• Viserys arriva au pas de course à Fossedragon, suivit de près par le Maître des Navires. Il entra dans l'immense cage des dragons. Les gardes postés à l'entrée le laissèrent passer sans discuter, il était un Targaryen après tout, et Conrad l'accompagnait.

    Une fois à l'intérieur, Viserys se dirigea sans hésiter vers son dragon, Onys. Là il demanda aux hommes chargés de s'occuper de l'animal de lui donner les clés des chaînes qui l'entravaient, et d'ouvrir les portes.

    - Messire ? Vous êtes sûr que...

    - OBEISSEZ !

    - Bien, bien...

    Conrad, de son côté, était plus hésitant. Le dragon du prince était bien petit par rapport à celui qui venait de ravager une partie de Port-Réal.

    - Prince... Vous pensez que c'est une bonne idée ?

    C'était un pari risqué que d'utiliser son dragon.

    - Vous en avez une autre ? C'était le dragon de mon père, je l'ai reconnu ! Je ne veux pas que Onys le batte, juste qu'il nous permette de le suivre ! Et tant pis si mon frère désapprouve !

    Si c'était pour le suivre..

    - Vous aller montez sur le dos de votre dragon?

    Viserys parcouru des yeux Onys. Le dragon avait une petite dizaine d'année, et il faisait la taille d'un grand cheval sans compter les ailes. Peut-être serait-il temps... mais Viserys ne l'avait jamais monté, et il craignait que les circonstances ne soient pas idéal. Ha, si seulement le grand reptile avait eut plus l'occasion de sortir de cette cage doré, il serait au moins trois fois plus gros !

    - Non, je le suivrais à cheval, avec des hommes du guet. Si on s'éloigne de plus de cinq kilomètres de la ville, on fera demi-tour. Appâter Onys avec de la viande ne sera pas bien compliqué.

    Conrad hocha la tête. Il n'aurait pas été judicieux de monter sur le dragon.

    - Je viendrais à cheval avec vous.

    C'était non négociable. Le maître des navires se devaient de continuier à suivre le prince et puis, si les choses tourner mal, il devrait le protéger. Viserys était un bon combattant, certes, mais il lui fallait quelqu'un pour protéger ses arrières et Conrad était un homme d'honneur et loyal envers la couronne.

    - Comme vous voudrez. Vous m'avez l'air décidé, et je n'ai pas le coeur à vous en empêcher.

    Pendant ce temps, les soigneurs avaient bel et bien fini de détacher Onys. Dès que les portes furent ouvertes, le dragon fouetta l'air de sa queue et étendit son long cou reptilien. Il fit quelques pas et passa la tête dehors. Puis son corps. Et enfin, il pu étendre ses ailes.

    Viserys adorait regarder son dragon en vol.

    Un mélange d'écarlate et de jais, comme un charbon ardent qui prendrait son essor.

    Le prince sortit de la cage. Conformément à ses ordres, on avait amené sa jument rouge et les chevaux nécessaires aux gardes sensés l'accompagner.

    - Je n'avait pas prévu que vous veniez, lança-t-il au maître des navires, vous devrez vous contentez de prendre le cheval d'un homme du guet !

    - Cela me convient, lança Conrad qui n'allait pas faire le difficile en réclamant son étalon habituel. 

    Il n'en avait pas le temps. 

    Le jeune homme n'avait jamais vu un dragon d'aussi prêt. Il était impressionné par Onys. C'était un animal magnifique.

    Il monta sur le cheval.

    Viserys enfourcha son propre coursier, et attendit que tout les hommes du guet eurent fait de même. Puis il donna le signal du départ, et la troupe s'ébranla à travers les rues de la ville, jusqu'à la Porte des Dieux. Celle qui mène sur la route royale.

    Onys avait voltigé quelques temps au dessus de la ville, ivre d'air et de liberté. Puis il avait entendu les rugissement d'un compatriote non loin, et avait prit cette direction en se laissant glisser sur l'air. Le dragon rouge et noir arriva rapidement à proximité de Aragon, qui brûlait à nouveau tout ce qui lui tombait sous la patte au nord de la ville, le long de la Route Royale. La compagnie à cheval fut plus lente à l'atteindre, ils n'avaient pas d'ailes eux.

    En voyant arriver l'autre dragon en compagnie des humain, Aragon sembla prit d'une fureur meurtrière et lui cracha un puissant jet de flammes. Onys fut surprit et désarçonné que son camarade l'attaque si brusquement. Il connaissait principalement la compagnie de Baal, qui était on ne peut plus tranquille comme dragon.

    Prenant la mouche immédiatement, il rétorqua par un rugissement agressif et un violent coup de griffe à cet autre dragon.

    Viserys observait la scène d'en bas, impuissant. Pourvu que son dragon ne se fasse pas gravement blesser par Aragon... Mais qu'est-ce qui lui prenait aussi, au dragon de son père ? Il se souvint des paroles de se dernier : les dragons sont des bêtes sauvages, pas nos amis. Il faut faire preuve de tact et de prudence si on ne veut pas que notre principal atout se retourne contre nous.

    Aragon donna un violent coup de queue sur l'aile gauche d'Onys, pour le déséquilibrer puis lui cracha un jet de flammes sur l'aile droite. Le dragon, évidemment, ne craignait pas le feu. Par contre, il était beaucoup moins imposant que son adversaire, et ne put tout à fait éviter le coup sur son aile.

    Il commença à piquer vers le sol, et se redressa de justesse pour atterrir à quelques mètre de la route. Aragon descendait en piqué droit sur lui.

    Cette fois, Viserys était descendu de sa jument, et tenait sa pique bien en main. Il ne comptait pas laisser faire ce dragon fou ! Onys n'avait aucune chance face à lui, c'était évident maintenant... Mais avec l'appuis des hommes en plus, ils pouvaient y arriver ! Il décrocha le bouclier fixé à la selle de sa jument et commença à s'approcher vers les deux dragons qui se battaient dans un tapage infernal.

    Aragon crachait du feu en tous sens, il semblait réellement fou. Malgré son élan de courage, Viserys n'osait pas trop s'approcher... D'ailleurs, personne n'osait trop s'approcher. Onys battait des ailes et de la queue en rugissant et se mit à cracher des flammes à son tour. Il mordit son adversaire à la jonction entre la patte et le cou, ce qui faillit le déstabiliser, mais Aragon se rattrapa et donna un puissant coup de queue au dragon noir qui l'envoya bouler.

    Enfin débarrassé de son adversaire, le dragon fou se tourna vers les humains... Et cracha une gerbe de flammes. Viserys recula précipitamment en se couvrant de son bouclier. Non, décidément, approcher l'énorme animal ne serait pas chose aisée si il ne voulait pas finir carbonisé !

    Il leva un bras et clama à l'adresse de Aragon.

    - Dragon ! Calmes toi ! Il y a... de la nourriture pour toi si tu te calmes !

    Il ne comptait pas à ce que l'animal comprenne ses mot, mais au moins que le ton employé lui rappelle ses années de dressage avec son père où il recevait des pièces de viande en récompense.

    Le dragon ne fit que redoubler de rage et de hargne. Il cracha une nouvelle salve de flammes en direction du prince. Ce dernier poussa un cris et fut obligé de se jeter au sol. Les flammes passèrent non loin de lui, et il en sentit la chaleur sur sa peau.

    Il se releva tant bien que mal et commençait à épousseter ses habits, rassuré d'avoir échappé au pire, quand il constata que sa cape prenait feu. Et avec les habits légers en soie qu'il portait, il risquait rapidement de se transformer en torche humaine !

    Il arracha sa cape de tissu rouge et la jeta dans l'herbe comme si il s'était agit d'un animal prêt à mordre, et s'éloigna de plusieurs pas précipités. 

    Le temps de s'occuper de ça, il avait cessé de surveiller le dragon. Et Aragon s'apprêtait à cracher son feu à nouveau... Conrad se jeta sur le prince pour l'écarter du jet de flamme. Il sentit une chaleur fulgurante tout près... Ils l'avaient échappé belle. C'était un vrai coup de chance. Viserys se trouva écrasé au sol par Conard, et il allait protester lorsque les flammes passèrent en les frôlant. D'accord. Si ils s'en sortaient vivant, le prince se souviendrait de remercier le maître des navires.

    Aragon se détourna des humains pour s'intéresser à nouceau à Onys. Il lui sauta au visage et tenta visiblement de lui crever les yeux avec  tout autant de hargne que précédemment. Le dragon noir s'était protégé le visage de ses ailes, mais les fines membranes qui les recouvraient se trouvèrent lacérées, et un sang fumant comme du métal en fusion en coula. Il rugit de détresse et de colère, cet autre dragon était plus gros et plus fort que lui.

    Quand Aragon s'en prit à son dragon, Viserys vit rouge. Il empoigna sa pique et la lança en direction de l'énorme reptile... Qui la renvoya d'un simple coup d'aile sans cesser de s'en prendre à l'autre dragon. Onys reculait à chaque coup, subissait sans pouvoir se défendre. Il claquait des mâchoires, tentait des coups de griffes, mais était de toute évidence moins gros et moins musclé que son assaillant.

    C'est là que le maître des navires intervint.

    - Que des lances soient jetées sur Aragon !

    Celle du prince n'avait eut aucun effet, mais elle était seule... Là, c'était des dizaines de piques qui qui s'envolèrent. Conrad lui-même prit un arc et encocha une flèche pour viser le dragon.

    Aragon se détourna du pauvre Onys et fonça sur les humains, la gueule béante ouverte sur des flammes terribles. Chacun tenta de s'écarter de sa trajectoire comme il pu, mais Viserys sentit tout de même une vive brûlure au bras droit. Sa manche prenait feu, et il dû l'arracher de la même manière que la cape, brûlant sa main gauche au passage. Conrad dû retirer une de ses bottes en catastrophe.

    Touché par les piques, le dragon hurla de douleur et cracha son feu au visage de Conrad, qui eut juste le temps de se protéger d'un bouclier... avant que celui-ci ne fonde sous la chaleur des flammes du dragon. Le maître des navires s'en débarrassa, mais il n'avait désormais plus aucune protection.

    Viserys n'avait plus d'autre arme que son épée, assez inutile face à une créature comme Aragon, mais les gardes de Port-Réal ne cessaient pas de lui décocher des flèches, qui dans les ailes, qui dans le dos... Et Aragon cracha à nouveau son feu infernal vers le tas d'humain qui l'assaillaient. Lui faisaient-ils seulement plus que des piqûres d'insectes ? Cette fois, une bonne partie de la garnison fut touchée par les flammes, et les hommes s'écroulèrent en hurlant. Viserys recula encore pour se mettre hors de portée. Courageux, si vous voulez, mais pas fou quand même ! Non seulement le prince n'avait pas la moindre ébauche de début d'armure, mais en plus il n'avait plus d'arme à peu près utile face à un dragon.

    Conrad était blessé à la cheville après son plongeon pour sauver le prince, Viserys ne s'en rendit pas compte au milieux de tout les soldats morts ou blessés. En fait, maintenant, ils ne pouvaient plus faire grand chose pour arrêter le dragon. Si ce n'est attendre... et espérer. Espérer que les dragons ne soient pas immunisé contre le venin de vipère cornue. Celui dont il avait enduit sa lance avant le combat.

    Aragon crachait encore des flammes, mais Viserys était désormais assez loin pour le voir venir et se décaler à temps. Seul l'herbe roussissaient sous les assauts du dragon fou. Mais il ne semblait pas faiblir, et le prince s'inquiétait de plus en plus pour son avenir. 

    Soudain l'énorme bête bondit sur lui et le propulsa d'un violent coup de patte. Il buta contre un arbre et s'affala, sonné, le souffle coupé. Par les Sept, mais que le sol arrête de bouger tout seul, ce n'était pas convenable !

    Conrad avait réussit à récupérer son cheval en panique le lança à fond vers le prince. Il s'arrêta juste à côté de lui.

    - Montez ! Nous devons nous écarter !

    Viserys était complètement sonné, et il se demandait si il n'avait pas quelque chose de cassé. Mais Conrad avait raison : rester sans bouger avec ce dragon furieux équivalait à une mort certaine. Il se releva donc en chancelant et s'apprêtait à monter en croupe du maître des navire (impossible de savoir où était passée sa jument, surement repartie vers ses écuries lorsque les dragons s'était posés au sol dans un fracas du tonnerre), quand de nouvelles flammes atteignirent l'animal. Le prince recula contre l'arbre, et espéra fortement pour Conrad qu'il avait eut le temps de sauter avant que l'animal ne prennent feu et ne se mette à galoper en tout sens en hennissant de douleur.

    Le dragon gigantesque eut le temps de le rejoindre et le propulsa de nouveau d'un coup de patte. Il semblait en vouloir particulièrement au prince, et concentrait clairement ses assauts sur lui.  Viserys roula sur le sol, à plusieurs mètres de la route. Il tenta de se relever, mais un gémissement lui échappa : le moindre mouvement réveillait une douleur fulgurante dans son flanc. De plus, la tête lui tournait. Il n'eut pas le temps de voir le dragon arriver.

    Des flammes lui léchèrent les jambes. Il ne put retenir ses hurlement de douleur lorsque le dragon vint le brûler. Ses habits légers prenaient feu, il sentait la chaleur, puis la brûlure comme des centaines de poignards qui viendraient lui percer les jambes. Et il était impuissant, incapable de se défendre, il avait lâché son épée lorsque le dragon l'avait projeté la première fois. Il était clair que l'énorme bête jouait avec lui comme un chat avec sa proie. Il voulait juste lui causer de la douleur, le faire souffrir avant de l'achever.

    Un nouveau coup de patte, un craquement sinistre, une douleur fulgurante... Et le noir.


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  • Daenerys se baladait un peu partout et fit un rapide tour dans la cour. Elle s'était positionnée dans un coin où elle avait eu le plaisir de laisser faire les passant son spectacle. Sortant un petit calepin et un crayon simple, elle se mit à griffonner ce qu'elle voyait sur une des pages.

    Une voix la tira de sa concentration.

    - Lady Daenerys, comment allez-vous ?

    La princesse leva les yeux de son papier et observa l'homme qui lui parlait. Elle reconnu à son allure et à ses parchemins le Grand Mestre Raehnys. Elle fit une discrète révérence :

    - Bien merci, et vous ? Comment vont les affaires ?  

    - Un dragon a attaqué la ville aujourd'hui même ! L'ancien de votre père. Personne ne sait ce qui lui a prit !Elle hocha tristement la tête :

    - Oui, j'étais à la bibliothèque quand le tapage à commencer... J'ai peur que mon frère s'y soit mêlé, le connaissant. Je pense plutôt à une profonde tristesse du à la mort de son maître...

    - Et il s'en est mêlé, cette tête de mule. J'ai vu son dragon s'envoler de Fossedragon. Quand à la tristesse de Aragon, c'est peut-être ça. Nous risquons fort de ne jamais savoir de toute façon : les dragons ne parlent pas.

    Daenerys devint furibonde. Comment peut-il osé mêlé en plus son dragon bien plus jeune et petit à celui de son père bien plus fort et âgé, en plus fou furieux ! Elle se sermonna alors. Tu pense au dragon plutôt qu'à ton frère ! 

    Son visage se crispa mais elle le détendit vite et répondit pour Aragon :

    - Ils ne parlent pas, mais ils savent nous le faire comprendre.

    Elle détourna les yeux

    - Enfin, je ne sais pas vraiment, je n'en ai pas et n'ai jamais été confronter à ces bestioles à par dans les livres....

    Puis elle reposa ses prunelles violettes sur lui.

    - Je ne suis pas non plus un grand savant sur ce qui concerne les dragons, mais je sais une chose : ils sont très intelligents, et ce n'est sans doute pas sans raison qu'il se serait retourné contre les humains.

    - Je le conçois bien, répondit-elle dans un hochement de tête.

    - Espérons que cette affaire ne se termine pas en bain de sang. Avec un peu de chance, le dragon sera partit loin vers le nord et les cavalier ne pourrons pas le rattraper.

    - Espérons qu'ils n'aillent pas jusqu'au nord ! S'exclama t-elle. Moi j'espère que ça ne se finisse pas en cendre...

    - Il y a déjà tout le marché au poisson qui a été détruit, je suis aller prendre en compte les dégâts.

    Il désigna la liasse de parchemins qu'il portait.

    - Il y a autant de dégâts que ça ! s'exclama t-elle une nouvelle fois avant de se reprendre. C'est un coup dur...

    - Pour nous, pas vraiment. Mais pour les gens qui habitaient près du port, qui avaient leurs étals là-bas ou qui sont mort dans les flammes du dragon, oui, c'est un coup dur.

    - Je vais m'y rendre et constater de mes propres yeux... Peut-être que nous pourrions les aider à surmonter cela... En particulier... financièrement, proposa t-elle très peu sûre d'elle.

     - C'est à votre frère le roi que reviendra cette décision, pas à vous ni même à moi.

    La jeune princesse fronça des sourcils :

    - Evidement. Je ne faisais que discuter.

    Raehnys afficha un sourire lasse.

    - Je sais, je suis désolé princesse. Avec ces paperasses de tout côtés, je suis complètement débordé et ne pense plus qu'administratif.

    - Je ne voudrais pas vous retarder, s'excusa Daenerys.

    - Ho, ne vous en faites pas : je ne sais même pas où trouver le roi, et maintenant que le dragon est partit, rien ne presse jusqu'au retour de votre frère le prince.

    - En espérant qu'il revienne en un morceau. J'ai un mauvais pressentiment en le connaissant. T'en mieux alors si vous avez un petit moment de répit.

    - Ho, j'ai dû le supporter pendant toutes ses années d'apprentissage avant qu'il n'aille à Dorne, je sais comment il est. Enfin bref, j'ai bien ce qu'on pourrait appeler "un répit" dans la vie d'un mestre à la cour de Port-Réal. D'un Grand Mestre surtout.

    - Ca doit être un si grand honneur d'arriver à un si bon poste ! le flatta t-elle pour entretenir la conversation.

    Pour en apprendre peut-être plus sur les mestres ou peut-être pour lui donner son petit moment de gloire.

    - C'est vrai que quand mes compagnons de la Citadelle m'ont élus Grand Mestre, j'était muet de joie. Maintenant je suis vieux : j'ai vécu de belles années à servir la couronnes, mais il m'arrive de me dire que je fatigue. Bien sûr, je resterais jusqu'au bout, mais je vais finir par manquer d'efficacité...

    - Le temps fait l'expérience. Je suis heureuse de voir une telle fidélité au roi, de ce que vous en dites.

    - C'est au royaume que je suis fidèle. Les guerres, les famines... en étant Grand Mestre, on peut participer à améliorer ça. Mais vous, princesse, savez-vous quel sera votre avenir ?

    Elle haussa les sourcils :

    - Je me le demande encore... répondit-elle un peu honteuse.

    Pourtant, elle ne cessait d'y penser !

    - Je crains fort qu'il ne dépende de vos frères. Valerys a bien des obligations, mais je pense qu'entre royaume et famille, il fera tout pour mériter ses couronne. Quand à Viserys... Il n'est pas très attaché aux traditions Targaryennes je crois. Mais si l'un d'eux se décidait à suivre l'exemple de leurs ancêtres, vous risquez fort de devoir l'épouser.

    Elle hocha une nouvelle fois la tête avec une grimace :

    - J'en avais également un peu peur... Mais si je pouvais au moins voyager un peu avant... Comment voit le peuple le fait que certain roi se marient avec leur soeur ? 

    Bien que sur le coup, elle comptait dur comme fer sur son frère pas très attaché aux traditions pour oublier cette coutume

    - Voyager... Je pense que vous pourrez le faire. Vous ne serez pas prisonnière ici toute votre vie. Quand à la vision du peule ? Hum... Me permettriez vous de parler sans détour ?

    - Allez-y, si je vous le demande, incita t-elle.

    - C'est... relativement mal vu par pas mal de personnes. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi l'inceste serait autorisé pour votre maison, et s'en moquent ouvertement entres eux.

    - C'est ce que je me disais... Merci.

    - Vous non plus vous n'approuvez pas, constata Raehnys.

    - Non, Déjà être marier par intérêt je reste septique mais alors entre frère et sœur... On verra bien ce que l'avenir nous réserve mais je au cas ça arriverai, je ne compte pas me laisser faire en premier lieu...

    - Je suis un mestre : je suis sensé rester neutre en toute circonstance, et servir pour le mieux mon roi et mon royaume. Je n'ai pas à donner mon avis personnel sur la question.

    - Je comprends bien, et c'est de votre devoir. Merci.

    Ils furent interrompus par l'arrivée dans la cour du maître des navires, suivit d'une petite troupe de soldats en piteux état. 

    Daenerys  ne put retenir un hoquet de surprise en voyant l'état du maître navire : il grimaçait toutes les cinq secondes, le simple fait de tenir à cheval lui semblait douloureux. Puis vint le tour de son frère à se montrer et les mots lui sortirent de la bouche tellement il était en piteux état ! Ses vêtements étaient brûlés, arrachés, et bien qu'il soit inconscient on le voyait clairement grimacer à chaque secousse. La princesse ne bougea pas, évitant de se mettre dans leurs pattes et les laisser passer le plus vite possible afin qu'ils aillent se faire soigner. Physiquement comme mentalement ! Pesta t-elle 

    Mestre Raenys accouru dès l'entrée des soldats dans le donjon.

    - Par les Sept ! Vite, aidez les plus blessés à monter dans mon laboratoire !

    Valerys arriva pile au moment ou on montait les blessés . Il dévisagea son frère, la face voilé. Prince stupide ! Il ce tourna vers son mestre . Ses gardes restaient à hauteur respectable .

    - Que s'est-il passé, au juste ? demanda t-il d'une voix calme, mais qui trahissait de la colère.

    - Un dragon sire, il a attaqué la ville puis est partit vers le nord. Je n'en sais pas plus.

    Un capitaine de cavalerie s'avança vers le roi. Daenerys reconnu l'homme qui avait prit l'initiative de faire préparer ses hommes quelques minutes à peine après le départ du prince. Elle était incapable de replacer son nom.

    - Il y eut un rude combat, mais nous sommes arrivés à temps et le dragon est désormais hors d'état de nuire. Un petit détachement de mes hommes sont restés à ses côtés pour le surveiller et attendent que nous renvoyons les véhicules nécessaires pour le déplacer.

    Le roi crispa sa mâchoire.

    - Mon frère ? ... demanda t-il de sa voie posée.

    Le capitaine eut un instant d'hésitation.

    - Des blessures importantes, paraît-il. Mais je n'étais pas là quand c'est arrivé, je le jure ! Ma cavalerie et moi sommes arrivés plus tard, et les deux dragons étaient en plein combat !

    - On a identifié le dragon ? Personne ne sait d’où il vient ?

    Daenerys osa s'approcher un peu plus pour entendre la suite de la conversation. Son frère était visiblement moins au courant que elle.

    - Il s'agissait d'Aragon, le dragon de votre défunt père.

    - C'est bien  .

    Le roi fit un geste de la main, assez las .

    - Vous pouvez disposer capitaine, Dit il en faisant signe à sa garde de revenir auprès de lui.

    Le capitaine s'éloigna. Étrangement, il semblait un poil déçu. Espérait-il une récompense, quelque chose pour sa bravoure ? Le roi avait bien d'autres sujets de préoccupation...

    Daenerys s'approcha alors du roi :

    - Permettez-moi de me rendre avec vous voir notre frère, demanda t-elle sans grande timidité, mais plutôt implorante.

    L'état de son grand frère l'inquiétait tout autant que lui 

    Valerys ce retourna, et sourit quand il vit sa sœur . Il avais beau avoir beaucoup d’écart avec elle, il l'aimait bien.

    Il tendis la main, comme il était coutume de faire, pour qu'elle s'appuie dessus .

    - Allons y.

    Elle sourit reconnaissante et prit sa main pour le suivre, retenant à moitié sa respiration.

    Valerys fit son entrée dans la tour du mestre d'un pas rapide et énergique, mais emprunt de dignité. Il alla droit au chevet de son frère, et le couva d'un regard impénétrable et sombre . Personne ne saurait jamais ce qu'il penserais. Il leva le regard .

    -Vas t-il ce rétablir ? demanda t-il au mestre.

    Le Mestre s'inclina rapidement devant le roi, puis se replongea dans la fabrication de son baume contre les brûlures.

    - Votre frère ? Je n'ai pas eut le temps de l'inspecter en détail, de même que les autres soldats. Je veux d'abord m'occuper des blessures les plus urgentes, notamment les brûlures et les hémorragies avant qu'il ne soit trop tard. Mais je vous promet de vous faire un compte-rendu détaillé de son état dès demain, voir ce soir même.

    Daenerys le laissa aller en restant non loin de l'entrée, à côté du maître des navire, mais en même temps plutôt éloignée. Les mains rassemblés devant elle afin de se donner une contenance devant tant de blessés qui lui fendait le coeur. Elle le couva d'un regard tout aussi désolé avant de se concentrer sur le mestre. 

    -Prévenez moi surtout quand il pourra parler sans trop ce fatiguer . Je brûle d'impatience de lui faire la conversation.

     

    - Je n'y manquerai pas, répondit le mestre sans quitter des yeux son travail.

    Le roi se tourna vers son maître des navires, et le détailla de pied en cap, notant que lui au moins tenais debout  .

    - Mon frère à t-il monté son dragon lors de l'attaque ?

    - Non mon roi. Le prince était à cheval.

    Valerys hocha la tête .

    - Et que faisiez vous avant qu'Aegon attaque ? Nous n'avons pas perdu trop de ressources j'espère ?

    Conrad avait l'impression de subir un petit interrogatoire. Evidemment... son frère venait de risquer sa vie. 

    - Nous discutions dans les appartements du prince. Nous avons vu le dragon brûler une partie de la ville avant de se rendre en direction de la Route Royale.

    Le roi fronça les sourcils.

    - Merci, seigneur Conrad . Vous devriez vous reposer, je n'aimerais pas perdre mon maître des navires.

    - Bien, mon roi.

    Daenerys brûlait d'envie de questionner le maître navire... mais plus sur les dragons cette fois. Sa langue lui démangeait et elle ne pouvait se retenir de le regarder, les yeux impénétrables. Comment se comportait Aragon ? Incontrôlable au point de devoir y planter multiples flèches afin de le terrasser ou restait-il une petite lumières dans ses yeux obscures ? Et le dragon de son frère ? Se portait-il bien ? Enfin, les multiples questions se mélangeaient en elle, les sourcils froncés, elle détourna le regard, une autre fois. 

    Elle reporta son attention sur ses frères.

    - Hum... Sire, princesse... J'ai vraiment beaucoup de travail et peu de place. Je vais faire mon possible pour les blessés et les renvoyer dans leurs chambres ou dans des appartements proche de chez moi, de façon à les suivre régulièrement. Mais en attendant, je vous prit de m'excuser, j'aurais besoin de calme. Je vous promet de vous avertir dès que vous pourrez parler à Lord Greydjoy ou au prince Viserys.

    Le mestre avait parlé sur le ton le plus courtois possible.

    La princesse regarda le mestre, écoutant ses paroles, elle prit la parole la première et d'un ton respectueux, cachant son dédolement répondit en s'inclinant légèrement :

    - Excusez-nous pour ce dérangement, faites donc au mieux.

    Et sur ce, elle tourna les talons et s'en alla sans autres mots.


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  • Il faisait chaud encore aujourd'hui, mais plutôt d'une chaleur lourde, avec un ciel couvert.
    - Ça sent l'orage, fit remarquer Eglantine.

    Arial leva les yeux puis re regarda Eglantine:

    - On peut espéré arriver avant que ça pète ? lui demanda t-elle.

    - Je ne suis jamais venu par ici, je n'en ai aucune idée. J'espère bien, la pluie est très mauvaise pour mon instrument !

    Eglantine accéléra un peu le pas, peu envieuse de finir trempée. Le ciel resta menaçant quelques heures encore. Puis les premières gouttes se mirent à tomber, une fine petite pluie d'été.

    Jusque la, Arial n'avait levé la tête qu'un cour instant quand elle reçu sa première goutte. Puis, d'un geste instinctif, avait baissé la tête et laisser l'eau longer chacune de ses mèches rousses et ondulés, devenant peu à peu raides sous le poids des multiples gouttes qui tombait. 

    Elle aimait particulièrement cette sensation et prit même le temps de fermer les yeux en marchant, profitant de cet effet frai que lui procurait la fine pluie. Eglantine, elle, gémit de consternation. Elle laissa glisser son instrument de son épaule et l'enveloppa dans sa propre couverture pour le protéger au maximum. Lorsqu'elle eut enfin fini d'empaqueter son instrument, et elle regarda Arial. Elle semblait... apaisée sous cette pluie, en comparaison des événements de la matinée.

    Avant que le temps ne vire à l'orage, les deux femme purent apercevoir au loin des habitations qui apparaissaient. Arial accéléra un peu plus le pas. Eglantine suivit l'allure, peu soucieuse de finir trempée jusqu'aux os.

    Comme elles approchaient, les habitations en question s'avérèrent être un petit village et son septuaire. Mais pas d'auberge à l'horizon.

    - Il n'est pas censé avoir une auberge dans un village ? rouspetta Arial pour elle même, pressé d'être mise à l'abri.

    - Je ne sais pas... soupira Églantine. Mais il semblerait que non. Nous allons être réduites à demander l'hospitalité aux braves gens de ce village.

    - Bien. Je pense que tu es plus douée que moi pour demander l’hospitalité des gens.

    - Peut-être... de toute façon, tu viens avec moi.

    Eglantine ouvrit la marche et s'approcha de la première maison, une vieille cahute en pierre. Comme personne ne répondait, elle s'avança plus en avant dans le village. La troubadour frappa à une nouvelle porte, qui s'ouvrit cette fois sur le visage à moitié endormit d'un vieil homme.

    - Hein ? Qui c'est ? C'est pour quoi ?

    - Bonjour, commença la troubadour. Nous sommes des voyageurs de passage, et nous cherchons un endroit où passer la nuit à l'abri de la pluie.

    Le vieille homme cligna des yeux pour se réveiller un peu mieux et regarda au dehors, remarquant juste qu'en effet il pleuvait.

    - Bah, mon fils et sa femme y sont encore aux champs, mais j'suppose que vous pouvez rentrer en les attendant... Et si y sont pas contents quand y rentrent, vous aurez pus qu'à demander aux voisins.

    Eglantine le remercia chaleureusement, bien pressée de se mettre au sec. Les deux femmes entrèrent et le vieil homme referma la porte derrière elles avant de les observer un peu plus.

    - Z'êtes pas du coin vous. M'enfin... c'est bien normal pour des voyageurs j'suppose. V'nez donc dans la cuisine en attendant mon fils.

    Arial suivit sans mot dire. Pour attendre, l'homme leur proposa un peu de pain. Eglantine déclina l'offre en sortant sa propre nourriture de son sac.

    - Nous n'avons besoin que d'un toit, nous vous remercions... Notre nourriture, nous l'avons.

    - Comme vous voudrez. Si vraiment mon fils ne voulait pas de vous, y a toujours le septuaire qui ne refuse jamais personne. Mais j'vois pas pourquoi y vous refus'rais le toit. On a plein de place ici.

    - On a plus qu'a espérer que votre fils ai autant l'hospitalité que vous alors, se dit Arial à voix haute en détournant le regard.

    - Beuh oui, c'est pas un mauvais bougre. Tiens, d'ailleurs ça doit êt'e lui qui rentre, fit-il remarquer au bruit de porte dans la salle d'à côté.

    Le fameux fils entra dans la cuisine avec sa femme et regarda Arial et Eglantine avec surprise.

    - Qui c'est ? Que font-elle là ?

    - Des voyageuses, elles d'mandaient à passer la nuit ici à cause d'la pluie.

    - Ah... je vois.

    Le jeune homme s'adjugea une chaise et s'y assit pour retirer ses chaussures de toiles, il n'avait aucun commentaire en plus. Arial le regarda rentrer et fronça les sourcils, elle glissa discrètement à sa compagne de route:

    - c'est ça sa progéniture ? Il lui a donner juste le physique alors...

    - Ce sont des choses qui arrives, acquiesça-t-elle sur le même ton. Mais au moins, il ne nous a pas mises à la porte.

     

    En effet, le fils ne leur avait plus prêté une grande attention, se remettant apparemment au jugement de son père pour ce qui était d'inviter ou non des étrangers dans la maison.

    La jeune mercenaire le dévisagea. En un regard, elle se jura de ne jamais l'aimer et il en était ainsi de lui maintenant. Qu'il se montre plus agréable par la suite, plus sympas, moins hautain, rien y fera : elle ne l'aime et ne l'aimera jamais. 

    Arial détourna le regard et se mordit les lèvres «ne dit rien ou il te mettra à la porte» se retint-elle d'envoyer une vacherie.

    La femme de la maison n'avait d'abord rien dit, elle s'occupait de ranger quelques légumes qu'elle avait apporté dans son panier. Puis elle se tourna vers Arial et Eglantine et leur demanda :

    - Vous venez de loin ? Vous devez être fatiguée ?

    - De quelques jours... 3 je crois, répondit Arial du tac au tac sans méchanceté tout en regardant Eglantine pour son approbation

    La troubadour hocha la tête.

    - Oui, notre dernière halte date du dragon qui quincaille.

    - Et vous avez été surprises par la pluie, ça ne m'étonne pas. Il faisait si beau ces derniers jours... Quoiqu'un peu d'eau ne fasse pas de mal aux cultures, je ne m'en plaint pas.

    la femme prit elle aussi une chaise pour venir s'assoir autour de la table et invita les deux autres à en faire autant.

    Arial senti la fatigue la gagner «elle va nous taper la causette ?» se demanda t-elle sans rien laisser paraître et la regarda s'installer.

    - Vous avez sans doute faim ? proposa ensuite la femme. Nous n'avons pas grand chose, mais...

    - Je veux bien vous acheter du pain, répondit Eglantine. Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité.

    Arial hocha la tête, approuvant les propos d'Eglantine:

    - J'ai de quoi payer moi.

    Elle regarda un très cour instant Eglantine. Bien sûr, elle parlait de l'argent qu'elle lui avait donner au début du voyage.

    Eglantine, elle, avait encore l'argent récolté la veille à l'auberge du dragon qui quincaille.

    - Comme vous voudrez, répondit la femme.

    Et elle amena à elle la miche de pain qu'avait sorti le vieil homme.

    - Vous avez... un peu faim, ou vraiment faim ?

    - Un peu, assez quand même... J'ai mangé ce matin, répondit Arial.

    - Deux bonnes tranches chacune, accompagnées de soupe, ça vous irait ?

    - Du moment qu'elles payent... râla dans sa barbe le jeune homme, sans s'adresser à personne en particulier.

    Arial ne lui envoya même pas un regard:

    - Ca dépends le prix de tout ça... on est pas des voyageuses riches et nous avons encore de la route, demanda t-elle indirectement.

    - Nous, nous ne sommes pas des paysans riches, mais nous n'écoutons pas souvent de musique, répondit la femme en désignant l'instrument posé dans un coin. Un cerf d'argent par personne et des chansons pour la soirée, ça nous ira très bien.

    Arial haussa les épaules, un léger sourire naquit sur son visage «c'est pas plus mal qu'elle sache pousser la chansonnette» pensa t-elle en donnant l'argent en regardant Eglantine.

    La troubadour donna elle aussi un pièce d'argent, en souriant à la femme.

    - Bien volontiers, madame. Juste le temps d'accorder mon instrument et je suis à vous.

    Arial la regarda aller «pourquoi est ce qu'elle accorde toujours avant de chanter, ce stupide machin ne peut pas y rester accorder ?» se demanda t-elle. Bien évidement sans poser la question à voie haute. Elle restera donc sans réponse.

    Eglantine joua quelques mélodie, les mêmes sortes de chant que le soir dernier, à l'auberge. Pendant ce temps Arial commençait à grignoter le pain servit, bien pressée de dormir.

    Eglantine grignotait entre deux chansons. A un moment, elle souffla à sa compagne :

    - Tu n'es pas obligée de m'attendre si tu veux te reposer. Je ne pense pas que ces braves paysans représentent un danger pour moi.

    Arial hocha la tête.

    - Je peux donc commencer la nuit ?

    - Bien sûr, vas-y. Je te rejoindrais lorsque j'aurais épuisé mon répertoire païen.

    D'un regard, la mercenaire demanda au propriétaire où elle pouvait dormir. C'est le vieil homme qui comprit en premier ce qu'elle voulait et qui se leva pour la mener à une pièce adjacente à la cuisine.

    - C'ma chambre, précisa-t-il. Mon fils et sa femme dorment enco' à côté, mais y n'y a guère de place chez eux, et nous n'avons pas d'aut' pièce.

    Arial prit un air ahuri:

    - Mais je ne vais pas vous prendre votre chambre. Un canapé ou de la paille suffiront amplement !

    - Y a guère de place dans la cuisine. Et d'façon, j'n'avais pas grand chose d'autre à vous proposer qu'un matelas de paille. C'est qu'y faut bien un endroit où l'étaler vot' pailler.

    Elle fronça les sourcils:

    - Non vraiment, ça me gêne trop de prendre votre chambre.

    - J'y dormirais aussi si ça peut vous rassurer. Et vot' copine aussi. On s'ra un peu serrés pour installer les paillasses, mais c'est là qu'y a le plus de place.

    Arial retint une grimace, ne voulant pas faire la difficile, plus que ce qu'elle ne l'etait maintenant:

    - Je pourrais dormir par terre alors ?

    - Oui, si ç'peut vous faire plaisir.

    Le vieil homme retourna vers la cuisine.

    - Vous trouverez de la paille vers l'arrière de la pièce. Et main'nant, si ça vous dérange pas, je retourne écouter la musique. C'est-y pas toujours que les troubadour y s'arrêtent par ici.

    Elle hocha la tête sans un mot et alla chercher la paille, repensant un instant au mec de l'auberge... Anguy. Sans vraiment porter d'avis propre sur lui, les côtés positifs chez lui étaient aussi nombreux que ses points négatifs «c'est toi qui voie toujours le côté néfaste !» lui dit une petite voie dans sa tête «Mais pas du tout !» y répondit-elle «Bah vas-y site moi un point positif chez lui ! Je suis sur que tu es incapable de le trouver alors que moi j'en ai repéré plusieurs !» «Pfff, trop facile........ ... ... ... ... .. Il est sympas.» «et c'est tout ce que tu as trouver ?! Attends mais laisse moi rire, c'est bien le premier à venir te parler et à être resté vers toi ! Idiote !» « Oh !ça va ! Et puis, voilà, j'en ai 3 ! Je te rappelle que tu es moi petite voie ! Pfff Arial... tu perds la tête, te voilà à parler à toi même.... stupide...» et sur ce, elle coupa cour le dialogue qu'elle avait avec elle même. Pendant sa discutions... étrange... sont visage avait exprimé tout ce qui se disait, passant d'un pauvre sourire au début à un visage crispé à la fin. 

    Tout en pensant, elle avait installé sa paille et s'était couché dessus. Elle sombra dans le sommeil mais se réveilla un peu plus tard lorsque la porte de la chambre s'ouvrit.

    "Eglantine..." Elle reposa la tête sur le sol pour se rendormir.

    Peine perdue : le vieil homme arriva peu de temps après de sa démarche chaloupée pour prendre place à son tour dans son propre lit, et il faillit trébucher sur elle. Arial se mit assise en un bon «On dirait un troupeau de mammouth !» rala t-elle. Puis elle se recoucha  Finalement, il furent enfin tous couchés et prêts à dormir.

    La nuit passa, uniquement troublée par les ronflements du vieil homme. D'abord excédée par le bruit, Eglantine fini par s'y habituer, et elle tombait tellement de fatigue qu'elle ne tarda guère à s'endormir.

    Arial se redressa pour regarder l'homme:

    «C'est pas possible, on dirait un tremblement de terre, Râla t-elle. Je vais finir par l'assomer..» et elle se laissa retomber dans son couchage, s'engouffrant dans la paille pour tenter de s'isoler mais rien y fait. 

    Désespéré à ne pas pouvoir dormir, elle quitta la pièce discrètement, sorti à l'aire libre qu'elle prit le temps d'apprécier. Sur le palier, elle était encore abritée de la pluie. Arial resta un moment debout à écouter le tombement de l'eau avant de s’asseoir épuisé. Le clapotis lui fit une douce berceuse et elle finit par s'endormir au pied de la porte mais encore bien sur ses gardes du moindre bruit inconnu.

    ***

    Au levé du soleil, les rayons réveillèrent Arial. Elle se leva un peu engourdit pour sa position de la nuit.

    Après s'être ré ordonné, elle rentra doucement dans la maison mais la porte grinça. De quoi faire croire à un voleur mais matinale... il y avait très peu de chance voir aucune. 

    En entendant la porte grincer, la troubadour se précipita depuis la salle d'à côté.

    - Ah, Fanny, c'est toi... je me demandait où tu étais passée.

    Arial la regarda:

    «J'ai encore de l'argent à gagner je pense et je ne vais pas te lâcher maintenant après tant de route.» Répondit-elle franchement.

    Rassurée, Eglantine hocha la tête.

    - Tant mieux. On m'avait tant bassiné avec le manque flagrant de fidélité chez les mercenaires...

    Pas aussi franche qu'elle ne voulait paraître, Arial s'abstient bien de répondre. Il est vrai que certain peuvent trouver mieux en route et abandonner la petite paye mais pour sa part, elle était toujours resté et tenace qu'elle était, elle aimait finir sa tache avant d'en commencer une autre. 

     - Bon... tu as faim ? demanda la troubadour. On devrait manger avant de partir...

    La mercenaire approuva et elles se dirigèrent vers a cuisine, où le paysan et sa femme avaient presque déjà fini de manger.

    - Nous allons bientôt partir travailler, expliqua la femme. Nous vous souhaitons donc bonne route, voyageurs, et que les Sept soient avec vous.

    Elle récupéra un large panier en osier dans un coin de la masure et suivit son homme qui sortait déjà de la maison.

    - Excusez-le, souffla-t-elle au deux voyageuse en passant à côté d'elles. Il est un peu ronchon ces derniers temps.

    - Oui on avait remarquer... heureusement que ce n'est que "ces derniers temps" car je pense que je l'aurais déjà trucider, souffla Arial dans sa barbe en tournant la têtes pour qu'aucunes ne comprennent.

    La femme disparu par la porte et les deux voyageuses se retrouvèrent seules dans la cuisine.

    - Je suppose qu'on va sortir nos affaires pour manger ?

    Lorsqu'elle se réveillait le matin, Eglantine avait cette idée fixe de manger jusqu'à ce qu'elle aie eu droit à son petit déjeuné.

    Les deux femmes étaient donc entrain de manger, quand le vieil homme qui les avait accueillit la veille sortit de la chambre.

    - Mon fils est d'jà parti travailler ? Rho... j'lui ait déjà dit cent fois qu'y devait me réveiller et qu'ça me dérangeait pas.

    Arial haussa discrètement les sourcils «C'est sûr qu'avec la nuit que vous nous avez fait passer, c'est pas vous qui avez mal dormi.» pensa t-elle en fronça les sourcils. Puis elle redevint normal à la fin de sa pensée quand elle remangea un bous:

    - Nous n'allons pas tarder à partir nous aussi, déclara t-elle déjà sur le départ.

    - D'accord. Bon, hé ben merci pour la musique d'hier soir, et bonne chance pour vot' voyage. J'suppose qu'on se reverra plus jamais.

    Eglantine hocha la tête, la bouche encore pleine de pain.

    - Oui, merci de votre hospitalité et adieux, répondit à sa place la mercenaire.

    Après de derniers adieux, les deux femmes préparèrent leurs affaires et repartirent enfin sur les routes.

    - C'est par où maintenant ?

    - Par l'ouest, toujours l'ouest en suivant la Ruffurque. Et on finira bien par tomber sur Vivesaigues.

    - Et il nous reste combien de temps de route ?

    - Difficile à dire... Quelques jours pour le moins.

    Arial hocha la tête et elles se mirent en route.


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  • Théodora se trouvait devant l'immense Donjon Rouge comme convenu. Elle n'était pas au courant de ce qui s'était passé avec les dragons. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle avait eut très peur en voyant l'immense créature voler, hier, au dessus de la capitale. Elle s'était réfugiée dans sa modeste chambre en espérant que le bâtiment ne brûle pas. 

    Elle portait sa cape habituelle cachant son visage. 

    Les gardes à l'entrée l'observait de loin. Il n'y prêtèrent d'abord pas attention, puis, comme elle restait dans les environs de la porte d'une manière trop insistante à leur goût, l'un d'eux lui lança finalement :

    - Hé, mademoiselle ! Vous voulez quoi à la fin ?!

    Théodora avait un petit baluchon avec ses affaires. Elle se tourna vers le garde.

    - On m'a demandé de venir ici, ce matin.

    - "On" ? C'est pas très précis tout ça. On ne veut pas de pouilleux dans le coin !

    Théodora savait parfaitement que si elle disait que c'était le prince Viserys, ils ne la croiraient pas. Elle ne répondit pas mais elle se fit la réflexion que vue l’haleine de chacal du garde, c'était lui le pouilleux.  

    - Attention damoiselle, on vous tient à l'oeil ! Pas d'entourloupe, comprit ?

    Théodora ne bougea pas.

    - Oui.

    Elle se demandait combien de temps elle devrait attendre... Peut-être ne viendrait-il pas? Que ferait-elle? Elle était partie de chez Jayne... Elle ne pouvait pas y retourner... 

    Le garde n'ajouta rien. Son compagnon était resté à sa place pendant tout l'échange et ne dit rien non plus, imperturbable. Et elle attendit là. Elle patientait. Encore. Et encore. Et encore.

    Elle commençait à comprendre que le prince ne viendrait pas. Jayne avait déjà dû lui trouver une remplaçante. Mendier dans les rues de Port-Réal ? Les gens étaient déjà assez pauvres. Ils ne lui donneraient rien.

    Le premier garde, celui qui avait déjà interpellé la jeune fille, fini par arriver à bout de patience.

    - Tu veux quoi à la fin ? Oui, toi, là, qui n'arrête pas de tourner autour des portes depuis tout à l'heure !

    Théodora se tourna vers le garde qui ne pouvait pas voir son visage sous sa capuche.

    - Je.. Le prince Viserys m'a demandé de venir ici, ce matin. Il m'a échangé contre un dragon d'or à mon ancien employeur, Jayne.

    Elle n'avait aucune raison de sortir une telle histoire... Elle disait la vérité car elle ne voulait pas que les gardes la chassent si elle continuait de se taire. 

    Les deux gardes se regardèrent et éclatèrent de rire.

    - T'es marrante ! s’esclaffa le premier. Mais ça ne suffira pas pour te sortir d'affaire, on veut un vrai motif.

    Théodora fut désorientée. Comment leur dire que c'était la vérité et qu'ils la croient?

    - Pourquoi irais-je inventer une excuse aussi délirante? Je ne vous mens pas.

    Le premier garde riait toujours sous cape, mais le second, plus réservé, lui répondit :

    - Si c'est vraiment lui que tu attends, tu peux l'attendre longtemps : il a été blessé hier dans un combat face à un dragon, et les rumeurs les plus aimables disent qu'il n'est pas en état de remarcher avant plusieurs jours au moins.

    Théodora écarquilla les yeux mais les deux gardes ne pouvaient le voir.

    - Le dragon qui a ravagé la ville? Il a combattu un dragon?

    Comment pouvait-on combattre comme cette machine à cracher des flammes? Mais si le prince était bien blessé et qu'il ne venait pas... alors... qu'adviendrait-il d'elle? S'il ne venait pas, il oublierait très certainement qu'il l'avait fait venir ici. C'était une évidence. Il penserait à se rétablir, d'abord, et ensuite, il aurait des préoccupations plus importante que de ce rappeler du sort de Théodora. 

    - Oui. Il est partit avec une troupe d'hommes vaillant, suivant son propre dragon, et il a affronté le monstre fou. Je ne saurais dire ce qui est rumeur ou réalité de ce que j'ai entendu, mais tout se recoupe sur un point : le dragon a été enfermé à Fossedragon, de nombreux hommes sont mort ou blessés pour cela, y comprit le prince. Le reste est un peu flou...

    Théodora ne dit rien de plus.  Elle était trop étonnée pour parler et trop perdue aussi. Elle n'était au courant de rien... Enfin, pourquoi serait-elle au courant ?

    Le premier garde avait cessé de rire, mais il gardait un sourire moqueur. L'autre, bien embêté, se demandait que faire.

    - Tu penses qu'on devrait en parler à quelqu'un d'autre ? proposa-t-il.

    - Boaf ! Elle bluf, c'est évident.

    - Et si c'était vrai ?

    - Personne ne le saura.

    - Elle, si.

    Il désigna Théodora du menton.

    - Et je ne veux pas d'ennuis. Va donc prévenir quelqu'un n'importe qui.

    - Et pourquoi moi ?

    - Parce que... Parce que tu parles trop, voilà.

    - Pff... t'as de ces arguments toi. Enfin bon, si tu veux. Mais ne va pas te plaindre si tu te fais assommer par derrière et qu'il y a une intrusion au donjon après ça.

    Et le premier garde s'éloigna dans l'enceinte du Donjon Rouge. Théodora eut à nouveau espoir de ne pas finir à dormir dans les rues de Port-Réal.

    - Je ne vous mens pas.

    Ce n'était que sa parole mais l'un des gardes semblaient croire qu'elle pouvait dire la vérité. Cela la rassura de ne pas être chasser... Elle devrait encore attendre pour savoir comment se terminerait son sort. 

    Le garde revint à la porte avec un capitaine pourtant des vêtements de cavalerie.

    - C'est elle.

    - A oui ? Donc, jeune fille, vous prétendez avoir été demandée par le prince ? Le prince Viserys ?

    - Oui, c'est exact, répondit Théodora.

    Elle n'aimait pas qu'on remette à nouveau sa parole en question, mais que pouvait-elle dire de plus ?

    - Et aurait-on la possibilité de savoir à qui on s'adresse ?

    Le capitaine était apparemment peu patient, et il avait d'autres affaires à régler dans sa matinée. Il voulait mettre cette affaire au clair au plus tôt.

    - Je me nomme Théodora. Je... travaillais chez Jayne en tant que domestique. Le prince est venu, hier. Il m'a demandé de venir ici, ce matin.

    Elle enleva sa cape pour dévoiler son visage, en partie. 

    Le premier garde pouffa. Son compagnon lui donna un coup de coude pour le rappeler à l'ordre.

    - Mh... fit le capitaine. On aura dû mal à connaître la vérité : le prince est blessé et je ne l'ai plus vu depuis hier. Dans le doute, on va vous faire rentrer, mais on vous garde à l'oeil : votre histoire est bien bancale.

    Théodora dévoila son visage en entier.

    - J'étais domestique là-bas. Je servais les ordre de ma patronne.

    Elle fixa le premier garde, celui qui avait pouffé.

    - Vous... Vous êtes venu il y  a  trois semaines. Vous venez assez souvent et vous demandez toujours la même prostituée: Anthéa. Vous ne venez pas souvent. Je ne le saurais pas, si je n'étais pas là-bas.

    Ne sachant pas lire ni écrire, elle retenait les noms pour que Jayne puisse les noter dans les registres et elle avait aussi apprit la faculté de retenir facilement les visages. 

    Le garde ouvrit des yeux étonnés sous le regard moqueur de son ami.

    - Je... c'est exact.

    - Elle est au moins franche sur ce plan là, on doit pouvoir la faire rentrer.

    Théodora les fixa tour à tour avant de remettre le capuchon de sa cape.

    - Je... Je vais pouvoir entrer ?

    - Oui, mais on vous tiens à l'oeil. Et dès que possible on s'assurera que votre présence ici est désirée. En attendant, vous pouvez nous dire pourquoi le prince vous voulait au donjon ?

    Théodora ne le savait même pas elle-même.

    - Et bien... c'est un motif qu'il n'a pas précisé... être servante ici , je suppose.

    - Mouais... Vous servirez aux cuisines en attendant. Vous savez nettoyer, hein ?

    Théodora savait cuisiner mais elle nettoyait mieux.

    - Oui, tout à fait. 

    - Je vais vous trouver une place. Ils ont toujours besoin de laver quelque chose là-bas, et il y aura toujours quelqu'un pour t'avoir à l'oeil.

    Théodora n'y voyait aucun inconvénient. 

    - Comme bon vous plaira. 

    - Suivez-moi, ordonna le capitaine. Et ne traînons pas, j'ai d'autres choses à faire.

    Théodora suivit le capitaine sans un mot. Elle se demandait comment on pouvait revenir vivant d'un combat contre un dragon. Elle avait vu Aragon cracher ses flammes sur la ville.. Comment pouvait-on envisager de se battre contre une telle créature ? 

    Elle pénétra enfin dans les cuisines avec le capitaine, le suivant sans un mot.

    - Voilà. Tu vois, ce n'est pas le travail qui manque ici.
    Il s'avança pour parler à un homme qui ressemblait à une sorte de cuisinier en chef et lui désigna Théodora. L'homme hocha la tête et se tourna vers elle.

    - Alors comme ça t'es ici pour nous aider ? Très bien, on n'va pas cracher sur un coup de main pour tenir la cuisine en état.

    Théodora le regarda.

    - Je ferais tout ce qu'il faut pour aider.

    - Bon, puisque tout va bien je retourne à mes affaires, déclara le capitaine.
    Et sur ce, il quitta en effet les cuisines.

    Le cuisinier le suivit du regard puis reporta son attention sur Théodora.

    - Tu es prête à commencer ?

    Théodora avait sa longue cape dissimulant son visage.

    - Oui, monsieur.

    Elle se demandait si elle était capable de cuisiner pour le Donjon Rouge...

    - Il y a la vaisselle de la veille à faire. Tu trouveras tout ce qu'il faut là-bas.

    Et il désigna des bacs plus loin, remplis d'eau et à côté desquels s'empilaient assiettes et marmites sales. Théodora ne dit rien et se dépêcha de se rendre vers la vaisselles. Elle voulait montrer qu'elle était motivée et pleine de bonnes intentions. Elle travailla donc avec énergie, jusqu'à avoir terminé. Le cuisinier ne faisait plus attention à elle, mais une femme des fourneaux lui lança :

    - Beau boulot ! Tu as fini ? Il faudrait aussi apporter les cagettes de légumes apportées par le marchand ce matin ! Tu les trouveras non loin de l'entrée !

    Théodora la fixa. Elle se disait que ce n'était pas poli de garder son capuchon. Elle l'enleva, dévoilant son visage.

    - Tout de suite.

    La femme eut un mouvement de surprise devant le visage déformé de la jeune femme. Elle ne fit aucun commentaire par politesse, mais échangea un regard écœuré avec sa voisine de travail.

    Théodora remarqua bien le regard dégoûté. Elle se força à sourire. Elle était habituée à ce genre de regards mais jamais elle ne s'y faisait. Et quand ce n'était pas de dégoût, c'est de la pitié ou du mépris qu'elle voyait dans le regard des gens. Elle partit des cuisines avec la cagette.

    Elle continua ainsi toute la journée, alternant les diverses tâches ménagères. Elle entendait bien quelques railleries, ragots et jacasseries sur sa présence... et surtout sa cicatrice. Mais elle faisait de son mieux pour les ignorer.

    Les femmes bavardaient entre elles comme des pies :

    - Il parait que c'est un dragon qui a fait ça cicatrice...

    - Mais non voyons, elle sort d'un bordel, c'est le garde qui me l'a dit !

    - Tu parles aux gardes toi ?

    - Bah oui, pas toi ?

    - En tout cas, elle est nouvelle dans le service.

    - Oui, je pari qu'elle veut gagner de l'argent pour quitter la capitale !

    - Mais non, elle veut juste quitter les caniveaux la pauvre petite...

    - Vous vous trompez toutes ! Elle est là sous l'ordre du prince...

    - D'où tu tiens ça toi ?

    - Je l'ai entendu dire.

    - Ah oui ?

    - Et si c'était sa concubine ?

    - C'est ridicule, le prince rentre juste de son voyage et il est blessé.

    - Si sa se trouve, c'est Gertrude qui a mal comprit, et ça parlait d'un prince de Dorne.

    - Hoooo ! C'est une espionne ?

    - Sans doute. Elle est envoyée au donjon pour espionner le roi, c'est moi qui vous le dis...


    Et blablab, et blablabla...

    Théodora était sidérée par tout ce qu'elle entendait sur elle. Sa cicatrice par un dragon? Quelle bonne blague... Elle était offusquée qu'on la prenne pour une catin mais elle venait bien de ces quartiers là.... Elle ne pouvait le nier, mais tout de même ! Espionne ? Elle ne savait même pas pourquoi le prince l'avait fait venir là... Par pitié, s'il en avait, sans doute... 

    Il était blessé, elle se demandait comment il allait... Sans lui , elle serait encore chez Jayne. 

    Mais les pipelettes ne s'arrêtaient pas à si bon compte :

    - Pourquoi aller aux cuisines dans ce cas ?

    - Elle pense peut-être pouvoir apprendre des choses de nous... Mais motus et bouches cousues, hein ? C'est notre devise ! On ne laissera passer aucune information capitale...

    - Ouais ! Mais et si c'était simplement une gamine des rues ?

    - Elle viendrais de Culpucier ? Ça expliquerait sa cicatrice...

    - ... Ou pas ! Qui sait ?

    Les cuisinières continuèrent à parler un bon moment tout en travaillant. La discussion se déporta peu à peu sur les chevalier arrivés il y a peu au donjon, jasant sur tel ou tel détail de leur vie privée ou vantant les éloge de tel ou tel jeune guerrier au cœur pur...

    Pendant ce temps, le chef cuisinier fit l'honneur à Théodora de lui accorder quelques secondes de son temps... pour lui ordonner de s'occuper de la vaisselle.

    Elle n'émit aucune protestation. Elle lava la vaisselle. Elle écoutait les servantes se mettre à parler de guerriers "au cœur pur"... Tu parles de cœurs purs! Chez Jayne, Théodora en avait vu venir... et ils étaient tout sauf purs et sympathiques. Ils se donnaient cette image pour impressionner les jolies demoiselles et avoir une bonne réputation à la cours. 

    En réalité, Théodora avait très peu d'estime pour les personnes du sexe masculin... Et plus largement, même les femmes, elle les trouvait mesquines.

    Une fois terminés, les plats étaient emportés par une nuée de serviteurs venu des tour du donjon. Si certains venaient pour récupérer les plats à servir à la table de tel ou tel noble, d'autres venaient avec des réclamations.

    Théodora trouvait ce palais terriblement mouvementé. Sans cesse des gens allaient et venaient. C'était assez impressionnant. Toutefois, elle se demandait encore et toujours ce qu'elle faisait là... 

    Le capitaine avait dit qu'elle serait surveillée. Mais jusqu'à quand? Est-ce que quand le prince serait de nouveau en pleine forme, on lui demanderait de confirmer qu'elle n'était pas une profiteuse et une menteuse? 


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  • - J'ai de quoi calmer quelque peu la douleur, et vous devrez porter un attelle pour au moins... deux semaines. On avisera alors.

    Conrad regarda le Grand Mestre, le visage fermé. Sa blessure à la jambe était assez grave pour porter autant de temps une attelle ? Voilà qui allait bien l'encombrer !

    - Vous pensez pouvoir retourner seul dans vos appartements, ou je vais faire quérir un page pour vous aider ? Vous savez, il n'y a aucune honte à recevoir de l'aide en cas de besoin, vous devez être assez intelligent pour le comprendre.

    Conrad l'était, en effet.

    - Je n'ai pas envie de tomber dans les escaliers du Donjon Rouge.

    Cela serait ridicule de se blesser encore plus. 

    - Je vais vous trouver quelqu'un...

    Le Mestre ouvrit la porte de la salle et fit quelques pas à l'extérieur. Avisant une servante, il lui lança :

    - Hé, toi ! Va donc me chercher un page, un écuyer... je ne sais pas moi, quelqu'un dans ce genre ! Et vite !

    La jeune fille s'exécuta, sans chercher à comprendre, et dévala les escaliers.

    Cornad soupira. Que le temps allait lui semblait long avec cette attelle.

    - Comment va le prince?

    Mestre Raenhys retourna à l'intérieur.

    - J'ai diagnostiqué plusieurs côtes cassées et de sérieuses brûlures au jambes. Il a d'autres blessures plus légères mais qui ne m'inquiètent pas. Il ne s'est pas encore réveillé.

    Il se dirigea vers le fond de la salle et fouilla entre ses flacons et ses herbes séchées.

    - Votre jambe est-elle très douloureuse ?

    Conrad se leva mais se rassit aussitôt.

    - Elle l'était moins quand j'étais dans le feu de l'action.

    Le prince allait mettre un certain temps à s'en remettre. 

    Conrad observa par une fenêtre que le jour commençait à laisser place à la nuit. Cela n'avait pas été une journée aussi calme qu'il l'avait pensé.

    - C'est normal, votre cerveau était focalisé sur autre chose. C'est toujours ainsi. Vous aurez besoin de quelque chose contre la douleur ?

    On entendait des bruit de pas dans l'escalier. Sans doute la servante qui remontait avec quelqu'un pour aider Conrad.

    Cornad secoua la tête.

    - Non, je devrais supporter la douleur.

    Il n'était pas en sucre ! Et puis, il pouvait bien souffrir un peu . Conrad détestait aussi devoir prendre des médicaments.

    - Dans ce cas je vous laisse rejoindre vos appartement avec le jeune homme qui arrive...

    En effet, la servante venait d'entrer avec un jeune écuyer d'une douzaine d'année qui portait un surcot frappé d'une chauve-souris.

    - Je reviendrais voir demain comment vous vous portez.

    Conrad hocha la tête. Il titubait et se rendait à côté du jeune écuyer. Il le dépassait de deux voir trois bonnes têtes. Comment un gamin pourrait l'aider à marcher jusqu'à sa chambre ? Si Conrad s'appuyait dessus, le gosse allait tomber. 

    Voyant l'hésitation du maître des navire, le jeune gamin assura :

    - Ne vous inquiétez pas messire, j'ai l'habitude. De soutenir les gens qui en ont besoin je veux dire. Je sers un chevalier qui... a un fort penchant pour la boisson.

    Conrad fixa ce gnome. Il semblait plutôt bavard.

    - Et bien, si tu le dis, mon garçon.

    Et il s'appuya pour légèrement moins sentir la douleur dans sa jambe blessée.

    - C'est par où vos appartements ?

    Conrad lui indiqua le chemin à prendre à travers les couloirs du Donjon Rouge. Le jeune garçon suivit ses indications, non sans cesser de parler :

    - Et alors, il s'est passé quoi ? J'ai vu les dragons, ils avait l'air TERRIBLES ! Vous vous êtes battus ? Et ils sont devenus quoi les dragons ? Ils sont morts ? Et comment vous avez été blessé ? Et le prince ? Et le roi, il a dit quoi ?

    Conrad avait la migraine à entendre les questions de l'écuyer. 

    - Je suis fatigué, mon garçon. Je répondrais à tes questions quand je serais un peu plus reposé.

    Le maître des navires espéraient que le gamin allait cesser de parler. ... Comment le chevalier qu'il servait pouvait-il supporter un tel bavard ? 

    - D'accord, j'arrête les questions ! Heu... On y est bientôt à vos quartiers ?

    Conrad hocha la tête sans se formaliser.

    - Oui, nous y sommes bientôt.

    Effectivement, ils arrivèrent bientôt dans la suite de Conrad. Elle tait spacieuse, certes, mais moins que celle d'un membre de la famille royale. Il vivait dans le luxe. Il avait un immense lit, des draps confortables et des parures l'encadrant de dorures. 

    Les murs étaient peints dans des tons crèmes rendant la chambre lumineuse. Il y avait un bureau avec de nombreuses cartes de navigation... Il y en avait partout, même accrochées aux murs.

    - Et voilà ! C'est ici chez vous ? C'est chouette ici !

    - C'est agréable d'y être.

    Le jeune écuyer aida Conrad à s’asseoir sur son lit.

    - Et maintenant, vous pouvez me raconter la bataille ?

    - Hum... en effet.

    Le jeune garçon prit quelques coussins pour lui et les posa par terre. Il s'assit dessus, face au maître des navire, et se prépara à écouter. Silencieux pour une fois.

    Conrad le regarda faire. Il ne lui en avait pas donner la permission mais à quoi bon réprimander ce gamin écervelé. 

    - Alors... que veux-tu savoir? J'ai dit que je répondrais à toutes tes questions.

    - Tout ! Comment ça s'est passé, quelle taille faisait le dragon, à quoi il ressemblait, comment il tuait les gens...

    Conrad soupira. Cela serait fort long. Le garçon semblait s'intereser fortement au dragon.

    - Le dragon qui a ravagé une partie de Port-Réal, Aragon, appartenait au défunt roi. Il était comme fou. En voyant cela, le prince a voulu réagir. J'étais avec lui. Il a libéré son dragon, Onys, à Fossedragon pour suivre celui de son défunt père. Un dragon, même petit, est impressionnant. Onys faisait la taille d'un gros cheval... or, Aragon, était bien plus imposant. Quand ils se sont battus à coups de serres et d'ailes et de flammes... Onys était désavantagé et quand le dragon du prince ne pouvait plus se battre, Aragon s'en prenait à nous. Un massacre, mon garçon, un massacre. J'ai de la chance, tout le prince de rester en vie.

    L'écuyer écoutait calmement, il buvait les paroles de Conrad.

    - Et comment vous avez réussit à le vaincre finalement ?

    Conrad la regarda.

    - Une patrouille passait par là. Ce sont eux qui sont venus à bout d'Aragon qui doit être à Fossedragon.

    - Donc... C'est un hasard ?

    Le garçon semblait un peu déçut, il s'était attendu à quelque chose de plus héroïque.

    Conrad voyait son air déçut.

    - Non, cette patrouille a eut les bons gestes, les bonnes réactions.

    Le gamin s'attendait peut-être à autre chose mais Conrad n'allait pas lui raconter des salades.

    - Il y a beaucoup de gens qui sont morts ?

    Cornad réfléchit.

    - Il y a plus eut de morts que de blessés et ceux-ci sont nombreux.

    - Que va-t-il arriver au dragon ?

    Conrad le regarda.

    - Les dragons sont tellement rares... Je ne pense pas qu'il sera tué. Cela m'étonnerait. Et puis, c'est un vestige de l'ancien roi.

    Il serait probable qu'Aragon continue de vivre sa vie en captivité à Fossedragon sous haute surveillance. 

    - Il a brûlé beaucoup de choses ? Ça sera long à réparer ?

    Cornad hocha la tête.

    - Aragon a fait pas mal de dégât dans une partie de Port-Réal. Il va falloir reconstruire ce qu'il a détruit. 

    Le jeune écuyer n'ajouta rien, pour une fois à court de questions. Il se contenta de rester assis sur ses coussins à regarder le maître des navires. Conrad le fixa.

    - Qui sers-tu, mon garçon ?

    - Un chevalier du nom de Roland Rosby. Le plus jeune de sa maisonnée, il n'aura jamais droit aux terres de son père.

    Conrad fixa le gamin.

    - Je ne le connais pas.

    Sûrement pas assez important pour qu'il le sache. 

    - Rien d'étonnant à cela, commenta le gamin. Il ne s'est illustré dans aucun haut, sauf si vider l’intégralité des caves de la capitale est considéré comme un haut fait.

    Conrad comprenait alors la curiosité de l'écuyer pour ce qui s'était produit pour le dragon. 

    - Vous ne devez pas lui servir à grand chose.

    - A part à retrouver le chemin du donjon après une de ses beuveries ? Non, pas vraiment. En devenant son écuyer, j'espérais assister à des tournois, et puis devenir chevalier quand j'aurais l'âge... mais c'est mal parti.

    Conrad soupira. Ce gamin ne deviendrait pas chevalier avec un tel boulet. 

    - Je vois. 

    Comment cet homme pouvait-il être un chevalier ? Pour une fois, l'écuyer ne trouvait rien à dire. Il regardait Conrad avec curiosité mais se taisait.

     Conrad remit les coussins dans son dos.

    - Qu'as-tu pu apprendre des chevaliers en tant qu'écuyer ?

    - Ben... Je sais qu'un chevalier doit protéger la veuve et l'orphelin, qu'il doit respecter ses serments et servir son roi.

    Conrad le regarda.

    - C'est en effet des principes qui doivent régir la vie des chevaliers.

    - Je suis aussi sensé apprendre à me battre avec mon maître, mais on ne fait pas grand chose dans la journée. Et on a pas beaucoup voyagé non plus.

    Conrad voulait bien le croire vu la façon dont il décrivait celui qu'il servait.

    - Autrefois, j'étais chevalier. Je le suis toujours au sens du terme mais l'activité de maître des navires a pris le dessus.

    Le jeune garçon le regarda, des étoiles dans les yeux.

    - Vous avez voyagé ?

    Conrad esquissa un sourire.

    - Je suis un Fer-né. J'ai voyagé pour venir ici. J'ai voyagé pour servir les intérêts de mon roi et j'ai voyagé sur les mers. Je pars du principe qu'un bon maître des navires doit connaître les routes maritimes. 

    Le garçon le regardait avec respect. Cet homme avait affronté un dragon, et il avait voyagé sur les mer et les terres de Westeros. Son maître ne lui arrivait même pas à la cheville niveau exploit chevaleresque.

    - Vous êtes déjà allé dans le Nord ? On dit que c'est une région immense.

    Conrad le regarda puis fixa la plafond.

    - Le Nord... Tout dépend de ce que tu appelles le Nord... Winterell ? Je n'ai pas eu l'occasion de me rendre jusque là. J'ai voyagé à travers tout Westeros mais certaines contrées me sont plus inconnues que d'autres. Je connais bien les régions proches des mers et des eaux. Les terres.. c'est bien différent.

    - Donc vous connaissez un peu le Conflant ?

    - Assurément. Vous venez de là ?

    - Oui. Enfin, du sud du Conflant. Vers Harrenhal.

    Conrad le regarda.

    - Raconte moi ton histoire. Comment es-tu venu ici ? 

    - J'appartiens à la maison Went, mais je suis le petit dernier. Du coup, mes parents ont voulu me trouver un chevalier comme maître pour que je sois adoubé à ma majorité. Ils m'ont confié à un gaillard qui avait l'air sérieux au premier abord, mais ça n'a pas duré. Dès qu'on est arrivé à Port-Réal, il a laissé tombé la chevalerie et moi avec.

    Conrad l'écouta.

    - Je ne suis moi-même pas le premier né de ma famille. J'ai plutôt bien réussi ma vie, mon garçon. Être le dernier, c'est ne pas être l'héritier mais tu es libre d'être celui que tu souhaites. Veux-tu être chevalier ?

    - Oui ! s'exclama-t-il avec entrain. Bien sûr que je veux être chevalier !

    Conrad le regarda.

    - Tu m'as l'air d'être un bon garçon. Va me chercher de l'eau, je te pris. J'ai soif.

    L'écuyer sauta sur ses pieds et s'avança vers la table où une carafe était posée.

    - Du vin... Je vais aux cuisines vous chercher de l'eau !

    Conrad leva les yeux vers le plafond.

    - Le vin n'est bon que pour les repas.

    En réalité, Conrad ne buvait du vin qu'en compagnie des autres nobles. Pendant ses repas et le reste du temps, il buvait de l'eau . Combattre l'estomac et le sang plein d'alcool n'était pas une bonne idée selon lui. 

    Ni une ni deux. Le jeune garçon emporta la carafe et sortit de la pièce pour chercher de l'eau aux cuisines. Quelques petites minutes plus tard, il était de retour.

    - Voilà votre eau Messire !

    Conrad le fixa.

    - C'est mieux d'avoir un verre pour la boire, n'est-ce pas ?

    Il était obéissant ce gamin.

    - Il y en a un sur la table !

    En effet, il alla chercher la coupe en verre posées sur la table, sans doute destinée à la base à recevoir le vin de la carafe.

    Il revint vers Conrad avec son verre et son eau. Pour une fois qu'on lui demandait de changer du vin en eau et non l'inverse...

    Conrad prit le verre et en but quelques gorgées. 

    - Merci bien. N'as-tu pas soif ?

    - Beuh... Non, ça va. Vous pensez que je vais pouvoir devenir chevalier ?
    Cette question le taraudait depuis un moment, et pour une fois qu'il s'adressait à un connaisseur, il n'allait pas se priver.

    Conrad le fixa après avoir reposé son verre.

    - Si tu restes au service de ton chevalier, tu n'as aucune chance d'en devenir un.

    Le gamin ne devait pas se faire de faux espoirs.

    Le jeune garçon soupira. Il s'en doutait un peu, mais il voulait l'entendre dire par un adulte.

    - Mais je ne veux pas rester écuyer toute ma vie !

    Conrad le fixa quelques secondes sans rien dire. Il réfléchissait. 

    - Je n'ai pas d'écuyer.

    Il avait lâché cette simple phrase en espérant que le gamin assis en face de lui comprenne le sous-entendu.

    Le gamin n'était pas idiot. Cette simple phrase alluma une lueur d'espoir dans ses yeux.

    - Vraiment ? Et... vous en cherchez un ?

    Conrad n'en  cherchait pas. Il pensait que c'était avoir un parasite à ses côtés. Mais ce petit idiot, il le trouvait fort sympathique à présent... Est-ce un effet dû à ses blessures ?

    - J'en n'en ai jamais voulu...

    Le garçon afficha un air déçu. De toute façon, il n'était même pas sûr qu'un écuyer puisse changer de chevalier. Tout en réfléchissant, il se mordillait la lèvre.

    - ... Cependant, on dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

    A ces mot, il releva la tête.

    - Et vous n'êtes pas un imbécile, devina-t-il.

    Conrad esquissa un sourire. 

    - C'est bien dangereux, mon garçon, de me dire cela. 

    Le garçon s'empourpra, il n'avait pas fait attention à ses paroles.

    - Ce... Ce n'est pas ce que je voulais dire... Enfin...

    Conrad le trouvait bien amusant.

    - Surveille un peu mieux tes paroles.

    Il le regarda avant d'ajouter.

    - Mais, je serais prêt à te prendre comme écuyer.

    Il regarda Conrad, les yeux brillants d'excitation.

    - C'est vrai ?

    Conrad leva les yeux vers plafond.

    - Non, je ne te fais pas marcher, gamin.

    Il trépignait sur place.

    - Ho ! Mercimecimercimerci !

    Conrad eut la tête qui tournait à le regarder s'agiter.

    - Seulement si le chevalier que tu sers actuellement est d'accord.

    Il se calma un peu.

    - Je ne sais pas où il est pour le moment. Mais ce soir, je le verrais forcément ! Je pourrais lui demander. De toute façon, pour ce à quoi je lui sert...

    Conrad le regarda. 

    - Il est tout de même nécessaire de l'avertir.

    Conrad n'avait pas envie de supporter les plaintes de l'ivrogne si le gamin devenait son écuyer sans son accord. 

    - Oui, oui, je lui en parlerai.

    Un doute le prit.

    - ... Et si il refuse ?

    Conrad sourit.

    - Je ne te prends pas comme écuyer, gamin. C'est à toi de le convaincre.

    - Je le convaincrai ! affirma-t-il.
    Il était prêt à tout pour se dégager de l'autorité de son ivrogne de chevalier, puisque son avenir en dépendait.

    Conrad esquissa un sourire.

    - Et bien, nous verrons bien. Moi, je n'aurais pas bougé d'ici. Ma jambe a besoin de repos.

    - D'accord. Vous avez besoin d'autre chose ?

    Le garçon n'avait plus de questions à poser, et comme il allait peut-être pouvoir devenir son écuyer, autant prendre les bonnes habitudes dès maintenant.

    Conrad lui fit signe que non.

    - Je vais dormir un peu.

    - Alors... Je vous laisse.

     

    ***

     

    Conrad faisait la sieste, ne trouvait rien de mieux à faire dans son ennuis. Il se réveilla en entendant frapper.

    - Entrez !

    Le jeune écuyer entra dans la pièce.

    - Messire ? C'est moi. Je suis aller demander comme promit à mon ancien maître si il voulais bien me délivrer de son service... Et il a accepté.

    Conrad fut étonné. 

    - Déjà? Et bien... tu as vite négocier, gamin.

    Il était encore un peu endormi. 

    Sans prendre garde à l'état de somnolence de son interlocuteur, le jeune garçon continua avec son habituel débit de parole :

    - Oui, je l'ai trouvé assez rapidement. Alors c'est pour de bon ? Je vais être votre écuyer ? Je vais pouvoir servir un vrai chevalier ?

    Conrad le regarda et se demanda s'il n'avait pas fait une erreur. Mais il était un homme de parole ! 

    - Oui, bien évidemment.

    Un grand sourire éclaira son visage.

    - Ah, merci ! Vous sauvez mon avenir et la réputation de ma famille !

    Conrad n'en doutait pas.

    - Je commencerais à t'entraîner quand je serais sur pieds.

    Le maître des navires se demanda comment allait son prince. 

    Le garçon était tellement impatient... mais il se promit intérieurement d'attendre sagement le temps qu'il faudra.

    - D'accord ! Vous avez besoin de quelque chose en attendant ?

    Conrad le regarda.

    - Sais-tu comment se porte le prince Viserys ?

    Il secoua la tête.

    - Non, désolé messire. Je ne me suis pas renseigné à son sujet.

    Conrad soupira.

    - Il doit être encore inconscient ou alors, la nouvelle de son réveil n'est pas encore rendue publique.

    - Je ne sais pas. Vous voulez que j'aille me renseigner ?

    Conrad le regarda avec un sourire en coin.

    - Cela serait bien, oui.

    Il rougis un peu et s'empressa d'acquiescer :

    - J'y vais tout de suite !

    Déjà habitué à obéir prestement aux ordres, il fila de la pièce pour chercher quelqu'un qui puisse le renseigner. Sinon, il irait jeter un œil directement dans la chambre, mais il préférait garder cette option pour le dernier recourt.


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  • Viserys passa toute la nuit dans un état comateux. C'est seulement au matin, lorsque le soleil fut suffisamment haut pour illuminer tout le Donjon Rouge, qu'il commença à émerger.

    Il cligna des yeux pour s’habituer à la lumière ambiante, puis il voulu se redresser pour se lever. La douleur explosa dans tout son flanc et il se recoucha dans un gémissement. Cette fois, il se rappelait. La bataille, les dragons, les flammes... Il n'était donc pas mort ? Les morts n'avait pas mal. Et les mort ne se réveillaient pas dans leur chambre en règle générale. Ce qui signifiait qu'il devait être en vie, et donc que Aragon avait soit été vaincu soit avait fuit pour les laisser en paix.

    Il entendit des bruits de pas et une servante entre deux ages accourus de la pièce d’à-côté.

    - Messire ? Heu... Prince ? Vous êtes réveillé ?

    Maintenant, il sentait l'irritation du tissus de ses draps sur ses jambes comme autant de petites aiguilles dans sa peau à vif. Donc oui, il supposait qu'il devait être bien réveillé. Mais il avait l'impression que parler demanderait tout les efforts du monde... Le comble pour lui, qui avait d'ordinaire la langue si bien pendue !

    Il plongea son regard violet dans les yeux de la servante, et elle bafouilla :

    - Je... je vais chercher le mestre immédiatement. Il... c'était ses ordres. Je revient tout de suite.

    Et elle sortit de la pièce en précipitation, comme si elle avait l'Etranger aux trousses. Et voici le prince de nouveau seul... Il se serait bien endormit, mais elle avait dit qu'elle allait chercher le mestre, et il était trop impatient d'en savoir plus. Il resta donc somnolant, les yeux fixé au plafond.

    De longues minutes plus tard, le Grand Mestre Raehnys arriva. Viserys somnolait toujours, entre éveil et sommeil, mais le bruit de la porte qui s'ouvrait le ramena à la réalité.

    - Prince, on m'a rapporté que vous étiez éveillé.

    Viserys marmonna quelques mots :

    - De... l'eau...

    Il n'avait pas bu depuis la veille, et sa bouche était pâteuse, avec le désagréable goût métallique du sang qui le poursuivait depuis qu'il s'était réveillé.

    Le mestre réagit immédiatement et prit une carafe qui traînait sur la table. Il laissa couler un mince filet d'eau dans la bouche du prince. Ce dernier s'en sentit déjà mieux, ou du moins se sentait plus à même de parler.

    - Que... j'ai droit à un bref résumé de ce qui s'est passé ?

    - Bien sûr. Les renforts de cavalerie sont venu vous aider pour abattre le dragon, il a été acheminé vers Fossedragon, et tout les blessés ont été amenés ici pour être soignés.

    - Mmm... Et mon état ?

    Viserys s'était rendu compte qu'il pouvait bouger la tête sans réveiller la douleur, à condition de ne pas faire de mouvement brusque. Mais tout autre geste le faisait souffrir, et ses jambes semblaient toujours à vif.

    - Repos obligatoire jusqu'à rétablissement complet. Je ne sais pas ce que vous a fait le dragon, mais vous avez plusieurs os cassés. Mais ce qui m'inquiète la plus, ce sont vos jambes.
    Une angoisse soudaine prit le prince à la gorge. Il savait que certaines personnes pouvaient devenir immobilisées à vie à cause d'accidents de ce genre. Lors d'un tournoi par exemple, un chevalier dont la jambe reste coincé sous son cheval peut resté paralysé à vie... Viserys avait déjà assisté à cela. Et en avait été la cause d'ailleurs. Si à l'époque ça ne lui avait fait ni chaud ni froid, l'idée que la même catastrophe lui arrive ne le mettait pas en joie. Plus d'équitation, plus de combat... plus d'autonomie en général. Malgré la douleur, il tenta de faire bouger ses jambes. Jamais il n'aurait pensé ressentir un pareil soulagement en voyant bouger ses orteils.

    Le mestre remarqua l'attitude de Viserys.

    - Non, le rassura-t-il. Il s'agit plutôt de brûlures, votre vie n'est pas en danger.

    Le prince réfléchit quelques instants.

    - Mm... Ce dragon le paiera. Il a complètement détruit de magnifiques vêtement en soie des Iles d’Été, et cousus sur mesure.

    Raehnys parut décontenancé. Il avait oublié ce que ça faisait de discuter avec le prince Viserys.

    - Vous... Si vous avez trop mal, j'ai du lait de pavot à votre disposition. Il n'y a nulle honte à en prendre, vous le savez.

    Le prince fit la moue.

    - Du lait de pavot ? Je devine que mon cher frère voudra me voir une fois ses affaires terminées, et je préfère avoir l'esprit clair pour l'affronter.

    - Votre frère ne... Il sera très compréhensif, j'en suis sûr.

    - Là n'est pas la question. Bref, en attendant je n'ai nulle occupation, et même déplacer des pièces pour une partie de civose me paraît inenvisageable. Je suppose donc que je vais passer les prochains jours à dormir et me morfondre.

    Le Mestre faillit répondre "comme vous voudrez", mais il se retint à temps. Avec un soupir :

    - Puisque vous ne voulez pas de ma médecine, seul le temps pourra vous aider. J'ai fait hier tout ce dont vous aviez besoin, et à part changer quotidiennement les cataplasme contre les brûlures je ne vois plus de raison de ma présence ici. Je vais prévenir votre frère que vous êtes éveillé, je le lui ait promit.

    - Allez-y donc, c'est toujours de la compagnie en plus.

    Sans rien ajouter, le Grand Mestre sortit de la pièce et se mit en devoir de chercher le roi.

    Valerys arriva en marchant d'un pas cadencé et rapide . Il eut du mal à attendre qu'un soldat entre, lui ouvre la porte . Puis il entra, et s'approcha du lit de son frère, s'asseyant à son côté, et le couvant d'un regard sombre mais sans méchanceté, ni beaucoup d’expressions.

    Viserys somnolait lorsque son frère fit son entrée dans sa chambre. Il tourna la tête vers Valerys, un sourire un peu crispé aux lèvres.

    - Cher frère... que me vaut l'honneur de cette visite ?

    Il n'a pas changé . Tout au fond de lui, il en étais heureux . Avoir un frère apathique, quand il le conaissait vif et ardent, lui aurais fait de la peine, même s'il ne l'aurait jamais avoué .

    - Je venais prendre de tes nouvelles ... 

    Soudain, l'énervement pris légèrement le dessus . 

    - Mais enfin, qu'elle mouche t'a piqué ? Tu aurais pu mourir contre ce dragon ... tuer le tiens par la même occasion !

    Viserys fit la moue. Il avait prévu cette question, et avait réfléchit par avance à la réponse qu'il donnerais.

    - Et qu'aurais-je dû faire d'après toi ? Laisser le dragon de notre père détruire les campagnes alentours ? Si je n'avais pas agis, le peuple aurait très bien pu le prendre pour une action délibérée de la part de notre famille. Comme tu es tout juste couronné, personne dans le peuple ne sait encore qui tu es vraiment.

    - Et me priver d'un soutiens, d'un frère, et d'une partie de mon armée, ce n'est pas me nuire, peut-être ? Tu a pensé à Daenerys, la peine que tu lui aurais faîte ? Non bien sur ! Pourquoi faut-il toujours que tu fasse tout tout seul ?Pourquoi ne pas m'avoir prévenu ? Je suis ton roi, et tu n'avais pas la permission de partir contre un dragon trois fois plus gros que le tiens, pour sauver quelques misérables caravelles, gronda Valerys, furieux . 

    - Et ne me dit pas que tu n'a pas agit sur un coup de tête, je ne te croirais certainement pas, rajouta t-il plus calmement.

    - Pour te prévenir, j'aurais dû d'abord te chercher à travers tout le Donjon Rouge, et le dragon aurait eut le temps de faire trois fois l'aller-retour jusqu'à Darry.

    Viserys ne pouvait pas contredire son frère sur sa dernière phrase, mais il se garda bien de faire le moindre commentaire à ce propos. A la place, il détourna légèrement la conversation :

    - C'était le dragon de notre père, ça ne fait aucun doute. Comment expliquer son comportement ? Est-il possible qu'il soit lié à la mort d'Aemon ?

    Le roi fronça les sourcils, et ses doigts ce serrèrent légèrement, en comprenant que son frère ne voulais pas lui répondre. Il laissa cependant passer, et eut un sourire légèrement moqueur.

    - Si tu lisait un peu plus souvent, tu aurais peut-être une hypothèse...

    Il ce racla la gorge, pour continuer .

    - Un dragon et un homme ne sont pas fait pour s’entendre, d'après de grands savant . Il s'avère que s'est faux : Les dragons ont la force, les hommes l'intelligence . Nous nous complétion, et notre famille à exploité ce don . Il est arrivé parfois, dans l'histoire de la famille qu'un dragon devienne fou à la mort de son maître . Je pense que s'est ce qui est arrivé au dragon de feu notre père. 

    Et si tu lisais un peu moins souvent, peut-être que le peuple t'accepterait plus facilement comme roi.

    Cette réplique lui brûlait les lèvres, mais Viserys ne la sortit pas. Il écouta patiemment le petit exposé de son frère et répondit ensuite comme il se devait :

    - C'est possible. En tout cas, pas moyen de le ramener à la raison, et j'aurais pourtant essayé. Où est-il désormais ? Si je suis là, je suppose qu'il a été vaincu.

    - Partit, répondit le roi. Vers l'est. Et n'espère pas te lancer à sa recherche pendant que j'ai le dos tourné. Tu en a pour quelques mois de rétablissement... et je vais devoir l'expliquer à mon cher conseil tout à l'heure. 

    Encore une fois, il s'épargna de relever les sous-entendus de son frère.

    - Et Onys ? Il se porte bien ?

    La dernière vision que Viserys avait eut de son dragon, c'était une lutte contre un géant durant laquelle il paraissait tout sauf avantagé.

    - Il n'est pas mort en tout cas.. mais il ce rétablira plus vite que toi, c'est sur . Il a eut de la chance de ne pas avoir de grosses blessures . Vous avez tout deux eut beaucoup de chances. Et j'en suis heureux, ajouta t-il après une pause.

    Il se leva pour prendre congé. 

    - Maintenant, il faut te reposer.

    - Je ne risque pas d'aller bien loin ne t'en fais pas, répondit le prince, pince-sans-rire.

    Puis une autre pensée lui traversa l'esprit.

    - Un instant ! Lors Conrad Greydjoy, le Maître des Navires... Il était avec moi. Est-il bien rentré ?

    Le roi ce retourna et hocha la tête .

    - Il étais beaucoup moins touché que toi ... et heureusement d'ailleurs, car grâce à lui tu es rentré rapidement au château, dit-il en repensant au seigneur. 

    Et je le remercierais.

    - Beaucoup moins touché ?

    Viserys prit un air intéressé.

     

    - Il peut donc se déplacer ?

    Le roi réfléchit à l'état de son loyal sujet.

    - Oui, mais pas forcément de longues distances ... 

    Il fronça les sourcils . 

    -Tu me parais bien éveillé d'un coup ! Que mijotes-tu encore ? 

    - Allons, mon cher frère... inutile de voir dans le moindre de mes propos un sous-entendu politique. Non, je songeais juste que le temps risquait d'être long, seul dans cette pièce, et qu'il en serait de même pour lui. J'ai ici de quoi occuper l'esprit sans... trop avoir à bouger.

    Il grimaça sur ses dernière paroles, car il avait tenté de se tourner un peu plus vers le roi, mais la douleur qui s'était calmée était revenue immédiatement.

    Valerys cacha sa pitié dans un rabaissement de tête . Son frère n'aimait pas la pitié à son égard, il le savait bien. Quand il la releva, ses yeux violets étaient neutres.

    - Je peux te faire apporter des livres si tu veux ! dit-il, mi ironique mi sérieux, car il savais que tous dans sa famille c'étaient toujours un peu moqués de son gout pour la lecture.

    Viserys leva les yeux au plafond.

    - L'inverse m'eut étonné. Et même inquiété. Mais tu n'as pas tords, quelques ouvrages ne seraient pas de trop pour passer le temps.

    Valerys jeta un œil circulaire dans sa chambre .

    - Je t'enverrais tout cela ... tu as un genre en particulier ? demanda t-il, pressé, car il n'aurais plus beaucoup de temps pour aller à son grand conseil ensuite.

    - Je ne ferais pas mon difficile, mais évite au moins "l'Etoile à Sept branches" ou autres lectures dans ce genre. Sinon ma condition risque de vite devenir infernale.

    Il ébaucha un sourire moqueur.

    Valerys leva les yeux au ciel .

    - Je vais t'envoyer des livres sur les dragons, ça te mettra peut-être un peu de raison dans le crâne !  répondit-il avec le même sourire. Et d'autres intéressant, ne t'inquiète pas, je ne suis pas un monstre !

    Il ce leva, et laissa son garde ouvrir la porte. Puis il sortit de la pièce, laissant là son frère en pleine méditation.

    Au même moment, un jeune garçon en vêtements d'écuyer arrivait en courant dans les escaliers du donjon. Il faillit foncer dans le garde du roi, mais s'arrêta juste à temps devant la taille du chevalier.

    - J... heu... Mille excuses messire.

    Valerys fronça les sourcils, un éclat surpris naquit dans ses prunelles violette . Les gardes, remis de leur surprise, avaient tous une mine rébarbative, les lances pointés en avant .

    Le roi fit un signe, et tous relevèrent la lance .

    - Qui est -tu petit ? Tu sait que si je n'était pas intervenu, mes gardes t'auraient exécutés céans ?

    Ils l'auraient plus tôt jetés sans cérémonie en prison, en fait.

    - Je... je suis le nouvel écuyer de Lord Conrad, messire. Et je venais m'enquérir pour lui de l'état du prince. Je... je ne pensais pas que vous étiez là...

    Le jeune garçon cherchait désespérément les mots appropriés pour s'adresser au roi, aussi effrayé par les imposants chevaliers que surprit de croiser le roi de façon si soudaine et inattendue.

    Valerys hocha la tête .

    - Bien entendu ...  Alors acquitte toi de ton travail petit, dit-il en faisant signe à ses gardes de s'écarter.

    Il fixa un petit moment le jeune garçon avec un sourire amusé, voyant son embarras, puis repartit.

    Le garçon resta hésitant encore quelques instant après que le roi eut quitté la pièce, puis le prince Viserys l'appela :

    - Ainsi Lord Conrad a un écuyer désormais ? Il fait drôlement bien, rester seul de longues heures avec pour toute compagnie son édredon n'est pas aussi agréable que cela pourrait paraître.

    - Heu... Si vous le dites, messire.

    Le jeune garçon prit en note le fait que le prince était éveillé. Mais comme il ne voulait pas faire plusieurs fois de suite l'aller-retour dans les multiples escaliers du Donjon Rouge, il décida de déballer le plus de questions possibles tant qu'il en avait l'occasion, de façon à pouvoir en rapporter le plus possible à son nouveau maître.

    - Lord Conrad m'envoie vous demander comment vous-vous portez.

    - Si on écarte le fait que j'ai frôlé la mort et que je dois avoir les côtes en miettes ? Je me porte on ne peux mieux. Ou du moins si je ne deviens pas fous dans les prochains jour à rester enfermé seul dans cette pièce.

    Le jeune garçon renonça à chercher si il s'agissait ou non d'ironie.

    - Je crois que messire Conrad aimerait bien vous parler, mais je ne sais pas à quel sujet.

    - Et moi de même. Je ne demanderais rien de mieux que d'échanger quelques mots avec lui, mais vois-tu je suis assez peu disposé à me déplacer.

    - Je... lui en ferais part.

    Maintenant, le garçon n'avait plus qu'une envie : partir vite fait et rapporter ce qu'il savait à son maître, mais il devait encore se souvenir des formules de politesses pour prendre congé d'un prince. Comme rien ne venait, il improvisa une sorte de révérence sous le regard goguenard de Viserys.


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  • Legenduil entra dans la cour de Winterfell à cheval. Elle mit pied à terre et accrocha sa monture à une barrière. Ser Jon Cassel, le maître d'arme s'avança vers elle.

    - Lady Legenduil, bonjour ! Vous avez fait bonne chevauchée ?

    - Très bonne, merci. Ma sœur Sansa est-elle rentrée ?

    - Pas encore, non. Les dernières nouvelles que j'avais d'elle, c'est qu'elle est partit à Vivesaigues assister à un tournois, avec cette bâtarde que votre père avait prit sous son aile et une vieille septa pour veiller au grain. Et une escorte, évidemment : c'est moi qui ai choisit les hommes qui iraient. Enfin bref : je ne sais pas combien de temps va durer ce tournoi ni si elle va rester longtemps profiter du "Sud".

    - D'accord... Et mon père ? Des nouvelles ?

    Le maître d'arme se troubla.

    - Ce... c'est... vous... On a retrouvé son corps. Poignardé à mort.

    Les yeux de Legenduil se remplirent de larme, bien qu'elle tenta de le cacher pour se montrer forte. Elle était partie en excursion plusieurs jours dans les campagnes entourant Winterfell... Elle ne s'attendait pas à retrouver son père mort à son retour. C'était...

    - Écoutez... c'est une nouvelle terrible pour nous tous...

    Elle laissa enfin couler ses larmes.

    - Il aura été le meilleur des pères, souffla-t-elle d'une petite voix.

    - C'était un homme droit, acquiesça Jon. Et un bon gouverneur. Celui qui a osé le tuer si lâchement le paiera, je le jure sur mon épée.

    -Je trancherai volontiers la tête de celui qui a causé sa mort, rétorqua froidement Legenduil.

    "Et aussi à ceux qui m'en empêcherons"se promit-elle en silence.

    - Déjà faudrait-il savoir de qui il s'agit, se désola Jon d'un air sombre.

    - On le trouvera.

    "On le trouvera et on le tuera."

    Le maître d'arme, bien qu'habitué au fort caractère de Legenduil, ne se souvenait pas avoir déjà vu la jeune femme dans un tel état de colère froide. Il tenta de la tempérer pour éviter d'avoir en plus des accidents regrettables sur les bras :

    - Oui, le responsable sera de toute évidence condamné à mort, mais il aura droit à un jugement. Il serait regrettable de punir un innocent...

    Legenduil réfléchit.

    -Un jugement ? L'envoyer à la Garde de Nuit ? Le paradis idéale des traîtres !

    "Ma vengeance je l'aurai !"

    - Tu as raison, nous ne laisserions pas aller le meurtrier du gouverneur du Nord s'en tirer à si bon compte. Mais nous ne pouvons pas prendre le risque de tuer un innocent, tu comprends ?

    Elle comprenait très bien, mais elle était prête à tous pour sa famille.

    -Alors commençons les recherches maintenant ! répliqua la jeune fille, acariâtre.

    - Oui, bien sûr... tu veux que je te mène à l'endroit où le corps a été retrouvé ?

    -Oui...mais...il vaut mieux attendre d'être sûr que l'assassin n'est plus dans les parages ? Non ? demanda-t'elle en se calmant et comprenant vraiment les conséquences.

    -Et si c'était un piège, et que le tueur ne cherche qu'a nous anéantir ? Je suis désolé je me suis emporter.

    Le maître d'arme se radoucit en voyant la jeune femme se calmer un peu.

    - Depuis l'assassinat, tout Winterfell est en émoi. Si cet homme (à supposer que ce soit un homme, nous n'en savons rien) tentait de recommencer, il serait bien vite démasqué.

    - Quand aurons lieu les funérailles ?

    - Il sera inhumé dès demain dans les cryptes. Un sculpteur a été payé pour immortaliser son portrait dans la pierre, à l'instar des anciens rois du Nord.

    - Ce sera... sûrement... Sansa qui deviendra la gouverneur du Nord. Est-elle au courant ?

    Il soupira.

    - Je n'en sais rien. Un corbeau a été envoyé vers le sud, mais nous n'avons aucune confirmation comme quoi il serait bien arrivé à destination. J'espère qu'elle ne tardera pas trop pour rentrer.

    -Combien de temps faut-il pour aller de Vivesaigue jusqu'à Winterfell ?

    - Tout dépend de l'allure... quelques semaines je pense.

    -Il faut espérer q'il n 'y aura aucun retardement. Je ne veux pas gouverner.

    - Elle reviendra, il le faut bien. Et alors elle gouvernera.

    - Et pendant ce temps ?

    Le maître d'arme fixa Legenduil.

    - Tu es sa seule famille ici, à Winterfell. Tu seras aidée, mais c'est à toi que revient cette tâche jusqu'à son retour.

    Legenduil prit un air dégoûté.

    - Bien sûr...

    - Ne t'en fais pas, la rassura Jon. Ce n'est que pour un temps...

    - Et que s'est-il passé durant mon absence ?

    Le maître d'arme réfléchit rapidement. Elle était partie plus d'une semaine, ce n'était pas rien...

    - Pas grand chose à vrai dire. La grande chienne de chasse préféré de ton père a enfin eu sa portée, trois petits en bonne santé, Lord Karstark a fait une brève visite avant de repartir... ha, si, tout de même : on a reçut un corbeau du sud, nous annonçant que le roi était mort, et que son fils aîné prenait sa place, je ne sais pas si tu étais au courant. Et puis ce Lannister qui est venu avec sa troupe pour s'entretenir avec ton père aussi, mais il n'est pas encore partit.

    Legenduil commença a douter de ce que les Lannister étaient venu faire ici et si ils étaient venu.

    -Des Lannister vous dites ? 

    - Heu... oui. Un noble et son escorte, venus des terres de l'Ouest. Je ne sais pas pourquoi ils sont venus, mais tout prêtait à croire qu'ils voulaient demander quelque chose à feu ton père.

    - Et ils ne paraissait pas... suspects ?

    Jon soupira.

    - Évidement, ce sont des étrangers, et le meurtre à eu lieu comme par hasard quand ils étaient là. Mais nous n'avons aucune preuve contre eux, et tout cela me semble assez louche. Je t'en prie, Legenduil, ne t'attire pas plus d'ennuis que nécessaire avec ces hommes.

    - D'accord... soupira la jeune femme.

    - Que comptes-tu faire à présent ?

    - Rien sans doute, ou du moins chercher des preuves toute la journée. En chercher jour et nuit et... je doit gouverner... jusqu'au retour de Sansa.

    - Bonne chance. Si tu as besoin d'aide, n'hésites pas à me faire signe : je brûle tout autant que toi de faire la lumière sur cette mort.

    - Merci Jon... J'ai de la chance de t'avoir.

    Le vieux maître d'arme sourit sous le compliment.

    - Je suppose que c'est réciproque. On a pas souvent des élèves de ton genre dans mon métier.

    Legenduil lui sourit.

    - Oui, je suppose, et on a pas souvent ,un aussi bon maître d'arme.

    - Comment pourrais-tu le savoir, rigola-t-il. Tu n'en as pas connu d'autre.

    - Oui...Mais j'en suis sûr. Affirma-t'elle d'un air malicieux.

    - Allons...

    Il garda son sourire à peine teinté de tristesse et montra le donjon d'un signe de tête.

    - Je te laisse aller.

    Malgré la tristesse qui habitait son coeur, Legenduil ressentait un peu de fierté à l'idée de s’asseoir sur le siège de son père, au bout de la Grande Salle.

     

    ***

     

    Legenduil sortait du donjon, bien décider à mener son enquête. Elle se dirigea vers un groupe de personnes dans la cour.

    -Salutation, messire, avez vous des informations sur les Lannister qui sont venu à Winterfell ?

    Les gens se regardèrent entre eux, interloqués. Ce fut le forgeron qui fut le plus prompt à réagir.

    - Tu veux parler de cette troupe de bravache qui se pavanent avec leurs lions dorés sur la poitrine ? Ouais, on les a bien vu ces derniers temps. C'est un nobliaux qui les a amenés ici, sois-disant pour parlementer avec Lord Stark. Ben bizarrement, ça fais quelques temps qu'on en voit plus que la queue, au lion féroce. Quoique certains soldats viennent toujours me demander de ferrer leurs chevaux ou des trucs dans le genre.

    Legenduil sembla perdu dans ses pensées

    -L'un d'eux était un assassin...

    Le forgeron, un homme assez simple et brutal, hocha vigoureusement la tête.

    - Ça m'étonnerait pas. Ces sudistes, c'est tous des serpents cachés sous leurs soieries, c'est bien connu. Et les lionceaux ne font pas exception.

    - On vengera mon père..mais pour l'instant, il vaut mieux attendre. On ne sait pas qui est le véritable assassin...Mais je vous promet qu'on vengera le Seigneur du Nord.

    Le forgeron grogna :

    - Le venger, ouais, ça fais aucun doute. Si vous voulez mon avis, n'attendez tout de même pas trop avant que les chatons dorés ne retournent dans leur tanière.

    - Je ferais de mon mieux... murmura-t-elle.

    Mais d'ici le retour de Sansa, elle se sentait incapable de faire quoi que se soit. Elle n'avait aucune idée de par où commencer.


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