• Le flanc de mer entre le Bois-du-Roi et la Baie de la Néra.


    1 commentaire
  • Description à venir

    Donjon >


    49 commentaires
  • Legenduil entra dans la cour de Winterfell à cheval. Elle mit pied à terre et accrocha sa monture à une barrière. Ser Jon Cassel, le maître d'arme s'avança vers elle.

    - Lady Legenduil, bonjour ! Vous avez fait bonne chevauchée ?

    - Très bonne, merci. Ma sœur Sansa est-elle rentrée ?

    - Pas encore, non. Les dernières nouvelles que j'avais d'elle, c'est qu'elle est partit à Vivesaigues assister à un tournois, avec cette bâtarde que votre père avait prit sous son aile et une vieille septa pour veiller au grain. Et une escorte, évidemment : c'est moi qui ai choisit les hommes qui iraient. Enfin bref : je ne sais pas combien de temps va durer ce tournoi ni si elle va rester longtemps profiter du "Sud".

    - D'accord... Et mon père ? Des nouvelles ?

    Le maître d'arme se troubla.

    - Ce... c'est... vous... On a retrouvé son corps. Poignardé à mort.

    Les yeux de Legenduil se remplirent de larme, bien qu'elle tenta de le cacher pour se montrer forte. Elle était partie en excursion plusieurs jours dans les campagnes entourant Winterfell... Elle ne s'attendait pas à retrouver son père mort à son retour. C'était...

    - Écoutez... c'est une nouvelle terrible pour nous tous...

    Elle laissa enfin couler ses larmes.

    - Il aura été le meilleur des pères, souffla-t-elle d'une petite voix.

    - C'était un homme droit, acquiesça Jon. Et un bon gouverneur. Celui qui a osé le tuer si lâchement le paiera, je le jure sur mon épée.

    -Je trancherai volontiers la tête de celui qui a causé sa mort, rétorqua froidement Legenduil.

    "Et aussi à ceux qui m'en empêcherons"se promit-elle en silence.

    - Déjà faudrait-il savoir de qui il s'agit, se désola Jon d'un air sombre.

    - On le trouvera.

    "On le trouvera et on le tuera."

    Le maître d'arme, bien qu'habitué au fort caractère de Legenduil, ne se souvenait pas avoir déjà vu la jeune femme dans un tel état de colère froide. Il tenta de la tempérer pour éviter d'avoir en plus des accidents regrettables sur les bras :

    - Oui, le responsable sera de toute évidence condamné à mort, mais il aura droit à un jugement. Il serait regrettable de punir un innocent...

    Legenduil réfléchit.

    -Un jugement ? L'envoyer à la Garde de Nuit ? Le paradis idéale des traîtres !

    "Ma vengeance je l'aurai !"

    - Tu as raison, nous ne laisserions pas aller le meurtrier du gouverneur du Nord s'en tirer à si bon compte. Mais nous ne pouvons pas prendre le risque de tuer un innocent, tu comprends ?

    Elle comprenait très bien, mais elle était prête à tous pour sa famille.

    -Alors commençons les recherches maintenant ! répliqua la jeune fille, acariâtre.

    - Oui, bien sûr... tu veux que je te mène à l'endroit où le corps a été retrouvé ?

    -Oui...mais...il vaut mieux attendre d'être sûr que l'assassin n'est plus dans les parages ? Non ? demanda-t'elle en se calmant et comprenant vraiment les conséquences.

    -Et si c'était un piège, et que le tueur ne cherche qu'a nous anéantir ? Je suis désolé je me suis emporter.

    Le maître d'arme se radoucit en voyant la jeune femme se calmer un peu.

    - Depuis l'assassinat, tout Winterfell est en émoi. Si cet homme (à supposer que ce soit un homme, nous n'en savons rien) tentait de recommencer, il serait bien vite démasqué.

    - Quand aurons lieu les funérailles ?

    - Il sera inhumé dès demain dans les cryptes. Un sculpteur a été payé pour immortaliser son portrait dans la pierre, à l'instar des anciens rois du Nord.

    - Ce sera... sûrement... Sansa qui deviendra la gouverneur du Nord. Est-elle au courant ?

    Il soupira.

    - Je n'en sais rien. Un corbeau a été envoyé vers le sud, mais nous n'avons aucune confirmation comme quoi il serait bien arrivé à destination. J'espère qu'elle ne tardera pas trop pour rentrer.

    -Combien de temps faut-il pour aller de Vivesaigue jusqu'à Winterfell ?

    - Tout dépend de l'allure... quelques semaines je pense.

    -Il faut espérer q'il n 'y aura aucun retardement. Je ne veux pas gouverner.

    - Elle reviendra, il le faut bien. Et alors elle gouvernera.

    - Et pendant ce temps ?

    Le maître d'arme fixa Legenduil.

    - Tu es sa seule famille ici, à Winterfell. Tu seras aidée, mais c'est à toi que revient cette tâche jusqu'à son retour.

    Legenduil prit un air dégoûté.

    - Bien sûr...

    - Ne t'en fais pas, la rassura Jon. Ce n'est que pour un temps...

    - Et que s'est-il passé durant mon absence ?

    Le maître d'arme réfléchit rapidement. Elle était partie plus d'une semaine, ce n'était pas rien...

    - Pas grand chose à vrai dire. La grande chienne de chasse préféré de ton père a enfin eu sa portée, trois petits en bonne santé, Lord Karstark a fait une brève visite avant de repartir... ha, si, tout de même : on a reçut un corbeau du sud, nous annonçant que le roi était mort, et que son fils aîné prenait sa place, je ne sais pas si tu étais au courant. Et puis ce Lannister qui est venu avec sa troupe pour s'entretenir avec ton père aussi, mais il n'est pas encore partit.

    Legenduil commença a douter de ce que les Lannister étaient venu faire ici et si ils étaient venu.

    -Des Lannister vous dites ? 

    - Heu... oui. Un noble et son escorte, venus des terres de l'Ouest. Je ne sais pas pourquoi ils sont venus, mais tout prêtait à croire qu'ils voulaient demander quelque chose à feu ton père.

    - Et ils ne paraissait pas... suspects ?

    Jon soupira.

    - Évidement, ce sont des étrangers, et le meurtre à eu lieu comme par hasard quand ils étaient là. Mais nous n'avons aucune preuve contre eux, et tout cela me semble assez louche. Je t'en prie, Legenduil, ne t'attire pas plus d'ennuis que nécessaire avec ces hommes.

    - D'accord... soupira la jeune femme.

    - Que comptes-tu faire à présent ?

    - Rien sans doute, ou du moins chercher des preuves toute la journée. En chercher jour et nuit et... je doit gouverner... jusqu'au retour de Sansa.

    - Bonne chance. Si tu as besoin d'aide, n'hésites pas à me faire signe : je brûle tout autant que toi de faire la lumière sur cette mort.

    - Merci Jon... J'ai de la chance de t'avoir.

    Le vieux maître d'arme sourit sous le compliment.

    - Je suppose que c'est réciproque. On a pas souvent des élèves de ton genre dans mon métier.

    Legenduil lui sourit.

    - Oui, je suppose, et on a pas souvent ,un aussi bon maître d'arme.

    - Comment pourrais-tu le savoir, rigola-t-il. Tu n'en as pas connu d'autre.

    - Oui...Mais j'en suis sûr. Affirma-t'elle d'un air malicieux.

    - Allons...

    Il garda son sourire à peine teinté de tristesse et montra le donjon d'un signe de tête.

    - Je te laisse aller.

    Malgré la tristesse qui habitait son coeur, Legenduil ressentait un peu de fierté à l'idée de s’asseoir sur le siège de son père, au bout de la Grande Salle.

     

    ***

     

    Legenduil sortait du donjon, bien décider à mener son enquête. Elle se dirigea vers un groupe de personnes dans la cour.

    -Salutation, messire, avez vous des informations sur les Lannister qui sont venu à Winterfell ?

    Les gens se regardèrent entre eux, interloqués. Ce fut le forgeron qui fut le plus prompt à réagir.

    - Tu veux parler de cette troupe de bravache qui se pavanent avec leurs lions dorés sur la poitrine ? Ouais, on les a bien vu ces derniers temps. C'est un nobliaux qui les a amenés ici, sois-disant pour parlementer avec Lord Stark. Ben bizarrement, ça fais quelques temps qu'on en voit plus que la queue, au lion féroce. Quoique certains soldats viennent toujours me demander de ferrer leurs chevaux ou des trucs dans le genre.

    Legenduil sembla perdu dans ses pensées

    -L'un d'eux était un assassin...

    Le forgeron, un homme assez simple et brutal, hocha vigoureusement la tête.

    - Ça m'étonnerait pas. Ces sudistes, c'est tous des serpents cachés sous leurs soieries, c'est bien connu. Et les lionceaux ne font pas exception.

    - On vengera mon père..mais pour l'instant, il vaut mieux attendre. On ne sait pas qui est le véritable assassin...Mais je vous promet qu'on vengera le Seigneur du Nord.

    Le forgeron grogna :

    - Le venger, ouais, ça fais aucun doute. Si vous voulez mon avis, n'attendez tout de même pas trop avant que les chatons dorés ne retournent dans leur tanière.

    - Je ferais de mon mieux... murmura-t-elle.

    Mais d'ici le retour de Sansa, elle se sentait incapable de faire quoi que se soit. Elle n'avait aucune idée de par où commencer.


    4 commentaires
  • Viserys passa toute la nuit dans un état comateux. C'est seulement au matin, lorsque le soleil fut suffisamment haut pour illuminer tout le Donjon Rouge, qu'il commença à émerger.

    Il cligna des yeux pour s’habituer à la lumière ambiante, puis il voulu se redresser pour se lever. La douleur explosa dans tout son flanc et il se recoucha dans un gémissement. Cette fois, il se rappelait. La bataille, les dragons, les flammes... Il n'était donc pas mort ? Les morts n'avait pas mal. Et les mort ne se réveillaient pas dans leur chambre en règle générale. Ce qui signifiait qu'il devait être en vie, et donc que Aragon avait soit été vaincu soit avait fuit pour les laisser en paix.

    Il entendit des bruits de pas et une servante entre deux ages accourus de la pièce d’à-côté.

    - Messire ? Heu... Prince ? Vous êtes réveillé ?

    Maintenant, il sentait l'irritation du tissus de ses draps sur ses jambes comme autant de petites aiguilles dans sa peau à vif. Donc oui, il supposait qu'il devait être bien réveillé. Mais il avait l'impression que parler demanderait tout les efforts du monde... Le comble pour lui, qui avait d'ordinaire la langue si bien pendue !

    Il plongea son regard violet dans les yeux de la servante, et elle bafouilla :

    - Je... je vais chercher le mestre immédiatement. Il... c'était ses ordres. Je revient tout de suite.

    Et elle sortit de la pièce en précipitation, comme si elle avait l'Etranger aux trousses. Et voici le prince de nouveau seul... Il se serait bien endormit, mais elle avait dit qu'elle allait chercher le mestre, et il était trop impatient d'en savoir plus. Il resta donc somnolant, les yeux fixé au plafond.

    De longues minutes plus tard, le Grand Mestre Raehnys arriva. Viserys somnolait toujours, entre éveil et sommeil, mais le bruit de la porte qui s'ouvrait le ramena à la réalité.

    - Prince, on m'a rapporté que vous étiez éveillé.

    Viserys marmonna quelques mots :

    - De... l'eau...

    Il n'avait pas bu depuis la veille, et sa bouche était pâteuse, avec le désagréable goût métallique du sang qui le poursuivait depuis qu'il s'était réveillé.

    Le mestre réagit immédiatement et prit une carafe qui traînait sur la table. Il laissa couler un mince filet d'eau dans la bouche du prince. Ce dernier s'en sentit déjà mieux, ou du moins se sentait plus à même de parler.

    - Que... j'ai droit à un bref résumé de ce qui s'est passé ?

    - Bien sûr. Les renforts de cavalerie sont venu vous aider pour abattre le dragon, il a été acheminé vers Fossedragon, et tout les blessés ont été amenés ici pour être soignés.

    - Mmm... Et mon état ?

    Viserys s'était rendu compte qu'il pouvait bouger la tête sans réveiller la douleur, à condition de ne pas faire de mouvement brusque. Mais tout autre geste le faisait souffrir, et ses jambes semblaient toujours à vif.

    - Repos obligatoire jusqu'à rétablissement complet. Je ne sais pas ce que vous a fait le dragon, mais vous avez plusieurs os cassés. Mais ce qui m'inquiète la plus, ce sont vos jambes.
    Une angoisse soudaine prit le prince à la gorge. Il savait que certaines personnes pouvaient devenir immobilisées à vie à cause d'accidents de ce genre. Lors d'un tournoi par exemple, un chevalier dont la jambe reste coincé sous son cheval peut resté paralysé à vie... Viserys avait déjà assisté à cela. Et en avait été la cause d'ailleurs. Si à l'époque ça ne lui avait fait ni chaud ni froid, l'idée que la même catastrophe lui arrive ne le mettait pas en joie. Plus d'équitation, plus de combat... plus d'autonomie en général. Malgré la douleur, il tenta de faire bouger ses jambes. Jamais il n'aurait pensé ressentir un pareil soulagement en voyant bouger ses orteils.

    Le mestre remarqua l'attitude de Viserys.

    - Non, le rassura-t-il. Il s'agit plutôt de brûlures, votre vie n'est pas en danger.

    Le prince réfléchit quelques instants.

    - Mm... Ce dragon le paiera. Il a complètement détruit de magnifiques vêtement en soie des Iles d’Été, et cousus sur mesure.

    Raehnys parut décontenancé. Il avait oublié ce que ça faisait de discuter avec le prince Viserys.

    - Vous... Si vous avez trop mal, j'ai du lait de pavot à votre disposition. Il n'y a nulle honte à en prendre, vous le savez.

    Le prince fit la moue.

    - Du lait de pavot ? Je devine que mon cher frère voudra me voir une fois ses affaires terminées, et je préfère avoir l'esprit clair pour l'affronter.

    - Votre frère ne... Il sera très compréhensif, j'en suis sûr.

    - Là n'est pas la question. Bref, en attendant je n'ai nulle occupation, et même déplacer des pièces pour une partie de civose me paraît inenvisageable. Je suppose donc que je vais passer les prochains jours à dormir et me morfondre.

    Le Mestre faillit répondre "comme vous voudrez", mais il se retint à temps. Avec un soupir :

    - Puisque vous ne voulez pas de ma médecine, seul le temps pourra vous aider. J'ai fait hier tout ce dont vous aviez besoin, et à part changer quotidiennement les cataplasme contre les brûlures je ne vois plus de raison de ma présence ici. Je vais prévenir votre frère que vous êtes éveillé, je le lui ait promit.

    - Allez-y donc, c'est toujours de la compagnie en plus.

    Sans rien ajouter, le Grand Mestre sortit de la pièce et se mit en devoir de chercher le roi.

    Valerys arriva en marchant d'un pas cadencé et rapide . Il eut du mal à attendre qu'un soldat entre, lui ouvre la porte . Puis il entra, et s'approcha du lit de son frère, s'asseyant à son côté, et le couvant d'un regard sombre mais sans méchanceté, ni beaucoup d’expressions.

    Viserys somnolait lorsque son frère fit son entrée dans sa chambre. Il tourna la tête vers Valerys, un sourire un peu crispé aux lèvres.

    - Cher frère... que me vaut l'honneur de cette visite ?

    Il n'a pas changé . Tout au fond de lui, il en étais heureux . Avoir un frère apathique, quand il le conaissait vif et ardent, lui aurais fait de la peine, même s'il ne l'aurait jamais avoué .

    - Je venais prendre de tes nouvelles ... 

    Soudain, l'énervement pris légèrement le dessus . 

    - Mais enfin, qu'elle mouche t'a piqué ? Tu aurais pu mourir contre ce dragon ... tuer le tiens par la même occasion !

    Viserys fit la moue. Il avait prévu cette question, et avait réfléchit par avance à la réponse qu'il donnerais.

    - Et qu'aurais-je dû faire d'après toi ? Laisser le dragon de notre père détruire les campagnes alentours ? Si je n'avais pas agis, le peuple aurait très bien pu le prendre pour une action délibérée de la part de notre famille. Comme tu es tout juste couronné, personne dans le peuple ne sait encore qui tu es vraiment.

    - Et me priver d'un soutiens, d'un frère, et d'une partie de mon armée, ce n'est pas me nuire, peut-être ? Tu a pensé à Daenerys, la peine que tu lui aurais faîte ? Non bien sur ! Pourquoi faut-il toujours que tu fasse tout tout seul ?Pourquoi ne pas m'avoir prévenu ? Je suis ton roi, et tu n'avais pas la permission de partir contre un dragon trois fois plus gros que le tiens, pour sauver quelques misérables caravelles, gronda Valerys, furieux . 

    - Et ne me dit pas que tu n'a pas agit sur un coup de tête, je ne te croirais certainement pas, rajouta t-il plus calmement.

    - Pour te prévenir, j'aurais dû d'abord te chercher à travers tout le Donjon Rouge, et le dragon aurait eut le temps de faire trois fois l'aller-retour jusqu'à Darry.

    Viserys ne pouvait pas contredire son frère sur sa dernière phrase, mais il se garda bien de faire le moindre commentaire à ce propos. A la place, il détourna légèrement la conversation :

    - C'était le dragon de notre père, ça ne fait aucun doute. Comment expliquer son comportement ? Est-il possible qu'il soit lié à la mort d'Aemon ?

    Le roi fronça les sourcils, et ses doigts ce serrèrent légèrement, en comprenant que son frère ne voulais pas lui répondre. Il laissa cependant passer, et eut un sourire légèrement moqueur.

    - Si tu lisait un peu plus souvent, tu aurais peut-être une hypothèse...

    Il ce racla la gorge, pour continuer .

    - Un dragon et un homme ne sont pas fait pour s’entendre, d'après de grands savant . Il s'avère que s'est faux : Les dragons ont la force, les hommes l'intelligence . Nous nous complétion, et notre famille à exploité ce don . Il est arrivé parfois, dans l'histoire de la famille qu'un dragon devienne fou à la mort de son maître . Je pense que s'est ce qui est arrivé au dragon de feu notre père. 

    Et si tu lisais un peu moins souvent, peut-être que le peuple t'accepterait plus facilement comme roi.

    Cette réplique lui brûlait les lèvres, mais Viserys ne la sortit pas. Il écouta patiemment le petit exposé de son frère et répondit ensuite comme il se devait :

    - C'est possible. En tout cas, pas moyen de le ramener à la raison, et j'aurais pourtant essayé. Où est-il désormais ? Si je suis là, je suppose qu'il a été vaincu.

    - Partit, répondit le roi. Vers l'est. Et n'espère pas te lancer à sa recherche pendant que j'ai le dos tourné. Tu en a pour quelques mois de rétablissement... et je vais devoir l'expliquer à mon cher conseil tout à l'heure. 

    Encore une fois, il s'épargna de relever les sous-entendus de son frère.

    - Et Onys ? Il se porte bien ?

    La dernière vision que Viserys avait eut de son dragon, c'était une lutte contre un géant durant laquelle il paraissait tout sauf avantagé.

    - Il n'est pas mort en tout cas.. mais il ce rétablira plus vite que toi, c'est sur . Il a eut de la chance de ne pas avoir de grosses blessures . Vous avez tout deux eut beaucoup de chances. Et j'en suis heureux, ajouta t-il après une pause.

    Il se leva pour prendre congé. 

    - Maintenant, il faut te reposer.

    - Je ne risque pas d'aller bien loin ne t'en fais pas, répondit le prince, pince-sans-rire.

    Puis une autre pensée lui traversa l'esprit.

    - Un instant ! Lors Conrad Greydjoy, le Maître des Navires... Il était avec moi. Est-il bien rentré ?

    Le roi ce retourna et hocha la tête .

    - Il étais beaucoup moins touché que toi ... et heureusement d'ailleurs, car grâce à lui tu es rentré rapidement au château, dit-il en repensant au seigneur. 

    Et je le remercierais.

    - Beaucoup moins touché ?

    Viserys prit un air intéressé.

     

    - Il peut donc se déplacer ?

    Le roi réfléchit à l'état de son loyal sujet.

    - Oui, mais pas forcément de longues distances ... 

    Il fronça les sourcils . 

    -Tu me parais bien éveillé d'un coup ! Que mijotes-tu encore ? 

    - Allons, mon cher frère... inutile de voir dans le moindre de mes propos un sous-entendu politique. Non, je songeais juste que le temps risquait d'être long, seul dans cette pièce, et qu'il en serait de même pour lui. J'ai ici de quoi occuper l'esprit sans... trop avoir à bouger.

    Il grimaça sur ses dernière paroles, car il avait tenté de se tourner un peu plus vers le roi, mais la douleur qui s'était calmée était revenue immédiatement.

    Valerys cacha sa pitié dans un rabaissement de tête . Son frère n'aimait pas la pitié à son égard, il le savait bien. Quand il la releva, ses yeux violets étaient neutres.

    - Je peux te faire apporter des livres si tu veux ! dit-il, mi ironique mi sérieux, car il savais que tous dans sa famille c'étaient toujours un peu moqués de son gout pour la lecture.

    Viserys leva les yeux au plafond.

    - L'inverse m'eut étonné. Et même inquiété. Mais tu n'as pas tords, quelques ouvrages ne seraient pas de trop pour passer le temps.

    Valerys jeta un œil circulaire dans sa chambre .

    - Je t'enverrais tout cela ... tu as un genre en particulier ? demanda t-il, pressé, car il n'aurais plus beaucoup de temps pour aller à son grand conseil ensuite.

    - Je ne ferais pas mon difficile, mais évite au moins "l'Etoile à Sept branches" ou autres lectures dans ce genre. Sinon ma condition risque de vite devenir infernale.

    Il ébaucha un sourire moqueur.

    Valerys leva les yeux au ciel .

    - Je vais t'envoyer des livres sur les dragons, ça te mettra peut-être un peu de raison dans le crâne !  répondit-il avec le même sourire. Et d'autres intéressant, ne t'inquiète pas, je ne suis pas un monstre !

    Il ce leva, et laissa son garde ouvrir la porte. Puis il sortit de la pièce, laissant là son frère en pleine méditation.

    Au même moment, un jeune garçon en vêtements d'écuyer arrivait en courant dans les escaliers du donjon. Il faillit foncer dans le garde du roi, mais s'arrêta juste à temps devant la taille du chevalier.

    - J... heu... Mille excuses messire.

    Valerys fronça les sourcils, un éclat surpris naquit dans ses prunelles violette . Les gardes, remis de leur surprise, avaient tous une mine rébarbative, les lances pointés en avant .

    Le roi fit un signe, et tous relevèrent la lance .

    - Qui est -tu petit ? Tu sait que si je n'était pas intervenu, mes gardes t'auraient exécutés céans ?

    Ils l'auraient plus tôt jetés sans cérémonie en prison, en fait.

    - Je... je suis le nouvel écuyer de Lord Conrad, messire. Et je venais m'enquérir pour lui de l'état du prince. Je... je ne pensais pas que vous étiez là...

    Le jeune garçon cherchait désespérément les mots appropriés pour s'adresser au roi, aussi effrayé par les imposants chevaliers que surprit de croiser le roi de façon si soudaine et inattendue.

    Valerys hocha la tête .

    - Bien entendu ...  Alors acquitte toi de ton travail petit, dit-il en faisant signe à ses gardes de s'écarter.

    Il fixa un petit moment le jeune garçon avec un sourire amusé, voyant son embarras, puis repartit.

    Le garçon resta hésitant encore quelques instant après que le roi eut quitté la pièce, puis le prince Viserys l'appela :

    - Ainsi Lord Conrad a un écuyer désormais ? Il fait drôlement bien, rester seul de longues heures avec pour toute compagnie son édredon n'est pas aussi agréable que cela pourrait paraître.

    - Heu... Si vous le dites, messire.

    Le jeune garçon prit en note le fait que le prince était éveillé. Mais comme il ne voulait pas faire plusieurs fois de suite l'aller-retour dans les multiples escaliers du Donjon Rouge, il décida de déballer le plus de questions possibles tant qu'il en avait l'occasion, de façon à pouvoir en rapporter le plus possible à son nouveau maître.

    - Lord Conrad m'envoie vous demander comment vous-vous portez.

    - Si on écarte le fait que j'ai frôlé la mort et que je dois avoir les côtes en miettes ? Je me porte on ne peux mieux. Ou du moins si je ne deviens pas fous dans les prochains jour à rester enfermé seul dans cette pièce.

    Le jeune garçon renonça à chercher si il s'agissait ou non d'ironie.

    - Je crois que messire Conrad aimerait bien vous parler, mais je ne sais pas à quel sujet.

    - Et moi de même. Je ne demanderais rien de mieux que d'échanger quelques mots avec lui, mais vois-tu je suis assez peu disposé à me déplacer.

    - Je... lui en ferais part.

    Maintenant, le garçon n'avait plus qu'une envie : partir vite fait et rapporter ce qu'il savait à son maître, mais il devait encore se souvenir des formules de politesses pour prendre congé d'un prince. Comme rien ne venait, il improvisa une sorte de révérence sous le regard goguenard de Viserys.


    votre commentaire
  • - J'ai de quoi calmer quelque peu la douleur, et vous devrez porter un attelle pour au moins... deux semaines. On avisera alors.

    Conrad regarda le Grand Mestre, le visage fermé. Sa blessure à la jambe était assez grave pour porter autant de temps une attelle ? Voilà qui allait bien l'encombrer !

    - Vous pensez pouvoir retourner seul dans vos appartements, ou je vais faire quérir un page pour vous aider ? Vous savez, il n'y a aucune honte à recevoir de l'aide en cas de besoin, vous devez être assez intelligent pour le comprendre.

    Conrad l'était, en effet.

    - Je n'ai pas envie de tomber dans les escaliers du Donjon Rouge.

    Cela serait ridicule de se blesser encore plus. 

    - Je vais vous trouver quelqu'un...

    Le Mestre ouvrit la porte de la salle et fit quelques pas à l'extérieur. Avisant une servante, il lui lança :

    - Hé, toi ! Va donc me chercher un page, un écuyer... je ne sais pas moi, quelqu'un dans ce genre ! Et vite !

    La jeune fille s'exécuta, sans chercher à comprendre, et dévala les escaliers.

    Cornad soupira. Que le temps allait lui semblait long avec cette attelle.

    - Comment va le prince?

    Mestre Raenhys retourna à l'intérieur.

    - J'ai diagnostiqué plusieurs côtes cassées et de sérieuses brûlures au jambes. Il a d'autres blessures plus légères mais qui ne m'inquiètent pas. Il ne s'est pas encore réveillé.

    Il se dirigea vers le fond de la salle et fouilla entre ses flacons et ses herbes séchées.

    - Votre jambe est-elle très douloureuse ?

    Conrad se leva mais se rassit aussitôt.

    - Elle l'était moins quand j'étais dans le feu de l'action.

    Le prince allait mettre un certain temps à s'en remettre. 

    Conrad observa par une fenêtre que le jour commençait à laisser place à la nuit. Cela n'avait pas été une journée aussi calme qu'il l'avait pensé.

    - C'est normal, votre cerveau était focalisé sur autre chose. C'est toujours ainsi. Vous aurez besoin de quelque chose contre la douleur ?

    On entendait des bruit de pas dans l'escalier. Sans doute la servante qui remontait avec quelqu'un pour aider Conrad.

    Cornad secoua la tête.

    - Non, je devrais supporter la douleur.

    Il n'était pas en sucre ! Et puis, il pouvait bien souffrir un peu . Conrad détestait aussi devoir prendre des médicaments.

    - Dans ce cas je vous laisse rejoindre vos appartement avec le jeune homme qui arrive...

    En effet, la servante venait d'entrer avec un jeune écuyer d'une douzaine d'année qui portait un surcot frappé d'une chauve-souris.

    - Je reviendrais voir demain comment vous vous portez.

    Conrad hocha la tête. Il titubait et se rendait à côté du jeune écuyer. Il le dépassait de deux voir trois bonnes têtes. Comment un gamin pourrait l'aider à marcher jusqu'à sa chambre ? Si Conrad s'appuyait dessus, le gosse allait tomber. 

    Voyant l'hésitation du maître des navire, le jeune gamin assura :

    - Ne vous inquiétez pas messire, j'ai l'habitude. De soutenir les gens qui en ont besoin je veux dire. Je sers un chevalier qui... a un fort penchant pour la boisson.

    Conrad fixa ce gnome. Il semblait plutôt bavard.

    - Et bien, si tu le dis, mon garçon.

    Et il s'appuya pour légèrement moins sentir la douleur dans sa jambe blessée.

    - C'est par où vos appartements ?

    Conrad lui indiqua le chemin à prendre à travers les couloirs du Donjon Rouge. Le jeune garçon suivit ses indications, non sans cesser de parler :

    - Et alors, il s'est passé quoi ? J'ai vu les dragons, ils avait l'air TERRIBLES ! Vous vous êtes battus ? Et ils sont devenus quoi les dragons ? Ils sont morts ? Et comment vous avez été blessé ? Et le prince ? Et le roi, il a dit quoi ?

    Conrad avait la migraine à entendre les questions de l'écuyer. 

    - Je suis fatigué, mon garçon. Je répondrais à tes questions quand je serais un peu plus reposé.

    Le maître des navires espéraient que le gamin allait cesser de parler. ... Comment le chevalier qu'il servait pouvait-il supporter un tel bavard ? 

    - D'accord, j'arrête les questions ! Heu... On y est bientôt à vos quartiers ?

    Conrad hocha la tête sans se formaliser.

    - Oui, nous y sommes bientôt.

    Effectivement, ils arrivèrent bientôt dans la suite de Conrad. Elle tait spacieuse, certes, mais moins que celle d'un membre de la famille royale. Il vivait dans le luxe. Il avait un immense lit, des draps confortables et des parures l'encadrant de dorures. 

    Les murs étaient peints dans des tons crèmes rendant la chambre lumineuse. Il y avait un bureau avec de nombreuses cartes de navigation... Il y en avait partout, même accrochées aux murs.

    - Et voilà ! C'est ici chez vous ? C'est chouette ici !

    - C'est agréable d'y être.

    Le jeune écuyer aida Conrad à s’asseoir sur son lit.

    - Et maintenant, vous pouvez me raconter la bataille ?

    - Hum... en effet.

    Le jeune garçon prit quelques coussins pour lui et les posa par terre. Il s'assit dessus, face au maître des navire, et se prépara à écouter. Silencieux pour une fois.

    Conrad le regarda faire. Il ne lui en avait pas donner la permission mais à quoi bon réprimander ce gamin écervelé. 

    - Alors... que veux-tu savoir? J'ai dit que je répondrais à toutes tes questions.

    - Tout ! Comment ça s'est passé, quelle taille faisait le dragon, à quoi il ressemblait, comment il tuait les gens...

    Conrad soupira. Cela serait fort long. Le garçon semblait s'intereser fortement au dragon.

    - Le dragon qui a ravagé une partie de Port-Réal, Aragon, appartenait au défunt roi. Il était comme fou. En voyant cela, le prince a voulu réagir. J'étais avec lui. Il a libéré son dragon, Onys, à Fossedragon pour suivre celui de son défunt père. Un dragon, même petit, est impressionnant. Onys faisait la taille d'un gros cheval... or, Aragon, était bien plus imposant. Quand ils se sont battus à coups de serres et d'ailes et de flammes... Onys était désavantagé et quand le dragon du prince ne pouvait plus se battre, Aragon s'en prenait à nous. Un massacre, mon garçon, un massacre. J'ai de la chance, tout le prince de rester en vie.

    L'écuyer écoutait calmement, il buvait les paroles de Conrad.

    - Et comment vous avez réussit à le vaincre finalement ?

    Conrad la regarda.

    - Une patrouille passait par là. Ce sont eux qui sont venus à bout d'Aragon qui doit être à Fossedragon.

    - Donc... C'est un hasard ?

    Le garçon semblait un peu déçut, il s'était attendu à quelque chose de plus héroïque.

    Conrad voyait son air déçut.

    - Non, cette patrouille a eut les bons gestes, les bonnes réactions.

    Le gamin s'attendait peut-être à autre chose mais Conrad n'allait pas lui raconter des salades.

    - Il y a beaucoup de gens qui sont morts ?

    Cornad réfléchit.

    - Il y a plus eut de morts que de blessés et ceux-ci sont nombreux.

    - Que va-t-il arriver au dragon ?

    Conrad le regarda.

    - Les dragons sont tellement rares... Je ne pense pas qu'il sera tué. Cela m'étonnerait. Et puis, c'est un vestige de l'ancien roi.

    Il serait probable qu'Aragon continue de vivre sa vie en captivité à Fossedragon sous haute surveillance. 

    - Il a brûlé beaucoup de choses ? Ça sera long à réparer ?

    Cornad hocha la tête.

    - Aragon a fait pas mal de dégât dans une partie de Port-Réal. Il va falloir reconstruire ce qu'il a détruit. 

    Le jeune écuyer n'ajouta rien, pour une fois à court de questions. Il se contenta de rester assis sur ses coussins à regarder le maître des navires. Conrad le fixa.

    - Qui sers-tu, mon garçon ?

    - Un chevalier du nom de Roland Rosby. Le plus jeune de sa maisonnée, il n'aura jamais droit aux terres de son père.

    Conrad fixa le gamin.

    - Je ne le connais pas.

    Sûrement pas assez important pour qu'il le sache. 

    - Rien d'étonnant à cela, commenta le gamin. Il ne s'est illustré dans aucun haut, sauf si vider l’intégralité des caves de la capitale est considéré comme un haut fait.

    Conrad comprenait alors la curiosité de l'écuyer pour ce qui s'était produit pour le dragon. 

    - Vous ne devez pas lui servir à grand chose.

    - A part à retrouver le chemin du donjon après une de ses beuveries ? Non, pas vraiment. En devenant son écuyer, j'espérais assister à des tournois, et puis devenir chevalier quand j'aurais l'âge... mais c'est mal parti.

    Conrad soupira. Ce gamin ne deviendrait pas chevalier avec un tel boulet. 

    - Je vois. 

    Comment cet homme pouvait-il être un chevalier ? Pour une fois, l'écuyer ne trouvait rien à dire. Il regardait Conrad avec curiosité mais se taisait.

     Conrad remit les coussins dans son dos.

    - Qu'as-tu pu apprendre des chevaliers en tant qu'écuyer ?

    - Ben... Je sais qu'un chevalier doit protéger la veuve et l'orphelin, qu'il doit respecter ses serments et servir son roi.

    Conrad le regarda.

    - C'est en effet des principes qui doivent régir la vie des chevaliers.

    - Je suis aussi sensé apprendre à me battre avec mon maître, mais on ne fait pas grand chose dans la journée. Et on a pas beaucoup voyagé non plus.

    Conrad voulait bien le croire vu la façon dont il décrivait celui qu'il servait.

    - Autrefois, j'étais chevalier. Je le suis toujours au sens du terme mais l'activité de maître des navires a pris le dessus.

    Le jeune garçon le regarda, des étoiles dans les yeux.

    - Vous avez voyagé ?

    Conrad esquissa un sourire.

    - Je suis un Fer-né. J'ai voyagé pour venir ici. J'ai voyagé pour servir les intérêts de mon roi et j'ai voyagé sur les mers. Je pars du principe qu'un bon maître des navires doit connaître les routes maritimes. 

    Le garçon le regardait avec respect. Cet homme avait affronté un dragon, et il avait voyagé sur les mer et les terres de Westeros. Son maître ne lui arrivait même pas à la cheville niveau exploit chevaleresque.

    - Vous êtes déjà allé dans le Nord ? On dit que c'est une région immense.

    Conrad le regarda puis fixa la plafond.

    - Le Nord... Tout dépend de ce que tu appelles le Nord... Winterell ? Je n'ai pas eu l'occasion de me rendre jusque là. J'ai voyagé à travers tout Westeros mais certaines contrées me sont plus inconnues que d'autres. Je connais bien les régions proches des mers et des eaux. Les terres.. c'est bien différent.

    - Donc vous connaissez un peu le Conflant ?

    - Assurément. Vous venez de là ?

    - Oui. Enfin, du sud du Conflant. Vers Harrenhal.

    Conrad le regarda.

    - Raconte moi ton histoire. Comment es-tu venu ici ? 

    - J'appartiens à la maison Went, mais je suis le petit dernier. Du coup, mes parents ont voulu me trouver un chevalier comme maître pour que je sois adoubé à ma majorité. Ils m'ont confié à un gaillard qui avait l'air sérieux au premier abord, mais ça n'a pas duré. Dès qu'on est arrivé à Port-Réal, il a laissé tombé la chevalerie et moi avec.

    Conrad l'écouta.

    - Je ne suis moi-même pas le premier né de ma famille. J'ai plutôt bien réussi ma vie, mon garçon. Être le dernier, c'est ne pas être l'héritier mais tu es libre d'être celui que tu souhaites. Veux-tu être chevalier ?

    - Oui ! s'exclama-t-il avec entrain. Bien sûr que je veux être chevalier !

    Conrad le regarda.

    - Tu m'as l'air d'être un bon garçon. Va me chercher de l'eau, je te pris. J'ai soif.

    L'écuyer sauta sur ses pieds et s'avança vers la table où une carafe était posée.

    - Du vin... Je vais aux cuisines vous chercher de l'eau !

    Conrad leva les yeux vers le plafond.

    - Le vin n'est bon que pour les repas.

    En réalité, Conrad ne buvait du vin qu'en compagnie des autres nobles. Pendant ses repas et le reste du temps, il buvait de l'eau . Combattre l'estomac et le sang plein d'alcool n'était pas une bonne idée selon lui. 

    Ni une ni deux. Le jeune garçon emporta la carafe et sortit de la pièce pour chercher de l'eau aux cuisines. Quelques petites minutes plus tard, il était de retour.

    - Voilà votre eau Messire !

    Conrad le fixa.

    - C'est mieux d'avoir un verre pour la boire, n'est-ce pas ?

    Il était obéissant ce gamin.

    - Il y en a un sur la table !

    En effet, il alla chercher la coupe en verre posées sur la table, sans doute destinée à la base à recevoir le vin de la carafe.

    Il revint vers Conrad avec son verre et son eau. Pour une fois qu'on lui demandait de changer du vin en eau et non l'inverse...

    Conrad prit le verre et en but quelques gorgées. 

    - Merci bien. N'as-tu pas soif ?

    - Beuh... Non, ça va. Vous pensez que je vais pouvoir devenir chevalier ?
    Cette question le taraudait depuis un moment, et pour une fois qu'il s'adressait à un connaisseur, il n'allait pas se priver.

    Conrad le fixa après avoir reposé son verre.

    - Si tu restes au service de ton chevalier, tu n'as aucune chance d'en devenir un.

    Le gamin ne devait pas se faire de faux espoirs.

    Le jeune garçon soupira. Il s'en doutait un peu, mais il voulait l'entendre dire par un adulte.

    - Mais je ne veux pas rester écuyer toute ma vie !

    Conrad le fixa quelques secondes sans rien dire. Il réfléchissait. 

    - Je n'ai pas d'écuyer.

    Il avait lâché cette simple phrase en espérant que le gamin assis en face de lui comprenne le sous-entendu.

    Le gamin n'était pas idiot. Cette simple phrase alluma une lueur d'espoir dans ses yeux.

    - Vraiment ? Et... vous en cherchez un ?

    Conrad n'en  cherchait pas. Il pensait que c'était avoir un parasite à ses côtés. Mais ce petit idiot, il le trouvait fort sympathique à présent... Est-ce un effet dû à ses blessures ?

    - J'en n'en ai jamais voulu...

    Le garçon afficha un air déçu. De toute façon, il n'était même pas sûr qu'un écuyer puisse changer de chevalier. Tout en réfléchissant, il se mordillait la lèvre.

    - ... Cependant, on dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

    A ces mot, il releva la tête.

    - Et vous n'êtes pas un imbécile, devina-t-il.

    Conrad esquissa un sourire. 

    - C'est bien dangereux, mon garçon, de me dire cela. 

    Le garçon s'empourpra, il n'avait pas fait attention à ses paroles.

    - Ce... Ce n'est pas ce que je voulais dire... Enfin...

    Conrad le trouvait bien amusant.

    - Surveille un peu mieux tes paroles.

    Il le regarda avant d'ajouter.

    - Mais, je serais prêt à te prendre comme écuyer.

    Il regarda Conrad, les yeux brillants d'excitation.

    - C'est vrai ?

    Conrad leva les yeux vers plafond.

    - Non, je ne te fais pas marcher, gamin.

    Il trépignait sur place.

    - Ho ! Mercimecimercimerci !

    Conrad eut la tête qui tournait à le regarder s'agiter.

    - Seulement si le chevalier que tu sers actuellement est d'accord.

    Il se calma un peu.

    - Je ne sais pas où il est pour le moment. Mais ce soir, je le verrais forcément ! Je pourrais lui demander. De toute façon, pour ce à quoi je lui sert...

    Conrad le regarda. 

    - Il est tout de même nécessaire de l'avertir.

    Conrad n'avait pas envie de supporter les plaintes de l'ivrogne si le gamin devenait son écuyer sans son accord. 

    - Oui, oui, je lui en parlerai.

    Un doute le prit.

    - ... Et si il refuse ?

    Conrad sourit.

    - Je ne te prends pas comme écuyer, gamin. C'est à toi de le convaincre.

    - Je le convaincrai ! affirma-t-il.
    Il était prêt à tout pour se dégager de l'autorité de son ivrogne de chevalier, puisque son avenir en dépendait.

    Conrad esquissa un sourire.

    - Et bien, nous verrons bien. Moi, je n'aurais pas bougé d'ici. Ma jambe a besoin de repos.

    - D'accord. Vous avez besoin d'autre chose ?

    Le garçon n'avait plus de questions à poser, et comme il allait peut-être pouvoir devenir son écuyer, autant prendre les bonnes habitudes dès maintenant.

    Conrad lui fit signe que non.

    - Je vais dormir un peu.

    - Alors... Je vous laisse.

     

    ***

     

    Conrad faisait la sieste, ne trouvait rien de mieux à faire dans son ennuis. Il se réveilla en entendant frapper.

    - Entrez !

    Le jeune écuyer entra dans la pièce.

    - Messire ? C'est moi. Je suis aller demander comme promit à mon ancien maître si il voulais bien me délivrer de son service... Et il a accepté.

    Conrad fut étonné. 

    - Déjà? Et bien... tu as vite négocier, gamin.

    Il était encore un peu endormi. 

    Sans prendre garde à l'état de somnolence de son interlocuteur, le jeune garçon continua avec son habituel débit de parole :

    - Oui, je l'ai trouvé assez rapidement. Alors c'est pour de bon ? Je vais être votre écuyer ? Je vais pouvoir servir un vrai chevalier ?

    Conrad le regarda et se demanda s'il n'avait pas fait une erreur. Mais il était un homme de parole ! 

    - Oui, bien évidemment.

    Un grand sourire éclaira son visage.

    - Ah, merci ! Vous sauvez mon avenir et la réputation de ma famille !

    Conrad n'en doutait pas.

    - Je commencerais à t'entraîner quand je serais sur pieds.

    Le maître des navires se demanda comment allait son prince. 

    Le garçon était tellement impatient... mais il se promit intérieurement d'attendre sagement le temps qu'il faudra.

    - D'accord ! Vous avez besoin de quelque chose en attendant ?

    Conrad le regarda.

    - Sais-tu comment se porte le prince Viserys ?

    Il secoua la tête.

    - Non, désolé messire. Je ne me suis pas renseigné à son sujet.

    Conrad soupira.

    - Il doit être encore inconscient ou alors, la nouvelle de son réveil n'est pas encore rendue publique.

    - Je ne sais pas. Vous voulez que j'aille me renseigner ?

    Conrad le regarda avec un sourire en coin.

    - Cela serait bien, oui.

    Il rougis un peu et s'empressa d'acquiescer :

    - J'y vais tout de suite !

    Déjà habitué à obéir prestement aux ordres, il fila de la pièce pour chercher quelqu'un qui puisse le renseigner. Sinon, il irait jeter un œil directement dans la chambre, mais il préférait garder cette option pour le dernier recourt.


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires