voir ici, Prince Viserys.

    Ce dernier s'avança vers l'homme, un sourire aux lèvres.

    - Surprise non réciproque cher ami. Étrangement, j'ai tout de suite su où vous trouver.

    Arthur (car c'était son nom) éclata de rire.

    "Vous savez que je suis un bon vivant et que j'aime le vin et la bonne compagnie."

    Théodora suivait l'échange entre les deux hommes. Elle ne savait pas si elle devait repartir vaquer à ses occupations ou non. Prince? Elle avait bien entendu ce mot ? C'était le prince Viserys ?

    - Je ne vous savez pas à Port-Réal, déclara Arthur.

    - Le tournoi s'est terminé bien plus tôt que prévu... par la mort de mon père. Tu dois être au courant, non ? Les cloches de la villes ont sonné hier.

    Qui n'était pas au courant? La nouvelle s'était relayée comme une traînée de poudre à travers Port-Réal, provoquant multiples réactions dans la noblesse et les grandes familles.

    - Bien entendu. Cet événement tragique doit déjà être connu de tout Westeros.

    Théodora nettoyait les vitres. Elle gardait les deux nobles à l'oeil. Elle ne pouvait pas partir à l'autre bout du bordel et laisser ces deux nobles à l'entrer... Elle se faisait discrète. Ils avaient sûrement dû oublier sa présence.

    - Vous êtes venu chercher réconfort auprès des catins? demanda Arhtur sur un ton un peu plus léger pour détendre l'atmosphère en espérant changer l'esprit de son ami .

    Du réconfort après la mort de se père ? Étrangement, sa dernière discussion avec feu Aemon Targaryen, dans la tente devant Vivesaigues lui revint en tête. "Es-tu un dragon, mon fils, ou un vulgaire serpent ?" avait-il alors dit.

    - Bah, mon père a bien vécu. Sa mort nous attriste tous, surtout qu'elle... n'aurait pas dû se passer ainsi, mais je m'en remettrais. Non, en fait c'est plutôt mon frère que ça concerne. Sa couronne toute neuve doit lui monter à la tête, il m'a ouvertement tenu tête devant tout le conseil restreint.Soit. Il est vrai que le roi n'aurait pas dû mourir si tôt et si "bêtement". C'était bien dommage.

    - N'importe qui ayant la couronne aussi soudainement a le pouvoir qui monte à la tête.

    Le pouvoir.... chose que tous recherchaient en ce monde.

    - Quel était votre sujet de désaccord, avec votre frère?

    Théodora avait l'impression d'être une sale petite espionne qui ne devrait se trouver là.

    Les "oisillons" du maître des chuchoteurs étaient peut-être à l'écoute... mais Viserys n'en avait cure. Qu'ils aillent donc tout susurrer à l'oreille de Valerys si ça leur chante, le prince s'en moquait.

    - Il m'a refusé d'assister au conseil, sous réserve que je n'en faisait pas partie. Un détail ridicule, comme tu peux le constater...

    Théodora avait presque honte d'écouter la conversation. Définitivement, les deux nobles avaient oublié sa présence.

    Arthur l'écoutait, il ne disait rien de compromettant pour lui. Il narrait simplement des faits.

    - Et l'idée de t'es jamais venu à l'esprit de faire parti du conseil restreint.

    - Si, bien sûr, marmonna Viserys, mais ça signifie rester pratiquement toute l'année à la capitale. Je suis de retour depuis seulement deux jours, et je ne supporte déjà plus son odeur de bouse fermentée. Je ne veux pas d'un titre qui m'enchaîne ici, seulement d'une chaise au conseil.

    Arthur esquissa un sourire.

    - Port-Réal n'est pas comparable avec nos belles villes de Dorme, j'en conviens. Mais il y a quelques avantages.., dit-il en regardant une des prostituée qui passait par là. Toutefois, rien ne vous empêche de repartir une fois les funérailles terminés, Prince.

    Viserys reprit son verre et bu quelques gorgées sans se presser.

    - Hmm... Rien ? Si, il y a bien un petit quelque chose, et assez imposant qui plus est. Je ne peux quitter longtemps la ville en laissant dernière moi mon dragon. Lorsqu'il sera assez grand pour être monté, ce sera différent, mais Valerys ne m'a pas paru pressé de le laisser sortir de Fossedragon. A ce rythme là, mon Onys risque de mettre du temps avant de dépasser la tailler d'un cheval. Il faudrait qu'il puisse sortir, ouvrir ses ailes en grand, comme le fit Balérion la Terreur Noire !

    Des dragons? ! Théodora avait bien entendu ce terme? Même en ces temps, c'était des créatures rares... en posséder un... Le prince avait un dragon, cela devait être bien impressionnant.

    - C'est adorable, est-ce que tu t'es attaché à ton dragon ou serait-ce sa capacité à t'apporter du pouvoir qui t'attire? le taquina Arthur.

    Viserys prit un air amusé.

    - Quoi ? Qui ne s'est jamais attaché à son petit animal de compagnie ? Plus sérieusement... Il faudrait que tu le vois un jour. Celui de mon frère est plus imposant, mais je reste persuadé qu'ils grandiraient beaucoup plus vite au grand air. C'est bien grâce à ses dragons que Aegon le Conquérant unifia les Sept Couronnes...

    Le prince ne prêtait plus aucune attention à la jeune servante. Il surveillait vaguement les entrées et sorties de clients, mais s'occupait surtout de son interlocuteur.

    Arthur sourit, excité à l'idée de voir un dragon en chair en os. Ce n'était pas tous les jours qu'on avait un tel honneur !

    - Cela reste un animal de compagnie bien particulier et je serais ravie de voir ce roi du ciel.

    Théodora accueillait les clients à chaque fois que l'un d'eux entrait mais elle reportait son attention, aussitôt ensuite, sur la conversation des deux nobles.

    Arthur, si son interlocuteur avait oublié la présence la domestique, ce n'était pas son cas. Il jeta un regard vers cette dernière.

    - A-t-on déjà vu quelqu'un écouter une conversation de façon aussi peu discrète ?

    Viserys haussa les épaules d'un air dédaigneux.

    - J'ai comme l'impression que le personnel de ce bordel aurait fort à faire pour apprendre le respect.

    Théodora se raidit. Elle pensait qu'elle était discrète... et elle ne pensait à mal.

    Arthur hocha la tête.

    - Je suis entièrement d'accord.

    Et puis, c'était quoi cette façon de se couvrir le visage et la tête ?

    Reportant son attention sur le Dornien, Viserys ajouta :

    - À ce propos... Je te parle, je te parle, mais tu n'es sans doute pas venu ici pour rien.

    Arhtur le regarda.

    - C'est vrai. J'étais venu ici pour profiter des beautés de la capitales. Toi! Viens par là!, ordonna-t-il à Théodora.

    Théodora s'approcha quand on l'appela.

    -Vas donc chercher celle à qui j'ai l'habitude de rendre visite.

    En effet, ce n'était pas la première fois que Théodora voyait Arthur. Quand il venait à Port-Réal, il faisait halte ici et voyait toujours la même prostituée.

    Théodora s’exécuta et revint avec la blonde de tout à l'heure.

    - N'est-elle pas jolie, celle-ci ? sourit Arthur.

    - Hum... Une charmante créature, sans aucun doute, mais est-elle douée ?

    Pour la deuxième fois, Viserys parcouru des yeux le corps de la catin. Il n'avait pas oublié le rire de cette dernière quand il avait ordonné à la servante balafrée de se montrer.

    Arthur le regarda, faussement outré :

    - Bien entendu qu'elle l'est. Tu serais surpris de voir à quel point, elle l'est plus que certaines Dorniennes.

    La prostituée savait qu'elle était belle et douée, elle avait de l'assurance, cela se voyait à sa façon de se tenir et elle semblait fière.

    Viserys pinça les lèvres, les yeux toujours rivés sur la femme.

    - D'où viens-tu ? demanda-t-il finalement.

    Théodora n'était pas loin, encore une fois.

    - Je viens du Bief, déclara la prostituée.

    Viserys fronça le nez et tourna la tête vers Arthur.

    - Tu savais ça, toi ?

    Théodora se demandait ce que cela changeait.

    - Non, répondit simplement Arthur. Qu'elle soit originaire du Bief ou d'Essos, cela ne change rien..Si elle faisait de Cette famille, en revanche...

    Arthur était comme Viserys, il n'appréciait pas les Tyrell mais la prostituée n'en était pas une donc bon, qu'est-ce que cela changeait pour lui ? Rien.

    Viserys hocha la tête. Pas faux. Des gens venant du Bief, il y en avait des centaines. Tous ne pouvaient pas être comparés aux crétins chevaleresques qui les dirigeaient, et encore heureux.

    La blonde fronça les sourcils.

    - Vous n'aimez pas les gens du Bief, Prince  ? demanda-t-elle avec une certaine malice dans la voix. Je pourrais peut-être vous prouver que nous ne sommes pas tous aussi désagréables que vous le pensez, ajouta-t-elle avec un ton doucereux.

     Théodora se demandait parfois comment les femmes de cet établissement faisait pour envoûter les hommes par les paroles et leurs actes... Cela la dépassait totalement.

    Viserys fit mine de réfléchir.

    - Mon ami ici présent est venu tout spécialement pour vous, vous n'allez tout de même pas lui faire faux bond...

    Si son air était sérieux, il y avait du sourire dans sa voix.

    La bonde sourit.

    - Je peux très bien m'occuper de deux hommes à la fois, dit-elle d'un air taquin.

    -Sûrement pas! Je préfère avoir deux femmes mais en partager une sous mes yeux, hors de question, intervint Arthur. Vous êtes trop gourmande, parfois, vous, femmes.

    Sous son capuchon, Théodora rougissait d'entendre de paroles aussi... "osées."

    - Je partage ton avis, Arthur, renchéri Viserys. De toute évidence, cette petite insolente n'a jamais couché avec deux princes en même temps, mais ça ne sera pas pour aujourd'hui.

    La blonde fut outrée à l'entente du mot "insolente". Cela se voyait sur son visage.

    - Et bien, son Altesse ne sait pas ce qu'elle perd, dit-elle sur ton colérique.

    Théodora se crispa. La situation semblait mal tourner.

    Viserys la regarda d'un air amusé.

    - Je n'ai jamais dis que je ne voulais pas de toi. Tu t'enflames vite, j'aime bien ça... Mais contrairement à ce que laissent entendre quelques rumeurs mensongères, je sais être patient. Arthur n'en aura pas pour des heures avec toi...

    Arthur le regarda. Viserys venait-il d'insinuer qu'il ne savait pas faire durer l'acte avec les femmes? Son ami lui plantait un couteau dans le dos si c'était le cas.

    La blonde sourit d'un air triomphant. Elle attrapa Arthur par la main et passa près de Viserys, elle murmura assez fort pour qu'il entende :

    - Je suis certaine que vous seriez épuisé avant que je ne le sois.

    Puis, elle partie dans une chambre avec Arthur qui s'était laissée entraîner, ravi.

    Théodora souffla de soulagement, aucune saute d'humeur ou de colère n'avaient pointé le bout de leurs nez.

    Le prince secoua la tête en les regardant s'éloigner dans une chambre, amusé. Puis il retourna à la place où il s'était assise un peu plus tôt et à côté de laquelle restait la carafe de vin rouge.

    Décidément, les pensées masculines étaient un grand mystère pour Théodora. Elle aurait pensé qu'il serait en colère d'être "provoquer".  Elle s'approcha de lui.

    - Vous désirez quelque chose de plus, Prince Viserys ?

    - Hum ? Non, si ce n'est de la tranquillité. Je ne compte pas ressortir d'ici ivre mort, un dragon n'est pas sensé se saouler.

    - Techniquement, vous n'êtes pas un dragon.

    La remarque était sortie aussitôt de la bouche de Théodora avant qu'elle ne réfléchisse. Mais c'était vrai, non ? Un humain n'était pas un dragon.

    Viserys fronça les sourcils. Cette impertinence là, à ses yeux, dépassait de loin les pointes osées de la catin blonde.

    - Je suis le sang du dragon. Et nul ne devrait se permettre de dire le contraire.

    Le sang du dragon? Les Targaryens avaient comme emblème le dragon certes... Mais de là à penser qu'ils avaient du sang de dragon... Un humain ne pouvait pas en avoir, si? Théodora était sûre d'avoir raison mais pouvait-elle vraiment se permettre de continuer de contredire un prince? Elle n'était rien. Il pouvait ordonner qu'elle soit enfermée pour avoir oser le contredire ou même pire...

    - Je ne pensais pas qu'un homme pouvait posséder du sang de dragon, dit-elle en jouant la carte de la prudence.

    Elle ne le contredisait pas mais ne s'excusait pas non plus. Elle montrait juste qu'elle était un peu sceptique d'une façon plus innocente qu'insolente. 

    Le prince grinça des dents. Cette fillette était décidément têtue... et agaçante. On avait arraché des langues pour moins que ça.

    - Le sang de l'antique Valyria coule dans mes veines, le sang d'un peuple qui fut le plus puissant d'entre tous avant que ne s'abatte le fléau. Le sang du dragon.

    Il y tenait à son sang de dragon! Valyria... cette ville était un mythe que tous connaissaient à Westeros... C'était le genre d'histoire qu'on vous apprenez quand vous n'étiez encore que des enfants.

    - Par sang du dragon...Est-ce un vrai dragon ou une métaphore?se risqua à demander Théodora.

    Ce n'était pas pour le défier ou être insolente. C'était de la simple curiosité.

    Viserys soupira. Il se força à garder patience et répondit d'un ton contenu :

    - Il y eut un Targaryen avant moi qui se figurait qu'il s'agissait de la réalité, et qu'il pourrait se transformer en dragon en buvant du feu grégois. Il a tout bonnement explosé dans une gerbe de flammes. Pour ma part, je préfère autant me dire qu'il s'agit d'une métaphore et rester en vie. Si tu vois ce que je veux dire.

    Oh? Une simple métaphore... Les Targaryens n'étaient donc pas modestes de se comparer aux dragons.. Mais après tout, était la famille dirigeante de Westeros, ils pouvaient bien se le permettre. Une autre question vint à l'esprit de Théodora: savait-il lire et écrire? Bien sûr... quelqu'un d'aussi haut placer devait savoir ces choses là...

    Elle hocha la tête.. enfin, cela se voyait sous sa capuche qu'elle bougeait la tête.

    Viserys remplit à nouveau son verre à la bouteille de vin, et promena son regard à l'intérieur de l'établissement.

    - Tu es bien curieuse, déclara-t-il finalement à Theodora. Tu m'as tout l'air de faire parti de ces gens qui n'ont jamais quitté la capitale.

    Il avait vu juste....

    - Vous avez raison, Prince. J'ai passé toute ma vie entre les murs de cet établissement et quelques rues proches.

    Le reste du monde, elle n'en entendait parler que par des clients narrant leurs aventures ou des voyageurs quand elle allait au marché. Port-Réal n'était rien, un grain de poussière, comparé au reste du monde. Viserys, lui, devait avoir beaucoup voyagé.

    Viserys hocha vaguement la tête, comme si la conversation ne le concernait qu'à demi. Ce qui, pour lui, était le cas. Il ne parlait à cette fillette aussi inculte qu'insouciante que dans l'espoir de passer le temps.

    - Hmm... et quels genre de clients avez-vous ici habituellement ?

    Théodora était loin d'être stupide. Elle ne connaissait pas grand chose en dehors de ces murs car on ne lui avait pas appris, elle n'avait pas eu l'occasion. Une pointe de jalousie s'installa en elle. Elle voyait bien que Viserys  ne lui parlait que parce qu'il n'avait rien d'autre à faire.

    - Navrée de vous avoir importuné avec mes questions et mon imbécillité.

    Elle n'avait pas répondu à sa question. Théodora n'était pas sotte. Loin de là. En revanche, le noble devait la prendre pour une gamine écervelée tout juste bonne à nettoyer.

    Viserys tourna vivement la tête en direction de la jeune femme. Si le ton qu'elle avait employé n'avait pas changé, elle avait encore une fois répondu avec une insolence qui l'agaçait.

    Il passa pensivement la main sur le pommeau de son épée. De toute évidence, la gamine balafrée ne se rendait pas compte de ce qu'elle disait...

    Théodora était borgne d'un oeil. Elle avait perdu la vue de son oeil gauche qui s'était dépigmenté. de plus, sa capuche l'empêchait de bien voir. Elle ne remarqua pas le geste du prince posant la main sur le fourreau de son épée.

    - Si vous n'avez besoin de rien, je peux disposer, Altesse.

    - Très bien, répondit-il d'une voix froide. Je ne vous retiens pas plus longtemps.Théodora perçut le ton froid employé par le prince. Cela lui glaça le sang.

    Elle partit pour revenir accueillir un client ivre un moment plus tard, ce dernier avait encore une bouteille à la main.
    - Qu'est-ce qui se cache sous cette cape? Riait-t-il

    Théodora tentait de rester polie avec lui mais c'était assez compliqué. Il n'avait pas d'argent pour se payer les services des femmes d'ici et quand elle lui dit cela, l'homme s'emporta.

    Viserys se leva pour mieux voir de quoi il s'agissait. Un ivrogne se tenait à la porte, parlait fort et chahutait, rompant le calme tranquille de la maison clause. Il commença à incendier la jeune femme de jurons et devant son absence de réponse, il s'énerva encore plus. L'ivrogne s'approcha de Théodora.

    - Tu vas répondre, oui?!"
    Et il l'a gifla sans qu'elle ne s'y attende. Le capuchon de Théodora s'enleva sous le choque. Elle avait la joie rouge et ne pleurait pas bien que ses yeux soient un peu larmoyants.

    - Je viens de vous dire que vous ne pourrez pas obtenir ce que vous désirez, ici, déclara-t-elle de façon assez impassible.

    L'homme la fixa, en rage.

    - C'est qu'elle est monstrueuse cette petite ! Tu fois pas être bien cher, toi !

    Il lui empoigna un bras qu'il sera fort à en faire grimacer la jeune femme qui ne savait plus vraiment comment réagir.

    Viserys soupira intérieurement. Évidemment, en bon prince qui se respecte, il allait intervenir... mais tout de même, si on ne peut même plus rester cinq minutes tranquille, loin des obligations de la cour.

    Il s'avança vers l'ivrogne avant qu'il ne casse quelque chose à la petit, et lança d'une voix forte :

    - Monsieur, je réclame votre attention... Lâchez cette jeune femme et déguerpissez bien vite avant que je ne me fâche. Ce sera mon seul avertissement.L'homme le regarda de haut en bas.

    - J'en ai rien à faire de ton avertissement, le noble ! Je vais me la faire ! Mêle toi donc des tes oignons !

    Théodora était bien pâle. D'une part car elle avait mal et d'autre part car elle avait peur. Elle ne voulait pas que cette homme la touche. Théodora était encore vierge et elle comptait bien le rester jusqu'au mariage même si elle se voyait terminer vieille fille en travaillant ici le restant de ses jours. Car en plus de sa balafre, elle n'avait aucune dot, aussi petite soit elle.

    Viserys posa la main sur la poignée de son épée.

    - Sais-tu à qui tu parles, manant ? Fiche-moi le camps si tu tiens à ta vie.L'homme était tellement ivre qu'il lui rit au nez.

    - Pour quoi ça se prend ?!

    Tout de même pas fou, l'ivrogne plaça Théodora devant lui pour s'en servir de bouclier humain.

    -Vas y le noble ! Dégaine ton épée mais faudra trancher la balafrée.

    Jamais théodora ne s'était autant sentie rabaisser de sa vie.

    Le prince dégaina lentement sa fine et longue épée, et s'avança d'un pas.

    - Il suffit ! Obéi, ou tu réveillera la colère du dragon.

    Viserys avait usé exprès de cette expression, au cas où l'homme, trop imbibé, n'aie pas comprit à qui il avait affaire.L'homme avait bien trop bu et il rit à nouveau au nez de Viserys.

    Théodora, pâle comme un linge voyait son espérance de vie raccourcir à une vitesse impressionnante

    - Très bien, marmonna-t-il. Ma lame commençait à s'ennuyer...

    Il commença à tourner autour de l'ivrogne pour le forcer à pivoter, décrivant des cercles de plus en plus proches... L'ivrogne fit effectivement des tours sur lui même en pivotant, tenant toujours fermement Théodora devant lui qui se prit les pieds dans le bas de sa cape et trébucha, entraînant l'ivrogne dans sa chute.

    Viserys en profita, et sauta vivement en avant. Il attrapa l'ivrogne par le col de son habit avant qu'il n'ait le temps de se relever et lui frappa violement le crâne sur le sol pour le calmer.

    L'ivrogne était assommé et se tenait la tête en jurant.

    - Sale bâtard de noble ! rugit-il.

    Viserys le releva de force, l'épée pointée sur lui.

    - Paaardon ? Tu peux répéter ?

    L'ivrogne le regarda de travers.

    - Tu es sourd, le noble ?

    Théodora s'était relevée et écartée de plusieurs pas. Le prince fixait l'ivrogne, furibond.

    - Je me demande... Dois-je te couper la langue pour m'avoir manqué de respect, ou les doigts pour m'avoir désobéi ? Peut-être les deux, qu'en penses-tu ?

    L'ivrogne pâlit un peu.

    - Vous n'apprécier pas l'humour, Messire ? tenta-t-il de se reprendre.

    - Ton humour est tellement lourd qu'il va finir par te traîner au fond des Sept Enfers. En fait, je te ferais sûrement une grâce en tranchant la langue, ça t'éviterai de dire des bêtises... Je pense que je vais donc opter pour les doigts.

    L'ivrogne ne disait plus rien.

    - S'il vous plaît, pas ici ! intervint Théodora qui n'avait pas envie de voir des doigts se faire couper sous son nez ni de devoir nettoyer un sol plein de sang.

    Viserys n'eut pas un regard pour la jeune servante. Il poussa brutalement l'ivrogne vers l'extérieur du bordel,

    Une fois qu'ils furent au beau milieu de la rue, sous le nez de tout les passants, le prince attrapa les doigts de l'homme et commença à les tordre dans l'autre sens.

    Théodora ne sortit pas du bordel pour les suivre. Elle ne bougea pas. Cependant, elle entendit clairement l'ivrogne hurler de douleur et supplier le prince Viserys d'arrêter.

    Les passants s'étaient arrêtés, intrigués.

    Le prince "obéi" et cessa de lui tordre les doigts. Il les lui tranchant net d'un coup d'épée. Ensuite, il lâcha l'homme et recula de quelques pas dans le quitter des yeux.

    L'homme hurla encore plus. Sur le coup, il ne comprit pas. il lui fallut quelques secondes pour réaliser ce qui venait de se produire. Sa main était en sang. Il était agenouillé sur le sol. Il réclamait de l'aide mais personne ne s'approchait.

    Théodora se boucha les oreilles. Elle trouvait ses cris affreux.

    - À l'avenir, cracha Viserys, ne t'avise plus de tenir tête au dragon.

    Puis il le laissa là, au milieu de la rue, la main ensanglantée, et retourna à l'intérieur de la maison de plaisir.

    L'homme continua de crier dans la rue un moment avant de partir on ne sait où. Il devait probablement chercher un moyen de de panser sa blessure;

    Théodora fixa Viserys. Elle devait le remercier, non? Cependant, elle était comme paralysée, encore sous le choque de la scène violente qu'elle venait de vivre.

    Viserys essuya la pointe de son épée contre des rideaux, puis la rangea dans son fourreau. Il jeta un regard à la servante et retourna s'assoir dans les coussins.

    Théodora fixa les rideaux avec désespoir. Elle allait devoir les laver. Quand elle fut à nouveau capable de bouger, elle s'approcha de Viserys et s'inclina.

    - Merci.

    Un sourire apparu sur les lèvres du prince. Cette petite n'était pas si ingrate que ça. Un peu rustique, peut-être, mais c'est bien normal pour une gamine ayant grandit dans un bordel.

    Elle alla ensuite s'occuper de détacher le rideau. Théodora n'était si hideuse que ça. Quand on regardai son profil droit, on se rendait compte que sans la balafre, elle aurait un très jolie visage. Elle était de petite taille, certes, mais elle avait les traits d'une femme.

    Viserys réfléchissait tout en buvant son vin. Son frère avait ses petits espions, le maître des chuchoteurs ses oisillons... Le savoir était le pouvoir, dans ce nid de vipères qu'était la cour, et le pouvoir la survie en cas de tensions. Certes, le prince était souvent loin de la capitale, mais avoir des pions à lui dans le "jeu du trône" pourrait s'avérer utile.

    Théodora regarda les tâches de sang et parti emmener le rideau à l'abris des regards. Elle en ramena un propre qu'elle accrocha pour remplacer l'ancien qu'elle laverait plus tard.

    - Ey, petite ! appelaient le prince. Oui, toi, avec ta capuche !

    Théodora se tourna vers lui.

    - Oui ?

    Que voulait-il ?

    - Viens par ici. J'ai une offre à te faire qui devrait t'intéresser.

    La jeune femme plissa les yeux. Elle s'approcha sans pour autant se permettre de s'asseoir.

    - Je vous écoute, Prince.

    Pourquoi un prince aurait-il une offre à faire à une pauvre fille comme elle ?

    Théodora fronça les sourcils. Bien sûr qu'il ne serait pas là. C'était une chance qu'il se soit trouver là.

    - Que me proposez-vous?

    Elle avait faillit dire qu'elle n'avait pas qu'une silhouette de femme mais qu'elle en était une mais elle n'en fit pas la remarque. 

    - J'imagine que tu serais intéressée pour gagner plus d'argent, pouvoir quitter cet endroit ? Quand tu étais plus jeune, ça devait encore aller, mais maintenant que tu as une silhouette de femme, des évènements comme celui de tout à l'heure ne tarderons pas à se reproduire. Et je ne serais pas toujours là.

    - Un travail de servante, comme ici, mais au donjon. Travailler pour le roi ou un de ses proches ne doit quand même pas être plus désagréable que dans un bordel !

    Théodora fronça les sourcils. Ce n'était surement pas par pitié ou compassion qu'il lui proposait cela. Il y avait anguille sous roche..

    - C'est une offre que je serais bête de refuser... En revanche, je ne vois pas ce que vous gagnez  à me la proposer? Et puis," j'appartiens" à la propriétaire des lieux. Si je dois partir, il faut également son accord.

    - Aucun problème pour cela, contra Viserys. Je suis le prince, et je pourrais grassement la rétribuer en échange. Elle se trouvera une autre servante, ce n'est pas bien compliqué avec tout ces pouilleux qui courent les rues et qui seraient plus que ravis de trouver un travail fixe.

    Théodora continua de se demander pourquoi elle? C'était bien étrange. C'était une sorte de coup de tête.

    - Je serais honorée de travailler au donjon.

    Il devait y avoir pourtant déjà une multitude de servantes. Une de plus ne changerait probablement rien.

    - Très bien, très bien... J'en parlerais à mon frère, il ne te refusera pas ça... Rendez-vous demain matin devant la porte du donjon.

    Théodora hocha la tête.

    - C'est entendu, prince Viserys.

    Elle continuait à penser qu'il y avait anguille sous roche.

    Le prince se leva.

    - Autant parlez dès maintenant à ta patronne. Tu sais si elle est occupée ?

    Théodora secoua la tête.

    - Non, je crois qu'elle dormait encore.

    - Hm... Va donc la chercher et dis lui que je veux lui parler.

    Théodora se rendit jusque devant la chambre de Jayne et toqua à la porte, attendant qu'on lui permette d'entrer.

    La patronne de l'établissement ouvrit sa porte après quelques secondes.

    - Oui ? C'est pour quoi ? Encore des ennuis avec les clients ?

    Théodora releva sa capuche.

    - Aucunement. Dans le hall, Madame, se trouve le prince Viserys. Il désire vous parler.

    - Ho ? D'accord, j'arrive. Le temps d'enfiler autre chose qu'une robe de chambre.

    Et elle referma la porte.

    Peu de temps après, Jayne se présenta à nouveau, vêtue de frais. Théodora se rendit à nouveau dans le hall en compagnie de la patronne du bordel.

    Viserys s'avança à leur rencontre.

    - Vous vouliez me voir, prince ? demanda Jayne avec une courbette.

    - En effet. C'est à propos de votre servante ici présente.

    Jayne fronça les sourcils et la regarda.

    - Aurait-elle fait quelque chose de travers ?

    - Il ne s'agit pas de ça. Je la prend à mon service, et suis prêt à payer une contrepartie si besoin.

    La femme prit le temps de réfléchir, hésitante.

    - Elle est sérieuse et efficace, elle n'attirait pas d'ennuis. Je peux vous la céder mais elle vaudra au moins un dragon d'or.

    Le prince afficha un sourire malicieux.

    - Je croyais l'esclavage totalement prohibé à Westeros ?

    La patronne eut la bonne grâce de rougir.

    - Je... me suis montrée trop directe dans le choix des thermes, pardonnez moi. Il s'agit de toute évidence d'une compensation et non d'un achat...

    - Ça va, la coupa le prince. Vous aurez votre dragon d'or.

    Théodora n'avait pas l'habitude de la monnaie. Elle ne se rendait pas compte si un dragon d'or était peu ou une grosse somme.

    Elle fut étonnée de voir que Jayne la cédait aussi facilement. Quoique... ce n'était pas si étonnant. Esclavage? La jeune femme ne s'était jamais vraiment senti esclave non plus.

    Viserys sortit là somme en question de la bourse à sa ceinture et la tendit à la femme. Jayne s'en saisit en remerciant bien le prince par politesse.

    - Elle dormira encore ce soir ici, et rejoindra le Donjon Rouge demain matin.

    La patronne acquiesça et l'affaire fut réglée.

    Théodora observait l'échange sans un mot. Elle n'était jamais entrée dans le Donjon Rouge. Elle l'avait déjà vu, bien entendu, mais uniquement de l'extérieur.

    Viserys se tourna vers elle.

    - Et voilà. Tu vois, ça n'a pas posé de problèmes. Maintenant, je compte sur toi pour être là à l'heure demain.

    Théodora hocha la tête.

    - Je serais à l'heure.

    Il regarda une dernière fois autour de lui.

    - Apparemment, j'ai dû me tromper. Ce cher Arthur n'est plus visible depuis un certain moment. Mais qu'importe, il va être temps pour moi de partir, je repasserai peut-être à l'occasion.

    Effectivement, ce cher Arthur était occupé depuis un petit moment déjà.

    Théodora,  elle, ne pensait plus qu'au fait qu'elle allait partir. Domestique au Donjon Rouge était plus gratifiant que le travail qu'elle accomplissait ici.

    Il repasserait à l'occasion ? Pour voir son ami ou pour s'offrir les services d'une des femmes ici présentes ? Cela, Théodora ne voulait pas le savoir

    Viserys poussa la porte et sortit, toujours avec sa démarche élégante et assurée de prince, sans un regard en arrière. Il quitta la rue en prenant apparemment la direction du donjon.

    Théodora retourna à ses occupations. Ce n'était parce qu'elle partait demain qu'elle allait négliger les tâches qu'elle devait faire aujourd'hui.


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  • Conrad avançait à travers les navires du port. Il s'arrêtait parfois pour en contrôler quelque uns. Il venait souvent en ce lieu afin de s'assurer du bon état des navires et aussi du bon fonctionnement du port.

    Guillem errait sur les quais. Toutes ses pensées le ramenait sans cesse à la belle, à la douce Sansa Stark. Où pouvait-elle être maintenant ? La reverrait-t-il un jour ? 

    Promis, songea-t-il. Dès aujourd'hui, je demande l'autorisation de quitter la ville. Ils ne vont pas me garder indéfiniment...

    Conrad était plutôt satisfait de ce qu'il voyait. Pas de navires clandestins dans le port aujourd'hui : quel dommage! C'était amusant de devoir les arrêter. 

    D'après ce qu'il constatait, le commerce se portait plutôt bien. Le Soleil brillait dans le ciel et cette journée s'annonçait d'un beau temps magnifique.

    Soudain, Conrad remarqua un jeune noble à l'air rêveur qui marchait sans regarder où il allait. Ah les jeunes.... 

    Guillem faillit rentrer dans un matelot chargé du débarquement d'un bateau. Il évita là collision de justesse et hérita d'un chapelet de jurons à son intention. Flâner sur les quais du port s'annonçait moins tranquille et romantique que prévu.

    En soupirant, il vint s'assoir sur une caisse abandonnée pour ne plus déranger les marins qui s'affairaient.

    Conrad fixait le jeune noble qui venait d'éviter une collision avec un marin.Il s'approcha de lui.

    "Qu'est-ce qu'un rêveur fait à déambuler sur les quais? "

    De toute évidence,ce garçon n'était pas marin. Il n'en avait pas l'allure.

    Guillem avisa le nouveau venu. Il ne le connaissait pas, et se figurait être en face d'un capitaine de navire, peut-être fortuné mais pas noble.

    "J'attends avec impatience le jour où je pourrais quitter cette ville, et prendre la route vers le nord. Je ne sais pas quel est mon rôle ici, alors j'erre sans but véritable dans la ville."

    Qu'est-ce que c'était que ce jeune homme? 

    "Le Nord?" demanda Conrad, dubitatif en haussant un sourcil.

    Certes, les paysages montagnards et enneigés du Nord avaient un certain charme mais vouloir aller au Nord plutôt que d'être dans la capitale... C'était étrange selon Conrad. A moins que...? 

    "Vous souhaitez entrer dans la Garde de Nuit ?

    - Entrer dans la garde de nuit ?"

    Guillem prit un air sidéré puis éclata de rire. 

    "Non, c'est une raison toute autre qui m'attire vers le Nord ! Et même assez contraire pour tout dire... Je suis un chevalier, et je ne puis effacer de mon esprit le visage de ma dame depuis que j'ai jouté pour elle au grand tournoi de Vivesaigues !"

    Conrad fixa le chevalier avec consternation. Une demoiselle?! Sans blague! Une demoiselle! Voilà la raison qui le poussait  à vouloir rejoindre le Nord ! 

    "Le tournoi de Vivesaigues..."

    Soudain , Conrad se souvint du visage du chevalier. Il avait assisté au tournoi de Vivesaigues. Combattre pour se donner en spectacle n'était pas une habitude chez lui mais Conrad avait dû assister au tournoi du fait de son rôle au Conseil Restreint.

    "Ser Guillem Florent, n'est-ce pas?

    - En effet."

    Le chevalier était ravi qu'on l'eut reconnu.

    "Vous étiez donc au tournoi ? Vivesaigues est bien loin de la Néra..."

    Conrad hocha la tête.

    "C'est un tournoi important. De nombreuses personnes y sont invités."

    Il le toisa quelques secondes avant de se présenter: 

    "Je connais votre nom mais vous ne savez pas le mien : Conrad Greyjoy, Ser."

    Il n'en revenait toujours pas... une femme... Quelle sorcellerie que l'amour! Les hommes n'en avait pas besoin. C'était une perte de temps aux yeux de Conrad. Les femmes n'étaient bonnes qu'à faire survivre une lignée et à apporter un peu de douceur dans un monde de violence. Mais s'attacher à une femme au point de vouloir la rejoindre et de tout faire pour elle... quelle stupidité.

    Guillem ouvrit de grands yeux. Conrad Greydjoy ?! Le maître des navires ?! Et il venait de lui parler sans retenue comme à un simple capitaine...

    "Je... Enchanté, messire..."

    Ce gamin venait de comprendre à qui il s'adressait apparemment. 

    "Je vous fait perdre la paroles, Ser?"

    C'était plutôt amusant.

    "Je... c'est... Non, c'est la surprise. Mais alors... Vous voyez le roi couramment ? Vous pourriez lui parler de mon cas !"

    Quel impudent de lui demander une requête de la sorte! 

    "Votre cas? Mais encore?"

    Conrad ne voyait pas ce qu'il gagnait  à aider ce jeune abruti qui ne voulait qu'une chose: rejoindre sa demoiselle.

    "Son frère m'a ordonné ainsi qu'à d'autres chevaliers d'accompagner le cortège funèbre de notre ancien roi à la capitale, et je ne sais pourquoi. Je voudrais juste l'autorisation de quitter la ville avec une escorte pour rentrer chez moi."

    Conrad le regarda d'un air dubitatif. 

    "Cette mission ne prendra pas longtemps. Vous serez renvoyé chez vous après cela. Et... vous serez libre de vous rendre dans le Nord."

    Le jeune chevalier soupira de soulagement.

    "Je vous en serais éternellement reconnaissant."

    Conrad n'avait nul besoin de parler de cet imbécile au roi.

    "Pour quelle autre raison vous obligerait-on a rester à Port-Réal une fois les funérailles terminées? Je n'en vois aucune."

    "Je ne sais pas, mais... Le prince m'avait fait comprendre ainsi qu'à d'autres chevalier que nous ne devions pas retourner... dans le Bief."

    Conrad fronça les sourcils. Ne pas retourner dans le Bief? Y avait-il quelque chose qui se tramait? Probablement. Intrigué, Conrad se promit de faire quelques recherches sur cette petite affaire.

    "Mais cela ne vous empêche pas de vous rendre dans le Nord voir... votre Demoiselle."

    Le visage du chevalier s'éclaira.

    "Merci beaucoup, messire, de m'avoir cédé de votre temps.

    - De rien, Ser", répondit Conrad par pure politesse. 

    Il se mit à réfléchir. Les chevaliers n'auraient pas le droit de retourner dans le Bief ? C'était un ordre bien mystérieux et étrange.... Le prince était connu pour ne pas apprécier les Tyrells, les dirigeants du Bief. Cela aurait-il un rapport?

    Guillem s'inclina bien bas devant le maître des navires.

    "Adieu donc, messire. Et encore merci."

    Conrad le salua avant de le quitter pour repartir dans l'inspection de ses navires, avec, toutefois, cette idée qu'il irait creuser un peu concernant cette histoire dont venait de lui faire part le chevalier.

    Guillem s'éloigna des quais, et reprit la route du donjon. Quelle chance, songeait-t-il, d'avoir croisé la route du maître des navires ! Peut-être reverrait-t-il bientôt sa bien-aimée.

    Conrad termina son petit tour du port. Il n'était pas encore très tard. Il avait terminé bien plus tôt que prévu. 

     

    Conrad arriva  à l'entrée du Donjon Rouge. Les manteaux d'or gardant l'entrée reconnurent facilement le maître des navires. Il les interrogea pour savoir où se trouvait le roi.

    "J'en sais rien m'sire, répondit le premier garde. Sans doute encore dans ses bouquins."

    Conrad soupira.

    "Merci quand même."

    Il n'aurait plus qu'à se rendre à la bibliothèque dans l'espoir de trouver le roi. 

    Viserys arriva peu de temps après. Il rentrait de ville, à pied (une fois n'est pas coutume), et passa les portes solidement gardées sans s'arrêter. Les gardes l'avaient reconnu, au moins par ses habits si ce n'est par son visage.

    Conrad remarqua la présence du prince. Il aurait voulu parler au roi de ce que lui avait dit l'imbécile amoureux de chevalier mais s'il pouvait directement en parler avec le principal concerné : le prince. 

    "Prince  Viserys! l'interpella-t-il.

    - Messire ?"

    Le prince s'avança vers lui, curieux de savoir ce que le maître des navire pouvait avoir à lui dire.

    Conrad regarda autour de lui. Il y avait un peu trop de gardes à son goût et n'importe qui pouvait passer par ici.

    "J'aimerais m'entretenir avec vous à propos d'un sujet que m'a narrer un jeune chevalier.

    - Mm ? D'accord."

    Viserys avait surprit le regard de Conrad et proposa :

    "Que diriez-vous de visiter mes appartements ? C'est un lieu fort agréable pour discuter, vous verrez, et très... tranquille."

    Conrad hocha la tête.

    "Je suis certain que nous y serons mieux."

    Le maître des navires avait hâte de savoir s'il y avait un information croustillante concernant des plans secrets contre le Bief.

    Viserys prit la direction des hauteurs du donjon, là où se situaient les appartement de la famille royale. Tout en s'assurant que son interlocuteur suivait bien, il lança la conversation :

    " Alors comme ça vous avez discuté avec un jeune chevalier ?"

    Conrad esquissa un sourire.

    "Oui, un jeune homme qui avait fait le tournoi de Vivesaigues."

    Il donnait les informations au compte goutte.

    - Il y en quelques uns à la capitale, ces temps-ci, enchaîna Viserys. Si ma mémoire est bonne... on a un Fossovoie... un Florent... un Hightower je crois... et un autre dont le nom m'échappe.

    Conrad n'avait pas envie de révéler qu'il s'agissait du Florent.

    "Ce chevalier m'a fait part d'une bien étrange histoire.

    - Ha oui ? Tenez, nous arrivons. Vous allez pouvoir m'en faire part sans tarder."

    Conrad avait déjà eu le privilège de venir dans les appartement du prince. Ce n'était pas la première fois que les deux hommes s'entretenaient sur un sujets qui devaient rester à l'abri des oreilles indiscrètes.

    "Rien n'a changé depuis ma dernière visite.

    - Non, en effet. Il faut dire qu'entre deux voyage, je ne juge pas primordial de m'occuper de l'ameublement de ma chambre. Bref : vous me parliez d'un chevalier et d'une affaire qui vous intriguait."

    Conrad regarda par la fenêtre. Le prince avait une bien belle vue. 

    "En effet, je me demandais si vous aviez récemment décider de vous en prendre aux habitants ou... certaines familles du Bief."

    Viserys prit son temps avant de répondre. Il s'approcha de la fenêtre et regarda le port qui bruissait en bas, loin sous les rempart imposants du donjon.

    " Qu'est-ce qui vous ferait dire ça, au juste ?" demanda-t-il finalement en se tournant à nouveau vers le maître des navires.

    Conrad s'installa confortablement.

    "Vous n'offrez pas à votre invité un verre de vin?"

    Le maître des navires savait qu'il jouait probablement avec la patience du prince

    " J'espère que vous n'avez rien contre les vins épicés, répondit-il." Je n'ai à peu près que ça à portée de main.

    Le prince se dirigea vers un petit buffet coincé entre une commode et un mur. Il en sortit une bouteille sombre et retourna vers Conrad.

    "Non, je n'ai rien contre."

    Il était de notoriété publique que le prince Viserys affectionnait Dorme sous tous ses aspects même l'alcool.

    "Pour répondre à votre question, il semblerait que certaines personnes originaires de cette contrée aient reçu l'ordre de ne pas y retourner une fois les funérailles de votre défunt père et notre roi, terminées.

    - Je vois... les jeunots du Bief, hein ?"

    Le prince déboucha la bouteille et servit deux coupes de vin. Il en tendit une à Conrad et garda la sienne.

    " Ils n'ont aucun soucis à se faire pour eux, tant que leurs familles resterons tranquilles."

    Conrad le remercia avant de porter à la coupe à ses lèvres pour en boire quelques gorgées.

    "Excellent! Je devrais boire du vin du Sud plus souvent, dit-il avait de marquer une pause. Serait-ce une sorte de prise d'otage?

    - J'aime les hommes qui ont du goût, fit Viserys avec un sourire. Ainsi que les hommes perspicaces.

    - Celui qui m'a fait vent de cette rumeur n'a aucune idée de votre plan, Altesse.

    Le chevalier Florent était définitivement un imbécile heureux selon Conrad.

    -Il était simplement étonné de ne pouvoir rentrer chez lui. Je suppose que vous tiendrez à les garder à Port-Réal, n'est-ce pas ? Oh! Et si je peux me permettre, j'apprécie certains hommes mais je ne les aime pas."

    Conrad aimait jouer sur les mots. C'était une passion assez agaçante chez lui.

    Viserys tira un siège à lui et s'assit.

    " Évidement qu'ils ne se doutent de rien. Je n'ai pas choisit "l'escorte funéraire" de mon père au hasard. Un joli lots de preux chevaliers aussi naïfs qu'ils sont vaillants. J'ose simplement espérer que le reste de leur famille ne leur ressemble pas."

    Puis, après un bref silence :

    " Il est vrai qu'à Port-Réal, les choses établies sont tellement strictes... Enfin, vous avez sans doute raison. Apprécier quelqu'un ne nous oblige pas à lui faire confiance. C'est mieux ainsi."

    Conrad l'écoutait. Il parlait de ces chevaliers comme de brebis égarés.

    "Je ne pense pas que le reste de leurs familles soient aussi naïfs. L'un des chevaliers avait émis le souhait de se rendre dans le Nord."

    Il regarda le prince droit dans les yeux.

    "La confiance est trop précieuse pour être accordée."

    "Le Nord ?"

    Viserys ébaucha une grimace.

    "Quelle drôle d'idée... Mais dîtes-moi, auquel de ces chevaliers avez-vous parlez ? Vous ne me l'avez toujours pas dit."

    Bien sûr, il était on ne peut plus d'accord avec le maître des navires sur ce qui concernait la confiance. Il n'était pas étonné que le capitaine Greydjoy ait su se hisser si haut à la cour avec des principes si ordonnés.

    Conrad but un autre gorgée de vin.

    "Quelle importance que l'identité de ce chevalier?"

    Le maître des navires craignait que ce chevalier ait des soucis pour avoir permis à Conrad de découvrir les plans cachés du prince.

    "Votre frère est-il au courant de vos petits tours ?

    - Hum... disons que j'essaye de comprendre pourquoi un chevalier du Bief voudrait se rendre dans le Nord. Quand à mon frère... en quelque sorte, oui. En tout cas, il est au courant pour les "otages", et je lui ais fait part de mes réserves vis à vis des Tyrell et leurs vassaux. Les évènements récents de Vivesaigues pourraient être... mal interprétés."

    Conrad analysa ce qu'il venait d'apprendre.

    "Pour une raison des plus délirantes... Vous l'avez dit, ces chevaliers ne sont pas bien malin et celui-ci semble s'être amouraché des beaux yeux d'une femme."

    Là encore, Conrad n'était pas surpris. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure que le prince ne supportait pas les Tyrell.

    "D'une femme du Nord ? Alors je crois savoir de qui il s'agit... Le jeune vantard que j'ai affronté en deuxième joute sans doute."

    Conrad le fixa.

    "Les chevaliers sont vantards et fiers pour la plupart.

    - Hum... peut-être, mais pas tous. Feuilletez le livre de la Garde Royale, et vous trouverez sans doute quelques exceptions. D'ailleurs, celui qui a tué mon père ne faisait pas vraiment le fier après la joute."

    Cornad le concevait fort bien.

    "Je n'ai pas dit qu'ils l'étaient tous."

    Il but encore des gorgées jusqu'à finir son verre.

    "Puisque je sais ce que vous comptez en parti faire, j'aimerais que vous dites quels sont les aboutissements de vos plans."

    Le prince fronça les sourcils.

    " N'est-ce pas vous qui, il y a à peine cinq minutes, affirmiez qu'on ne devait en aucun cas donner sa confiance à qui que se soit ? Pourquoi ferais-je une exception pour vous ?"

    Son propre verre était à peine entamé. Il faisait tournoyer lentement le vin à l'intérieur, sans quitter Conrad des yeux.

    Conrad rit.

    "J'ai dit cela. Je ne vous demande pas de m'accorder votre confiance. C'est simplement que vous m'éviteriez de faire de longues recherches pour comprendre vos intentions. Tôt ou tard, Prince, je saurais ce que vous complotez contre les Tyrell."

    Conrad n'avait pas sa langue dans sa poche. Il trouvait grotesque de cacher ses intentions par de sous-entendus.

    Viserys fronça le nez.

    "Comploter contre les Tyrell ? Messire, vous me vexez. C'est plutôt un complot de leur part que je crains. La mort de ce... Renly Cendregué et de son neveu est sans doute déjà bien connue dans le Bief. Peut-être êtes-vous au courant de l'affaire ? Vous savez... ce chevalier maladroit qui avait planté son épée dans l'oeil d'un roi..."

    Conrad le fixa. De la rancœur et vengeance, voilà ce qui allait les animer. Et cela ne présageait rien de bon. La rancœur et les déchirures qu'elle accompagnait faisait parfois faire des choses idiotes.

    "Hum.. et vous ne pensez pas que les familles du Bief penseront à une provocation de votre part de garder leurs jeunes chevaliers ?

    - Mais voyons, répondit le prince d'un ton exagérément mielleux. Ils ne sont pas en danger, ni même vraiment retenus. Ils ont été prit dans l'escorte funéraire de leur défunt roi, ils devraient être flattés. Et maintenant, ils sont invité à la cour de la capitale... un honneur, non ?"

    Conrad soupira.

    "Officiellement. Mais officieusement, les familles comprendront ce que vous chercher à faire.

    - Certes. Et officieusement, elles comprendrons que tant qu'elles resterons tranquilles, leur progéniture le sera de même."

    Conrad fixa la vue.

    "Et si elles cherchaient à récupérer leurs progénitures?

    - Tout dépendra des moyens employés j'imagine. Ce n'est tout de même un secret pour personne que des guerres sont parfois évitées par des prises d'otages. Et ces braves chevaliers n'aurons pas l'occasion de s'ennuyer, ils ont toutes sortes d'occupations à la capitales. C'est votre histoire de damoiselle du Nord qui m'embête... si le Florent continue à insister, je ne pourrais plus lui imposer de rester sans déclencher d'incident diplomatique... C'est fâcheux."

    Conrad sourit.

    "Il était bien épris de sa demoiselle. Si vous voulez le garder sous votre contrôle, trouvez qui est la demoiselle et faites à la venir à Port-Réal... Cela vous permettrait de le garder."

    Conrad aimait les coups bas. Pas être un comploteur mais savoir ce qui se tramait. C'était en se faufilant dans les failles des complots qu'il avait atteint son rang.

    Viserys posa son verre à côté de lui et soupira.

    "Malheureusement, je pense bien savoir qui est cette dame ! Le jouvenceau s'amusait à lui offrir les ornements des casques des adversaires qu'il vainquait "en son nom". Totalement ridicule au passage. Quand je lui ais fait mordre la poussière, j'ai pris soin de trancher le petit renard qui gambadait sur son heaume, et je l'ai donné à sa "dame d'amour". La tête qu'elle faisait ! Sans doute aurait-elle préféré voir un dragon s'ajouter à sa collection... Enfin bref : cette damoiselle en question portait les couleurs Stark, et je suis pratiquement sûr qu'il s'agissait de Sansa, l'héritière du Nord, première fille du gouverneur de Winterfell."

    Conrad fut ravi de voir qu'il n'était pas le seul à comprendre que ce chevalier n'était qu'un imbécile. Quelle idée de fanfaronner autant...

    "Ah oui, je me souviens de cet épisode."

    Sansa Stark....

    "C'est une jolie jeune femme... Elle ferait tourner la tête de pas mal de jeunes gens."

    Or... faire venir une Stark et la garder à Port-Réal... voilà un problème. Elle n'a aucune raison de se présenter ici.

    "Oui, et en plus celui qui l'épousera deviendra gouverneur du Nord. De quoi intéresser plus d'une maison. Et hors de question qu'elle ne tombe entre les main des Tyrell ou de leurs vassaux ! Déjà qu'ils se targuent d'avoir les terres les plus fertiles, ils ne vont pas en plus avoir les plus vastes !"

    Conrad sembla réfléchir.

    "Trouver un mari à la fille? Ainsi le jeune Florent sera désabusé."

    S'il n'était pas assez idiot pour empêcher la fille de se marier.

    - Oui, se serait l'idéal. Un mari riche et influent au possible, et en lequel la couronne puisse faire confiance... ainsi, elle ne pourrait refuser.

    Tout en tournant son regard vers la fenêtre, Viserys fit mentalement l'inventaire des personnes qui pourraient correspondre. Son frère, déjà, bien sûr ! Le roi en personne... même si il est deux fois plus vieux qu'elle, elle ne pourrait refuser, non ? Certains membre du conseil restreint aussi ? Lord Manderly est un nordien, non ? Oui, mais trop vieux, et déjà marié...

    "Bon, déclara finalement Viserys. J'en toucherai deux mots à mon frère. J'ai bien quelques idées, mais c'est lui le roi maintenant... D'ailleurs, vous qui êtiez au conseil restreint, vous m'en feriez bien un résumé ?"

    Conrad se décida  à lui en faire un petit résumé:

    "Lord Stark est mort. Sa fille, Sansa est l'héritière. Une enquête sera faite sur la mort du seigneur du Nord. Daron Martell est invité à la capitale et a accepter de venir. Mes compatriotes Fer-nés pillent un peu trop en ce moment."

    Conrad s'était montré particulièrement discret. C'était un Greyjoy. Il avait pillé, lui aussi, dans sa jeunesse. C'était une tradition pour sa famille.

    " Le Gouverneur du Nord... mort ? Ca risque d'être encore plus difficile pour convaincre la fille à se marier. Je vois d'ici tout les prétendants affluer à Winterfell..."

    Il secoua la tête, déçu.

    "Et puis... pourquoi une enquête ? La mort ne serait pas naturelle ?"

    Conrad le fixa.

    "Et bien... nous penchons sur un meurtre."

    Lord Stark ne serait pas mort aussi facilement.

    "Un meurtre... à Wintrefell ? Hé bien, que les nordiens règlent leurs affaires, mais c'est assez étrange. Sinon, l'arrivée de Daron est une bonne nouvelle. Au moins une."

    Conrad le regarda.

    "La fille Stark serait un bon parti pour votre frère qui est déjà roi.

    - Oui, c'est bien ce que je me disais, seulement..."

    Viserys fut interrompu par un garde de la ville qui ouvrit la porte en coup de vent.

    "Messire ! Messire ! Dans la ville... Un dragon ! Il est entrain de tuer tout le monde !"

    Le prince bondit de sa chaise et se précipita à la fenêtre. En effet, l'énorme reptile volant brûlait tout ce qui lui passait sous la main au marché aux poissons, juste entre les remparts et la rivière.

    Conrad se précipita  à la fenêtre également. Quels maux poussaient cette bête à agir ainsi?!

    "Il faut intervenir avant que ce dragon ne réduise Port-Réal en cendre!"

    Les yeux écarquillés devant l'animal devenu fou, le prince eut pour toute réponse un hochement de tête. Puis il s'éloigna de la fenêtre et empoigna sa lance appuyée plus loin contre un mur de la chambre.

    - J'y vais !

    Et il s'élança à nouveau vers la porte, bousculant au passage le garde tétanisé.

    Au dehors, le dragon avait fini de s'en prendre à la foule, et il décollait pour prendre de l'altitude. Soit pour attaquer la ville à un autre endroit, soit pour s'éloigner. Conrad se mit à suivre le prince. Il ne comptait pas rester là sans rien faire. Le dragon avait déjà fait assez de dégâts comme cela. Il ne fallait surtout pas qu'il mette le feu à la capitale.

    Dévalant les marches de la tour quatre à quatre, le prince eut tôt fait d'arriver en bas. Il n'avait pas eut le temps de se changer et était toujours vêtu de ses habits légers de lin et de soie.

    Quand il sortit du bâtiment, il pu voir le grand dragon qui s'éloignait dans le ciel en suivant la route royale. Conrad fronça les sourcils. Pourquoi le dragon avait-il arrêter pour prendre cette route là.

    Le prince hésita quelques instants. Suivre le dragon hors du château, ou le laisser s'enfuir ? De toute façon, même à cheval, il n'irait jamais assez vite...

    Viserys ordonna à quelques gardes de le suivre, puis il quitta le donjon en courant. Direction Fossedragon.


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